Top 100 des meilleurs films français par popularité

Le cinéma français nous a offert d’innombrables films cultes à travers les décennies. Mais quels sont ceux qui ont le plus marqué le cœur du public ? Dans cette liste classée de la 100e à la 1re place, nous passons en revue les chefs-d’œuvre tricolores préférés des spectateurs, toutes époques confondues. Des comédies qui ont fait pleurer de rire des générations entières aux drames historiques à l’impact durable, chaque film ici a su conquérir un large public par son charme, son humour, son émotion ou son audace. Préparez-vous pour un voyage dans le temps à travers les plus grands succès du cinéma bleu-blanc-rouge, avec des anecdotes surprenantes, des chiffres impressionnants et des souvenirs impérissables à la clé.

En résumé :

  • Un classement éclectique du cinéma français, du rire aux larmes, reflétant la popularité auprès du public.
  • Des statistiques marquantes : records d’entrées en salle, récompenses prestigieuses et phénomènes culturels.
  • Des anecdotes croustillantes sur les coulisses et l’héritage de ces films inoubliables.
  • Une plongée dans plus de 80 ans d’histoire du cinéma français, des années 1930 à nos jours.
  • Un tableau récapitulatif final listant pour chaque film son rang, son titre, son année, son réalisateur et son genre.

Places 100 à 91 : premières pépites du classement

On ouvre le bal avec les films classés de la 100e à la 91e place. Ce premier segment met en lumière des œuvres très diverses – du film d’époque romantique au thriller contemporain – prouvant que la popularité ne dépend ni du genre ni de l’époque. Chacun de ces films a su trouver son public et reste, à sa manière, emblématique dans la mémoire collective.

100. Angélique, Marquise des Anges (1964)

Adaptation d’un roman historique à succès, Angélique, Marquise des Anges transporte le public dans la France du XVIIe siècle. Ce film d’aventure romantique met en scène la belle Angélique (Michèle Mercier), héroïne intrépide dont les tribulations amoureuses et dangereuses ont captivé des millions de spectateurs. Véritable phénomène dans les années 1960, il a lancé une série de films à succès autour de ce personnage. Avec son mélange de romance, de complots de cour et d’action, “Angélique” a fait rêver toute une génération, au point qu’on murmure encore certaines répliques avec nostalgie. Bien que son style soit aujourd’hui un peu daté, le charme opère toujours chez les amateurs d’épopées romanesques.

99. Le Grand Bain (2018)

Fresque chorale rafraîchissante, Le Grand Bain plonge – littéralement – dans l’univers inattendu de la natation synchronisée masculine. Emmenée par un casting de choix (Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, etc.), cette comédie dramatique signée Gilles Lellouche a touché un large public grâce à son ton à la fois humoristique et émouvant. Le film suit une bande d’hommes en crise qui retrouvent confiance et camaraderie en formant une équipe improbable de nageurs synchronisés. Véritable succès surprise, il a dépassé les 4 millions d’entrées en France, preuve qu’une histoire décalée mais pleine d’humanité peut séduire le grand public. Entre fous rires et moments de grâce aquatique, Le Grand Bain a su faire mouche et reste un symbole de bienveillance et d’espoir dans le cinéma français récent.

98. La Belle et la Bête (1946)

Conte féerique réalisé avec poésie par Jean Cocteau, La Belle et la Bête est un bijou du cinéma d’après-guerre. Cette adaptation du célèbre conte met en images un univers visuel enchanteur : décors oniriques, costumes somptueux et effets spéciaux artisanaux confèrent au film une atmosphère magique qui a émerveillé les spectateurs de l’époque. Porté par Jean Marais (sous un épais maquillage de Bête) et Josette Day (une Belle gracieuse), ce film fantastique a prouvé que le cinéma français pouvait rivaliser d’imagination. Bien qu’il date des années 40, il garde un charme indéniable et continue d’inspirer les cinéastes du monde entier – le film a même été projeté au Museum of Modern Art à New York pour son esthétique innovante. Un classique indémodable qui rappelle que l’imaginaire n’a pas d’âge auprès du public.

97. Les Diaboliques (1955)

Considéré comme l’un des meilleurs thrillers français, Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot maintient le suspense jusqu’à la dernière seconde. Cette intrigue haletante raconte le complot meurtrier fomenté par la femme et la maîtresse d’un directeur d’internat tyrannique. Le corps de la victime disparaît mystérieusement, plongeant les protagonistes – et le spectateur – dans l’angoisse. Avec ses rebondissements machiavéliques et son ambiance oppressante, le film a tenu en haleine plus de 3,5 millions de Français en son temps. Il reste célèbre pour sa fin à couper le souffle et pour avoir inspiré de nombreux réalisateurs de films à suspense (Hitchcock lui-même enviait Clouzot pour les droits du roman original). Les Diaboliques continue d’effrayer et de fasciner, preuve que le suspense à l’ancienne peut être diaboliquement efficace.

96. Le Pacte des loups (2001)

Le Pacte des loups est un ovni dans le paysage cinématographique français du début des années 2000. Mêlant histoire, fantastique et arts martiaux, ce thriller d’aventure de Christophe Gans revisite la légende de la Bête du Gévaudan avec un style visuel percutant. Porté par Samuel Le Bihan, Vincent Cassel et Monica Bellucci, le film a surpris par ses scènes de combat chorégraphiées à la hong-kongaise et ses décors sombres. Son originalité a payé : plus de 5 millions de curieux ont accouru en salles en France, et à l’étranger le film a acquis un statut de film culte pour les amateurs de genre. Avec ses ralentis esthétiques, ses mystères sanglants et sa créature légendaire, Le Pacte des loups prouve qu’oser le mélange des genres peut fédérer un large public avide de sensations fortes et d’exotisme.

95. Le Prénom (2012)

Adaptation d’une pièce de théâtre à succès, Le Prénom est une comédie grinçante qui a conquis le public par ses dialogues savoureux et son jeu d’acteurs impeccable. Le film nous invite à un dîner en famille qui dégénère lorsque Vincent (Patrick Bruel) annonce le prénom controversé choisi pour son futur enfant. S’ensuit une joute verbale hilarante où les rancœurs affluent et où chaque réplique fait mouche. Co-réalisé par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, Le Prénom a dépassé les 3 millions d’entrées, preuve que les comédies de salon intelligentes ont leur place dans le cœur des Français. Les échanges devenus cultes – « Et ton fils, tu vas l’appeler Adolf, c’est ça ?» – et la performance des acteurs (Valérie Benguigui obtiendra le César de la meilleure actrice dans un second rôle) font que cette comédie au vitriol est souvent comparée au Dîner de cons pour son sens du tempo et son humour ravageur.

94. Brice de Nice (2005)

« Je t’ai cassé ! » : ce simple gimmick a suffi pour propulser Brice de Nice au rang de comédie culte des années 2000. Interprété par Jean Dujardin, Brice, le surfeur égocentrique et immature de Nice, est devenu un personnage iconique avec sa chevelure blonde et son éternel tee-shirt jaune. Le film suit ses (més)aventures alors qu’il part chercher la vague et découvre l’amitié. Malgré son humour potache assumé, le film a réuni plus de 4 millions de spectateurs, conquis par les expressions farfelues et la cool attitude du personnage. Véritable phénomène de société à sa sortie, Brice de Nice a infiltré le langage courant (qui n’a jamais dit « ça farte ? » en référence au film ?) et confirmé Jean Dujardin comme l’un des acteurs comiques préférés du public français avant sa consécration internationale. Une comédie sans prétention, sinon celle de faire rire jaune – et ça, Brice sait faire.

93. L’Été meurtrier (1983)

Thriller psychologique aux allures de drame torride, L’Été meurtrier a marqué les années 1980 par son histoire sombre et la performance fiévreuse d’Isabelle Adjani. Dans ce drame provincial réalisé par Jean Becker, Adjani incarne Elle, une jeune femme mystérieuse au passé trouble, qui fait tourner les têtes dans un village provençal avant de révéler un plan de vengeance familial. Le film a tenu le public en haleine (plus de 5 millions d’entrées) grâce à son intrigue bien ficelée et à l’intensité de son actrice principale, récompensée par le César de la meilleure actrice. Certaines scènes sensuelles, osées pour l’époque, et la révélation progressive du secret d’Elle ont fait frissonner les spectateurs. L’Été meurtrier reste aujourd’hui encore un exemple de récit maîtrisé où passion rime avec obsession, et où l’amour d’un été peut basculer dans la tragédie – un cocktail qui a visiblement fasciné le public français.

92. Les Valseuses (1974)

Film choc de Bertrand Blier, Les Valseuses a défrayé la chronique en 1974 par son anticonformisme et sa liberté de ton. Suivant les escapades amorales de deux loubards interprétés par Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, cette comédie dramatique trash a brisé plusieurs tabous à sa sortie – sexe, petite délinquance, provocations – tout en capturant l’esprit rebelle d’une génération. Malgré (ou grâce à) la controverse, près de 5,7 millions de curieux ont vu le film en salle, un score immense qui en fait l’un des plus gros succès de son année. Certaines répliques crues sont devenues cultes et le film a lancé la carrière de Depardieu en tant qu’anti-héros charismatique du cinéma français. Si les frasques de ces Bonnie and Clyde franchouillards ont pu choquer, elles ont aussi touché une corde sensible en célébrant une soif de liberté et d’insouciance, faisant des Valseuses un symbole du cinéma français audacieux des années 70.

91. Camping (2006)

Changement de décor avec Camping, la comédie populaire par excellence qui sent bon les vacances d’été au bord de l’Atlantique. Réalisé par Fabien Onteniente, ce film a rassemblé plus de 5,5 millions de Français grâce à ses personnages attachants et stéréotypés à souhait, menés par l’inoubliable Patrick Chirac (Franck Dubosc), campeur tendre et gaffeur en marcel. Situé au Camping des Flots Bleus, le film multiplie les situations cocasses (quiproquos amoureux, apéros et tournois de pétanque) et les répliques entrées dans le langage courant (« Alors, on n’attend pas Patrick ? »). Comédie de mœurs estivale, Camping a su parler au grand public en jouant sur la nostalgie des congés en tente et la caricature bon enfant des campeurs. Son succès a engendré deux suites, preuve que les aventures de Patrick et de ses amis campeurs font désormais partie du patrimoine comique national.

Places 90 à 81 : succès modernes et retours vers le passé

Dans la tranche 90-81, les décennies se téléscopent : on passe d’une superproduction récente à des classiques des années 1960 en un clin d’œil. Cette diversité illustre la richesse du cinéma français, où blockbusters contemporains côtoient films d’auteur patrimoniaux. Les places 90 à 81 mettent ainsi à l’honneur aussi bien l’humour de la saga Taxi que l’émotion d’une comédie musicale intemporelle. Preuve que, quelle que soit l’époque, un film trouve toujours son public lorsqu’il propose une histoire forte ou divertissante.

Illustration pour En résumé :

90. Astérix aux Jeux Olympiques (2008)

Troisième volet des aventures en live-action d’Astérix, Astérix aux Jeux Olympiques est une comédie familiale XXL qui a misé sur le spectaculaire. Avec un budget pharaonique et une pléiade de caméos (Michael Schumacher, Tony Parker, Zinédine Zidane en personnes !), le film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann a attiré près de 6,8 millions de spectateurs en France. On y retrouve nos irréductibles Gaulois au milieu des arènes grecques, dans une débauche d’effets spéciaux et de gags bon enfant. Si cet opus a divisé la critique, le public a répondu présent, faisant du film l’un des plus gros succès de 2008. Le personnage de Brutus (interprété par Benoît Poelvoorde) a particulièrement marqué les esprits par son humour décalé. Sans atteindre le niveau d’amour du mythique Mission Cléopâtre, ces Jeux olympiques gaulois ont prouvé que le mélange d’humour potache, de stars et de nostalgie de la BD pouvait rassembler un très large public.

