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    Nrmagazine » Priyanka Chopra Jonas dans Varanasi : Rajamouli sort de nouvelles images pour son mastodonte
    Blog Entertainment 18 juillet 20265 Minutes de Lecture

    Priyanka Chopra Jonas dans Varanasi : Rajamouli sort de nouvelles images pour son mastodonte

    Entre mythologie, continents et double rôle, le film promet un grand écart XXL signé S.S. Rajamouli
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    Quand S.S. Rajamouli dégaine deux images de Priyanka Chopra Jonas pour son Varanasi, ce n’est pas un simple petit cadeau d’anniversaire. C’est une façon très calculée de rappeler qu’il prépare un monstre de cinéma, quelque part entre fresque mythologique, superproduction voyageuse et opération de domination culturelle.

    Le geste dit déjà beaucoup. Dans l’industrie indienne, Rajamouli n’est pas juste un réalisateur bankable, c’est une machine à fantasmes, le type qui a transformé le cinéma télougou en fer de lance mondial avec Baahubali puis RRR. Le premier a dépassé les 180 millions de dollars de box-office mondial toutes versions confondues, le second a franchi les 160 millions, avec en prime une victoire aux Oscars 2023 pour la chanson Naatu Naatu. Autrement dit, on ne parle pas d’un cinéaste qui bricole dans son coin, mais d’un patron de superproduction qui sait exactement comment faire monter la sauce. Et quand il publie des images pour l’anniversaire de Priyanka Chopra Jonas, on comprend vite que la promo n’est pas un accessoire : c’est déjà une scène du film. Chez Rajamouli, le marketing a toujours l’air d’un prélude à la guerre.

    Pour rappel, Varanasi a été présenté comme un récit qui traverse des milliers d’années et plusieurs continents, avec des décors allant de l’Antarctique à l’Afrique, sans oublier la ville indienne qui donne son titre au film. Rien que ça. Mahesh Babu y incarne un double rôle, celui du protagoniste Rudhra et du dieu hindou Rama, ce qui suffit à annoncer un programme moins modeste qu’un simple blockbuster de saison. Priyanka Chopra Jonas, elle, rejoint cette architecture démesurée dans un rôle encore gardé sous le coude. Et franchement, vu le calibre de l’ensemble, on n’allait pas lui confier une entrée par la porte de service. Le film veut jouer sur tous les tableaux à la fois : le mythe, le globe et le grand spectacle.

    Rajamouli, ou l’art de faire croire qu’un film peut avaler l’histoire

    Ce qui fascine chez Rajamouli, c’est sa manière de traiter le cinéma populaire comme une machine à remonter le temps. Ses films n’ont jamais eu peur du gigantisme, mais Varanasi semble pousser le curseur encore plus loin : non seulement l’opus embrasse plusieurs ères, mais il se permet aussi de traverser la planète comme si le budget carburant était illimité. On sent derrière ça une logique très claire, presque industrielle : fabriquer un événement qui dépasse les frontières linguistiques, régionales et commerciales. Le cinéma indien a déjà prouvé qu’il pouvait exporter ses codes, ses stars et ses excès ; Rajamouli, lui, veut visiblement en faire une religion de masse. Le genre de pari qui peut tourner au triomphe ou au grand n’importe quoi. Parfois les deux, d’ailleurs.

    Le choix de Mahesh Babu n’est pas anodin non plus. L’acteur est une immense star du cinéma télougou, habituée aux rôles de héros plus grands que nature, mais le fait de lui confier à la fois Rudhra et Rama déplace le film vers une zone plus symbolique, presque sacrée. On n’est plus seulement dans le récit d’aventure, on touche à la représentation d’un imaginaire national et religieux très chargé. Rajamouli adore ce terrain-là : il y trouve la matière pour faire exploser le cadre, tout en gardant un contrôle de fer sur le rythme, l’ampleur et la lisibilité. Le bonhomme ne filme pas des histoires, il bâtit des temples en scope.

    Priyanka Chopra Jonas, retour au centre du jeu

    La présence de Priyanka Chopra Jonas ajoute une autre couche au projet. Depuis son passage à Hollywood, l’actrice a souvent été utilisée comme passerelle entre plusieurs marchés, plusieurs langues, plusieurs imaginaires de star system. Dans Varanasi, elle ne sert pas de simple caution internationale : elle devient un point d’ancrage dans une production qui veut précisément brouiller les lignes entre cinéma indien, ambition mondiale et star power transnational. Deux images suffisent à relancer la machine à spéculations, et c’est bien le but. Le film n’a pas besoin de tout montrer pour exister ; il lui suffit de faire sentir qu’il a de la matière, du souffle, du coffre. Ou du gonflant, selon l’humeur du jour.

    Ce qui est malin, c’est que Rajamouli ne vend pas seulement un casting. Il vend une promesse de démesure contrôlée. L’Antarctique, l’Afrique, Varanasi, Rama, Rudhra, Priyanka Chopra Jonas : chaque élément semble taillé pour donner l’impression qu’on va assister à un basculement d’échelle. Dans un marché où les franchises occidentales tournent parfois en rond dans leur propre univers étendu, le cinéma de Rajamouli rappelle qu’un film peut encore vouloir être une aventure totale, presque archaïque dans son désir de spectacle. Pas du tout discret, évidemment. Mais au moins, ça a une gueule.

    Le grand écart comme programme

    Reste la vraie question, celle qui va faire saliver ou grincer les dents : comment tenir ensemble un récit qui traverse des millénaires, plusieurs continents et une iconographie religieuse aussi puissante ? C’est là que Rajamouli joue sa partie la plus risquée. Son cinéma a toujours reposé sur une alliance entre lisibilité narrative et surenchère visuelle, entre émotion très directe et déferlante d’images. Si Varanasi réussit son coup, il peut devenir un nouveau totem du cinéma indien contemporain, un film capable de faire passer le flambeau à une génération qui veut du spectacle sans complexe. Si ça se plante, on aura au moins un objet de démesure assez fascinant pour nourrir les conversations de comptoir pendant des semaines.

    En attendant, ces nouvelles images font exactement ce qu’elles doivent faire : remettre le film au centre du radar et rappeler que Rajamouli ne travaille jamais à petite échelle. Il ne tease pas, il convoque. Il ne suggère pas, il annonce une secousse. Et avec Priyanka Chopra Jonas au milieu de ce dispositif, Varanasi ressemble déjà moins à un film qu’à une prise d’otages volontaire du regard. Ce qui, pour un blockbuster, est peut-être la définition la plus honnête du succès.

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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