Free à volonté, mais pas pour tout le monde

Le nouveau Free Max ne fait pas dans la demi-mesure : data illimitée en France et dans plus de 135 pays, appels, SMS et MMS illimités depuis plus de 65 destinations, le tout sans engagement. Pour les clients Freebox, la remise fait tomber la facture à 19,99 euros par mois, soit le prix historique du gros forfait Free classique. Et là, forcément, Xavier Niel ressort la cape de 2012 : beaucoup de débit, beaucoup de pays, beaucoup de bruit.

À côté, le forfait Free 5G+ classique reste à 19,99 euros avec 350 Go en France et 35 Go à l’étranger dans plus de 115 destinations. Free Max ne remplace donc pas l’ancien modèle : il vend une tranquillité radicale, celle de ne pas surveiller une jauge de consommation entre un Google Maps, un appel WhatsApp et trois épisodes téléchargés dans une chambre d’hôtel au Wi-Fi possédé. Le produit, ce n’est pas seulement l’illimité : c’est l’absence de calcul mental.

35 Go, c’est déjà pas la famine

35 Go, c’est déjà pas la famine

Sauf que l’illimité mondial répond à un problème que beaucoup de voyageurs n’ont pas. Les forfaits voyage de Sosh, RED by SFR et B&You coûtent chacun 15,99 euros par mois et proposent entre 35 et 40 Go de data hors de France, avec une couverture allant de 110 à 135 destinations selon l’opérateur. Pour du GPS, des réseaux sociaux, des réservations, un peu de streaming et les vocaux interminables envoyés au groupe familial, cette enveloppe est généralement très confortable.

Le calcul est assez brutal : hors réduction Freebox, Free Max coûte 14 euros de plus par mois que ces offres concurrentes. Sur deux semaines de vacances annuelles, payer cet écart douze fois pour ne jamais franchir 40 Go, c’est un peu acheter un 4×4 pour déposer les enfants à l’école. Ça roule, évidemment. Mais on voit la démonstration de virilité arriver de loin.

Pour 90% des séjours touristiques, 35 ou 40 Go suffisent largement ; Free Max devient rentable quand le smartphone remplace carrément une connexion fixe.

Le bureau sans bureau, voilà la cible

Le bureau sans bureau, voilà la cible

Le vrai public de Free Max, ce sont les télétravailleurs nomades, les créateurs qui uploadent de la vidéo, les journalistes en déplacement, les expatriés de passage, les commerciaux qui vivent dans les terminaux, ou les gens qui partagent leur connexion avec un ordinateur pendant plusieurs semaines. Dans ce cas, une eSIM locale, un hotspot payant ou une recharge data peuvent transformer un voyage en tableur Excel de la honte.

Pour ces usages, la proposition de Free a une gueule très sérieuse : éviter l’achat d’une eSIM dans chaque pays, conserver son numéro français et utiliser son mobile comme un point d’accès sans vivre dans la terreur du hors-forfait. Alloforfait relève d’ailleurs que l’illimité prend surtout du sens pour les voyageurs intensifs, les travailleurs nomades et les créateurs de contenu, pas pour la majorité des abonnés qui consultent leur itinéraire et postent deux photos de brunch.

On comprend aussi le coup stratégique : après avoir tiré les prix français vers le bas, Free tente de transformer le roaming hors Europe en argument de fidélisation premium. Pas forcément une révolution universelle, donc. Plutôt une offre de niche assez bien pensée, emballée comme un coup d’État.

135 pays, le globe a des trous

135 pays, le globe a des trous

Le chiffre de 135 destinations claque bien dans une pub, mais un pays couvert sur une carte marketing ne vaut pas une destination réellement utile pour votre trajet. Sosh annonce également 135 destinations et couvre notamment des pays absents de Free Max, dont l’Andorre, le Qatar, les Philippines, le Pérou, Taïwan, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun. Free, de son côté, marque des points sur le Japon, Singapour, le Maroc, l’île Maurice ou encore certaines îles du Pacifique.

L’Andorre est le petit caillou dans la chaussure : elle manque chez Free Max alors que les concurrents l’incluent fréquemment. Ce n’est pas un détail si vous passez la frontière pour skier, faire un road trip pyrénéen ou remplir le coffre de Toblerone et de whisky, comme le veut cette vieille tradition européenne parfaitement innocente.

Avant de migrer, le bon réflexe consiste donc à vérifier votre pays, et pas le total flatteur affiché en gros caractères. Free rappelle d’ailleurs que l’usage hors enveloppe et les particularités tarifaires varient selon les destinations, tandis que l’option Voyage pour certains forfaits peut exiger une avance de 10 euros. Un forfait international se choisit avec un itinéraire, pas avec un chiffre en gras.

La facture ne prend jamais l’avion seule

À 19,99 euros pour les abonnés Freebox, Free Max est franchement une proposition à regarder de près si l’on voyage souvent hors Europe ou si l’on a besoin d’un partage de connexion fiable. À 29,99 euros, l’affaire devient plus sélective : elle reste cohérente pour un usage pro, fréquent et gourmand, mais elle dépasse de manière nette les 15,99 euros demandés par Sosh, RED et B&You pour leurs forfaits voyage.

Offre Prix mensuel Data à l’étranger Destinations annoncées Pour qui ?
Free Max 29,99 euros, 19,99 euros avec Freebox Illimitée Plus de 135 Nomades, pros, gros partage de connexion
Free 5G+ 19,99 euros 35 Go Plus de 115 Voyageurs occasionnels déjà chez Free
Sosh Voyage 15,99 euros 40 Go 135 Usage classique et couverture très large
RED Voyage 15,99 euros 35 Go 124 Budget serré, usage modéré
B&You Voyage 15,99 euros 40 Go 110 Usage classique selon les pays visités

Les prix, volumes et couvertures ci-dessus reflètent les offres comparées en mai 2026 ; les méthodes de comptage des destinations peuvent différer, notamment pour le Royaume-Uni, séparé en plusieurs entités chez certains opérateurs.

Notre verdict est donc moins sexy que la pub, mais plus utile : Free Max est un vrai bon plan pour celles et ceux qui consomment beaucoup de data hors Europe, pas une obligation morale pour quiconque prend un avion une fois l’an. Pour un séjour de dix jours à Lisbonne ou à New York, les 35 à 40 Go des concurrents feront le boulot sans faire exploser le budget. Pour trois semaines au Japon avec boulot, montage vidéo et partage de connexion, là, Free sort le bazooka.

Reste à voir si votre destination figure bien sur la liste. Parce que se découvrir hors forfait à Andorre après avoir payé pour « l’illimité mondial », c’est une expérience spirituelle que même Free ne pourra pas vous rembourser.

Melissa Boudot est une personnalité culturelle française aux multiples facettes. Diplômée d'État de professeur de théâtre, elle nourrit depuis toujours une passion profonde pour les arts vivants et le septième art. Critique cinéma engagée, elle pose un regard aiguisé et sensible sur les œuvres qu'elle analyse, avec une plume qui mêle rigueur et enthousiasme communicatif. Actrice et réalisatrice en devenir, elle explore les deux côtés de la caméra, convaincue que comprendre le jeu et la mise en scène sont indissociables.

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