89. Taxi 3 (2003)

La saga Taxi a vrombi tout au long des années 2000, et Taxi 3 en est le troisième plein d’action. Réalisé par Gérard Krawczyk et produit par Luc Besson, ce film d’action comique retrouve le chauffeur marseillais fou du volant (Samy Naceri) et son inséparable policier ami (Frédéric Diefenthal) aux prises avec un gang de faux Pères Noël. Le cocktail de poursuites endiablées dans les rues de Marseille et de blagues locales a encore séduit le public : plus de 6,1 millions d’entrées ont été enregistrées en France. S’il n’était plus tout à fait la nouveauté rafraîchissante qu’avait été le premier Taxi, cet opus a su maintenir l’affection du public pour ses personnages. Cerise sur le capot, le film offre un clin d’œil mémorable avec la participation de Sylvester Stallone en guest-star dans la scène d’ouverture. Preuve que la franchise avait acquis un rayonnement tel que même Rocky/Balboa voulait monter à bord ! Taxi 3, sans réinventer la formule, a confirmé l’impact de cette série de films à grande vitesse dans le paysage cinématographique français.

88. Les Trois Frères (1995)

Premier film du trio comique Les Inconnus, Les Trois Frères est devenu instantanément un film culte des années 90. L’histoire abracadabrante de trois demi-frères que tout oppose (joués par Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus) apprenant l’existence l’un de l’autre en héritant ensemble d’une fortune a déclenché l’hilarité générale. Entre quiproquos, vacheries et tendresse inattendue, le film enchaîne les scènes mémorables, du bébé oublié sur le quai de gare à l’émouvant « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai » de Francis Cabrel entonné en guise de réconciliation. Avec près de 7 millions d’entrées, Les Trois Frères a été un triomphe en salles et a remporté le César de la meilleure première œuvre. Surtout, il a légué au public une collection de répliques savoureuses (« Stéphanie de Monaco ! », la tirade du cigarettier, etc.) encore citées aujourd’hui. Cette comédie douce-amère sur la famille et la galère financière conserve une place à part dans le cœur de toute une génération de spectateurs.

87. Les Parapluies de Cherbourg (1964)

Impossible d’oublier les couleurs vives et les mélodies enchanteresses des Parapluies de Cherbourg. Ce film musical intégralement chanté, réalisé par Jacques Demy et mis en musique par Michel Legrand, a remporté la Palme d’or à Cannes et séduit les Français par son audace poétique. L’histoire simple et tragique d’amour entre Geneviève (Catherine Deneuve, alors jeune révélation) et Guy (Nino Castelnuovo) sur fond de guerre d’Algérie a fait pleurer le public à chaudes larmes. La chanson « Je ne pourrai jamais vivre sans toi » et le thème des « Parapluies » résonnent encore dans les mémoires collectives. Avec ses décors acidulés et son parti-pris de tout faire chanter, le film a surpris à sa sortie, attirant près d’1,3 million de curieux en salles – un score honorable pour un concept si original. Surtout, il a acquis au fil des années un statut de trésor du cinéma français, régulièrement cité en référence par les cinéphiles du monde entier. Un éclatant arc-en-ciel d’émotions qui, plus d’un demi-siècle après, continue de faire pleuvoir des larmes et des applaudissements.

86. La Gloire de mon père (1990)

Adapté de l’œuvre autobiographique de Marcel Pagnol, La Gloire de mon père d’Yves Robert a ravi les spectateurs par sa simplicité et son authenticité. Cette chronique familiale dépeint l’enfance du petit Marcel dans les collines provençales du début du XXe siècle, entre fierté filiale et découverte émerveillée de la nature. Sorti à l’approche des années 90, le film a joué la carte de la nostalgie et ça a fonctionné : plus de 6,2 millions de Français ont partagé ces souvenirs d’enfance pleins de tendresse et d’humour. On se souvient tous de la partie de chasse au bartavelle ou de la figure du père instituteur intègre, incarné par Philippe Caubère. La Gloire de mon père a non seulement remis Pagnol à l’honneur auprès d’une nouvelle génération, mais aussi lancé une vague de films “souvenirs d’enfance” (sa suite Le Château de ma mère sortira quelques mois plus tard). C’est l’exemple même du film qui rassemble petits et grands autour de valeurs simples – la famille, la transmission – dans un écrin de soleil provençal qui sent bon la garrigue.

85. Borsalino (1970)

Quand deux monstres sacrés du cinéma français – Alain Delon et Jean-Paul Belmondo – se donnent la réplique, cela donne Borsalino, un film policier élégant et musclé qui plonge le spectateur dans le milieu marseillais des années 1930. Réalisé par Jacques Deray, ce polar à l’ancienne narre l’ascension de deux petits truands vers les sommets du crime organisé, entre magouilles, casinos et règlements de comptes. L’alchimie entre Delon et Belmondo, rivaux complices à l’écran, a fait accourir le public en masse (plus de 4,7 millions d’entrées). Surtout, Borsalino a marqué les esprits par son esthétique léchée : costumes trois pièces, chapeau « borsalino » vissé sur la tête, et une bande-son jazzy inoubliable signée Claude Bolling. Véritable hommage aux films de gangsters américains à la française, le long-métrage est lui-même entré dans la légende, au point que sa célèbre affiche – Delon et Belmondo se souriant cigarette aux lèvres – reste l’une des plus iconiques du cinéma hexagonal.

84. Oscar (1967)

Comment transformer une pièce de boulevard en éclat de rire cinématographique ? Demandez à Édouard Molinaro et Louis de Funès. Avec Oscar, adaptation d’une comédie de théâtre, le duo a pondu une farce effrénée où l’on retrouve de Funès au sommet de son art dans le rôle d’un homme d’affaires colérique dont la matinée vire au cauchemar burlesque. Quiproquos, portes qui claquent, fausses identités : tous les ressorts du vaudeville classique sont exploités à un rythme d’enfer. Sorti en 1967, le film a attiré plus de 6 millions de spectateurs, confirmant la popularité sans faille de de Funès. Certaines scènes sont d’anthologie – notamment celle du cours de gymnastique matinal – et les tirades acides du personnage principal sont restées célèbres. Oscar, c’est 1 h 20 de rires non-stop, une leçon de comédie millimétrée qui continue de dérider les zygomatiques des Français lors de chaque rediffusion télé, plus de cinquante ans après.

83. Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? (2019)

Face au triomphe du premier volet, difficile de passer à côté de Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ?, la suite des aventures de la famille Verneuil. Dans cette comédie de mœurs réalisée par Philippe de Chauveron, on retrouve nos beaux-parents “très français” (Christian Clavier et Chantal Lauby) confrontés à de nouveaux défis multiculturels, entre retours au pays de leurs gendres et arrivée d’une belle-famille ivoirienne. Sorti en 2019, le film a une nouvelle fois cartonné, frôlant les 7 millions d’entrées – un chiffre énorme prouvant que le public voulait encore rire des clichés et tensions culturelles abordés sans tabou mais avec bienveillance. Certes, l’effet de surprise n’était plus le même que dans le premier Bon Dieu, mais les répliques fusent toujours et l’énergie du casting reste communicative. Cette suite a conforté la saga comme un rendez-vous comique apprécié, devenant en quelque sorte le baromètre bon enfant de la diversité à la française… et de la capacité des Français à en rire ensemble.

82. Taxi (1998)

Numéro de départ pour la saga qui fera aimer les Peugeot tunées : Taxi. Ce premier opus réalisé par Gérard Pirès et écrit/produit par Luc Besson a déboulé en 1998 à toute allure, moteur vrombissant et pneus hurlants. L’histoire de Daniel, chauffeur de taxi marseillais à la conduite sportive, s’associant malgré lui avec un jeune policier pour attraper un gang de braqueurs allemands, a été un vent de fraîcheur dans le cinéma d’action français. Mélangeant cascades spectaculaires et comédie urbaine pleine d’accents marseillais, Taxi a séduit 6,5 millions de spectateurs et lancé une franchise culte. La Peugeot 406 blanche customisée, la musique hip-hop entraînante, et des personnages hauts en couleur (mention spéciale à l’adorable Mamie qui tricote en voiture) ont rendu le film particulièrement attachant. Sans oublier l’alchimie comique entre Samy Naceri et Frédéric Diefenthal, duo improbable qui a fait se gondoler les salles. Taxi reste le point de départ d’une aventure cinématographique à grande vitesse qui a marqué au fer rouge l’imaginaire des fans de courses-poursuites à la française.

81. Le Placard (2001)

François Pignon est de retour ! Dans Le Placard, Francis Veber ressuscite son personnage fétiche de loser sympathique (campé ici par Daniel Auteuil) en le propulsant dans une situation aussi embarrassante qu’hilarante. Pour éviter d’être licencié, Pignon fait courir la rumeur qu’il est homosexuel, déclenchant une série de quiproquos savoureux au sein de son entreprise – notamment avec un homophobe notoire incarné par Gérard Depardieu, irrésistible en colosse maladroit qui tente de se racheter une conduite. Cette comédie sociale fine a fait rire plus de 5,3 millions de spectateurs, tout en abordant, mine de rien, la question de la tolérance en entreprise. Certaines scènes – comme Depardieu en danseur de majorette lors de la Gay Pride – sont restées dans les annales du rire. À la fois divertissant et intelligent, Le Placard prouve que la mécanique Veber (des situations farfelues mais ancrées dans le réel, portées par des personnages tendrement humains) fonctionne à merveille pour dérider le public français.

Places 80 à 71 : entre rires et larmes

La montée dans le classement nous fait osciller entre comédies pétillantes et drames émouvants. Les films classés de la 80e à la 71e place témoignent de cette dualité du cinéma français capable de faire rire aux éclats comme de tirer les larmes. On y côtoie de grands noms – réalisateurs ou acteurs – qui ont su conquérir le public en abordant des thématiques variées : espionnage parodique, choc des cultures, mélodrame historique ou satire sociale. Autant de registres qui prouvent qu’il n’y a pas de recette unique pour entrer dans le cœur des spectateurs.

80. Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972)

Cette comédie d’espionnage parodique signée Yves Robert a propulsé Pierre Richard au rang de superstar du rire. Dans Le Grand Blond avec une chaussure noire, il incarne François Perrin, un violoniste maladroit pris par erreur dans un complot d’espions. Son signe distinctif ? Il porte une chaussure noire dépareillée qui le fait repérer par les services secrets. Gags visuels, quiproquos à la chaîne et musiques entêtantes de Vladimir Cosma (la célèbre valse du « Grand Blond ») ont séduit plus de 3,6 millions de spectateurs en 1972. Face à lui, la sculpturale Mireille Darc et sa robe noire au dos vertigineusement échancré ont durablement marqué la pop culture française. Le Grand Blond reste un modèle de comédie d’espionnage loufoque, dont certaines scènes – l’interprétation farfelue d’un message secret lors d’un concert, par exemple – font toujours mouche. Un antidote à la morosité qui a prouvé que l’on pouvait mêler élégance et absurde pour régaler le grand public.

79. Ne le dis à personne (2006)

Thriller mené tambour battant, Ne le dis à personne a démontré que le cinéma français pouvait rivaliser avec Hollywood en matière de suspense. Réalisé par Guillaume Canet d’après le roman d’Harlan Coben, ce thriller dramatique suit un médecin (François Cluzet) qui reçoit un courriel semblant provenir de sa femme supposée morte, le propulsant dans une course contre la montre pour découvrir la vérité. L’intrigue prenante, servie par un casting impeccable (André Dussollier, Kristin Scott Thomas, François Berléand…), a tenu en haleine 3 millions de spectateurs en France. Surtout, la révélation finale et les scènes d’action – dont une impressionnante poursuite à pied du héros sur le périphérique parisien – ont marqué les esprits. Ne le dis à personne a remporté quatre César (dont meilleur acteur pour Cluzet) et prouvé que les Français aimaient se faire balader par un bon mystère plein de faux-semblants. Entre émotion et tension, ce polar moderne a définitivement sa place dans le palmarès des films qui ont scotché le public à son siège.

