
Apprendre tout en travaillant, ce n’est pas juste une affaire d’ambition, c’est presque devenu un réflexe pour tenir la cadence. Les métiers évoluent à vue d’œil, poussent les salariés à sortir de leur zone de confort et à saisir de nouvelles compétences. Reste à savoir comment trouver sa place et transformer ce défi en vrai tremplin.

Au bureau, il suffit d’un mail, d’une évolution d’outil, d’une réunion surprise… et soudain, ceux qui comprennent le nouveau logiciel, ou qui savent bricoler une présentation sans y passer la soirée, prennent une avance. D’autres ruminent leur fatigue : ils font comme ils peuvent, hésitent à demander, repoussent à plus tard. Mais ça coince. Se former alors que le planning déborde semble improbable, et pourtant, les collègues qui tentent le coup finissent par raconter que ça change tout.
On croit parfois qu’une fois en poste, le savoir se fige. Or, le monde professionnel s’agite — les outils changent, les métiers aussi. Les formations en ligne, à distance, en CPF ou en présentiel sont là pour sentir, tester, progresser. Ce n’est pas qu’une question de carrière ; c’est aussi une question de curiosité, d’instinct de survie presque. Les surprises du marché du travail, elles n’attendent pas. Apprendre une langue, dompter une nouvelle version de PowerPoint, comprendre comment fonctionne un serveur NAS… autant d’occasions de se sentir moins dépassé et plus libre.
On entend souvent « Ce n’est plus pour moi », « J’ai passé l’âge », « Je ne vais pas retourner à l’école… ». Pourtant, à regarder les chiffres, près d’un actif sur trois envisage une reconversion. Paradoxalement, ceux qui osent, même à contre-courant, trouvent une place différente, redéfinissent leur quotidien professionnel. La formation, ce n’est pas la case départ, c’est une bifurcation. Une façon de s’ouvrir soudain à ce qui bruisse : des métiers du numérique, de la compta, de l’aide-soignant, mais aussi, des plus inattendus — expert en cybersécurité, growth hacker, voire coach en digital.
Bien sûr, tout n’est pas si simple. Se former, ce n’est pas un super-pouvoir. Parfois on se sent seul. On se heurte à des obstacles bien réels : coût de la formation, temps qui manque, doutes. Même le Compte Personnel de Formation ne règle pas la question de la fatigue ou du regard des collègues. Des dispositifs comme le CPF, Pro-A ou la VAE offrent un coup de pouce, mais il faut parfois insister, négocier, recommencer.
Prenez ce comptable de quarante-huit ans, envoyé à reculons en formation sur un nouvel ERP, qui finit la session en proposant de former le reste de l’équipe. Ce n’était pas prévu. Mais il a compris qu’apprendre — même à contrecœur — donne une assurance discrète. Et puis, il est devenu la référence, le « go-to » de l’open space. Un renversement subtil.
Il existe mille façons de s’y prendre. Certains préfèrent le e-learning à la maison, d’autres la formation certifiante ou la reconversion encadrée par un conseiller en évolution professionnelle. Des salariés financent leur projet sur leur temps libre, d’autres négocient des jours avec l’employeur. Ce qui compte, c’est l’organisation qui vous ressemble — un rythme adapté, parfois même une simple routine du soir. On s’inscrit, on tâtonne, on avance à sa vitesse.
L’illusion d’un diplôme miracle persiste. Pourtant, une formation sans prise sur le réel, oubliée dès la validation, ne sert ni à l’employé ni à l’entreprise. Ce que peu de gens voient, c’est l’enjeu humain : cultiver la confiance, apprendre à apprendre, jongler entre pro et perso. La vraie réussite ne réside pas dans la ligne ajoutée au CV, mais bien dans la souplesse retrouvée. C’est là que ça devient intéressant.
Accepter de sortir de ses sentiers, parfois d’échouer avant de réussir. Se former, c’est accepter de ne pas tout savoir, de poser des questions, de douter. Dans le monde de l’emploi, ça s’appelle de l’audace. Et souvent, cette démarche attire le respect, ouvre la porte à un échange différent avec sa hiérarchie. Parfois, c’est même l’occasion de créer son propre emploi, de changer de secteur ou de ville. Les parcours ne sont jamais linéaires, et tant mieux.
Au fond, apprendre sans cesse, même au milieu de la routine professionnelle, c’est choisir de ne jamais s’absenter de sa propre carrière.
Forte d’une expérience de plus de 20 ans en journalisme citoyen, je m’engage à explorer et à transmettre les enjeux liés à l’emploi et à l’économie avec rigueur et passion, pour informer et mobiliser les citoyens.