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    Nrmagazine » Les 15 meilleurs films des années 70 selon Rotten Tomatoes : le palmarès qui rappelle pourquoi la décennie a tout changé
    Blog Entertainment 15 juillet 20269 Minutes de Lecture

    Les 15 meilleurs films des années 70 selon Rotten Tomatoes : le palmarès qui rappelle pourquoi la décennie a tout changé

    Du choc Jaws à la fièvre The Godfather, les années 70 n’ont pas juste produit des classiques : elles ont redessiné le cinéma
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    Les classements ont ce petit parfum de provocation douce: on les lit en fronçant les sourcils, puis on finit par y revenir pour vérifier si l’on n’a pas oublié un chef-d’œuvre en route. Avec ce top 15 des films des années 70 selon Rotten Tomatoes, la décennie ressort comme un terrain de jeu où l’auteur, le studio et le blockbuster ont cessé de se regarder de travers pour commencer à se dévorer.

    Les années 70, c’est le moment où le cinéma américain sort du psychodrame des sixties, encaisse le désenchantement post-Vietnam, digère le Nouvel Hollywood et invente, au passage, une nouvelle grammaire du grand spectacle. On passe d’un système de studios encore secoué par la crise à une industrie qui teste tout: le film d’auteur financé par un grand groupe, le polar sale, l’horreur de masse, le drame criminel qui a des airs d’opéra. Et pendant que les majors cherchent la poule aux œufs d’or, des cinéastes comme Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, William Friedkin, John Carpenter, François Truffaut ou Bernardo Bertolucci imposent des formes qui vont irriguer le cinéma pendant des décennies. Rotten Tomatoes, de son côté, ne fait ici qu’agréger des avis critiques professionnels, mais l’addition dit quelque chose de très clair: la décennie a produit des films qui tiennent encore debout, sans béquille nostalgique. On n’est pas face à une simple liste de “bons films”, mais à une cartographie de ce que le cinéma moderne a appris à faire.

    Et c’est précisément là que le palmarès devient intéressant: il ne récompense pas seulement des titres célèbres, il aligne des œuvres qui ont déplacé les lignes, parfois en douceur, parfois en faisant un sacré raffut.

    Le cinéma se met à table, et personne ne quitte la pièce

    En tête de ce genre de classement, on retrouve souvent les mêmes totems, et pour cause: The Godfather (1972), Jaws (1975), Annie Hall (1977), The French Connection (1971) ou Halloween (1978) ne sont pas seulement des succès critiques, ce sont des machines à fantasmes qui ont reconfiguré les attentes du public et des studios. The Godfather, signé Francis Ford Coppola, affiche 97 % sur Rotten Tomatoes avec 155 critiques recensées dans la source, et reste l’exemple parfait du film qui a transformé une commande de studio en monument de mise en scène. Le roman de Mario Puzo devient un drame de pouvoir, de filiation et de violence ritualisée, avec Al Pacino au centre d’une ascension qui ressemble à une descente aux enfers. Le film a tellement gagné en prestige qu’il a fini par faire oublier qu’au départ, Coppola n’avait pas franchement envie d’y aller.

    À côté, Jaws de Steven Spielberg, sorti en 1975, fait basculer l’industrie dans une autre ère. Le film atteint 97 % avec 178 critiques dans le décompte cité, et surtout il invente, presque malgré lui, le blockbuster estival moderne. Budget de production à 9 millions de dollars, exploitation en salles qui explose les compteurs, campagne marketing massive, sortie événement: le modèle est né là, avec un requin, une plage et un montage qui serre la gorge comme un étau. On peut bien parler de terreur aquatique, mais la vraie secousse est économique. Après Jaws, les studios comprennent qu’un film peut devenir un événement mondial avant même d’avoir été vu. Le requin a mordu plus fort que prévu, et Hollywood n’a plus jamais nagé pareil.

    Les auteurs ne font pas de la figuration, merci bien

    Ce qui frappe dans cette sélection, c’est la place laissée aux films où la forme compte autant que le récit. Day for Night (La Nuit américaine, 1973) de François Truffaut, avec son film dans le film et son tournage qui tourne au chaos organisé, reste l’une des plus belles réflexions sur le cinéma comme art du bricolage sublime. Rotten Tomatoes lui attribue 98 % sur la base de 40 critiques dans la source, et ce n’est pas un hasard: Truffaut y joue son propre réalisateur, comme s’il signait une confession déguisée en comédie de plateau. Roger Ebert, cité dans la source, parlait du film comme du meilleur jamais fait sur le cinéma; on peut discuter la formule, mais pas l’idée. Quand Truffaut filme un tournage, c’est toute la mécanique du désir de cinéma qui se met à nu, sans perdre une once de charme.

    Dans le même registre de cinéma qui pense sa propre fabrication, The Conformist de Bernardo Bertolucci (1970) impose une autre voie: celle du style comme piège moral. Jean-Louis Trintignant y incarne un homme broyé par la culpabilité, la peur et l’obsession de l’ordre, dans une Italie fasciste filmée comme un labyrinthe de lignes, d’ombres et de surfaces glacées. Le film est à 98 % dans le classement évoqué, et sa puissance tient à cette alliance entre élégance plastique et violence politique. Bertolucci ne fait pas du décor un simple habillage; il en fait une idéologie. Le cinéma d’auteur des années 70 n’est pas une posture: c’est une manière de regarder le monde de biais pour mieux lui rentrer dedans.

