
Venom : The Last Dance, troisième volet tant attendu de la franchise produite par Sony Pictures, s’inscrit tristement dans la lignée des échecs récents du studio en matière d’adaptations de comics, notamment ceux liés à l’univers Spider-Man. Réalisé pour la première fois par Kelly Marcel, scénariste des deux premiers épisodes, ce film d’action mettant en scène le duo emblématique Eddie Brock et son symbiote Venom, incarné par Tom Hardy, promettait une intensification dramatique et une maturation narrative. Pourtant, le résultat s’avère d’une paresse et d’une incohérence affligeantes, laissant amateur et fan perplexe face à une œuvre qui accumule clichés, maladresses et scènes d’une confusion déconcertante. Dans un paysage cinématographique où Marvel règne en maître incontesté, la démarche audacieuse de Sony Pictures de bâtir un univers dérivé, parfois à côté de la plaque, soulève de nombreuses questions sur les limites du blockbuster super-héroïque et les attentes légitimes d’un public averti.
Depuis l’émergence du premier Venom, il est clair que Sony Pictures ambitionnait de bâtir un univers parallèle à celui de Marvel, centré notamment sur les symbiotes et autres entités issues du riche tissu comics de Spider-Man. Avec The Last Dance, le studio compte poursuivre cette voie, en dépit des résultats contrastés des productions précédentes, comme Morbius ou Madame Web, qui peinaient à convaincre, tant sur le plan scénaristique que commercial.
Le vrai défi posé par cette approche est double. Il s’agit d’une part de conserver une identité forte, indépendante des succès étourdissants du Marvel Cinematic Universe, et d’autre part de créer un récit suffisamment solide pour ne pas sombrer dans la redondance ou la superficialité. Or, Venom : Le dernier bal échoue précisément sur ces deux fronts.
La réalisation par Kelly Marcel, qui signe ici son premier long-métrage à la mise en scène, révèle un cinéma sans souffle ni audace. Ce manque de vision se traduit par un scénario qui peine à connecter ses enjeux dramatiques avec des séquences d’action convenues, voire expédiées. L’efficacité potentielle du film s’étiole rapidement, ce d’autant que les discours théoriques sur la coexistence entre humains et symbiotes sont expédiés sans profondeur, laissant un goût amer d’inachevé.
Le public est ainsi dynamique mais désorienté, passant d’une idée à l’autre sans réelle progression. Un problème d’écriture manifeste se fait sentir, sapant toute tentative de bâtir un univers crédible et cohérent au sein du paysage des comics modernes. Pour comprendre le poids de cette insuffisance, il suffit de comparer à l’intelligence de certaines productions récentes, qui mêlent habilement introspection et spectacle. En 2025, cette approche reste un prérequis que Venom 3 néglige coupablement.
À l’image du premier épisode, c’est essentiellement la prestation de Tom Hardy qui capte brièvement l’attention, bien que son interprétation semble à bout de souffle. L’acteur britannique, dont la popularité reste intacte grâce à des rôles aussi variés que marquants, donne à Eddie Brock une texture rugueuse et vulnérable – une figure d’anti-héros tourmenté qui aurait pu renaître dans ce troisième opus.
Malheureusement, ce capital charisme se dilue dans un script qui réduit la dualité complexe entre Venom et son hôte à une suite de dialogues lourds et d’une mécanique comique répétitive, à la limite de l’exaspération. Cette dyade, pourtant le cœur de la série, semble prisonnière d’un carcan dramaturgique incohérent, alternant maladroitement entre farces potaches et dramatisation artificielle.
On peut regretter que le film ne tire pas davantage parti du savoir-faire de Hardy, dont le talent aurait pu offrir des moments de grâce au cœur d’un enchevêtrement scénaristique défaillant. Le contraste entre la puissance d’incarnation de l’acteur et le vide narratif ambiant relève presque du cruel. Pour qui suit les critiques de films récents, la comparaison avec d’autres blockbusters tournant autour de figures complexes de comics est particulièrement rude, soulignant les failles d’un film qui se contenterait presque de son statut, sans audace véritable.
L’écriture de ce troisième épisode, orchestrée par Kelly Marcel, paraît symptomatique d’une crise identitaire plus large chez Sony Pictures dans ses tentatives de capter l’audience des fans de comics via une déclinaison sous-optimale du genre film d’action super-héroïque. La volonté de mêler drame, humour, et action semble un exercice d’équilibre impossible qui finit par noyer l’ensemble dans une superficialité déconcertante.
Une des failles majeures tient dans le traitement des personnages secondaires, chargés de constituer la toile de fond mais souvent réduits à des rôles périphériques, quasiment caricaturaux. Rhys Ifans, par exemple, dans un rôle qui se veut ambigu, apparait comme un esprit fantomatique sans réel impact sur l’intrigue.
Ce mode de narration éclaté, accompagné d’une mise en scène qui manque cruellement de personnalité, finit par miner l’économie du spectacle et la profondeur potentielle d’un univers déjà fragile sur le papier. Très peu d’idées originales émergent et celles que l’on distingue se noient dans un épais brouillard de maladresse, les plans s’enchaînant sans jamais capter durablement l’attention. Pour comprendre cet écueil, il faut envisager ce que pourrait offrir une écriture plus minutieuse, qui sache équilibrer enjeux personnels et enjeux cosmiques – une suite logique bien plus ambitieuse que celle-ci.