78. Le Goût des autres (2000)

Fine observation des travers de la société, Le Goût des autres a enchanté le public avec son humour subtil et son humanité. Réalisée par Agnès Jaoui (qui y joue également), cette comédie dramatique croise les destins d’un chef d’entreprise un peu beauf (Jean-Pierre Bacri, dans l’un de ses meilleurs rôles), de sa garde du corps, d’une barmaid aspirante actrice et d’autres personnages issus de milieux divers. Le film explore avec tendresse et ironie les malentendus culturels, les préjugés et l’attirance pour le “monde de l’autre” – qu’il s’agisse d’art ou d’amour. Le duo Bacri-Jaoui, spécialistes des dialogues à la fois caustiques et touchants, a fait mouche : plus de 3,9 millions de spectateurs ont été séduits. César du meilleur film à la clé, Le Goût des autres est resté dans les mémoires comme un film générationnel, radiographie douce-amère d’une France où tout le monde a finalement un petit quelque chose à apprendre de l’autre. Une œuvre qui a du goût, assurément.

77. 8 femmes (2002)

Coloré, chantant et mystérieux, 8 femmes de François Ozon est un objet cinématographique unique en son genre. Imaginez un Cluedo géant mâtiné de comédie musicale, le tout avec huit actrices françaises de légende réunies à l’écran. Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Isabelle Huppert, Danielle Darrieux et leurs comparses jouent les membres d’une famille coincées dans un manoir sous la neige, tentant de résoudre le meurtre du patriarche – et chacune a un secret à cacher. Le mélange de polar théâtral et de numéros musicaux kitsch (chaque actrice pousse la chansonnette à tour de rôle) a attiré plus de 3,7 millions de spectateurs, curieux de voir ce casting prestigieux s’en donner à cœur joie. Entre le glamour vintage des années 50, les dialogues piquants et le plaisir manifeste des actrices à jouer ensemble, 8 femmes a conquis le public et valu un Ours d’argent collectif à ses interprètes au festival de Berlin. Un whodunit pétillant et rétro, à la fois hommage aux actrices d’antan et divertissement audacieux plébiscité par le public.

76. Et Dieu… créa la femme (1956)

C’est le film qui a fait de Brigitte Bardot un mythe vivant. Avec Et Dieu… créa la femme, le réalisateur Roger Vadim dévoile en 1956 une Bardot libre et sensuelle, bouleversant à jamais l’image de la femme au cinéma. Cette romance sulfureuse se déroule à Saint-Tropez, où la jeune Juliette (Bardot) déchaîne les passions de trois hommes. Provocant à sa sortie pour sa manière d’exposer le désir féminin et le corps de son héroïne (inoubliable scène de danse endiablée pieds nus sur la table), le film a connu un succès fulgurant à l’international, faisant de « BB » la première star française de la pop culture mondiale. En France, plus de 3 millions de spectateurs se sont pressés pour découvrir ce vent de liberté nouveau sur grand écran. Et Dieu… créa la femme a incarné la révolution des mœurs avant l’heure, ouvrant la voie à une plus grande permissivité. Aujourd’hui encore, il reste associé à Bardot comme à un symbole de la jeune femme française des années 50, insoumise et désirable, dont l’aura continue de fasciner.

75. OSS 117 : Le Caire, nid d’espions (2006)

« Mais quelle est cette odeur ? » – « Mon 👳 ami »… En parodiant avec brio les vieux films d’espionnage des sixties, OSS 117 : Le Caire, nid d’espions a déclenché un tonnerre de rires dans les salles obscures. Réalisé par Michel Hazanavicius, ce pastiche réveille l’agent secret OSS 117, ringard et prétentieux, brillamment interprété par Jean Dujardin. Envoyé en mission en Égypte, il accumule les gaffes colonialistes et les répliques absurdes avec un sérieux imperturbable. Le public français a adoré : plus de 2,3 millions d’entrées, un score très honorable pour une parodie de genre. Surtout, le film a acquis en DVD et en diffusion TV un statut de comédie culte : chaque scène regorge de punchlines devenues mythiques (« Je ne suis pas devin, Larmina », « Nuit de Chine, nuit caline… ») et de clins d’œil hilarants aux clichés de l’époque. OSS 117 a ressuscité l’art de la parodie à la française et révélé toute la veine comique de Dujardin. Le succès fut tel qu’une suite verra le jour, confirmant que les aventures loufoques de ce « James Bond idiot » sont chéries par le public.

74. Les Tuche 3 (2018)

La famille Tuche s’est installée durablement dans le paysage comique français des années 2010. Avec Les Tuche 3, c’est carrément à l’Élysée que la tribu la plus déjantée de Bouzolles pose ses valises en faisant de Jeff Tuche… le président de la République ! Cette idée farfelue a fait exploser de rire plus de 5,6 millions de spectateurs en 2018, confirmant le statut de phénomène populaire de la saga d’Olivier Baroux. Portée par l’irrésistible Jean-Paul Rouve en papa franchouillard au grand cœur, la comédie joue à fond la carte du choc des mondes entre cette famille gentiment beauf et l’univers feutré de la politique. Gags absurdes (les frites à la cantine de l’Élysée) et répliques tuchesques (« Si on n’accueille plus les gens quand ils viennent chez nous, où va-t-on ? ») ont fait mouche une fois de plus. Les Tuche 3, malgré son humour bon enfant moqué par certains critiques, a uni un large public dans un éclat de rire collectif, prouvant que les Tuche étaient bel et bien devenus les nouveaux chouchous du public français.

73. Tanguy (2001)

Tanguy, c’est le prénom qui est entré dans le langage courant pour désigner un « adulescent » qui refuse de quitter le nid familial. Cette comédie satirique d’Étienne Chatiliez a connu un succès énorme en 2001 (4,3 millions d’entrées) en caricaturant une situation de plus en plus répandue : Tanguy, 28 ans, toujours chez papa-maman, à tel point que ces derniers vont tout faire pour le déloger. Éric Berger incarne à merveille ce grand enfant brillant mais collant, face à des parents à bout de nerfs campés par André Dussollier et Sabine Azéma. Les tentatives délirantes des parents pour rendre la vie impossible à leur fils (bruits insupportables, sabotages en douce…) ont déclenché l’hilarité, tout en touchant un point sensible de la société. À l’époque, Tanguy a lancé un vrai débat sur la cohabitation intergénérationnelle prolongée, preuve de son impact au-delà du simple rire. Avec son humour grinçant mais bienveillant, Chatiliez a su une nouvelle fois brosser un portrait acide de la famille française qui a fait rire jaune autant que rire tout court.

72. Au revoir les enfants (1987)

César du meilleur film en 1988, Au revoir les enfants est l’une des œuvres les plus poignantes de Louis Malle. Tiré de souvenirs personnels du cinéaste, ce drame historique se déroule en 1944 dans un pensionnat catholique, où l’amitié entre Julien, un collégien, et Jean, son nouveau camarade juif caché, va se briser tragiquement sur fond de dénonciation et de rafle. D’une grande délicatesse dans son récit de l’enfance et d’une force émotionnelle rare, le film a touché plus de 3,2 millions de spectateurs en France. La scène finale – les adieux contraints et le salut de la main impuissant de Julien à son ami emmené par la Gestapo – arrache des larmes à coup sûr. Avec ce film, Malle a non seulement rencontré un large public, mais aussi accompli un devoir de mémoire bouleversant sur une page sombre de l’Histoire. Au revoir les enfants demeure un classique étudié à l’école et régulièrement rediffusé, preuve que son message sur l’innocence fauchée et la barbarie de la guerre continue d’éduquer et d’émouvoir les générations nouvelles.

71. Le Dernier Métro (1980)

Autre époque, autre guerre : avec Le Dernier Métro, François Truffaut a signé un des plus grands succès de sa carrière, réunissant plus de 3 millions de spectateurs et remportant 10 César (un record). Ce drame historique nous plonge dans le Paris occupé de 1942, dans les coulisses d’un théâtre où la directrice (Catherine Deneuve) cache son mari juif (Heinz Bennent) dans la cave pour lui éviter la déportation, tout en continuant à monter des pièces avec l’aide d’un nouvel acteur (Gérard Depardieu). Mêlant habilement romance, suspense et réflexion sur la résistance artistique face à l’oppresseur, Truffaut a su toucher un large public. Les performances de Deneuve et Depardieu, tout en retenue et intensité, la reconstitution soignée du Paris de guerre et la métaphore du théâtre comme acte de résistance ont fait mouche. Le Dernier Métro est ainsi devenu un classique instantané, conciliant succès populaire et exigence d’auteur – la preuve que le public français sait aussi plébisciter des œuvres profondes lorsqu’elles sont portées par une narration solide et des personnages attachants.

Places 70 à 61 : classiques et récompenses

À mi-parcours du classement, de la 70e à la 61e place, émergent des films au prestige certain. Plusieurs d’entre eux ont brillé dans les festivals ou aux cérémonies, accumulant récompenses et honneurs – tout en connaissant un fort succès public. On y retrouve des classiques intournables du patrimoine français, du chef-d’œuvre de la Nouvelle Vague à l’épopée littéraire adaptée, aux côtés de créations plus récentes qui ont fait rayonner le cinéma français sur la scène internationale. Cette section illustre comment la reconnaissance critique et la popularité populaire peuvent aller de pair pour créer des légendes du grand écran.

70. Cyrano de Bergerac (1990)

« À la fin de l’envoi, je touche ! » : ce vers retentissant de Cyrano symbolise à lui seul la verve de ce film flamboyant. Adapté de la pièce de Rostand, Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau est une fresque romantique grandiose qui a enchanté la France et le monde. Gérard Depardieu, affublé du légendaire faux nez, livre une performance magistrale en bretteur-poète amoureux transi, face à la Roxane lumineuse d’Anne Brochet. Avec ses duels spectaculaires, ses tirades émouvantes (la célèbre déclaration d’amour sous le balcon) et ses décors somptueux, le film a attiré près de 4,8 millions de spectateurs en France. Couronné de 10 César et décoré au Festival de Cannes (Prix d’interprétation pour Depardieu) ainsi qu’aux Oscars (meilleurs costumes, et nomination de Depardieu), Cyrano de Bergerac a prouvé qu’un classique du théâtre pouvait devenir un blockbuster populaire sans perdre sa poésie. Encore aujourd’hui, la figure de Cyrano et son panache continuent de toucher le public, et le film reste la référence lorsqu’on évoque l’œuvre de Rostand au cinéma.

69. À bout de souffle (1960)

Symbole de la Nouvelle Vague, À bout de souffle de Jean-Luc Godard a dynamité les codes du cinéma traditionnel et captivé la jeunesse de 1960. Ce film révolutionnaire suit la cavale d’un petit voyou (Jean-Paul Belmondo, cool avec sa gauloise au coin des lèvres) et d’une étudiante américaine (Jean Seberg, inoubliable avec son tee-shirt « New York Herald Tribune »), sur fond d’amour libre et de crimes impulsifs. Tourné caméra à l’épaule, avec des dialogues en roue libre et des jump-cuts audacieux, le film a surpris et fasciné plus de 2 millions de curieux en France, devenant un manifeste d’une nouvelle façon de filmer. Au-delà de son succès public honorable, À bout de souffle a eu un impact immense sur la culture pop et le cinéma mondial, exportant l’image d’un cinéma français chic et impertinent. Les répliques de Belmondo (« Quand on est tellement con… ») et la célèbre scène finale face caméra ont traversé les décennies. Indéniablement, le public français a un coup de cœur persistant pour ce vent de liberté qui a soufflé sur les 60s.

