
Depuis la renaissance de la franchise Jurassic Park sous l’égide d’Universal Pictures, chaque nouveau volet de la saga cinématographique a généré son lot d’excitation, d’innovations en effets spéciaux et de débats passionnés. Pourtant, Jurassic World 3 : Le Monde d’après, réalisé par Colin Trevorrow, semble cristalliser les réserves et critiques d’un public et d’experts toujours plus exigeants. Si la promesse d’une nouvelle ère où dinosaures et humains cohabitent laissait espérer un film d’action épique et novateur, l’épisode se révèle malgré tout bien loin des sommets atteints par ses prédécesseurs. En 2025, alors que le merchandising Jurassic continue de prospérer avec, notamment, une forte présence de Lego Jurassic World et diverses séries de films, le septième art peine à retrouver la magie d’antan. Focus sur dix raisons qui expliquent pourquoi Jurassic World 3 s’impose comme le maillon faible de cette franchise à succès.
Le terme « Monde d’après » prêtait à un bouleversement écologique fascinant où dinosaures et humains devraient apprendre à cohabiter dans un équilibre précaire. Cette grandiose idée, esquissée en clôture de Jurassic World : Fallen Kingdom, était pourtant la promesse d’un souffle neuf dans la saga. Or, le film trahit cette ambition dès son ouverture, opérant une ellipse rapide de plusieurs années qui établit un statu quo presque idyllique. Ce choix scénaristique, qui déçoit autant qu’il déroute, efface d’un trait toute l’excitation née de ce contexte apocalyptique potentiel.
Au lieu de mettre en scène une véritable lutte pour la survie avec des villes dévastées et un choc écologique entre espèces, le monde semble relativement stable. Les rares incidents sont balayés d’un revers vite expédié, reléguant au second plan l’impact majeur que ces prédateurs géants auraient dû avoir. Cette inertie narrative prive le récit de tension et d’enjeu crédible. En conséquence, Jurassic World 3 donne le sentiment d’un gigantesque éléphant dans la pièce : une fausse révolution soigneusement évitée.
Cette contradiction majeure démontre à quel point le scénario manque d’audace, préférant un compromis paresseux à une exploration sérieuse des conséquences. Le rappel à un équilibre qu’on ne voit jamais réellement à l’écran fragilise la crédibilité du film, en plus d’assommer l’enthousiasme que la série avait pu cultiver jusque-là.
Colin Trevorrow, déjà regretté par certains pour la réalisation du premier volet Jurassic World, s’enfonce ici dans une forme de mise en scène qui confine à la catastrophe artistique. Alors qu’un film d’action se doit d’être nerveux, fluide et porteur de suspense, Jurassic World 3 multiplie les maladresses. Les séquences impliquant les dinosaures, censées impressionner par leur férocité et leur puissance, semblent souvent dépourvues de punch et de maîtrise. On éprouve parfois plus d’ennui que d’émerveillement.
L’un des exemples les plus frappants est l’introduction du Mosasaure, un moment crucial qui aurait pu marquer les esprits. Au lieu de cela, la scène se perd dans une réalisation pauvre, où les enjeux spatiaux sont mal travaillés et la tension absente. Ce manque de nervosité signale un problème profond : aucune véritable volonté de faire vivre au spectateur une immersion palpitante.
Un film de cette envergure, doté d’un budget conséquent, devrait être le théâtre de sensations fortes. Au contraire, on assiste à ce qui peut être décrit comme une démonstration de feignantise visuelle, où le spectacle n’occupe pas sa place centrale. Ces erreurs de mise en scène expliquent en partie la déconsidération progressive du film auprès des critiques de cinéma en 2025.
Le grand coup marketing du film fut sans doute le retour d’Alan Grant, Ellie Sattler, et Ian Malcolm, trio emblématique de la franchise Jurassic Park. Pourtant, au lieu de poser les bases d’une réunion épique, leur présence semble davantage un remplissage artificiel qu’un véritable apport narratif. Le scénario les amène dans ce nouveau récit sans subtilité, réduisant leur potentiel à de simples cameos prolongés fatigués par un script peu inspiré.
Leur alchimie, jadis si précieuse, a disparu au profit d’échanges creux. Jeff Goldblum, notamment, campe un Ian Malcolm engoncé dans son flegme typique, sans réel développement. Sam Neill et Laura Dern pâtissent d’une écriture qui tourne à vide et d’une mise en scène qui ne parvient pas à relancer l’intérêt autour de ces personnages. Cette faible incarnation affaiblit toute l’ambition de faire cohabiter les générations dans le film.
