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    Nrmagazine » Backrooms d’A24 arrive à la maison : le film de Kane Parsons prépare son virage numérique
    Blog Entertainment 10 juillet 20265 Minutes de Lecture

    Backrooms d’A24 arrive à la maison : le film de Kane Parsons prépare son virage numérique

    Après son carton en salles, l’horreur des espaces liminaux s’invite sur les écrans domestiques dès le 14 juillet 2026
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    Le film qui a transformé une légende d’internet en petit phénomène de salles ne s’arrête pas au guichet. Backrooms d’A24 s’apprête à quitter la pénombre collective pour débarquer en digital, avec cette question un peu tordue qui va bien : est-ce qu’un cauchemar de couloirs jaunes fait encore plus peur sur un canapé ?

    Sorti en salles à la fin mai 2026, le premier long métrage de Kane Parsons a profité d’une exploitation franchement maligne de la part d’A24, qui l’a laissé respirer plus d’un mois sur grand écran avant de préparer sa vie domestique. Le studio n’a pas seulement capitalisé sur un titre déjà viral auprès d’une génération biberonnée aux récits creepypasta et aux images de couloirs sans fin ; il a aussi entretenu la rareté, ce vieux truc hollywoodien qu’on croyait réservé aux monstres sacrés et aux franchises à rallonge. Résultat : Backrooms a trouvé son public en salles, au point de devenir un vrai cas d’école pour un film né d’internet, passé par le cinéma, puis prêt à retourner vers les écrans qu’il connaît le mieux. Le trajet est presque plus intéressant que l’histoire elle-même.

    La sortie numérique est fixée au 14 juillet 2026. Le film sera proposé à l’achat ou à la location chez les grands distributeurs dématérialisés, et A24 laisse déjà entendre qu’une édition physique en 4K UHD, Blu-ray et DVD pourrait suivre dans la foulée. Classique, mais efficace : on fait durer la machine à billets, on multiplie les fenêtres de diffusion, et on laisse le bouche-à-oreille continuer de bosser pendant que le film change de peau. Pas besoin d’être devin pour voir le calcul, d’ailleurs ; A24 sait très bien qu’un succès de ce genre ne s’épuise pas en une seule exploitation. Quand la poule aux œufs d’or pond, on ne la renvoie pas tout de suite au poulailler.

    Des couloirs jaunes aux salons : le vrai test commence maintenant

    En réalité, la question la plus amusante n’est pas de savoir si Backrooms va se vendre en digital. Elle est plus vicieuse : comment un film fondé sur l’angoisse des espaces vides, des perspectives moches et de la solitude numérique va-t-il se comporter hors du rituel collectif de la salle ? Parce que oui, le cinéma d’horreur adore la communion des spectateurs, les sursauts partagés, les rires nerveux, les toux au mauvais moment. Mais Backrooms joue aussi sur autre chose : une sensation de familiarité détraquée, presque intime, qui pourrait très bien se glisser dans un écran de téléphone ou de tablette et vous pourrir la soirée sans prévenir. Le film n’a peut-être jamais eu besoin d’un grand écran pour mordre.

    Affiche de Backrooms
    Affiche de Backrooms

    Il faut aussi rappeler d’où vient Kane Parsons. Avant de passer à la mise en scène d’un long métrage, il a bâti sa réputation sur YouTube avec une série de courts formats inspirés par la mythologie des backrooms, ce territoire mental devenu un folklore d’internet : bureaux vides, moquette jaunâtre, néons fatigués, sensation de bug dans la réalité. Adapter ses propres images, c’est un geste malin, presque méta, parce qu’il ne s’agit pas seulement de porter une idée à l’écran, mais de la faire migrer d’un langage à un autre. Le jeune cinéaste ne signe pas une simple transposition ; il transforme un fantasme de web en objet de cinéma industriel. Et ça, franchement, ça a un petit parfum de passage à l’âge adulte. Le gamin d’internet a maintenant sa carte de visite en salles.

    Le studio, le timing et le petit coup de vice qui va bien

    A24 n’a pas choisi la facilité. Laisser le film tenir plus d’un mois en salles avant de l’ouvrir au digital, c’est une manière de préserver la valeur du ticket, de nourrir la presse, et de prolonger le désir au lieu de le casser d’un coup. Dans une industrie obsédée par les chiffres, cette stratégie a quelque chose de presque élégant : on ne brûle pas le film, on l’étire. Et comme Backrooms est encore visible dans certaines salles au moment où sa sortie numérique se prépare, le studio entretient une double vie assez futée, entre l’expérience collective et la consommation immédiate. Le film devient un produit à géométrie variable, et ce n’est pas un gros mot.

    Le plus intéressant, au fond, c’est ce que tout cela dit de la place d’A24 aujourd’hui. Le studio a fait de la singularité son fer de lance, en misant sur des œuvres qui ont une identité visuelle forte, une promesse de genre claire et une petite odeur de culte en devenir. Avec Backrooms, il ne s’agit pas seulement de surfer sur une tendance internet ; il s’agit de prouver qu’un imaginaire né sur le web peut encore trouver sa forme la plus rentable, et peut-être la plus durable, dans le circuit classique des salles avant de glisser vers le numérique. Pas mal pour une histoire de couloirs vides, non ? Comme quoi, même le vide peut faire du box-office.

    Reste la vraie blague, celle que le film nous tend sans avoir l’air d’y toucher : si les backrooms sont censées être un espace de perte, d’égarement et de malaise, leur version domestique pourrait bien devenir le terrain de jeu idéal pour une nouvelle génération de spectateurs. On coupe la lumière, on baisse le son, et on laisse l’écran faire le reste. Après tout, les cauchemars n’ont jamais eu besoin d’un multiplex pour s’installer. Ils ont juste besoin d’un mauvais couloir et d’un peu de silence.

    Bande-annonce VF de Backrooms

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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