68. Z (1969)

« L’ordre règne, mais Z… Z est vivant ! » – Z de Costa-Gavras est un thriller politique coup de poing qui a résonné bien au-delà des frontières françaises. Inspiré de l’assassinat d’un homme politique grec, ce film engagé expose sans détour la corruption d’un régime autoritaire à travers l’enquête explosive d’un juge (Jean-Louis Trintignant). Entre suspense haletant et dénonciation cinglante, Z a passionné 3 millions de spectateurs en France et décroché le Prix du Jury à Cannes. Surtout, exploit rare, il a été couronné de l’Oscar du meilleur film étranger et même nommé pour l’Oscar du meilleur film tout court – une première pour un film français. Porté par la musique entêtante de Mikis Theodorakis et l’énergie militante de son propos, Z a marqué toute une génération de cinéphiles conscients. Il demeure un modèle de cinéma politique accessible, la preuve que l’indignation citoyenne pouvait aussi remplir les salles. Z est vivant, et sa popularité comme son message n’ont rien perdu de leur force cinq décennies plus tard.

67. Belle de Jour (1967)

Film de contrastes et de fantasmes, Belle de Jour de Luis Buñuel a fait scandale autant qu’il a triomphé. Ce drame érotique raffiné conte la double vie de Séverine (Catherine Deneuve, glaciale et fascinante), bourgeoise qui, par ennui, devient l’après-midi la prostituée « Belle de Jour » dans une maison close. Entre surréalisme discret, exploration de la psyché sexuelle féminine et élégance formelle, le film a attiré plus de 2,2 millions de curieux en France. S’il a choqué les esprits bien-pensants à sa sortie, Belle de Jour a été couronné par le Lion d’or à Venise et est devenu un des plus grands succès internationaux de Buñuel, contribuant à façonner l’image d’une Catherine Deneuve icône sensuelle et mystérieuse. Certaines scènes oniriques – comme celle où Séverine se fait humilier en rêve par son mari – sont devenues cultes, faisant couler beaucoup d’encre sur leur signification. Aujourd’hui, le film demeure d’une modernité surprenante et continue de susciter analyses et admirations, preuve que son mélange de provocation et de retenue a su intriguer durablement le public.

66. Les Vacances de Monsieur Hulot (1953)

Chapeau, pipe et tennis au bout des pieds : Monsieur Hulot débarque à la plage et c’est un pan entier de la comédie française qui s’écrit. Avec Les Vacances de Monsieur Hulot, Jacques Tati donne vie à son personnage fétiche dans un décor de station balnéaire bretonne. Ce film burlesque quasi muet (peu de dialogues, tout passe par les gestes et les sons) observe avec tendresse et ironie les vacanciers d’après-guerre s’adonnant aux joies balnéaires. Le rythme tranquille est ponctué de gags d’une inventivité folle – le feu d’artifice chaotique, le tennis farfelu de Hulot, la balade en kayak catastrophique. Sorti en 1953, le film a rassemblé environ 5 millions de Français, séduits par cette poésie comique universelle qui rappelle Chaplin ou Keaton. Mieux, Les Vacances de Monsieur Hulot ont exporté le génie de Tati à l’international, influençant jusqu’à des artistes comme Rowan Atkinson pour son Mr Bean. Le public ne s’y est pas trompé : encore aujourd’hui, ce séjour à l’Hôtel de la Plage fait partie des incontournables du rire à la française, un plaisir doux-amer qui sent le sable chaud et la nostalgie.

65. Les Enfants du Paradis (1945)

Souvent cité comme le plus grand film français de tous les temps, Les Enfants du Paradis de Marcel Carné est un pur chef-d’œuvre du cinéma poétique d’après-guerre. Cette fresque romanesque de plus de 3 heures, écrite par Jacques Prévert, nous plonge dans le Paris du XIXe siècle, boulevard du Crime, où l’on suit les amours contrariées de Garance (Arletty, légendaire) et du mime Deburau (Jean-Louis Barrault) parmi une galerie de personnages hauts en couleur. Tourné en pleine Occupation, le film lui-même relève du miracle, et à sa sortie en 1945 il a été accueilli en triomphe par un public avide de rêve – ils furent plus de 2 millions à le découvrir malgré sa longueur exceptionnelle pour l’époque. Drame romantique foisonnant, Les Enfants du Paradis a tout : dialogues inoubliables (« Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment… »), scènes de foule époustouflantes, humour et tragédie entremêlés. Il incarne la quintessence du cinéma en tant qu’art total. Bien des décennies plus tard, son aura perdure intacte : ce classique continue d’attirer de nouveaux spectateurs lors de ressorties en salles ou à la Cinémathèque, preuve que la magie opère toujours.

64. The Artist (2011)

Qui aurait cru qu’un film muet en noir et blanc ferait chavirer le monde au XXIe siècle ? The Artist de Michel Hazanavicius a relevé ce pari fou avec éclat. Cet hommage aux débuts d’Hollywood raconte l’histoire d’un acteur du muet (Jean Dujardin) déchu par l’avènement du parlant, sauvé par l’amour d’une jeune étoile montante (Bérénice Bejo). Avec son charme rétro, ses numéros de danse et sa musique entraînante, le film a séduit le public français (près de 1,5 million d’entrées, score honorable pour un film atypique) avant de conquérir Hollywood : 5 Oscars à la clé en 2012, dont celui du Meilleur Film et du Meilleur Acteur pour Dujardin – du jamais vu pour une production française. Comédie dramatique à la fois nostalgique et innovante, The Artist a prouvé que l’émotion pure du cinéma muet pouvait encore parler aux spectateurs d’aujourd’hui. La scène où George Valentin fait danser son costume vide, ou celle, magique, où le son envahit soudain son univers silencieux, sont déjà des moments d’anthologie. Le succès mondial de The Artist a rempli les Français de fierté et montré que l’audace paye, en offrant au monde un peu de la magie du cinéma d’antan.

63. La Môme (2007)

La vie en rose et les tragédies en noir : La Môme (intitulé La Vie en Rose à l’international) retrace la destinée extraordinaire de la chanteuse Édith Piaf. Porté par l’interprétation bluffante de Marion Cotillard, métamorphosée en Piaf au point d’être méconnaissable, ce biopic émouvant d’Olivier Dahan a captivé le public français (plus de 5 millions d’entrées) et international. L’actrice livre une performance habitée qui lui vaudra l’Oscars dans la catégorie Meilleure actrice – la première pour une Française dans un rôle en français. Le film navigue entre les triomphes et les drames de la vie de Piaf, de son enfance miséreuse à son apogée mondiale puis son déclin malade. Impossible de ne pas avoir des frissons lorsqu’elle entonne « Non, je ne regrette rien » sur scène malgré la souffrance. La Môme a ravivé l’amour du public pour Piaf, faisant redécouvrir ses chansons aux jeunes générations. Marion Cotillard, elle, est entrée dans la légende en devenant l’incarnation même de la Môme, saluée aux quatre coins du monde. Un succès populaire et critique immense qui a fait rayonner la France sur la scène du cinéma mondial.

62. Germinal (1993)

Adapté du roman emblématique d’Émile Zola, Germinal de Claude Berri a frappé fort en 1993 en transposant sur grand écran la lutte des mineurs du Nord au XIXe siècle. Cette fresque sociale d’une ampleur rare – figurants par centaines, reconstitution minutieuse de la mine et des corons, explosion du Voreux filmée dans toute sa tragédie – a ému plus de 6,1 millions de Français. Avec un Gérard Depardieu puissant en syndicaliste Lantier et une Miou-Miou bouleversante en mère courage, le film a donné vie de manière saisissante aux pages de Zola. Jamais la misère et la dignité ouvrières n’avaient été montrées d’aussi près au cinéma français, et le public a salué cet effort colossal de production (c’était le film français le plus cher de l’époque). César du meilleur film, Germinal a aussi été un triomphe à l’étranger, preuve que son message de révolte et de solidarité était universel. Encore aujourd’hui, certaines de ses scènes – la charge des mineurs face à l’armée, l’effondrement final de la mine – restent gravées dans les mémoires comme des moments de cinéma d’une intensité rare, fruits d’un engagement total pour raconter l’histoire de la classe ouvrière.

61. Un homme et une femme (1966)

« Chabadabada… » Ces syllabes fredonnées suffisent à évoquer un mythe du cinéma romantique français. Un homme et une femme de Claude Lelouch, c’est la rencontre entre une script girl veuve (Anouk Aimée) et un pilote de course veuf (Jean-Louis Trintignant) – deux êtres meurtris qui réapprennent à aimer lors de week-ends à Deauville. Porté par la célèbre ritournelle de Francis Lai, ce mélodrame intimiste a touché en plein cœur 4 millions de spectateurs en 1966, avant de triompher au Festival de Cannes (Palme d’or) et aux Oscars (meilleur film étranger). Tourné avec peu de moyens mais une inventivité folle (alternance d’images en couleurs et en noir et blanc, improvisations des acteurs), le film a séduit par sa sincérité et son esthétique nouvelle. La scène finale sur le quai de gare, où Anouk Aimée court vers Trintignant sur la musique en crescendo, fait encore monter les larmes aux yeux des romantiques invétérés. Un homme et une femme, c’est l’amour avec un grand A, made in France, qui a conquis le monde et continue de symboliser la passion élégante au cinéma.

Places 60 à 51 : polar, action et rire

Les rangs 60 à 51 offrent un mélange détonant de films policiers, de films d’action et de comédies qui ont su galvaniser les foules. On y retrouve des collaborations de légende (le duo Delon-Belmondo), des personnages entrés dans la mythologie populaire (le justicier au grand cœur de Belmondo, la famille exubérante de La Cage aux folles) et des regards acérés sur la société. Ces films incarnent l’éclectisme du cinéma français dans la seconde moitié du XXe siècle, capable de produire des polars haletants, des aventures épiques et des satires sociales grinçantes – et de tous en faire des succès populaires.

60. Le Clan des Siciliens (1969)

Un braquage audacieux ourdi entre Paris et New York, un casting trois étoiles (Jean Gabin, Alain Delon, Lino Ventura) et la musique entêtante d’Ennio Morricone : Le Clan des Siciliens est un monument du film de gangster à la française. Henri Verneuil réalise ici un polar élégant et international où un vieux parrain sicilien (Gabin) s’associe à un voleur charmeur (Delon) pour dérober des bijoux inestimables, traqués par un policier tenace (Ventura). Sorti en 1969, le film a attiré près de 4,8 millions de spectateurs, captivés par cette alliance explosive de légendes du grand écran. Des scènes cultes parsèment le récit, comme le détournement d’un avion en plein vol ou l’exécution finale implacable sur l’air de Morricone. Le Clan des Siciliens, c’est le savoir-faire français au service du grand spectacle criminel, une sorte de Le Parrain avant l’heure qui a su conquérir le public et inspirer de nombreux polars à venir.

59. Le Cerveau (1969)

Dans la catégorie casse du siècle, Le Cerveau de Gérard Oury fait figure de comédie culte aux allures de cartoon. Bourvil et Jean-Paul Belmondo y incarnent deux malfrats français maladroits qui veulent braquer le train de l’OTAN, sans savoir qu’ils ont face à eux “Le Cerveau”, un génial stratège criminel interprété par David Niven. Cette comédie policière de 1969 a tout pour plaire : un duo comique improbable (l’un candide, l’autre grande gueule), des gags visuels en cascades, et une bande originale entraînante de Georges Delerue. Avec 5,5 millions d’entrées, Le Cerveau a été un des plus gros succès de la fin des sixties, confirmant après La Grande Vadrouille le talent de Gérard Oury pour mêler l’action et l’humour. Qui a oublié la scène où Bourvil, déguisé en femme, sème la panique dans le compartiment-couchettes ? Ou Belmondo déboulant en tank dans les rues de Bruxelles ? Le public s’est régalé de ces folies bon enfant. Aujourd’hui encore, Le Cerveau demeure un excellent remède à la morosité, symbole d’un âge d’or de la comédie française où tout semblait possible.