Avec ces figures centrales traitées de manière superficielle, Jurassic World 3 dilue la force émotionnelle qui avait jadis fédéré ses fans. Une telle erreur narrative nuit gravement à l’expérience globale, d’autant plus que le public attendait une conclusion à la hauteur de ces icônes du cinéma.
Si gérer correctement un grand casting peut apporter de la richesse à un scénario, ce n’est clairement pas le cas ici. Jurassic World 3 peine à faire prendre forme à ses innombrables personnages secondaires, qui s’étalent sans direction ni pertinence apparente. Depuis la braconneuse maladroitement introduite jusqu’aux agents secrets sous-exploités, le film alourdit sa narration avec des enjeux dispersés, rendant l’ensemble particulièrement confus.
Les sous-intrigues croisés sont mal équilibrées et finalement dénuées d’intérêt, créant un patchwork trop dispersé pour captiver. Ce déséquilibre narrative diminue d’autant plus la cohérence du récit principal et affaiblit les arcs des protagonistes essentiels, privant le film de toute unité.
Cette surcharge narrative témoigne d’une écriture peu rigoureuse qui préfère multiplier les figures à l’écran au lieu de se concentrer sur l’essentiel. Le spectateur, submergé, décroche bien trop souvent, ce qui dégrade considérablement l’expérience cinématographique.
Il serait injuste de ne pas reconnaître le travail technique colossale réalisé pour donner vie aux dinosaures dans Jurassic World 3. Les technologies d’Universal Pictures sont loin d’être dépassées, et certains plans évoquent encore la puissance des images numériques. Cependant, ces prouesses en effets spéciaux peinent à trouver leur juste place, enveloppant le film d’une froideur visuelle sans respiration.
Les dinosaures, pourtant stars naturelles de la saga, apparaissent souvent comme de simples machines numériques déconnectées de la narration. Leur puissance est étalée, mais jamais ressentie, faute d’une mise en scène acérée. Cette dissonance a poussé de nombreux critiques à qualifier le film de plastique, une pure vitrine technique sans âme.
Ce constat paradoxal démontre que les effets spéciaux, bien que nécessaires, ne suffisent pas à porter un film. Ils nécessitent un cadre narratif et émotionnel solide pour que le spectateur soit transporté. Jurassic World 3, dans sa frénésie visuelle, néglige souvent cet équilibre.
Jurassic World avait, dans ses premières heures, réussi à canaliser l’angoisse et l’urgence inhérentes à la survie face à ces créatures monstrueuses. Ici, la recette semble perdue. Jurassic World 3 fait preuve d’un manque étonnant de suspense, malgré les multiples situations à haut risque qui jalonnent son scénario. Que ce soit en pleine poursuite dans la réserve de Malte ou lors du crash d’avion, les scènes dramatiques tirent nerveusement à vide.
Le film distribue aux personnages ce qu’on pourrait qualifier de “totems d’immunité”, rendant absolument prévisible qui va survivre ou non. En conséquence, l’effet de surprise qui faisait autrefois vibrer les spectateurs s’efface au profit d’une routine aseptisée.
Cette tendance à éliminer tout risque palpable contribue à transformer Jurassic World 3 en un film mou, sans réelle intensité émotionnelle. Pour un récit centré sur la survie, c’est une défaillance majeure qui sape l’intérêt.
À l’instar de nombreux films hollywoodiens modernes, Jurassic World 3 s’appuie sur un antagoniste dont la caractérisation s’avère superficielle et finalement peu convaincante. Le vilain principal, à peine menaçant, ne possède ni l’envergure ni la cruauté attendues. Son plan, fondé sur l’exploitation mercantile des dinosaures comme armes biologiques, paraît confus et trop tiré par les cheveux pour inspirer la peur ou l’enjeu.
Cette figure étrange, flegmatique et parfois même risible, confère une touche de ridicule à l’ensemble. On peine à saisir ses motivations profondes ou la pertinence stratégique de son projet, ce qui affaiblit la mécanique dramatique du film.
La faiblesse de ce personnage traduit un défaut plus général d’écriture et de conception dans le film, où la menace perd son impact et où le suspense s’évanouit, renforçant la déception globale.