Au-delà d’un scénario déficient, Venom : The Last Dance pose aussi la question de la valeur des effets spéciaux dans les blockbusters de notre époque. Réalisé avec un budget estimé à 120 millions de dollars, en dehors du marketing, il semble que le parti pris visuel soit un véritable paradoxe. Si les effets visuels sont certains, parfois impressionnants, ils peinent à insuffler de la vie dans des scènes mal construites et découpées à la hâte.
Le trouble naît ainsi d’un décalage marquant entre la qualité technique et l’impuissance narrative. Le film offre une ou deux scènes d’action intenses, notamment la courte confrontation aérienne, évacuée en moins de vingt secondes, ou encore quelques poursuites avec le symbiote qui joue son rôle d’anti-héros monstrueux. Pourtant, ces moments d’explosivité sont immédiatement gâchés par des coupes maladroites, une chorégraphie confuse et un montage erratique.
À l’heure où les spectateurs peuvent facilement comparer ce blockbuster à des productions à la fois ambitieuses et maîtrisées, l’écart saute aux yeux. Ce paradoxe entre spectacle multimillionnaire et direction artistique approximative cristallise une problématique récurrente dans les productions Sony actuelles et dans une certaine mesure dans les adaptations de comics hors MCU, où le fond semble sacrifié à la forme à un point rarement vu.
Le personnage de Knull, incarné par Andy Serkis, avait tout pour devenir l’une des plus grandes menaces de l’univers super-héroïque Sony. Considéré comme l’équivalent maléfique de Thanos dans le Marvel Cinematic Universe, le « dieu » des symbiotes, censé être la pierre angulaire d’une mythologie complexe, est regrettablement réduit à un élément fantomatique dont la menace plane mais à peine caractérisée.
L’ambition de faire de Knull une figure majeure du conflit interplanétaire est manifeste, notamment avec une scène post-générique qui évoque clairement la possibilité de futures aventures, mais la mise en œuvre demeure insuffisante. Le scénario ne parvient pas à exploiter pleinement la dimension cosmique ni les enjeux qu’un tel antagoniste implique. Knull reste donc un potentiel gâché, laissant l’univers de Venom dans une espèce d’attente frustrante, à l’instar de Madame Web ou Morbius, dont les destinées hésitent entre renaissance et oubli.
À long terme, cette tendance à diluer la menace principale pose question sur la direction prise par Sony. Ce traitement évite le confrontationnel audacieux et tempère le récit dans une forme d’amertume, propre à décevoir même les plus fervents admirateur·rice·s du genre. Il reste à observer si les prochains projets, comme Kraven The Hunter, allégués en 2025, sauront rehausser le niveau.
Au-delà des aspects purement techniques et narratifs, Venom 3 aborde des thématiques ambitieuses telles que la mort, la dualité, et même une critique sociale à travers la métaphore de la cohabitation entre symbiotes et humains. Malheureusement, l’échec réside dans la manière dont ces sujets sont traités – superficiellement, sans aucune subtilité, ni réel attachement émotionnel.
Les allusions au sacrifice, à la séparation, et à un bodycount inhabituel dans la franchise apparaissent comme de simples notes posées maladroitement, prêtes à être balayaient par la survenue d’une blague ou d’un passage d’action mal introduit. Le film aurait pu embrasser un ton tragique plus abouti, mais choisit de naviguer entre des eaux tièdes qui ne convainquent personne.
Ce décalage entre la richesse possible du matériau issu des comics et le traitement à l’écran illustre parfaitement la frustration que peuvent ressentir les amateurs éclairés. Le film rate ainsi une occasion d’apporter une réflexion stimulante sur le héros imparfait et ses dilemmes, ce qui rend sa réception critique d’autant plus négative.
En 2025, alors que les attentes concernant les films de super-héros restent élevées, Venom : The Last Dance se distingue malheureusement comme un cas d’école de blockbuster contraire aux standards actuels. Les critiques mettent en lumière des gags jugés de mauvais goût, un scénario confus, et une finalité émotive qui semble davantage pointer le déclin d’une franchise en roue libre que respecter l’héritage symbolique des anti-héros de comics.
Les analyses spécialistes soulignent l’incapacité du film à innover et à offrir une tension dramatique prenante. Tom Hardy, bien que mentionné, ne suffit plus à porter seul le poids d’une intrigue si creuse. Toute la licence détecte une usure, à l’image des fiascos précédents – Morbius, Madame Web –, qui sapent le désir d’investir dans ces productions.
Le cinéma populaire, surtout dans le secteur des comics, ne cesse pourtant d’évoluer : de nouveaux traits narratifs s’imposent et dessinent un avenir plus mature où la quête d’un sens et d’un propos devient indispensable. Venom 3 paraît figé dans un passé qui ne trouve plus d’écho chez son audience.
Le parcours récent de Sony Pictures, avec ses tentatives d’exploiter les héros et anti-héros éloignés de la figure centrale Spider-Man, révèle une problématique récurrente : comment transposer la richesse du comics dans un format cinématographique viable, innovant, et digne d’intérêt ? Venom : The Last Dance pose un jalon qui invite à la réflexion.
Face aux déceptions récentes, le studio se doit de repenser sa stratégie, non seulement en termes artistiques mais aussi quant à la construction d’un univers cohérent. Les projections actuelles autour de projets comme Kraven The Hunter, très attendus, sont donc scrutées avec une impatience mêlée d’inquiétude.
Ces enseignements tracent une ligne directrice qui pourrait permettre aux futures productions de retrouver un équilibre entre spectacle et substance. Sony Pictures et Columbia Pictures ont, ce faisant, la possibilité de rebattre les cartes et d’infléchir positivement le cours d’un univers à la croisée des chemins.
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