58. L’As des as (1982)

En 1982, Jean-Paul Belmondo est au sommet de sa popularité, et L’As des as en est la preuve par le rire. Cette comédie d’aventure de Gérard Oury entraîne “Bebel” dans l’Allemagne nazie de 1936, en entraîneur de l’équipe française de boxe pris malgré lui dans une folle escapade pour protéger un enfant juif, tout en semant la pagaille aux Jeux Olympiques de Berlin. Mélangeant cascades (Belmondo s’en donne à cœur joie dans les bagarres et poursuites), gags anachroniques et frissons patriotiques, le film a rassemblé plus de 5,4 millions de spectateurs. Les Français ont adoré voir leur héros national flanquer des baffes aux SS avec panache. Certaines scènes sont gravées dans les mémoires, comme l’évasion en side-car poursuivi par un avion ou Belmondo déguisé en officier allemand jouant de son charme pour duper tout un régiment. L’As des as représente le divertissement familial par excellence des années 80, alliant l’humour bon enfant d’Oury et la générosité physique de Belmondo. Le public ne s’y est pas trompé : le film figure parmi les préférés de l’acteur pour beaucoup de ses fans, tant il incarne la facette “héros bienveillant” de Bébel qui plaisait tant.

57. Le Professionnel (1981)

Si un air de musique vous vient en tête en entendant le titre Le Professionnel, c’est normal : la composition « Chi Mai » d’Ennio Morricone, accompagnant la scène finale, a contribué au statut mythique de ce film d’action. Dans ce thriller de Georges Lautner, Jean-Paul Belmondo est Joss Beaumont, agent secret trahi par les siens, qui revient régler ses comptes – de manière explosive – avec l’État français. Avec ses punchlines sèches, ses cascades exécutées par Bebel lui-même et son scénario de vengeance implacable, Le Professionnel a aimanté 5,2 millions d’amateurs de sensations fortes en 1981. La scène où Belmondo franchit d’un bond spectaculaire la clôture barbelée d’un camp ou celle où il fait exploser un hélicoptère au lance-roquette font partie des images d’anthologie du cinéma d’action français. Et que dire de cette fin tragique au son de Morricone, qui a arraché une larme surprise à plus d’un spectateur ? Le Professionnel, c’est Belmondo en justicier solitaire, charismatique et indestructible, symbole du héros viril qu’adorait le public français des années 80.

56. La Vie est un long fleuve tranquille (1988)

« Le dimanche, c’est raviolis ! » Cette réplique devenue culte est extraite de La Vie est un long fleuve tranquille, première comédie d’Étienne Chatiliez qui a fait un tabac en 1988. Le film conte l’histoire de deux bébés échangés à la naissance qui grandissent dans des milieux radicalement opposés : d’un côté la famille Groseille, prolétaire bordélique, de l’autre les Le Quesnoy, bourgeois catholiques guindés. Quand l’échange est découvert, le choc des cultures fait des étincelles hilarantes. Cette satire sociale irrésistible a attiré 4 millions de spectateurs et révélé de jeunes acteurs (Benoît Magimel n’avait que 13 ans dans le rôle du petit Maurice Le Quesnoy). Avec son ton impertinent sur les classes sociales, ses personnages caricaturaux mais attachants (Madame Le Quesnoy et son célèbre « Jésus reviens… » chanté à l’église) et ses formules passées dans le langage courant, La Vie est un long fleuve tranquille a marqué l’histoire de la comédie française. Le film a remporté le César du meilleur premier film, et surtout, il a fait se gondoler la France entière devant ses propres travers. Une vraie réussite qui prouve que rire des différences, avec tendresse et exagération, peut fédérer un large public.

55. L’Auberge espagnole (2002)

Qu’il fait bon avoir 20 ans et partir à l’aventure Erasmus ! L’Auberge espagnole de Cédric Klapisch a parfaitement capturé l’esprit d’une génération avide de voyages et de rencontres. Cette comédie générationnelle suit Xavier (Romain Duris), étudiant français partant à Barcelone partager une colocation haute en couleurs avec d’autres jeunes d’Europe. Entre fêtes, galères administratives, chassés-croisés amoureux et choc des langues, le film regorge de situations dans lesquelles de nombreux spectateurs se sont reconnus. Résultat : plus de 3 millions d’entrées en France et un véritable phénomène d’identification chez les 20-30 ans du début des années 2000. L’Auberge espagnole, c’est aussi un casting pétillant (Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly…) et une vision optimiste de l’Europe unie par sa jeunesse. Les tribulations de Xavier ont connu deux suites (à Saint-Pétersbourg puis à New York), signe de l’attachement du public à ces personnages et à ce qu’ils représentent. Encore aujourd’hui, le film donne furieusement envie de faire sa valise, de partir découvrir le monde et de se trouver une joyeuse bande d’amis venus d’ailleurs.

54. La Haine (1995)

« Jusqu’ici tout va bien… » : rarement une réplique n’aura autant résonné avec l’état d’esprit d’une époque. La Haine de Mathieu Kassovitz, tourné en noir et blanc nerveux, plonge dans 24 heures de la vie de trois jeunes d’une cité sensible après une nuit d’émeutes. Vinz (Vincent Cassel), Saïd (Saïd Taghmaoui) et Hubert (Hubert Koundé) errent entre colère, ennui et espoir ténu. Ce drame social coup-de-poing a réveillé le cinéma français en 1995, devenant un véritable phénomène : 2 millions d’entrées et une longue traînée de poudre médiatique. Grand Prix à Cannes pour Kassovitz, qui n’avait que 27 ans, La Haine a mis des mots et des images sur le malaise des banlieues. Des scènes comme celle du pistolet devant le miroir (« Tu le connais, le dicton ? ») ou du DJ mixant depuis son immeuble au son de KRS-One sont gravées dans la mémoire collective. Et la chute finale, brutale, continue de hanter les esprits bien des années après. Film générationnel par excellence, La Haine a prouvé que le cinéma français pouvait parler vrai, déranger et mobiliser le public autour d’une réalité sociale trop longtemps éclipsée des écrans.

53. Léon (1994)

Un tueur à gages au grand cœur et une fillette en quête de vengeance : ce duo improbable est au centre de Léon, le film franco-américain de Luc Besson qui a conquis le monde en 1994. Jean Reno incarne Léon, tueur solitaire vivant à New York, qui recueille malgré lui Mathilda (Natalie Portman, 12 ans, révélation absolue) dont la famille a été décimée par un flic psychopathe (Gary Oldman, inoubliable en flic barré hurlant « EVERYONE ! »). Entre action ultra-stylisée et émotion à fleur de peau, ce thriller poignant a touché le public français (près de 3,5 millions d’entrées) et international. Certaines scènes – l’entraînement de Mathilda au « métier » de tueur, le face-à-face final dans le couloir avec l’assaut des forces spéciales – sont gravées dans la culture pop. Avec Léon, Besson a créé un conte urbain violent et tendre à la fois, porté par la relation quasi filiale entre Léon et Mathilda qui a ému aux larmes de nombreux spectateurs. Aujourd’hui, le film figure au panthéon des œuvres d’action cultes des années 90, souvent imité mais jamais égalé dans son équilibre entre fusillades et sentiments.

52. Nikita (1990)

Avant Léon, il y eut Nikita : le film qui a révélé Luc Besson et offert au cinéma français une héroïne d’action inoubliable. Nikita (Anne Parillaud) est une jeune délinquante condamnée qui se voit recrutée de force par les services secrets pour devenir une tueuse d’élite. Ce thriller nerveux allie scènes d’entraînement intensives, missions périlleuses et dilemmes moraux alors que Nikita tente de mener une vie normale en parallèle de son “métier” violent. Le style clip vidéo de Besson, sa bande-son culte signée Éric Serra et l’interprétation féline d’Anne Parillaud ont séduit près de 3,7 millions de spectateurs en 1990. Le film a connu un retentissement énorme à l’étranger, engendrant même un remake américain et une série télé – signe de son concept fort. On se souvient particulièrement de la scène de l’évasion dans le restaurant chic, où Nikita, en robe de soirée, finit par s’échapper par les égouts, illustrant le contraste permanent entre élégance et brutalité. Nikita a ouvert la voie aux héroïnes badass dans le cinéma français et demeure une référence en matière de film d’action stylé « à la française » qui parle autant au grand public qu’aux fans de genre.

51. La Cage aux folles (1978)

Bien avant que la tolérance et la diversité ne deviennent des mots d’ordre, La Cage aux folles de Édouard Molinaro faisait rire la France entière avec son couple de patrons de cabaret transformistes assumant pleinement leur exubérance. Cette comédie de mœurs met en scène Renato (Ugo Tognazzi) et Albin, alias Zaza Napoli (Michel Serrault), contraints de jouer la respectabilité hétéro pour rencontrer les beaux-parents ultra-conservateurs de leur fils. Le choc des mondes qui s’ensuit est d’une hilarité totale : Michel Serrault, extraordinaire en diva sensible tentant de se travestir en homme “normal”, livre une performance mémorable qui lui vaudra le César. Avec plus de 5,4 millions d’entrées, La Cage aux folles a été l’un des plus gros succès de 1978 en France – et un triomphe mondial, exportant un message de tolérance à travers le rire (le film aura deux suites et une célèbre adaptation hollywoodienne, The Birdcage, dans les années 90). Au-delà des plumes, des paillettes et des quiproquos savoureux, c’est bien la tendresse des personnages et l’humanité du propos qui ont touché le public. La Cage aux folles reste une date dans l’histoire du cinéma pour avoir normalisé l’idée qu’une famille, c’est avant tout de l’amour, peu importe sa forme, et cela en faisant rire aux éclats.

Places 50 à 41 : trésors d’humour et d’émotion

En nous rapprochant du top 40, on retrouve une sélection de films qui ont tous, chacun à leur manière, laissé une empreinte indélébile sur la culture populaire française. Des comédies historiques aux satires des années 80, en passant par des drames du passé redécouverts, les films classés 50e à 41e marient souvent l’humour et l’émotion. Ils témoignent de la capacité du cinéma français à se renouveler tout en s’appuyant sur des recettes éprouvées – qu’il s’agisse de la folie burlesque d’un Louis de Funès, du talent dialoguiste d’un Audiard ou de la puissance narrative des grands réalisateurs d’après-guerre.

50. La Folie des grandeurs (1971)

Quand le tandem du Corniaud et de La Grande Vadrouille se reforme, cela donne La Folie des grandeurs, une comédie historique débridée inspirée librement de Ruy Blas. Gérard Oury à la réalisation, Louis de Funès en ex-ministron radin et colérique, Yves Montand en valet plus malin que son maître : ce cocktail a fait se gondoler la France en 1971 (plus de 5,5 millions d’entrées). Du palais de l’Escurial aux ruelles andalouses, le film multiplie les situations délirantes – comme la scène où de Funès, malentendant temporaire, hurle « Il est l’or, monseignor » au lieu de « l’heure » – devenue culte. Montand s’amuse visiblement en complice gaffeur, et l’opposition entre son grand corps dégingandé et le petit bonhomme teigneux de de Funès produit un comique irrésistible. Entre costumes somptueux, numéros d’acteurs d’anthologie et dialogues signés Audiard qui font mouche, La Folie des grandeurs a prouvé que la comédie en costumes pouvait rivaliser avec les meilleures farces contemporaines pour attirer le public. Un vrai trésor du cinéma comique français, où l’on rit encore aux éclats des siècles plus tard.

