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    Nrmagazine » The Equalizer 3 sur HBO Max : Denzel Washington en vacances sanglantes
    Blog Entertainment 6 Minutes de Lecture

    The Equalizer 3 sur HBO Max : Denzel Washington en vacances sanglantes

    Le vigilante de Fuqua trouve enfin un coin de paradis, et le streaming adore ce genre de retraite musclée
    Vincent Bazire21 juillet 2026
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    Sur HBO Max, The Equalizer 3 refait surface comme un vieux couteau bien affûté : pas le film le plus bruyant de la saga, mais peut-être celui qui comprend le mieux ce qu’il fabrique. Et quand Denzel Washington promène sa carrure fatiguée sur la côte amalfitaine, on ne regarde plus seulement un thriller d’action. On regarde un acteur de 68 ans, un personnage usé jusqu’à la corde, et une franchise qui a trouvé, presque par accident, sa vraie idée : la violence comme dernier refuge.

    Pour rappel, The Equalizer n’est pas né au cinéma. La série originale de CBS, diffusée de 1985 à 1989 sur 88 épisodes, mettait en scène Edward Woodward en ancien agent de la CIA reconverti en justicier discret. En 2014, Antoine Fuqua et Denzel Washington récupèrent le concept et le tordent à leur manière : moins de politesse, plus de plomb, plus de sécheresse, et un Robert McCall qui règle les problèmes avec une efficacité de machine à fantasmes. Le premier film, produit pour 73 millions de dollars, a encaissé 193 millions au box-office mondial ; The Equalizer 2 a confirmé la formule ; The Equalizer 3, sorti en 2023 avec un budget annoncé autour de 70 millions, a dépassé 191 millions de recettes. Trois opus, trois scores très proches. Dans une industrie obsédée par les montagnes russes, cette stabilité a presque quelque chose d’indécent.

    Et si le vrai coup de génie de The Equalizer 3, c’était d’avoir compris qu’il fallait laisser Denzel Washington ralentir sans le désarmer ?

    Le tueur qui voulait prendre sa retraite

    En apparence, le film coche la case du thriller de rattrapage : McCall débarque en Italie, tombe sur une opération criminelle planquée derrière une exploitation viticole sicilienne, puis se retrouve blessé, recueilli, et planqué dans un village de la côte amalfitaine. Sauf que Fuqua, avec Richard Wenk au scénario, choisit de faire durer le repos. Longtemps. Très longtemps. On voit McCall marcher, observer, boire un café, regarder les gens vivre. Oui, un héros d’action qui prend le temps de respirer, ça existe encore. Et c’est précisément là que le film devient plus malin qu’il n’en a l’air.

    Cette lenteur n’est pas un trou d’air, c’est le sujet. McCall n’est plus seulement un homme qui tue les méchants ; c’est un type qui cherche un endroit où déposer ses armes sans renier ce qu’il est. Le décor italien n’a rien d’un simple vernis touristique : il fabrique un contrechamp moral, un espace de paix provisoire face à une violence qui, elle, ne prend jamais de vacances. Le film transforme la retraite en champ de bataille intérieur, et ça, franchement, ça a plus de tenue que bien des blockbusters qui confondent bruit et énergie.

    Fuqua, Washington : le vieux couple et la bonne combine

    On n’en est pas à la première collaboration entre Antoine Fuqua et Denzel Washington. Ils ont fait route ensemble sur cinq films, et cette fidélité dit quelque chose de leur méthode : Fuqua sait filmer la masse, la fatigue, la menace, tandis que Washington apporte cette autorité presque monarchique, ce mélange de douceur et de terreur qui fait de lui un demi-dieu du cadre. Dans The Equalizer 3, cette alchimie prend une tournure presque méta. Washington avait la soixantaine bien avancée au tournage, et le film l’assume au lieu de faire semblant. Il ne le traite pas comme un super-héros, mais comme un survivant.

    Affiche de Equalizer 3
    Affiche de Equalizer 3

    Le plus amusant, c’est que le film ressemble parfois à une parenthèse de tournage heureuse. Les scènes avec Dakota Fanning, qui retrouve Washington après Man on Fire de Tony Scott en 2004, ont ce parfum de réunion de famille cinéphile. Même chose pour les séquences de village, où l’on sent presque l’équipe de la rédaction imaginaire en train de souffler : enfin un film d’action qui accepte de laisser ses acteurs exister entre deux explosions. Le cinéma de franchise, quand il a un peu de jugeote, sait aussi faire ça : laisser passer l’air.

    Le western en costume d’été

    La lecture la plus évidente de The Equalizer 3 est aussi la plus juste : Fuqua recycle la grammaire du western. Un étranger blessé arrive dans une communauté menacée, observe ses habitants, puis finit par devenir leur rempart. Le village italien remplace la bourgade poussiéreuse, la Camorra tient lieu de bande de hors-la-loi, et McCall joue le justicier solitaire avec une élégance presque antique. On pourrait parler de péché originel du genre : un homme violent qui ne peut se sauver qu’en protégeant les autres de la violence qu’il porte en lui.

    Ce qui fait tenir l’ensemble, c’est que le film ne cherche pas à surjouer l’ampleur. Il ne veut pas devenir un mastodonte à effets numériques. Il préfère la précision, la texture, la sensation d’un monde concret. Le tournage en Italie donne au film une matière presque tactile, avec ses ruelles, ses façades, ses cafés, ses silences. Et quand la brutalité revient, elle tranche d’autant plus fort. Le film ne vend pas la violence comme un feu d’artifice ; il la fait surgir comme une mauvaise habitude impossible à quitter.

    Le streaming, ce grand recycleur de secondes chances

    Si The Equalizer 3 trouve aujourd’hui de nouveaux spectateurs sur HBO Max, ce n’est pas un hasard. Le streaming adore les sagas qui n’ont pas besoin d’un bagage encyclopédique pour fonctionner. On peut tomber dessus par curiosité, par nostalgie de Denzel Washington, ou parce qu’on cherche un thriller solide sans se taper un univers étendu de douze heures et trois spin-off. Et là, surprise : le film a suffisamment de personnalité pour accrocher. Pas besoin d’avoir vu les deux précédents pour comprendre l’essentiel. McCall est déjà une légende à lui tout seul.

    Le succès tardif du film en ligne dit aussi quelque chose de notre époque : les spectateurs aiment retrouver des œuvres qui ont l’air simples mais qui cachent une petite mélancolie sous la mécanique. The Equalizer 3 n’est pas juste un catalogue de meurtres propres ; c’est un adieu déguisé, un film qui regarde son héros comme on regarde un vieux champion qu’on n’a pas envie de voir sortir du ring. Et Denzel, avec sa façon de tenir l’écran sans forcer, comprend très bien le deal. Il ne joue pas le dernier des justiciers, il joue un homme qui sait que le temps, lui, ne négocie jamais.

    Alors oui, sur HBO Max, le film remonte dans les algorithmes comme un bon vieux tube de l’action adulte. Et quelque part, c’est logique : on a beau aimer les franchises qui font trembler les immeubles, il y a toujours un plaisir particulier à voir un acteur immense transformer la fatigue en arme blanche. Qui d’autre que Denzel Washington pour faire d’une retraite italienne un règlement de comptes ?

    Bande-annonce VF de Equalizer 3

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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