    Les monstres sortent du placard, et le public applaudit

    Il y a aussi, dans ce top, une belle démonstration de la façon dont l’horreur a quitté les marges pour devenir un langage central. Halloween de John Carpenter, sorti en 1978, affiche 97 % sur Rotten Tomatoes avec 92 critiques dans la source et fixe le moule du slasher moderne. Michael Myers, Laurie Strode, la banlieue américaine, la nuit d’Halloween, la musique minimaliste de Carpenter: tout est déjà là, en version sèche, tendue, presque mathématique. Jamie Lee Curtis devient une final girl fondatrice, Nick Castle une silhouette de cauchemar, et le film prouve qu’avec peu de moyens, on peut fabriquer un mythe durable. Pas besoin de faire dans la dentelle quand le cadre, le rythme et le hors-champ font le sale boulot. Carpenter ne filme pas seulement un tueur: il invente une mécanique de peur qui fera école pendant des décennies.

    Dans une autre veine, The Taking of Pelham One Two Three (1974) transforme un simple rapt de métro en thriller urbain d’une précision redoutable. Walter Matthau y joue un policier fatigué, ironique, presque blasé, face à Robert Shaw en chef de gang glacial. Rotten Tomatoes le place à 98 % dans la source, et l’on comprend pourquoi: le film a ce mélange rare de tension sèche et d’humour noir qui donne l’impression que New York elle-même transpire sous la pression. C’est un film de système, de circulation, de négociation, de tempo. Le polar des années 70 adore les héros usés, parce que c’est souvent eux qui voient le mieux la pourriture sous le vernis.

    Les coupes de cheveux, les flingues et les états d’âme

    Le classement rappelle aussi que les années 70 ont été un laboratoire pour les personnages ambigus, les anti-héros et les couples toxiques. Badlands de Terrence Malick, sorti en 1973, suit un duo de fugue et de meurtres inspiré de Charles Starkweather, avec Martin Sheen et Sissy Spacek. Le film, à 97 % selon la source, tient autant du road movie criminel que de la méditation sur l’errance et l’innocence perdue. Malick filme les paysages comme des témoins muets, et ce silence-là vaut tous les discours. Avant de devenir plus ésotérique, Malick savait déjà faire parler la terre mieux que bien des scénaristes.

    Plus loin, Annie Hall de Woody Allen, sorti en 1977, cristallise une autre facette de la décennie: la comédie romantique qui se regarde le nombril avec une lucidité parfois brillante, parfois pénible, souvent les deux à la fois. Le film, crédité à 97 % dans la source avec 130 critiques, a remporté quatre Oscars et reste associé à la performance de Diane Keaton, qui lui donne son élégance bancale et son tempo nerveux. La source rappelle aussi, à juste titre, que la réception du film ne peut pas être dissociée de la figure de son auteur, et on voit bien pourquoi ce titre continue de susciter des lectures contradictoires. Le film est un monument, mais un monument qui a toujours eu un petit caillou dans la chaussure.

    Le palmarès a ses têtes d’affiche, mais la décennie gagne au large

    Ce qui fait la force de cette sélection, c’est qu’elle mêle des œuvres américaines devenues des repères industriels et des films européens qui ont imposé une autre idée de la modernité. Dans le haut du panier, on croise aussi The French Connection de William Friedkin, avec Gene Hackman en flic new-yorkais aussi brutal que méthodique, premier film classé R à remporter l’Oscar du meilleur film. La source lui attribue 97 % sur 93 critiques, et l’on comprend vite pourquoi le film demeure une référence du réalisme nerveux, notamment pour sa poursuite automobile devenue légendaire. Friedkin n’embellit rien; il serre la vis, il salit les bords, il laisse les corps encaisser. À l’époque, le cinéma de genre a appris à parler adulte sans perdre son sens du spectacle.

    Le classement de Rotten Tomatoes, au fond, dit moins “voici les 15 meilleurs films des années 70” que “voici les œuvres qui ont survécu à la poussière, aux modes et aux classements”. Et c’est là que la décennie reste si insolente: elle a produit des films qui ont à la fois nourri les cinéphiles, enrichi les studios et changé la manière de fabriquer des récits populaires. On peut toujours chipoter sur l’ordre, glisser un favori oublié, défendre un outsider, faire son petit numéro de puriste au comptoir (on adore ça, évidemment), mais le noyau dur ne bouge pas. Les années 70 n’ont pas seulement été un âge d’or: elles ont été un mode d’emploi pour le cinéma qui a suivi.

    Et puis, soyons honnêtes: quand une décennie aligne The Godfather, Jaws, Halloween et Day for Night dans le même panier, on n’est plus dans le classement, on est dans la démonstration. Reste à savoir si, aujourd’hui, une autre période du cinéma peut encore prétendre à un tel mélange de prestige, de sueur et de panache. Pas sûr. Pas tout de suite, en tout cas.

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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