49. L’aile ou la cuisse (1976)

Le face-à-face entre Louis de Funès et Coluche valait à lui seul le prix du billet ! L’aile ou la cuisse, réalisé par Claude Zidi, est une comédie satirique savoureuse qui égratigne la malbouffe à une époque où le fast-food débarquait en France. De Funès y incarne Charles Duchemin, critique gastronomique hyper pointilleux, décidé à faire tomber le roi de la nourriture industrielle Jacques Tricatel. Coluche joue son fils, clown de cirque dans l’âme, censé lui succéder. Le choc entre la grande cuisine traditionnelle et les usines à bouffe est tourné en ridicule pour le plus grand plaisir du public : 5,8 millions de Français ont dévoré le film en 1976. Comment oublier la visite incognito de Duchemin dans un restaurant Tricatel, où il finit malade après avoir goûté une infâme gelée ? Ou la mythique scène de la dégustation à l’aveugle en direct à la télé, avec un De Funès grimaçant avalant du caoutchouc maquillé en steak ? L’aile ou la cuisse a non seulement fait rire aux éclats, mais il a aussi cristallisé le débat naissant sur la qualité de notre alimentation – preuve qu’on peut divertir tout en faisant passer un message. Un plat de choix dans la filmographie de de Funès.

48. Manon des Sources (1986)

L’émotion à son comble et la nature provençale sublimée : Manon des Sources est la seconde partie du diptyque tiré de Marcel Pagnol entamé par Jean de Florette. Sorti quelques mois après le premier volet, toujours sous la direction de Claude Berri, le film conclut magistralement cette saga dramatique. On y retrouve Manon (Emmanuelle Béart, bouleversante), désormais adulte, vivant en bergère solitaire, qui découvre la trahison dont son père Jean a été victime et décide de se venger du Papet (Yves Montand) et d’Ugolin (Daniel Auteuil). Cette tragédie rurale a passionné 4 millions de spectateurs en 1986, déjà investis émotionnellement par Jean de Florette. La révélation finale – le Papet réalisant dans un éclair de lucidité qu’il était le grand-père de Manon et qu’il a causé la perte de son propre fils – arrache des larmes à chaque visionnage. Emmanuelle Béart, révélée par ce rôle (et récompensée d’un César), incarne à la perfection la beauté farouche et vengeresse de Manon, devenant une icône du cinéma français. Manon des Sources a scellé la place de cette histoire de vengeance et de rédemption au panthéon des films les plus aimés du public, en Provence et bien au-delà.

47. La Boum (1980)

Le film qui a fait danser tous les ados des années 80 sur « Dreams are my reality »… La Boum de Claude Pinoteau est la comédie adolescente par excellence, ayant révélé une jeune actrice de 13 ans nommée Sophie Marceau. Elle y incarne Vic, collégienne parisienne vive et romantique, naviguant entre premier amour, disputes avec les parents et boom du samedi soir. Avec fraîcheur et sincérité, le film a touché en plein cœur 4,3 millions de spectateurs en 1980, des plus jeunes qui s’identifiaient, aux parents attendris (et nostalgiques de leur propre jeunesse). Comédie sentimentale sans mièvrerie, La Boum a su capter l’air du temps : baladeurs cassettes sur les oreilles, scooter pour impressionner les copines, et premiers baisers sur fond de slow. Sophie Marceau est devenue en une nuit l’icône de toute une génération, tandis que la chanson phare du film, interprétée par Richard Sanderson, cartonnait en radio. Le succès fut tel qu’une suite, La Boum 2, est sortie deux ans plus tard (avec un égal bonheur auprès du public et un César du meilleur espoir pour Marceau). Même aujourd’hui, prononcez « La Boum », et un sourire nostalgique éclairera le visage de ceux qui ont grandi avec Vic et sa bande.

46. Les Bronzés font du ski (1979)

« Quand te reverrai-je, pays merveilleux ? » Difficulté : ne pas chanter en lisant ces mots… Les Bronzés font du ski, suite de Les Bronzés, est un exemple unique d’une comédie boudée à sa sortie (à peine 1,5 million d’entrées en 1979) devenue un mastodonte du rire grâce aux diffusions TV. Dans cet épisode à la montagne, la troupe du Splendid remet le couvert avec des vacances au ski catastrophiques : matériel défectueux, moniteurs incompétents, tartiflette indigeste et bien sûr l’inénarrable accident de Jean-Claude Dusse coincé sur un télésiège en chantant au clair de lune. Initialement, le public a été surpris par un humour plus loufoque et corrosif que dans le premier opus, mais la cote d’amour n’a cessé de grimper avec le temps. Aujourd’hui, qui ne connaît pas par cœur les répliques cultes comme « J’t’encule Thérèse » (pardonnez la vulgarité, c’est du patrimoine !) ou « Équipe de ski de fond, droite ! gauche !» ? Les Bronzés 2 est rediffusé chaque hiver à la télévision, rassemblant des millions de nostalgiques devant leur écran. Un véritable emblème de l’humour français, qui a su se bonifier comme un bon vin chaud.

45. Les Bronzés (1978)

C’est la bande de copains la plus célèbre du cinéma français : Popeye, Gigi, Jérôme, Jean-Claude, Christiane et Bernard sont Les Bronzés, six vacanciers en club de vacances en Afrique qui ont fait hurler de rire la fin des années 70. Issus de la troupe du Splendid (Jugnot, Clavier, Balasko, Lhermitte, Chazel et Blanc, plus le regretté Christian Clavier absent du film mais co-auteur de la pièce originale), ils ont apporté sur grand écran un humour de troupe irrésistible, entre sketches sur la drague, scènes de plage et vacheries entre amis. En 1978, le film de Patrice Leconte n’avait « que » 2,2 millions de spectateurs, mais là aussi, le bouche-à-oreille et la télévision en ont fait un phénomène culte. On ne compte plus les répliques passées dans le langage courant : « Y fait chaud hein ? », « Je ne vous jette pas la pierre, Pierre… », « On aura pu manger des chips », etc. Ce portrait satirique des vacances de Monsieur Tout-le-monde a rencontré un tel attachement du public qu’en 2006, une suite tardive (Les Bronzés 3) a fait un malheur au box-office. Aujourd’hui, Les Bronzés incarne la comédie de copains indémodable, celle qu’on revoit chaque été pour se marrer entre amis en connaissant déjà toutes les blagues – et en les aimant d’autant plus.

44. Le Père Noël est une ordure (1982)

Au départ, c’était une pièce de théâtre délirante du Splendid. Portée à l’écran par Jean-Marie Poiré, Le Père Noël est une ordure est devenue la comédie anti-conte de fées la plus célèbre de France. Réveillon de Noël, permanence de SOS Détresse-Amitié : les bénévoles Pierre (Thierry Lhermitte) et Thérèse (Anémone) voient débarquer une galerie de barges mémorables – l’éternel travesti dépressif Katia (Christian Clavier), le faux Père Noël grossier et voleur (Gérard Jugnot) avec sa maîtresse enceinte aux répliques fleuries (Josiane Balasko) et le voisin yougoslave envahissant (Bruno Moynot) offrant son fameux « doubitchou » maison. Cette nuit virant au chaos total a fait hurler de rire le public : 1,6 million d’entrées en 1982, et surtout des rediffusions TV constantes qui ont élevé chaque réplique au rang de proverbe. Comédie noire iconoclaste – car tout le monde en prend pour son grade, même le sacro-saint Noël – le film aligne des scènes d’anthologie (le clafoutis aux crudités de Thérèse, la dispute autour du « aborter » contre « avorter »…). Le titre même est entré dans le langage courant ! Rarement un film aura été autant cité par ses fans. Le Père Noël est une ordure, c’est la preuve qu’un humour très osé et corrosif peut aussi devenir un trésor national adulé du public.

43. Les Tontons flingueurs (1963)

« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. » Qui n’a jamais entendu cette maxime culte ? Les Tontons flingueurs de Georges Lautner, dialogué par Michel Audiard, est sans conteste l’une des comédies les plus cultes du cinéma français. Sorti en 1963, ce polar comique au casting XXL (Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre…) n’avait initialement réuni qu’environ 3,3 millions de curieux. Mais au fil des décennies, il est devenu intouchable ! L’histoire de ces truands à l’ancienne empêtrés dans des histoires de succession et de fiançailles a accouché de scènes mythiques : la « soupe d’enfer » (l’alcool explosif ingurgité dans la cuisine), la « scène des Aristochats » où Ventura remet à sa place un jeune insolent, ou encore chaque répartie croustillante d’Audiard devenue proverbe. La force des Tontons flingueurs réside dans cet équilibre parfait entre le film de gangsters et la farce, magnifié par des dialogues littéralement inoubliables. Aujourd’hui, c’est un rituel : chaque diffusion télé réunit des millions de nostalgiques. Preuve que ces tontons-là, toujours prompts à flinguer avec les mots, n’ont pas fini de faire pétiller les zygomatiques de toutes les générations.

42. Le Salaire de la peur (1953)

Suspense insoutenable et palpitations garanties : Le Salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot reste un modèle inégalé de thriller. Dans un coin perdu d’Amérique centrale, quatre hommes acceptent une mission suicidaire : transporter en camions une cargaison de nitroglycérine extrêmement instable sur des routes impraticables. Yves Montand et Charles Vanel, en conducteurs héroïques malgré eux, tiennent le spectateur en haleine pendant plus de 2 heures. Tourné en 1953, le film a attiré près de 7 millions de Français, en quête d’adrénaline et d’émotions brutes. La lente traversée des camions sur une piste défoncée, la sueur aux tempes, ou encore la scène culte où l’un des véhicules doit franchir une flaque d’huile sur une planche pour ne pas exploser, font partie des moments de tension les plus marquants du cinéma. Couronné de l’Ours d’or à Berlin et de la Palme d’or à Cannes, Le Salaire de la peur a triomphé partout et même connu un remake américain ultérieurement. Mais c’est la version de Clouzot, avec son noir et blanc âpre et son pessimisme sous-jacent sur la condition humaine, qui continue de fasciner. La peur a beau avoir un salaire, le public, lui, en redemande, la gorge nouée mais conquis.

41. Violettes Impériales (1952)

Place maintenant à un véritable témoignage de l’époque des années 50 : Violettes Impériales de Richard Pottier. Cette romance historique hispano-française transporte le spectateur à la cour de Napoléon III, où une jeune andalouse (interprétée par la chanteuse espagnole Carmen Sevilla) se retrouve mêlée aux intrigues impériales grâce à un bouquet de violettes offert à Eugénie de Montijo. Mêlant mélodrame, numéros musicaux et reconstitution fastueuse, le film a été un immense succès populaire de l’après-guerre : plus de 8 millions d’entrées cumulées en France, notamment porté par l’opérette dont il est tiré et la célébrité du ténor Luis Mariano qui y tient un rôle. Si Violettes Impériales semble aujourd’hui désuet aux yeux de certains, il n’en demeure pas moins un symbole du cinéma d’une époque aspirant à l’évasion et au romanesque flamboyant. Ses chansons ont connu leur heure de gloire, et le technicolor chatoyant du film a fait rêver un public avide de contes de fées historiques. Ce succès d’antan rappelle que le cœur du public français a toujours battu aussi pour les histoires d’amour impossibles et les destins romanesques – ingrédients éternels de la popularité.

Places 40 à 31 : patrimoine et bonne humeur

En progressant vers le top 30, la sélection 40-31 fait cohabiter des films au charme suranné du patrimoine d’après-guerre et des comédies populaires plus récentes. On y croise des œuvres qui ont valu à la France des récompenses internationales il y a des décennies, et d’autres qui ont apporté de la bonne humeur dans les foyers plus récemment. Entre souvenirs de guerre, farces militaires et émotions familiales, cette section montre que la popularité se moque du temps : certains films vieux de plus de 70 ans ont encore leur place aux côtés de succès du XXIe siècle dans le cœur du public français.

