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    Nrmagazine » Moana 3 : Disney remet les voiles
    Blog Entertainment 2 juillet 20265 Minutes de Lecture

    Moana 3 : Disney remet les voiles

    Dwayne Johnson lâche un indice, et la machine à franchises repart déjà à l’assaut des mers
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    Disney n’a jamais vraiment quitté l’océan, mais avec Moana 3, le studio semble prêt à replonger dans sa propre poule aux œufs d’or. Dwayne Johnson a laissé entendre que la suite était bel et bien dans les tuyaux, au moment même où le live-action Moana s’apprête à débarquer en salles le 10 juillet.

    À ce stade, on parle moins d’une surprise que d’une mécanique parfaitement huilée. Depuis sa sortie en 2016, Moana a installé une héroïne Disney qui n’a rien d’une princesse en porcelaine : une jeune navigatrice, une mythologie polynésienne, un rapport à la mer qui tient autant du récit d’aventure que du film de passage de relais. Le long métrage d’animation, porté par les voix d’Auliʻi Cravalho et de Dwayne Johnson, a rapporté plus de 680 millions de dollars dans le monde selon les estimations du box-office, de quoi transformer l’essai en franchise sans que personne, chez Disney, ne fasse semblant de s’en étonner. Le studio adore ces propriétés capables de vivre en salles, en streaming, en produits dérivés et en spin-off mental dans la tête des gamins. Quand une héroïne rapporte autant, l’appel du large ressemble vite à un ordre de mission.

    Et voilà que le live-action sert de rampe de lancement à une nouvelle salve d’exploitation, comme si Disney testait la température de l’eau avant de remettre le moteur en marche.

    Le grand bain des franchises

    En apparence, l’affaire est simple : une star répond à une question, confirme des discussions, et Internet s’emballe. Sauf que chez Disney, rien n’arrive jamais par hasard. Le studio a pris l’habitude de faire cohabiter remake, suite, reboot et déclinaison dans un même mouvement de portefeuille. On a vu la même logique avec The Lion King, Aladdin, La Petite Sirène ou encore Lilo & Stitch dans sa version revisitée. Le live-action de Moana, réalisé par Thomas Kail et produit avec Dwayne Johnson dans le giron, n’est pas seulement un nouveau film : c’est un rappel de marque, un coup de polish sur un univers déjà rentable, une façon de remettre Maui et son monde sous les projecteurs avant de pousser plus loin. Disney ne raconte pas seulement des histoires, il entretient des actifs.

    Ce qui rend Moana si précieux pour le studio, c’est sa capacité à conjuguer spectacle, chanson, identité visuelle forte et héroïne immédiatement identifiable. Pas besoin d’un récit labyrinthique ni d’un lore à rallonge : on a une mer immense, un demi-dieu cabossé, une quête, des chansons qui restent dans le crâne et une esthétique qui se vend toute seule. Le dessin animé de 2016, signé par Ron Clements et John Musker, arrivait après une longue période où Disney cherchait à renouveler ses princesses sans renier la machine à fantasmes. Ici, la modernité passait par l’action, la navigation, le courage, pas par la robe qui tourne. Et ça, le public a mordu dedans à pleines dents.

    Affiche de Vaiana, la légende du bout du monde
    Affiche de Vaiana, la légende du bout du monde

    Maui, le demi-dieu et le demi-mot

    Le détail savoureux, c’est évidemment Dwayne Johnson. L’acteur-producteur, qui a fait de son image une marque mondiale, se retrouve à la croisée de deux régimes hollywoodiens : d’un côté, le blockbuster musclé qu’il a longtemps incarné à coups de franchises et de cascades ; de l’autre, le conte musical familial où il joue un demi-dieu tatoué, fanfaron, presque trop conscient de son propre mythe. Maui, c’est un rôle taillé pour lui comme un costume de super-héros en fibre de pop culture : charisme XXL, humour de surface, puissance physique, et cette petite tendresse qui évite de le transformer en simple machine à punchlines. Johnson ne joue pas seulement Maui, il joue aussi sa propre légende.

    Et c’est précisément pour ça que l’idée d’un troisième opus n’a rien d’anodin. Dans une industrie où les studios cherchent des personnages capables de traverser les formats sans perdre leur aura, Moana a déjà prouvé qu’il pouvait survivre à l’animation, au live-action et, visiblement, à la tentation de la suite. On sait comment ça se passe : on commence par un film, on enchaîne avec une série de produits dérivés, puis vient le moment où l’on se demande si le public n’a pas envie de revoir ces visages encore une fois. Spoiler : Disney parie que oui, et franchement, l’historique du box-office lui donne souvent raison.

    La mer, la marque et le reste

    Reste la vraie question, celle qu’on se pose au comptoir après la séance : qu’est-ce qu’un Moana 3 pourrait raconter de plus sans se contenter de faire du surplace en eaux tièdes ? Le premier film tenait par son énergie d’exploration et sa manière de faire de la mer un personnage à part entière. Une suite, si elle existe, devra éviter le piège du simple recyclage, ce péché originel de tant de franchises qui confondent prolongement et répétition. Disney a déjà assez de machines à rembobiner pour savoir qu’un univers étendu sans nécessité dramatique finit par sentir le carton-pâte. Et pourtant, on connaît la chanson : un succès, un live-action, une annonce, puis un calendrier qui se met à clignoter comme un sapin de Noël sous amphétamines. À Hollywood, quand l’eau est bonne, on ne ferme jamais le robinet.

    Le plus drôle, c’est que Moana reste l’une des rares propriétés récentes de Disney à avoir une vraie identité, pas seulement un logo et trois clins d’œil à la nostalgie. Si Moana 3 voit le jour, il faudra qu’il retrouve cette fraîcheur-là, cette manière de faire souffler le vent du large sans transformer la saga en couloir de centre commercial. Sinon, on aura juste un nouveau voyage, mais sans boussole. Et ça, même Maui aurait du mal à le vendre avec son plus beau sourire.

    Bande-annonce VF de Vaiana, la légende du bout du monde

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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