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    Nrmagazine » Sarah Michelle Gellar revient au gore avec Ready or Not 2: Here I Come sur Hulu
    Blog Entertainment 6 juillet 20266 Minutes de Lecture

    Sarah Michelle Gellar revient au gore avec Ready or Not 2: Here I Come sur Hulu

    La star de Buffy retrouve l’horreur dans une suite qui joue la carte du chaos chic et du casting venimeux
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    Sarah Michelle Gellar qui replonge dans l’horreur, voilà un petit plaisir de cinéphile qui sent le soufre et la nostalgie bien dosée. Avec Ready or Not 2: Here I Come, la comédienne retrouve un terrain qu’elle connaît par cœur : celui des héroïnes qui survivent, mordent et regardent le carnage avec un calme presque aristocratique.

    Pour comprendre pourquoi ce retour fait mouche, il faut remonter à Ready or Not de 2019, réalisé par Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, deux cinéastes qui ont compris très tôt qu’un bon film d’horreur ne se contente pas de faire sursauter : il doit aussi mordre la classe dominante là où ça fait mal. Le premier opus avait coûté 6 millions de dollars et rapporté 57,6 millions au box-office mondial, soit un joli coup pour Searchlight Pictures, qui tenait là une petite machine à fantasmes sanglante, rentable et surtout assez maligne pour ne pas prendre le spectateur pour un idiot. La suite, elle, n’a pas exactement refait le même coup au box-office, mais elle a conservé ce mélange de satire sociale, de violence ludique et de casting qui sait jouer avec les codes du genre sans les réciter comme un catéchisme. On n’est pas dans la suite paresseuse : on est dans la reprise de flambeau qui a encore du mordant.

    Et c’est là que Sarah Michelle Gellar entre en scène, avec ce petit supplément d’âme venimeuse qui change tout.

    La reine du regard glacé

    On a parfois tendance à réduire Gellar à Buffy the Vampire Slayer ou à ses détours pop dans Scooby-Doo. Ce serait oublier qu’elle a construit une filmographie parallèle, presque en contrebande, dans l’horreur et le thriller surnaturel : I Know What You Did Last Summer, Scream 2, le remake de The Grudge, sa suite, The Return, Possession… Bref, la dame n’a jamais vraiment quitté le couloir obscur. Son retour dans Ready or Not 2: Here I Come n’a donc rien d’un coup de com’ sorti du chapeau ; c’est plutôt une réintégration logique dans un genre qui a toujours su exploiter son mélange de froideur, de précision et de fragilité sous tension. Chez Gellar, le glaçon n’empêche jamais la brûlure.

    Dans le film, elle incarne Ursula Danforth, héritière d’une famille satanique au pedigree bien chargé. Le rôle lui permet de rejouer une partition qu’on croyait réservée à Cruel Intentions : celle de la femme qui semble taillée dans le marbre, mais dont le vernis finit par craquer. C’est précisément là que le film devient intéressant. Gellar ne se contente pas d’être une présence décorative ou un clin d’œil pour fans en manque de VHS mentale ; elle injecte dans le récit une ambiguïté qui enrichit la mécanique. D’abord glaciale, presque inaccessible, Ursula se fissure peu à peu, et cette lente ouverture donne au personnage une densité inattendue. Pas besoin d’en faire des caisses : elle sait exactement où poser le regard, comment laisser traîner une hésitation, comment transformer une réplique en petite lame. Ça, c’est du métier, pas du folklore.

    Affiche de Wedding Nightmare
    Affiche de Wedding Nightmare

    Une famille, un massacre et quelques bijoux de casting

    Le vrai plaisir de Ready or Not 2 tient aussi à son ensemble d’acteurs, construit comme un buffet de vipères très bien dressé. Samara Weaving reprend Grace, toujours en état de nerfs avancé, comme si le film entier lui était tombé dessus en même temps que le premier. Kathryn Newton, en sœur distante mais pas si simple, apporte un contrepoint plus retenu, presque spectral, qui évite à la suite de se contenter d’un simple copier-coller hystérique. Et puis il y a le casting de luxe, avec Shawn Hatosy, Elijah Wood et même David Cronenberg, oui, le vrai, le monstre sacré qui vient rappeler que l’horreur peut aussi être une affaire de signature et de posture. Quand le film aligne autant de têtes connues, ce n’est pas pour fanfaronner : c’est pour densifier la farce macabre.

    Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett savent très bien ce qu’ils font. Leur cinéma aime les dynamiques de groupe, les héritages toxiques, les familles qui se dévorent à table avant de se dévorer à coups de couteau. Ici, la suite repart quasiment là où le premier film s’arrêtait, sans perdre de temps à réexpliquer le monde. On retrouve cette logique de jeu mortel, cette idée que le privilège social est un costume trop serré qui finit toujours par éclater. Et dans cette mécanique, Gellar n’est pas un ajout décoratif : elle est une pièce de tension, une manière de faire résonner le film avec toute une mémoire du genre. Le résultat a quelque chose d’assez réjouissant, parce qu’il ne cherche jamais à être propre. Il préfère être vif, sale, drôle et un peu méchant. Comme il faut.

    Le retour de l’horreur, sans le vernis

    Ce qui rend ce retour de Sarah Michelle Gellar particulièrement savoureux, c’est qu’il s’inscrit dans une trajectoire plus large du cinéma de genre actuel : celle des actrices qui reviennent à l’horreur non pas pour se refaire une virginité d’image, mais pour retrouver un espace de jeu plus libre, plus nerveux, plus physique. L’horreur reste l’un des rares territoires où l’on peut encore laisser une star être vulnérable, ironique, monstrueuse ou touchante dans la même scène. Gellar l’a compris depuis longtemps. Elle n’a jamais eu besoin de courir après l’Olympe hollywoodien ; elle a préféré les couloirs, les caves et les maisons trop grandes où les gens riches cachent leurs sales histoires. Franchement, on ne va pas bouder ça. Dans Ready or Not 2: Here I Come, elle ne revient pas seulement dans un film : elle revient à sa meilleure zone de danger.

    Et puis il y a cette idée, pas si anodine, que le film fonctionne aussi comme une petite revanche sur le temps. Beaucoup d’acteurs passent leur carrière à fuir le genre qui les a rendus célèbres ; Gellar, elle, y revient avec une aisance qui force le respect. Pas de posture, pas de faux détachement, pas de « je fais ça pour m’amuser » un peu gêné. Elle sait ce qu’elle apporte à l’image, et le film sait quoi faire de cette matière. Résultat : une suite qui ne se contente pas d’exister sur le papier, mais qui trouve sa propre pulsation. Et ça, dans le marasme des suites industrielles, ça vaut son pesant de sang séché.

    Au fond, Ready or Not 2: Here I Come rappelle une règle simple : quand une actrice comme Sarah Michelle Gellar accepte de revenir au bal des couteaux, on a tout intérêt à suivre le bruit des talons.

    Bande-annonce VF de Wedding Nightmare

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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