40. Le Bataillon du ciel (1947)

Sorti juste après la Seconde Guerre mondiale, Le Bataillon du ciel est un film à la frontière entre la fiction et le documentaire, rendant hommage aux parachutistes français de la bataille de Normandie. Réalisé par Alexander Esway d’après un roman-témoignage, ce drame de guerre en deux époques (deux parties) suit l’entraînement puis le combat d’une unité de para commandos. En 1947, le besoin de reconnaître le sacrifice des héros de la Libération était tel que le public s’est déplacé massivement : cumulées, les deux époques ont dépassé 8,6 millions d’entrées, un chiffre colossal. On venait voir les visages de jeunes soldats courageux, revivre la tension du saut en parachute derrière les lignes ennemies, et honorer la mémoire de ceux qui n’étaient pas revenus. Certes, l’aspect propagande patriotique est marqué, et le style du film paraît aujourd’hui très daté. Mais Le Bataillon du ciel demeure un jalon historique du cinéma français d’après-guerre et un témoignage de la reconnaissance populaire envers les combattants de 1944. Une page d’Histoire filmée qui a su parler au cœur d’un pays en reconstruction.

39. Les Grandes Vacances (1967)

Fidèle à son image de père autoritaire et gaffeur, Louis de Funès tient la barre de Les Grandes Vacances, une comédie familiale ensoleillée réalisée par Jean Girault. Il y campe un directeur de pensionnat rigoriste prêt à tout pour faire rentrer dans le rang son fils adolescent, envoyé de force en Angleterre pour étudier. Lorsque le fiston préfère filer en douce en Écosse et qu’un jeune Anglais le remplace à son insu, de Funès multiplie les quiproquos linguistiques et les pétages de plombs hilarants. Bien qu’il ne soit pas le plus cité des films de de Funès, Les Grandes Vacances a cartonné en 1967 avec près de 7 millions d’entrées, confirmant l’immense popularité de l’acteur. Scènes marquantes : l’excursion catastrophique en Bretagne pour dénicher de la “pénicilline” (en réalité du whisky pur malt) ou l’apprentissage catastrophique de l’anglais par de Funès (son « I am the Director, you are the Student » avec l’accent est un régal). Les Grandes Vacances, sans révolutionner le genre, offre un cocktail de bonne humeur transgénérationnel. Encore aujourd’hui, voir de Funès essayer désespérément d’être un bon père tout en semant la pagaille suffit à dérider n’importe quel spectateur, petit ou grand.

38. Monsieur Vincent (1947)

Chef-d’œuvre d’humanisme, Monsieur Vincent de Maurice Cloche retrace la vie de Saint Vincent de Paul au XVIIe siècle, apôtre des pauvres et fondateur des œuvres de charité. Porté par l’interprétation habitée de Pierre Fresnay dans le rôle-titre, ce drame biographique a profondément ému le public d’après-guerre. Sorti en 1947, il a attiré plus de 7 millions de spectateurs, admiratifs devant l’abnégation et la bonté sans faille de ce prêtre se dévouant aux miséreux durant les épidémies et les famines. Le film a reçu un Oscar d’honneur en 1948 (équivalent à l’époque de l’Oscar du meilleur film étranger), signe de son impact international. Certaines scènes, comme Vincent de Paul portant un malade sur ses épaules ou tenant tête aux riches indifférents, sont d’une grande puissance morale. Monsieur Vincent n’est plus aussi connu du jeune public aujourd’hui, mais il demeure un monument du cinéma français religieux, témoignant d’un art capable d’élever l’âme. Son message de compassion universelle reste bouleversant et a valu au film d’être projeté pendant des décennies dans les patronages et écoles catholiques, prolongeant ainsi son audience bien au-delà de sa sortie initiale.

37. Jour de fête (1949)

Cocorico ! Avec Jour de fête, Jacques Tati a livré au sortir de la guerre une comédie champêtre revigorante qui a fait glousser la France entière. Tati incarne François, le sympathique facteur d’un petit village, qui décide d’accélérer sa tournée à vélo après avoir vu un documentaire sur la Poste américaine. S’ensuivent une série de gags burlesques mémorables – slaloms acrobatiques à bicyclette, distribution de courrier express improbable – exécutés avec le talent de mime inimitable de Tati. Tourné en partie en couleur (procédé expérimental à l’époque) mais sorti en noir et blanc faute de moyens techniques, ce petit bijou comique de 1949 a été un énorme succès populaire (plus de 7 millions d’entrées). Les spectateurs sortaient ravis de ce portrait affectueux de la France rurale, où la fête foraine bat son plein et où l’on rit des petites manies des villageois. Le personnage du facteur, maladroit et zélé, est entré dans la légende du cinéma comique. Jour de fête reste une madeleine de Proust pour beaucoup, synonyme d’un temps plus simple et d’un humour bon enfant intemporel. À chaque nouvelle restauration et projection en plein air l’été, les rires fusent comme en 49 – preuve que la folie douce de Tati est éternelle.

36. La Chèvre (1981)

Le tandem Pierre Richard – Gérard Depardieu a fait des étincelles dans La Chèvre, l’une des comédies françaises les plus drôles du début des années 80. Sous la direction de Francis Veber, cette buddy movie insolite réunit François Perrin (Pierre Richard), homme à la poisse légendaire, et Campana (Depardieu), détective grognon, chargés de retrouver la fille d’un PDG portée disparue au Mexique. L’idée farfelue : utiliser la poisse de Perrin comme un radar pour remonter la piste de la disparue, elle-même extrêmement malchanceuse. Catastrophes en chaîne, bagarres improbables et choc de personnalité ont fait se tordre de rire 7 millions de spectateurs. Entre les gaffes de Pierre Richard (l’épisode du poulpe piégé par son propre grappin de pêche, ou la scène où il repeint malgré lui une chambre d’hôtel entière) et les soupirs exaspérés de Depardieu, le duo fonctionne à merveille. Véritable classique, La Chèvre a lancé une trilogie officieuse des aventures de Perrin/Pignon avec Depardieu (Les Compères, Les Fugitifs suivront), et connu un remake américain plus tard. Mais rien ne vaut l’original français et son humour visuel unique. On peut le revoir dix fois, on rira toujours autant de la malchance crasse de “la chèvre” Perrin !

35. Jean de Florette (1986)

Fresque tragique enracinée dans la Provence des années 1920, Jean de Florette a captivé le public français en 1986 et marqué un tournant dans le cinéma hexagonal grand public. Adapté de Marcel Pagnol et réalisé par Claude Berri, ce drame rural retrace le complot ourdi par deux paysans, le Papet (Yves Montand) et Ugolin (Daniel Auteuil), pour accaparer la ferme d’un citadin naïf, Jean de Florette (Gérard Depardieu), venu s’installer avec sa famille. Le film a attiré plus de 7 millions de spectateurs, touchés par cette histoire de cupidité et de cruauté ordinaire menée avec une maestria narrative. La qualité de la photographie, l’authenticité des décors provençaux et surtout le jeu d’acteur exceptionnel (Auteuil recevra le César pour son rôle d’Ugolin, rustre complexé et pathétique) ont été salués. Beaucoup se souviennent avoir pleuré devant la lente descente aux enfers de Jean, dont les récoltes dépérissent faute d’eau, tandis que les villageois – dans un silence complice – laissent faire l’injustice. Jean de Florette et sa suite Manon des Sources ont redonné au public le goût des grandes sagas dramatiques nationales et prouvé que l’héritage de Pagnol pouvait émouvoir autant qu’amuser. Une référence incontournable des années 80.

34. Les Aventures de Rabbi Jacob (1973)

Cours, Victor, cours ! Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury est sans doute l’une des comédies les plus fédératrices du cinéma français, réussissant l’exploit de faire rire aux éclats tout en prônant la tolérance. Louis de Funès y incarne Victor Pivert, homme d’affaires français ronchon et bourré de préjugés, qui se retrouve contraint de se déguiser en rabbin pour échapper à des tueurs – et doit composer avec un jeune révolutionnaire arabe. Situations burlesques (la danse improvisée « à la juive » dans la fabrique de chewing-gum), quiproquos identitaires et gags visuels (de Funès barbu en habit vert de rabbin orthodoxe) s’enchaînent à un rythme fou. En 1973, plus de 7,3 millions de spectateurs ont accueilli ce message de fraternité judéo-arabe avant l’heure, enveloppé dans un feu d’artifice comique. Le film a même été exporté avec succès à l’étranger. Certaines répliques sont gravées dans la mémoire collective (« Salomon, tu es juif ? », demande un De Funès incrédule à son chauffeur arabe converti) et la musique entraînante de Vladimir Cosma résonne encore dans bien des têtes. Rabbi Jacob reste un classique indétrônable, preuve que l’humour peut briser les barrières et que Louis de Funès en grand écart sur une danse hassidique est un bonheur universellement partagé.

33. Le Retour de Don Camillo (1953)

Dans les années 50, Don Camillo est un personnage si populaire qu’il revient pour de nouvelles aventures dès 1953. Le Retour de Don Camillo fait suite au premier film à succès et remet en scène Fernandel en curé bougon et bagarreur d’un petit village italien, toujours en rivalité amicale avec le maire communiste Peppone (Gino Cervi). Dans ce second volet, Don Camillo est exilé à cause de son sale caractère et se retrouve dans un village reculé de montagne… Mais l’heure de la réconciliation avec ses ouailles sonnera, et il reviendra en héros régler un conflit d’inondation dans sa commune d’origine. Mélangeant toujours humour bon enfant et morale bienveillante, ce film familial a presque autant séduit que le premier : environ 5,6 millions d’entrées en France. On ne se lasse pas des prêches peu catholiques de Don Camillo parlant à son Christ au crucifix, ni des ruses de Peppone pour avoir le dernier mot. Si ce second opus est parfois moins cité que le premier, il a néanmoins consolidé le mythe de Don Camillo dans le cœur du public, donnant lieu à d’autres suites. Fernandel y est fidèle à lui-même : truculent, attachant, garantissant à chaque apparition un sourire attendri du spectateur.

32. La Famille Bélier (2014)

Peut-on chanter du Michel Sardou et émouvoir toute la France ? Réponse : oui, mille fois, grâce à La Famille Bélier. Cette comédie dramatique réalisée par Éric Lartigau a été la belle surprise de 2014 : 7,4 millions d’entrées pour l’histoire de Paula, 16 ans, seule entendante dans une famille de sourds, qui se découvre un don pour le chant. Porté par la révélation Louane Emera (issue de The Voice, et César du meilleur espoir féminin à la clé), le film a fait rire et pleurer le public par son cocktail d’humour champêtre et d’émotion pure. La surdité de ses parents (joués par François Damiens et Karin Viard, formidables) donne lieu à des scènes comiques très tendres, mais La Famille Bélier brille surtout par sa sensibilité : chacun se souvient du bouleversant « Je vole » que Paula signe en chantant devant ses parents pour leur dire adieu avant de partir. Rarement un film populaire aura autant valorisé la langue des signes et mis en lumière le quotidien des familles sourdes. Son succès a été tel qu’un remake américain (CODA) a vu le jour, engendrant même un Oscar du Meilleur Film en 2022 – signe que son message universel d’amour et d’émancipation a touché bien au-delà de nos frontières, tout en restant un trésor franco-français que le public continue d’applaudir.

