La fuite du siècle (enfin, presque)
Tout a commencé fin mars 2026, dans le podcast de l’insider Nate the Hate, dont la réputation n’est plus à construire dans la sphère Nintendo. Sa déclaration, relayée par Video Games Chronicle qui a confirmé les infos via ses propres sources : « Dans la seconde moitié de 2026, à l’approche des fêtes, voire pour les fêtes, nous allons avoir un remake d’Ocarina of Time pour la Switch 2. » Sobre, propre, dévastateur. Le genre d’info qui fait exploser les forums en vingt minutes.
Puis, début mai, un post anonyme supprimé par la modération (toujours les plus crédibles, ceux-là) ajoutait une couche : le projet serait découpé en deux parties distinctes, la première centrée sur l’arc Enfant-Link, la seconde sur l’arc Adulte. Gameblog et VICE ont repris et étoffé le tuyau, en précisant que le studio travaillerait sur un remake reparti de zéro, pas un remaster, pas un simple coup de peinture, en développement depuis 2022, avec Monolith Soft dans la boucle. Et Nintendo dans tout ça ? GamesRadar rapporte que l’éditeur serait « absolument furieux » de l’ampleur des fuites. On compatit.
Star Fox valide tout le reste
Ce qui a fait basculer la rumeur du statut « on y croit à moitié » au statut « ça va arriver », c’est le Nintendo Direct surprise du 6 mai 2026. Sans prévenir, Nintendo y officialisait un remake de Star Fox 64 pour le 25 juin 2026 sur Switch 2, exactement ce qu’avait prédit Nate the Hate dans le même souffle que Ocarina of Time. Quand la première moitié d’une prédiction se révèle exacte à la virgule, on aurait tort de ricaner sur la seconde. Star Fox a validé Zelda. C’est aussi simple que ça.
Pour rappel, c’est précisément ce qu’avait fait Nintendo avec Super Mario Bros. : un film d’animation en 2023, puis une vague de célébrations en cascade pour les 40 ans de la franchise. La saga Zelda fête elle aussi ses 40 ans en 2026, et avec un film en prises de vues réelles en préparation pour mai 2027, tournage bouclé, post-production en cours, Bo Bragason en Zelda et Benjamin Evan Ainsworth en Link,, Nintendo a toutes les raisons du monde d’orchestrer une montée en pression digne de ce nom.
La communauté zelda-iste en train de disséquer chaque micro-fuite, et c’est à peu près aussi intense que le cinquième donjon.
Le syndrome FF7 Remake, ou l’art de tout compliquer
Le parallèle avec Final Fantasy VII Remake revient dans absolument toutes les sources, et ce n’est pas un hasard. Square Enix avait pris le jeu de 1997, une cinquantaine d’heures de contenu, et décidé d’en faire une saga en plusieurs volets, chaque partie réinventant en profondeur un arc narratif. Résultat : une œuvre qui divise encore en 2026 entre ceux qui saluent l’ambition et ceux qui s’estiment floués d’avoir payé plein pot pour un tiers de jeu. Nintendo, si la rumeur se confirme, marcherait exactement sur ce même fil ténu.
Sauf que Ocarina of Time pose un problème que FF7 n’avait pas tout à fait : sa construction dramatique est indissociable du twist central, l’ellipse temporelle de sept ans qui fait passer Link de l’enfance à l’âge adulte. Couper là-dedans, c’est soit respecter scrupuleusement la structure originale, soit la dynamiter pour en faire autre chose. Et si Nintendo avait enfin trouvé quoi faire de cette ellipse ? Ce serait la vraie question à poser. Parce qu’un premier opus qui se termine à l’entrée du Temple du Temps, Link enfant plantant l’épée dans la pierre, rideau, serait un cliffhanger d’une brutalité absolument dingo.
Sorti en 1998, toujours premier en 2026 (ça devrait vous dire quelque chose)
Ocarina of Time est sorti en novembre 1998 sur Nintendo 64. Il est, à ce jour, le jeu le mieux noté de l’histoire sur Metacritic. Le seul remake officiel en date reste la version 3DS de 2011, sortie il y a quinze ans, soit un écart désormais supérieur à celui qui séparait cette version 3DS de l’original sur N64. Autrement dit : une génération entière de joueurs n’a connu ce jeu qu’en version portable, avec des graphismes qui commencent sérieusement à accuser le coup. La Switch 2, avec sa puissance sans commune mesure avec la 3DS, offre enfin le terrain technique pour reconstruire Hyrule à une échelle qui ferait honneur au matériau d’origine. Monolith Soft, le studio derrière les décors de Breath of the Wild et Tears of the Kingdom, en coulisses, ça ne serait pas une surprise. Ce serait même une évidence.
Le projet serait en développement depuis 2022, soit quatre ans de boulot au moment de la sortie présumée en fin d’année. C’est le cycle standard d’un projet Nintendo de cette envergure. Et si tout ça se confirme lors du Direct de juin, préparez vos congés de Noël en conséquence.
Nintendo joue avec le feu (et le sait)
Reste l’ironie de la situation : Nintendo, réputé pour garder ses secrets mieux que la CIA garde les siens, se retrouve à voir son calendrier de fin d’année étalé sur internet des mois à l’avance. L’ancien responsable PR de la maison, Kit Ellis, a déclaré à GamesRadar que l’éditeur serait « absolument furieux », et on imagine sans peine la tête de Shuntaro Furukawa à chaque nouveau tweet de Nate the Hate. La question n’est désormais plus si il y aura un remake d’Ocarina of Time, mais comment Nintendo va gérer l’attente d’un public qui sait déjà ce qui arrive.
Trois scénarios se dessinent : révélation lors du Direct de juin pour une sortie en fin d’année 2026, annonce en 2026 mais lancement repoussé à 2027, ou ajustement du projet en coulisses suite aux fuites. La deuxième hypothèse serait la plus frustrante. La troisième serait la plus Nintendo-compatible. Mais la première serait la plus belle histoire de l’année vidéoludique.
Et pendant ce temps, le film avance, le tournage est bouclé, Link et Zelda ont des visages, deux Britanniques à peine sortis de l’adolescence, et Wes Ball (trilogie Le Labyrinthe, La Planète des Singes : Le Nouveau Règne) est aux commandes pour une sortie mondiale fixée au 7 mai 2027. Nintendo a manifestement décidé de fêter les 40 ans d’Hyrule comme il se doit : en occupant le terrain sur tous les fronts simultanément.
On attend le Direct de juin. On retient notre souffle. Et on ressort notre cartouche N64 du fond du grenier, juste pour être sûrs qu’on n’a pas rêvé.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.

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