L’un des aspects les plus polémiques de Jurassic World 3 réside dans sa stratégie franchise de fan service. La mise en avant de clins d’œil appuyés et de références explicites au premier Jurassic Park, parfois réduits à des gestes ou phrases répétées mécaniquement, finit par diluer l’émotion et la nouveauté. Là où un hommage sincère aurait pu enrichir l’expérience, on rencontre un simple recyclage d’éléments visuels et narratifs.
Des scènes comme celle où Laura Dern retire ses lunettes avec le même mouvement iconique ou Malcolm agitent une torche semblent davantage figées dans l’auto-célébration que dans le storytelling. Ce recours excessif à la nostalgie artificielle déçoit et donne un effet de déjà-vu, ce qui accentue le sentiment d’un produit peu inventif.
Outre la critique artistique, ce fan service interrogateur rappelle combien un produit doit rester fidèle à son essence tout en innovant – un équilibre que ce troisième Jurassic World ne parvient pas à tenir.
Dans le paysage cinématographique contemporain, les blockbusters tels que Jurassic World 3 s’accompagnent inévitablement d’un important volet merchandising. Lego Jurassic World, vêtements, jouets, jeux vidéo et autres objets dérivés concentrent une part non négligeable de l’économie autour de la franchise. Pourtant, ce déploiement promotionnel ne suffit pas à masquer les faiblesses du film et questionne sur la durabilité de ce modèle.
Alors même que ce troisième volet peine à convaincre sur le plan artistique, le merchandising Jurassic continue de séduire des publics variés, notamment les enfants et collectionneurs. Ce paradoxe ouvre la réflexion sur la dissociation entre succès commercial et qualité cinématographique, un phénomène désormais courant dans l’industrie du divertissement.
Ce constat, symptomatique des enjeux financiers actuels, souligne le besoin pour les studios d’adopter des stratégies équilibrées entre la créativité et la rentabilité. Un défi que Jurassic World 3 relève avec difficulté, au détriment de sa postérité.
Dès sa sortie, Jurassic World 3 a dû affronter une comparaison inévitable avec ses prédécesseurs, en particulier le premier Jurassic Park, plébiscité depuis presque 30 ans comme un chef-d’œuvre du cinéma d’aventure et d’effets spéciaux. Cette pression sur le film à la loupe explique en grande partie la résonance négative de certaines critiques même chez des experts réputés.
Si Jurassic World avait réussi à redonner un souffle à la saga, ce dernier épisode s’est vu taxé d’incohérences, de flou artistiques et d’un scénario en retrait. Les critiques de cinéma ont mis en lumière la maladresse de la nouvelle trilogie à se renouveler correctement tout en rendant hommage à ses racines, accentuant ce que beaucoup appellent le « maillon faible » de la saga.
Ce rejet critique n’est pas sans répercussion sur l’image générale du film, même en 2025. Il invite Universal Pictures à réfléchir aux orientations futures de la franchise pour retrouver la grâce et l’éclat du passé.
À l’heure où la pop culture regorge de sagas ambitieuses et d’univers étendus, Jurassic World 3 peine à marquer durablement les esprits. Malgré la présence imposante de dinosaures, les efforts et budgets colossaux déployés ne suffisent pas à offrir une empreinte significative dans le paysage des films d’action en 2025. Lorsqu’on observe la manière dont les nouvelles séries de films redéfinissent les codes, Jurassic World 3 paraît même désuet.
Les attentes accrues du public, conjuguées à une évolution constante des techniques et formats, placent la franchise devant un défi compliqué. La faiblesse de cet épisode inquiète les fans comme les critiques pour l’avenir de la saga et son influence dans le genre. Cette situation expose aussi le besoin de renouvellement que les studios comme Universal Pictures pourraient envisager.
Cette situation souligne combien il est essentiel de repenser le format et l’approche pour maintenir la franchise à flot dans un environnement audiovisuel en mutation, à l’heure où la grande valeur du cinéma passe aussi par l’innovation et l’émotion.
Face à tous ces constats, cette analyse démontre que Jurassic World 3 est loin de l’explosion créative et émotionnelle attendue, donnant à réfléchir sur les défis du blockbuster moderne dans un paysage toujours plus compétitif.
Je suis un écrivain passionné par la lecture et l’écriture. J’ai choisi d’exprimer mes opinions et mes observations sur mon blog, où je publie souvent des articles sur des sujets qui me sont chers. Je m’intéresse aussi beaucoup aux préoccupations sociales, que j’aborde souvent dans mon travail. J’espère que vous apprécierez mes articles et qu’ils vous inciteront à réfléchir vous aussi à ces sujets. N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me faire part de vos réflexions !