Efira partout, partout Efira
Commençons par la patronne. Virginie Efira va réaliser un doublé que peu d’actrices peuvent se vanter d’enchaîner dans la même sélection officielle : elle est au casting d’Histoires parallèles d’Asghar Farhadi (en compétition, sortie en salles dès le 14 mai) et de Soudain de Ryusuke Hamaguchi, également en lice pour la Palme d’or. Deux réalisateurs parmi les plus exigeants de la planète, un seul festival, une seule actrice. Pour ceux qui comptaient, on en est à au moins dix passages sur la Croisette depuis Elle en 2016 (oui, on a vérifié). À ce rythme-là, Virginie Efira va finir par avoir son propre ascenseur privatif au Palais.
Concrètement, ça veut dire qu’elle incarne deux personnages féminins aux antipodes, la fiction psychologique très européenne de Farhadi d’un côté, la poésie temporelle et charnelle du Japonais Hamaguchi de l’autre, et qu’elle risque d’être la vraie protagoniste de cette édition sans même avoir soumis sa candidature. Pas mal pour quelqu’un qui n’avait sorti aucun film en 2024 ni en 2025 (exception faite des Braises en novembre dernier). La disette, visiblement, ça creuse l’appétit.

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Seydoux ou la théorie du double risque
Léa Seydoux n’est pas en reste. L’actrice débarque avec deux films en compétition officielle : Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer, celle-là même qui avait mis Vicky Krieps sur orbite avec Corsage en 2022, et L’inconnue d’Arthur Harari, où elle tourne aux côtés de Niels Schneider. Deux Palme potentielles, une seule ego à gérer sur le tapis rouge. Depuis La Vie d’Adèle en 2013, on sait que Cannes et Seydoux, c’est une histoire d’amour compliquée, intense, et jamais ennuyeuse, et cette année, elle s’est offert le luxe d’en avoir deux à la fois.
Ce doublé n’est pas un caprice de star : les deux films explorent des territoires très différents, l’un du côté du drame d’époque version cinéma d’auteur autrichien, l’autre ancré dans le thriller intime à la française. Seydoux a clairement décidé de ne pas jouer la sécurité. Risqué, ou simplement cohérent avec une actrice qui a toujours préféré Hamaguchi à Marvel ? (La question ne se pose même pas.)
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Deneuve, Impératrice, bis repetita
On croyait avoir tout vu. Catherine Deneuve, 82 ans, refait le même coup que certains de ses cadets : elle apparaît dans deux films en compétition officielle cette année, Histoires parallèles de Farhadi (en participation exceptionnelle, mais quand même) et Gentle Monster de Marie Kreutzer. Deux films, deux univers, un seul nom sur l’affiche qui fait tout basculer. Écran Noir rappelle qu’elle est présente sur la Croisette depuis 1964, soit 62 ans de fidélité à ce festival, ce qui dépasse largement la durée de vie moyenne d’un studio hollywoodien. Impératrice n’est même pas le bon mot. Pharaonne, peut-être.
Le bouquet Farhadi, ou comment kidnapper tout le cinéma français
On ne peut pas parler de doublés sans évoquer la performance collective réalisée par Histoires parallèles d’Asghar Farhadi, réalisateur oscarisé pour Une séparation (2011) et Le Client (2016). Son film concentre à lui seul un casting qui va provoquer des embouteillages sur le tapis rouge : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney et Catherine Deneuve en guest. Pour Cassel, c’est un retour canon après The Shrouds de Cronenberg en compétition en 2024. Pour Niney, fraîchement sorti de Gourou (sorti en janvier 2026), c’est la confirmation d’un statut de tête d’affiche qui ne se discute plus. À eux cinq, ils cumulent probablement une trentaine d’apparitions sur la Croisette. Farhadi n’a pas fait un film, il a organisé une réunion de famille.
Cotillard, Double hors-compét, mais double quand même

Marion Cotillard ne concourt pas pour la Palme cette année, mais elle sera bien là deux fois : dans Karma de Guillaume Canet (hors-compétition) et dans Roma Elastica, le nouveau délire de Bertrand Mandico, présenté en séance de minuit. Le premier, c’est le film de son ex (oui, encore, autre équipe, autre époque, mais même Croisette). Le second, c’est Mandico, cinéaste de l’étrange absolu, pas vraiment connu pour ses comédies romantiques. Que Marion Cotillard navigue entre ces deux extrêmes la même semaine dit quelque chose de sa capacité à ne pas se laisser enfermer dans une case, ou alors elle adore juste Cannes, et il n’y a rien de mal à ça.
Malek, l’Américain qui arrive par la petite porte (de la compétition principale)
Côté international, Rami Malek sera l’une des présences hollywoodiennes les plus attendues de cette édition, pour The Man I Love d’Ira Sachs, présenté en compétition officielle pour la Palme d’or, avec une première mondiale le 20 mai. Un film musical et fantastique dans le New York de la fin des années 80, autour d’un artiste mourant qui vit une dernière histoire d’amour. Après l’Oscar décroché pour Bohemian Rhapsody en 2019, Malek prend un virage radical : exit les biopics grand format, place à un cinéma d’auteur américain qui ne cherche pas à remplir 4 000 salles le premier week-end. Le genre de pari qui se joue précisément sur ces marches-là.
John Travolta, réalisateur (non, vraiment)
On garde la vanne pour la fin, parce qu’il la mérite : John Travolta sera à Cannes cette année en tant que réalisateur. Son film, Propeller One-Way, sera présenté en Cannes Première. Oui, John Travolta. Réalisateur. À Cannes. On ne dit pas que ça va être un chef-d’œuvre, on dit juste que 2026 est décidément une année où toutes les règles sont négociables. Si Danny DeVito dépose un scénario pour la compétition 2027, on ne sera plus surpris de rien.
Le 79e Festival de Cannes se tient du 12 au 23 mai 2026. Les montées des marches débutent chaque soir aux alentours de 18h15 et sont à suivre en direct sur France 2 et france.tv. Avec cette édition, certaines actrices vont y passer plus de temps que dans leur appartement parisien.
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Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.

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