Diffusée pour la première fois le 6 octobre 1959 sur NBC, « Startime » occupe une place singulière dans la télévision américaine de la saison 1959-1960. Le programme, un format d’anthologie de 60 minutes, mêle drame, comédie et variété dans une circulation de tons typique des soirées sponsorisées par Ford.
« Startime », série TV NBC de 1959 avec Alfred Hitchcock, John Frankenheimer et Marc Daniels
Hubbell Robinson assure la création et la production du programme, diffusé le mardi soir aux États-Unis. La série s’appuie sur des réalisateurs identifiés dans le dossier comme Alfred Hitchcock, Lee J. Cobb, John Frankenheimer et Marc Daniels, tandis que l’écriture mobilise Larry Gelbart, Douglas Heyes, Gore Vidal, Roland Kibbee, Danny Arnold et Ted Post. Le titre circule aussi sous les appellations Ford Startime et Lincoln-Mercury Startime, selon la division de Ford qui occupe l’antenne publicitaire.
La mécanique du format repose sur la variété des épisodes, avec des drames, des comédies musicales et des séquences de variété. Certains programmes de 1959 durent 90 minutes, d’autres reviennent à 60 minutes, et le rendez-vous reste fixé au mardi soir avant d’être avancé à 20h30 le 5 janvier 1960. Hilton A. Green figure au poste d’assistance à la réalisation, crédit qui ne se confond pas avec celui de réalisateur.
« Startime » face au sponsor Ford, aux vedettes invitées et aux limites de l’anthologie
La série s’ouvre à des interprètes que la télévision américaine expose rarement dans ce registre à l’époque. Joan Fontaine, Ronald Reagan, Michael J. Pollard, Frank Sinatra, Joseph Campanella, Buddy Bryan, Jack Fina et Maureen O’Hara figurent parmi les principaux noms associés au programme, avec des épisodes conçus comme des unités autonomes. L’exemple le plus commenté reste Incident at a Corner, épisode diffusé le 5 avril 1960 et réalisé par Alfred Hitchcock.
Le dispositif de production passe par Music Corporation of America, sous Lew Wasserman, décrit comme le « packager » de la série. Cette organisation permet de faire venir des stars comme Alec Guinness et Rex Harrison à des tarifs réduits, tandis qu’Ingrid Bergman reçoit 100 000 dollars pour The Turn of the Screw, un montant qui tranche avec les standards de l’époque mentionnés dans le dossier. La place de Ford reste décisive: le programme s’achève le 31 mai 1960, avant la date initialement prévue du 28 juin 1960.
La réception critique signalée par le dossier reste sèche. Le New York Times juge que l’émission n’a pas tenu la promesse de « TV’s Finest Hour », et Jack Gould décrit l’adaptation télévisée de The Man comme « especially flat and thin ». Quelques épisodes marquent malgré tout la saison, dont Talent Scouts, diffusé le 23 février 1960, adaptation d’une émission de CBS, et The Wicked Scheme of Jebal Deeks, qui vaut à Alec Guinness une nomination dans la catégorie Outstanding Single Performance by an Actor aux 12th Primetime Emmy Awards.
« Startime » au Canada, diffusion CBC et circulation nord-américaine d’un format sponsorisé
Au Canada, Ford of Canada diffuse une version également intitulée Ford Startime sur le réseau CBC, du 6 octobre 1959 au 28 juin 1960, le mardi de 21h à 23h. Le principe reste le même, avec plusieurs émissions communes à la version américaine et des alternances avec des productions canadiennes.
Parmi ces adaptations figurent The Crucible d’Arthur Miller, avec Leslie Nielsen, An Enemy of the People de Henrik Ibsen, The Importance of Being Earnest d’Oscar Wilde et The Thirteen Clocks de James Thurber. Cette circulation entre les deux pays place « Startime » dans un moment où la télévision sponsorisée cherche encore sa forme, avec des épisodes qui passent du théâtre filmé au spectacle de variété, sans quitter le cadre serré du prime time nord-américain.
Saisons
(1)Critique sur Startime
Casting et distribution
Découvrez la distribution et l'équipe technique de Startime, ainsi que les talents devant et derrière la caméra qui ont donné vie à cette série.


