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    Nrmagazine » Janet Jackson absente de Michael : « Elle a gentiment décliné », mais la vérité est moins gentille
    Blog Entertainment 24 avril 2026Mise à jour:24 avril 20266 Minutes de Lecture

    Janet Jackson absente de Michael : « Elle a gentiment décliné », mais la vérité est moins gentille

    La sœur la plus célèbre du clan Jackson ne figure nulle part dans le biopic d'Antoine Fuqua. LaToya a une explication très lisse. Les coulisses racontent autre chose.
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    C’est la grande absente. Pendant que Lionsgate et Universal organisaient la première mondiale de Michael au Dolby Theatre de Hollywood le 20 avril 2026, que Jaafar Jackson, le neveu, fils de Jermaine, recevait ses ovations, que LaToya, Colman Domingo et Miles Teller posaient pour les photographes, Janet Jackson était, elle, spectaculairement absente du tapis rouge et du film. Aucune silhouette, aucune réplique, aucune mention. Dans un biopic sur Michael Jackson, passer sous silence la cadette, à qui il doit une partie de ses premières bases musicales, qui a partagé les plateaux de la Motown avec lui et qui est elle-même une icône pop mondiale, ça se remarque un peu.

    Kindly Declined, ou l’art du service minimum

    LaToya Jackson, présente à la première, a été interpellée par Variety sur le sujet. Sa réponse était aussi calibrée qu’un communiqué rédigé par un avocat de Beverly Hills : « I wish everybody was in the movie. She was asked and she kindly declined so you have to respect her wishes. » Le réalisateur Antoine Fuqua a enfoncé le clou dans un registre doudou en déclarant à Variety : « I have so much respect and love for Janet, but you know it’s OK. She’s supportive of Jaafar and that’s what matters. » (Attention euphémisme.)

    Sauf que Page Six avait un peu plombé cette belle harmonie familiale en mars 2026, en rapportant qu’une projection privée du film, avec une soixantaine de membres du clan présents, dont Janet, s’était terminée de manière nettement moins cordiale. D’après une source présente citée par le tabloïd, la cadette aurait attendu que les lumières se rallument pour décortiquer le film à la machette. Ce n’est donc pas tout à fait la même chose que « kindly declined ».

    Paris Jackson, de son côté, n’a pas utilisé de gants blancs (forcément). Dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux et relayée par Variety, la fille du King of Pop a lâché : « The film panders to a very specific section of my dad’s fandom that still lives in the fantasy. And they’re going to be happy with it. » Elle a aussi parlé d’inexactitudes et de mensonges éhontés. Bigi et Paris ne sont pas impliqués dans le projet. Prince Jackson, lui, est crédité coproducteur exécutif, ce qui résume assez bien les divergences au sein de la troisième génération du clan.

    À lire aussi : Janet Jackson : de Poetic Justice à l’icône qui dit non

    15 millions pour effacer Jordan Chandler

    L’absence de Janet n’est d’ailleurs que le deuxième sujet le plus explosif autour de ce biopic. Variety révélait début avril 2026 que la succession de Michael Jackson avait dû débourser jusqu’à 15 millions de dollars pour financer des reshoots de dernière minute. Des scènes montrant Jordan Chandler accusant le chanteur d’abus sexuels avaient été tournées, puis jugées illégales, le règlement amiable signé en 1993 interdisait explicitement toute référence ou représentation de Chandler dans un film. Ces scènes ont donc été retirées, recoupées, remontées. Pour 15 millions de dollars. Le film prévu initialement en avril 2025 avait glissé à octobre, puis au 24 avril 2026, soit un retard d’un an, la post-production façon champ de mines juridiques.

    Le budget de production total est estimé à environ 155 millions de dollars, selon The Hollywood Reporter. On rajoute les 15 millions de reshoots et le budget marketing d’un blockbuster Lionsgate/Universal, et on comprend mieux pourquoi l’estate a les yeux rivés sur le box-office d’ouverture. Prince Jackson en coproducteur exécutif, c’est aussi, et surtout, une question de retour sur investissement.

    Jaafar, le sosie qui fait flipper la famille

    Ce qui est moins litigieux, en revanche, c’est la performance de Jaafar Jackson. Fils de Jermaine, il fait ici ses débuts au cinéma dans le rôle de son oncle, ce qui est soit la définition du népotisme, soit celle du destin, selon votre philosophie de vie. LaToya ne mâche pas ses mots, confiait-elle à Variety : « Oh my gosh, I have to tell you that Jaafar was absolutely fabulous. We all forget and think that we’re watching Mike. It’s like, ‘Oh, I forgot this is Jaafar.’ » Fuqua, qui avait insisté sur l’importance d’impliquer la famille dans le projet, semblait lui aussi subjugué, ce qui se complique légèrement quand la moitié du clan est mécontente, mais passons.

    Le reste du casting tient la route : Colman Domingo en Joe Jackson, le père tyrannique, la bête noire de toutes les autobiographies du clan, , Nia Long en Katherine Jackson, Miles Teller en John Branca (l’avocat et conseiller de Michael), Larenz Tate en Berry Gordy, Laura Harrier en Suzanne de Passe, et Jessica Sula dans le rôle de LaToya. Mike Myers apparaît également dans un rôle non précisé, curiosité en soi. Le scénario est signé John Logan (Gladiator, Skyfall), et le film couvre la période des Jackson 5 dans les années 1960 jusqu’à la tournée Bad à la fin des années 1980, selon The Independent.

    Le problème de faire un biopic sous tutelle de l’estate

    C’est là où le bât blesse. Michael n’est pas un film sur Michael Jackson au sens où un documentaire ou une œuvre indépendante pourrait l’être. C’est un film avec la bénédiction de l’estate, cofinancé par les ayants droit, coproduit par le fils aîné. On sait depuis les grandes heures du biopic hollywoodien sous contrôle familial, Ray, Walk the Line, que le genre a tendance à arrondir les angles là où il faudrait les aiguiser. Ici, on retire carrément 15 millions de dollars de scènes pour rester conforme à un règlement judiciaire de 1993. Paris Jackson parle de « fantasy ». Ce n’est pas anodin.

    Antoine Fuqua est un technicien solide (Training Day, The Equalizer) mais pas exactement connu pour sa résistance face aux studios. Et John Logan, aussi brillant soit-il, travaille ici dans un cadre contractuel verrouillé. Un biopic sous contrat avec son propre sujet, c’est un peu comme demander à un avocat de la défense d’écrire le verdict.

    Janet, la seule à avoir dit non, et c’est peut-être pour ça qu’on l’aime

    Janet Jackson a sorti en 1986 Control, l’album où elle prenait les rênes de sa carrière, virait les gens de son entourage choisis par son père et travaillait avec Jimmy Jam et Terry Lewis plutôt qu’avec la machine familiale. L’album s’appelait littéralement Control. Quarante ans plus tard, elle refuse d’être représentée dans un film cofinancé par l’estate de son frère, produit sous contrainte juridique, dont sa propre nièce dit qu’il ment. Le fil est direct. Qu’elle ait « gentiment décliné » ou qu’elle ait explosé dans la salle de projection en mars, le résultat est le même : Janet Jackson n’est pas dans Michael.

    Et franchement ? C’est peut-être la meilleure critique du film.

    Vincent
    Vincent

    Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.

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