Agnes Moorehead: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Agnes Moorehead en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
123
œuvres recensées
89 films · 34 séries
- Première année recensée
- 1941
- Dernière année recensée
- 1974
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1941, Citizen Kane place Agnes Moorehead dans le champ d’Orson Welles. Elle y joue Mary Kane, puis retrouve le cinéaste l’année suivante dans La Splendeur des Amberson, où son visage et sa diction s’installent durablement dans le cinéma américain.
Formation et premiers théâtres
Agnes Robertson Moorehead naît le 6 décembre 1900 à Clinton, dans le Massachusetts. Son père est pasteur presbytérien d’origine irlandaise, sa mère vient du monde artistique. La famille quitte le Massachusetts en 1904 pour l’Ohio, puis s’installe à Saint-Louis en 1912.
Elle suit d’abord des études à l’université Muskingum, tout en participant aux productions théâtrales de l’établissement. Elle enseigne ensuite pendant 5 ans dans une école privée du Wisconsin, puis rejoint l’université du Wisconsin, à Madison, où elle obtient une maîtrise en anglais et un doctorat en littérature. Elle choisit ensuite l’American Academy of Dramatic Arts, dont elle sort diplômée en 1929.
Son arrivée dans le métier se heurte à des standards physiques qui lui ferment les rôles principaux. Elle passe par de petites troupes de théâtre aux États-Unis avant d’entrer au Mercury Theatre, où elle travaille avec Orson Welles sur Julius Caesar. Dès lors, le plateau de scène reste pour elle un lieu de travail régulier, en parallèle d’un autre terrain d’activité qui occupe ses journées et ses nuits : la radio.
Orson Welles, la radio et les premiers rôles
La radio lui apporte des revenus complémentaires à une activité théâtrale peu rémunératrice. Elle travaille parfois sur 7 émissions par jour, avec un contrôle vocal qui attire l’attention. En 1951, une lecture de Don Juan in Hell lui vaut un écho particulier dans le milieu théâtral, après que sa présence au cinéma a déjà été lancée.
Citizen Kane, en 1941, constitue son premier film. Elle y joue la mère de Kane sous la direction d’Orson Welles, puis retrouve le réalisateur dans La Splendeur des Amberson en 1942, où elle interprète Fanny Minafer. La même année, elle apparaît dans La Poupée brisée de Irving Reis et Voyage au pays de la peur de Norman Foster.
L’année 1943 l’inscrit dans une série de productions où elle prête son jeu à des personnages très différents. Elle tourne dans L’Exubérante Smoky de Dudley Nichols, Chasseuses d’autographes d’Edward Buzzell et Jane Eyre de Robert Stevenson. En 1944, elle apparaît dans Depuis ton départ de John Cromwell, Les Fils du dragon de Jack Conway et Harold S. Bucquet, La Septième Croix de Fred Zinnemann, Madame Parkington de Tay Garnett et Les Hommes de demain de Leslie Fenton.
Des seconds rôles au premier plan
En 1945, elle joue dans L’amour s’en va-t-en guerre d’Edward Buzzell, La Princesse et le Groom de Richard Thorpe et Our Vines Have Tender Grapes de Roy Rowland. La reconnaissance arrive aussi par les distinctions : un Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle lui est attribué pour Madame Parkington, puis un autre en 1965 pour Chut... chut, chère Charlotte. Cette dernière composition lui vaut aussi une nomination aux Oscars.
Le cinéma ne suffit pourtant pas à définir Agnes Moorehead. Elle mène de nombreuses tournées aux États-Unis avec un one-woman show présenté sous plusieurs titres, An Evening with Agnes Moorehead, That Fabulous Redhead puis Come Closer, and I'll Give You an Earful. À cette époque, son nom circule aussi dans des émissions et formats télévisés comme Matinee Theater, The Red Skelton Show, Suspicion ou Alcoa Theatre, où elle interprète des rôles précis, de Bertha Bluenose à Katherine Searles, puis Mrs. Adams.
Le milieu des années 1960 l’installe dans un nouveau statut de présence familière sur le petit écran. En 1964, elle apparaît dans Ma sorcière bien-aimée dans le rôle d’Endora, mère de Samantha Stephens. La série lui donne 147 apparitions sur 254 épisodes, et sa figure devient liée à ce personnage au tempérament revêche. La même année, elle figure aussi dans The Hollywood Palace comme lectrice dramatique, tandis que Chut... chut, chère Charlotte reste l’un de ses grands jalons à l’écran.
La télévision, dernier territoire de jeu
La décennie suivante la voit rester présente à la télévision. En 1966, elle apparaît dans Hollywood Squares en tant qu’elle-même, puis dans The Smothers Brothers Comedy Hour en 1967. En 1968, elle figure encore au générique de Lancer. Cette présence continue lui vaut en 1967 un Primetime Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans une série télévisée dramatique pour Les Mystères de l’Ouest.
Agnes Moorehead meurt le 30 avril 1974 à Rochester, dans le Minnesota. Le fait qu’elle ait traversé théâtre, radio, cinéma et télévision sans se laisser réduire à un seul registre tient à la variété de ses emplois, mais aussi à la durée de son activité, de 1933 à 1974. Son nom reste attaché à Endora, à Mary Kane, à Fanny Minafer et à quelques autres rôles qui ont fixé sa présence dans l’histoire du spectacle américain.
Filmographie et distinctions
- Citizen Kane (1941) — Mary Kane
- La Splendeur des Amberson (1942) — Fanny Minafer
- La Poupée brisée (1942) — Violette Shumberg
- Voyage au pays de la peur (1942) — Madame Mathews
- L’Exubérante Smoky (1943) — Adele / Mme Delancey Wright
- Chasseuses d’autographes (1943) — Miss Featherstone
- Jane Eyre (1943) — Mme Reed
- Depuis ton départ (1944) — Mme Emily Hawkins
- Les Fils du dragon (1944) — Third Cousin's Wife
- La Septième Croix (1944) — Mme Marelli
- Madame Parkington (1944) — Baronne Aspasia Conti
- Les Hommes de demain (1944) — Aunt Jessie Frame
- L’amour s’en va-t-en guerre (1945) — Lt. Col. Spottiswoode
- La Princesse et le Groom (1945) — Comtesse Zoe
- Our Vines Have Tender Grapes (1945) — Bruna Jacobs
- Ma sorcière bien-aimée (1964) — Endora
- The Red Skelton Show (1951) — Bertha Bluenose
- Suspicion (1957) — Katherine Searles
- La Quatrième Dimension (1959) — Woman
- The Rebel (1959) — Martha Lassiter
- Matinee Theater (1955) — actor
- Alcoa Theatre (1957) — Mrs. Adams
- Lancer (1968) — actor
- Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle — Madame Parkington — 1945
- Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle — Chut... chut, chère Charlotte — 1965
- Primetime Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans une série télévisée dramatique — Les Mystères de l’Ouest — 1967
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