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    Nrmagazine » Cannes 2026 : palmarès en or, jury coréen et Palme à révéler, la nuit où tout se décide
    Blog Entertainment 23 mai 20266 Minutes de Lecture

    Cannes 2026 : palmarès en or, jury coréen et Palme à révéler, la nuit où tout se décide

    Douze jours de compétition, 22 films, un jury présidé par Park Chan-wook, et une course à la Palme d'or aussi ouverte qu'un plan-séquence sans fin. La 79e édition du Festival de Cannes rend son verdict ce soir. Voici ce qu'on sait déjà, et ce qu'on attend avec les mains moites.
    CANNES PALME DOR
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    Chan-wook aux commandes (et ce n’est pas rien)

    Pour comprendre le cru 2026, il faut d’abord regarder qui tient le marteau. Park Chan-wook, le type derrière Old Boy, Mademoiselle et Decision to Leave, préside un jury de neuf membres assemblé avec un soin presque chirurgical : Demi Moore, Chloé Zhao, Stellan Skarsgård, Ruth Negga, Laura Wandel, Diego Céspedes, Isaach De Bankolé et le scénariste Paul Laverty. Autant dire qu’on a là une salle qui connaît son affaire, qui n’a pas besoin qu’on lui explique ce qu’est un contre-champ. Ce jury ne va pas récompenser un film parce qu’il fait du bruit sur les réseaux, il va récompenser un film parce qu’il lui a fichu un coup dans la poitrine.

    L’édition s’est ouverte avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori, comédie de période, légèreté assumée, façon de dire « détendez-vous, on va quand même passer 12 jours ensemble ». Et elle s’est construite autour d’une sélection que Thierry Frémaux a voulue ouvertement éclectique : 22 films en compétition, six premiers longs-métrages, cinq réalisatrices. Un festival qui mise sur la diversité des regards plutôt que sur la concentration des mastodontes.

    Les Palmes d’honneur, ou l’art de la parenthèse

    Avant même que le jury délibère, Cannes 2026 a distribué ses Palmes honorifiques avec une générosité qui frise l’embonpoint. Peter Jackson s’est vu remettre la sienne par Elijah Wood lors de la cérémonie d’ouverture, le cercle est complet, Frodon remercie son mentor, on a presque entendu Le Seigneur des Anneaux en fond sonore. John Travolta a lui reçu la sienne en mode « surprise de dernière minute » avant la projection de Vol de nuit pour Los Angeles (oui, c’est un titre, oui, c’est lui qui réalise). Et Barbra Streisand devait clore le ban ce soir lors de la cérémonie de clôture, malgré une blessure au genou qui a failli tout compromettre. Trois Palmes honorifiques en une édition, on espère que Cannes a commandé des stocks suffisants.

    L’affiche officielle, elle, rendait hommage à Thelma & Louise (1991) de Ridley Scott, Susan Sarandon et Geena Davis photographiées sur le tournage, façon déclaration d’intention sur le cinéma au féminin. Un sceau symbolique sur une édition qui compte plusieurs films co-réalisés ou portés par des femmes dans la course principale.

    À lire aussi : Cannes 2026 : ces stars qui vont se farcir les marches deux fois (ou plus)

    La compétition : un plateau sans favori écrasant

    On ne va pas vous faire le résumé de chaque synopsis, ce n’est pas le travail ici. Ce qui compte, c’est la dynamique. Et la dynamique de Cannes 2026, c’est celle d’une édition sans film-bulldozer, sans Anora ou Anatomie d’une chute qui s’impose dès les premières projections comme évidence collective. Plusieurs noms circulent avec insistance : 1949 de Paweł Pawlikowski (le réalisateur d’Ida et de Cold War qui n’a pas son pareil pour filmer le déchirement est-européen), Soudain de Ryusuke Hamaguchi (le Japonais qui avait embarqué la planète cinéphile avec Drive My Car), Minotaure d’Andreï Zviaguintsev, et Fjord de Cristian Mungiu. La concurrence est serrée, le jury est imprévisible, et c’est exactement pour ça qu’on aime Cannes.

    Une surprise de dernière heure est venue brouiller les pronostics : La Bola Negra, drame espagnol signé Javier Ambrossi et Javier Calvo, a reçu un accueil franchement enthousiaste lors de ses dernières projections de compétition. Le genre de réaction qui fait parfois basculer un jury. À noter également dans la sélection : Coward de Lukas Dhont, Autofiction de Pedro Almodóvar, The Man I Love d’Ira Sachs avec Rami Malek, et Hope du Coréen Na Hong-jin, dont on attendait le retour depuis The Wailing. Un plateau sérieux, sans daube manifeste. La sélection 2026 ne révolutionne pas l’histoire du festival, mais elle respecte ce pourquoi Cannes existe.

    À lire aussi : [Critique] Hope de Na Hong-jin : le monstre coréen qui a tout cassé sur la Croisette

    Un Certain Regard et les sections parallèles : les vraies découvertes

    Pendant que la compétition principale se disputait la Palme, les sections parallèles ont fait leur travail discret mais essentiel. En Un Certain Regard, c’est Everytime de l’Autrichienne Sandra Wollner qui a décroché le Prix principal, le jury présidé par Leïla Bekhti distinguant également Les Éléphants dans la brume de l’Indien Abinash Bikram Shah (Prix du jury) et Le Corset du Français Louis Clichy (Prix spécial du jury). Le Prix d’interprétation féminine est allé à un trio impressionnant : Daniela Marín Navarro, Marina de Tavira et Mariangel Villegas pour À Jamais ton Animal Maternel de Valentina Maurel, décision courageuse, choix collectif, on applaudit.

    Du côté de la Semaine de la Critique (65e édition, présidée cette année par Payal Kapadia, la réalisatrice d’All We Imagine As Light), le Grand Prix Ami Paris est allé à La Gradiva de Marine Atlan, production franco-italienne attendue en salles le 4 novembre 2026. Le prix SACD à Blerta Basholli pour Dua. Côté Cinéfondation, Laser-Gato de Lucas Acher (NYU) décroche le premier prix, on retient le nom. À la Quinzaine des cinéastes, la Carrosse d’or est allée à Claire Denis (merci, c’était l’heure), et le prix du public à I See Buildings Fall Like Lightning de Clio Barnard. Une édition qui, dans ses marges, prouve que le cinéma du futur n’attend pas d’être invité en compétition principale.

    À lire aussi : Cannes 2026 bannit les films 100% IA de la compétition officielle : aveu de peur autant qu’acte de résistance

    Ce soir, 20h15 : le verdict Park Chan-wook

    La cérémonie de clôture, présentée par Eye Haïdara et retransmise en direct sur France 2, va distribuer les prix qui manquent encore : Palme d’or, Grand Prix, Prix du jury, Prix d’interprétation (féminin et masculin), Prix de mise en scène, Prix du scénario. Et le Prix spécial, catégorie floue et délicieuse qui permet au jury de faire ce qu’il veut quand il n’a pas tout dit.

    Ce qu’on sait : Neon, le distributeur américain, a remporté les six dernières Palmes d’or, une série qui finirait presque par ressembler à une malédiction inversée. Ce qu’on peut supposer : Park Chan-wook n’est pas homme à se laisser guider par la logique des bookmakers. Il a l’œil d’un cinéaste qui sait ce que signifie filmer la violence, le désir, le deuil. Son jury a passé douze jours à regarder des films. La question n’est pas de savoir qui est le favori. La question, c’est de savoir quel film aura su les surprendre.

    Et si c’était justement celui dont personne ne parle ?

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    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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