Ormuz, la porte qui grince (et qui fait mal au portefeuille)

Le baril de Brent de la mer du Nord a grimpé de 0,71% le 15 juillet 2026 pour atteindre 85,33 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a pris 0,78%, à 79,96 dollars, rapporte Capital. Deux jours plus tôt, les deux références s’élevaient respectivement à 87,55 et 81,27 dollars. On surfe donc sur une volatilité de montagnes russes, sauf que ce sont nos euros qui font le tour de loop.
Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de La Revue Défense nationale, prévient dans La Dépêche du Midi : « l’impact serait alors très dur pour les consommateurs, que ce soit pour partir en vacances ou pour tous ceux qui utilisent leur véhicule pour travailler ». Traduction sans langue de bois : si le blocage d’Ormuz se confirme, le baril pourrait franchir les 90 dollars, voire taper les 100. Et ça, l’équipe de NR Magazine ne le souhaite à personne, sauf peut-être aux constructeurs de vélos électriques.
Le gazole flirte encore avec les 2 euros, bis repetita

Concrètement, sur le terrain, le gazole (carburant le plus consommé en France) est repassé au-dessus des 2 euros le litre le 15 juillet 2026, à 2,003 euros en moyenne sur plus de 9 500 stations-service, en hausse de plus de 4% en une semaine seulement, selon les chiffres de l’AFP repris par Capital. Et la tendance ne s’est pas calmée : au 20 juillet, le prix moyen du diesel grimpait encore, jusqu’à 2,13 euros selon Turbo, avec des écarts pouvant atteindre 33 centimes entre les stations les moins chères et les plus gourmandes.
Le SP98 reste la Rolls du plein, à 2,023 euros le litre mi-juillet, et il avait déjà repassé la barre des 2 euros dès le 30 juin. Le SP95-E10, plus populaire, a pris 1,6% pour grimper à 1,944 euro. Pour ceux qui aiment les comparaisons qui piquent : par rapport au 27 février 2026, veille des toutes premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, le SP95-E10 a bondi de 32 centimes (+18,47%) et le SP98 de 30 centimes (+16,29%). Cinq mois, deux guerres, un porte-monnaie en compote.
Pour les curieux qui veulent creuser les nuances entre carburants (parce que oui, tout le monde ne roule pas au même jus), on a d’ailleurs détaillé les différences entre le diesel B7 et le B10, et la question de savoir si le SP98 est vraiment un atout ou un coup de com’ mérite d’être (re)posée maintenant que le litre coûte une blinde.
Poutine coupe le robinet, la note grimpe encore

Comme si la case Iran ne suffisait pas, la Russie, grosse productrice de gazole, a annoncé l’interdiction de ses exportations pour faire face à des pénuries internes, elles-mêmes provoquées par des frappes ukrainiennes sur ses raffineries. Autre valeur : quand deux fronts géopolitiques distincts tirent dans la même direction, la pompe encaisse double. On appelle ça un alignement des astres, sauf que les astres en question sont des missiles.
Côté gouvernement français, le ministre de l’Économie Roland Lescure tentait en mai de calmer le jeu, assurant qu’il n’y avait « a priori » aucune crainte de pénurie et « sans doute peu de risque » de marge abusive de la part des distributeurs, selon des propos rapportés par prixdubaril.com. Ça sonne creux deux mois plus tard, quand le gazole reprend 13 centimes en une poignée de semaines.
Panique à la pompe, cap sur les 100 dollars ?

Si le scénario du blocage total d’Ormuz se matérialise, les analystes évoquent un baril à 90, voire 100 dollars. Concrètement, ça voudrait dire un gazole qui flirterait allègrement avec les 2,20 à 2,30 euros à la pompe cet été, pile pour les grands départs en vacances. Autant dire que le budget essence risque de tirer une balle dans le pied aux vacanciers qui avaient déjà calculé leur trajet au centime près.
Pour ceux qui veulent suivre l’engrenage géopolitique derrière tout ça, cette édition de C dans l’air consacrée à l’implication de la France dans le conflit permet de remettre les pièces du puzzle en place.
À ce stade, difficile de dire si l’accord de paix de juin reviendra sur les rails ou si on part pour un été à coups de missiles et de plein à rallonge. Ce qu’on sait, c’est que pendant que Washington et Téhéran s’envoient des amabilités par-dessus le détroit d’Ormuz, c’est nous qui payons la note en allant chercher le pain le dimanche matin.
Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.