31. Les Bidasses en folie (1971)

Avant Les Bronzés, avant le Splendid, il y eut les Charlots. Ce groupe de musiciens-comiques déjantés a déferlé sur le box-office début 70 avec Les Bidasses en folie, farce potache où cinq copains réfractaires à l’autorité transforment leur service militaire en gigantesque foutoir. Réalisée par Claude Zidi, cette comédie loufoque enchaîne gags absurdes et esprit anar bon enfant : les Charlots sabotent tout, de la corvée de patates aux manœuvres, et finissent par transformer la caserne en cirque. En 1971, le public jeune s’identifie à ces anti-héros braillards et inoffensifs : 7,5 millions d’entrées, un score énorme. Si le film a vieilli et peut sembler simpliste aujourd’hui, il reste le témoignage d’une époque de liberté délirante au cinéma, où l’on pouvait parodier l’armée en chantant et en faisant les idiots sans malice. Des scènes comme la fanfare militaire partant en vrille ou l’entraînement au cri de « La Valérie » ont fait hurler de rire toute une génération. Les Bidasses en folie a ouvert la voie aux futures comédies de troupe françaises. Il incarne un esprit bon enfant qui peut sembler naïf, mais qui a fait un bien fou aux spectateurs des années 70. Et pour ça, on lui garde une petite place dans le panthéon des films populaires.

Places 30 à 21 : grands spectacles et émotions fortes

Aux portes du top 20, les films classés de la 30e à la 21e place illustrent la capacité du cinéma français à produire des grands spectacles visuels tout en émouvant profondément le public. De la science-fiction futuriste au mélodrame musical, du buddy movie hilarant à la fresque nostalgique, ces films ont en commun d’avoir su transporter les spectateurs dans des univers forts et de provoquer des émotions intenses – qu’il s’agisse du rire, des larmes, ou de l’émerveillement devant la beauté de l’image et de la musique.

30. Le Cinquième Élément (1997)

Superproduction futuriste sortie de l’imagination débridée de Luc Besson, Le Cinquième Élément a apporté une bouffée d’air frais au cinéma français des années 90. Tourné en anglais avec Bruce Willis en héros bourru, ce space-opera délirant a aussi révélé Milla Jovovich en énigmatique Leeloo aux cheveux orange, « être suprême » clé de voûte pour sauver le monde. Ce film de science-fiction, visuellement époustouflant (décors signés Mézières et Giraud, effets spéciaux dernier cri pour l’époque), a attiré près de 7,7 millions de spectateurs en France – et conquis le monde par son ton pop et décomplexé. Qui ne se souvient pas de la diva bleue chantant un air d’opéra sur fond de combat martial, ou des taxis volants zigzaguant dans le ciel de New York en l’an 2263 ? Sans parler des punchlines de Ruby Rhod (Chris Tucker), animateur survolté d’une radio cosmique, qui ont fait hurler de rire. Le Cinquième Élément a prouvé que la France pouvait jouer dans la cour des blockbusters mondiaux tout en gardant une French touch fantasque. Aujourd’hui encore, cette aventure folle est vénérée par une armée de fans, et figure régulièrement parmi les films de SF préférés du public hexagonal.

29. Le Comte de Monte-Cristo (1954)

D’Artagnan avait eu son heure de gloire, il fallait bien qu’Edmond Dantès ait la sienne. En 1954, Robert Vernay adapte le classique d’Alexandre Dumas en un diptyque flamboyant dont la première époque fut condensée en un seul film pour l’exploitation. Le Comte de Monte-Cristo version 50’s, porté par Jean Marais dans le rôle du vengeur masqué de la littérature française, a passionné environ 7,8 millions de spectateurs sur ses deux parties. L’histoire de Dantès, emprisonné injustement au château d’If puis s’évadant pour se venger sous l’identité du richissime Comte de Monte-Cristo, est un ingrédient de roman-feuilleton palpitant que ce film illustre avec panache. Jean Marais, cascadeur et charmeur, incarne un Edmond Dantès héroïque et torturé, face à des antagonistes aussi vils que mémorables. Les scènes de duel, les bals fastueux et la révélation finale de sa véritable identité au grand jour ont suscité des applaudissements en salles. Si d’autres adaptations ont vu le jour depuis (notamment une très suivie en téléfilm avec Depardieu en 1998), cette version reste dans le cœur du public d’un certain âge comme la référence, tant Jean Marais – idole d’alors – y était charismatique. Un grand classique du cinéma d’aventure à la française, témoin d’une époque où le public plébiscitait les sagas de cape et d’épée.

28. Le Gendarme de Saint-Tropez (1964)

« Ah, ben elle est là, la fine équipe ! » C’est avec Le Gendarme de Saint-Tropez que Louis de Funès a inauguré l’une des séries comiques les plus aimées du public français. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’irascible maréchal-des-logis Cruchot débarque avec ses gendarmes dans une station balnéaire envahie par les nudistes et les hippies – pour le plus grand malheur de son sens de l’ordre étriqué. Cette comédie réalisée par Jean Girault en 1964 a fait se tordre de rire 7,8 millions de spectateurs, ravis de voir De Funès cabotiner génialement en petit chef autoritaire dépassé par l’air du temps. La chasse aux nudistes sur la plage (avec la mythique tirade de l’adjudant Gerber : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs »), les gaffes en série des gendarmes maladroits, et la pétulante Geneviève Grad dans le rôle de la fille de Cruchot ont conquis le public. Ce succès monumental a engendré pas moins de cinq suites, tant la formule (les gendarmes vs les nouveautés de la société, de la gendarmerie à New York aux extraterrestres) est devenue un rendez-vous chéri des Français. Encore aujourd’hui, une après-midi de dimanche pluvieux peut toujours être illuminée par une rediffusion du Gendarme et les facéties intemporelles de de Funès, symbole d’un rire fédérateur qui ne vieillit pas.

27. La Vérité si je mens ! 2 (2001)

Paris, Sentier, nous voilà de retour ! Après un premier opus qui avait surpris par son humour communautaire bon enfant, La Vérité si je mens ! 2 a fait exploser de rire toute la France en 2001. On reprend les mêmes – l’équipe de vendeurs du Sentier menée par Richard Anconina, José Garcia en délirant Serge Benamou, Bruno Solo, Gilbert Melki – et on recommence, en plus grand. Cette fois, Eddie et ses acolytes font face à une escroquerie aux textiles et partent en Israël pour démêler le sac de nœuds. Gags à la pelle, comédie de caractères irrésistible (José Garcia en fait des tonnes dans des scènes devenues cultes, comme son chantage au chômage auprès de son beau-frère faux-comptable), le tout avec un rythme de vaudeville endiablé : la recette a séduit près de 7,8 millions de spectateurs, surpassant largement le premier film. Certains dialogues comme « Je t’apprendrai à respecter la Capital ! » (entendre “Kappital”, pour Kippa) ou « Chétane » (le nom du chien, devenu insulte amicale) sont entrés dans la pop culture du début 2000. En montrant des personnages de la communauté juive séfarade sous un jour drôle et attachant, le film a aussi contribué à une meilleure connaissance mutuelle via le rire. Populaire et fédérateur, La Vérité si je mens ! 2 reste une référence de la comédie française du nouveau millénaire.

26. Un Indien dans la ville (1994)

De la jungle amazonienne à la jungle urbaine de Paris, il n’y a qu’un pas… de fourmi manioc. Un Indien dans la ville de Hervé Palud est une comédie familiale dépaysante qui a fait rugir de rire 7,9 millions de Français en 1994. L’histoire est celle de Mimi-Siku, un garçon de 13 ans élevé dans la tribu des Pikumis, qui débarque à Paris chez son père trader (Thierry Lhermitte) dont il ignorait l’existence. Choc culturel garanti : l’enfant sauvage escalade la tour Eiffel comme un palmier, lâche sa tarentule de compagnie dans l’appartement cossu, et part chasser le poisson-chat dans la Seine (convaincu que c’est un félin aquatique !). Truffé de gags bon enfant sur le contraste entre la candeur de Mimi-Siku (joué par Ludwig Briand) et le cynisme parisien, le film a conquis toute la famille. Certaines répliques, notamment le fameux « Mi-mi-si-ku, veux pas lolo ? » adressé à la buraliste éberluée ou le cri « HOUKO » de victoire de l’enfant, ont amusé les cours de récré. Le succès a été tel qu’un remake américain (Un Indien à New York) a vu le jour. Si aujourd’hui le film peut sembler un brin kitsch, il reste le synonyme pour beaucoup de la magie du cinéma des 90s où l’on pouvait s’évader en famille en riant des facéties d’un petit indien dans la grande ville.

25. Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 (1998)

Dingue ! Jacquouille et Godefroy sont revenus, et le public a répondu présent en masse. Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 reprend en 1998 la recette qui avait fait le triomphe du premier Visiteurs : notre duo médiéval préféré, coincé entre deux époques, accumule les anachronismes et gaffes en cascade. Christian Clavier (Jacquouille) et Jean Reno (Godefroy) s’en donnent à cœur joie dans cette comédie fantastique qui, bien que moins surprenante que l’originale, a attiré plus de 8 millions de spectateurs ! Une scène reste anthologique : celle de la « chenille » endiablée menée par Jacquouille au bal des Montmirail en 1793, sur l’air de « Et glou, et glou, et glou… » qui n’existait évidemment pas encore. Le plaisir de retrouver les expressions colorées du Moyen Âge (« Okeyyy », « nous avons beaucoup ri ») et les quiproquos temporels (le portable confondu avec un « sablier du diable ») a suffi à dérider le public. Même si la critique fut plus tiède, la popularité de ces personnages hauts en couleur ne s’est pas démentie, et l’affection du public pour Les Visiteurs est restée intacte. Ce second volet reste un grand moment de rigolade familiale, preuve que les bonnes recettes – un bon gros Jacquouille dans le potage – fonctionnent deux fois plutôt qu’une.

24. Rien à déclarer (2011)

Après avoir fait tomber les barrières linguistiques entre Nordistes et Sudistes dans Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon s’est attaqué aux frontières franco-belges dans Rien à déclarer, pour un résultat tout aussi hilarant. Cette comédie douanière se déroule en 1993, lors de l’ouverture des frontières européennes : un douanier belge francophobe (Benoît Poelvoorde, génial en grincheux au grand cœur) se voit obligé de patrouiller en duo avec son homologue français tout sourire (Dany Boon). Le choc des stéréotypes – le Belge anti-français borné vs le Français bon enfant un peu pataud – donne lieu à des scènes drôlissimes. Sorti en 2011, le film a fait plus de 8 millions d’entrées, confirmant Dany Boon comme champion du rire fédérateur. Les vannes sur la gastronomie (le Français se goinfrant de maroilles), la scène de la 4L douanière transformée en caisse de contrebande sur hydraulique, ou encore l’entêtement du personnage de Poelvoorde à parler un français châtié trop poli (« je vous hais, vous le savez ? ») sont autant de moments savoureux. Au-delà des gags, Rien à déclarer prêche une nouvelle fois l’amitié par-delà les différences, et c’est cette chaleur humaine qui a porté le film jusqu’au grand succès. À la frontière du rire et du cœur, Dany Boon a encore frappé juste auprès du public.

23. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001)

Montmartre, ses escaliers, son Sacré-Cœur… et une jeune femme au regard malicieux qui rêve de rendre les gens heureux. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, réalisé par Jean-Pierre Jeunet, est sans doute le film français le plus aimé à l’étranger depuis des décennies, mais il a d’abord conquis le public français (8,6 millions d’entrées en 2001) par son optimisme poétique. Amélie (Audrey Tautou, instantanément iconique avec sa frange brune) s’improvise fée bienfaitrice de son quartier, multipliant les petites bontés anonymes, tout en s’éprenant d’un collectionneur de photomatons (Mathieu Kassovitz). Ce conte moderne, servi par une esthétique colorée reconnaissable entre mille et la musique envoûtante de Yann Tiersen, a redonné foi en la magie du quotidien à des millions de spectateurs. Le simple plaisir de faire craquer une crème brûlée à la petite cuillère, ou de plonger la main dans un sac de grains, sont devenus des symboles de la philosophie Amélie : célébrer les petits bonheurs. Multiprimé, Amélie a aussi propulsé Audrey Tautou au rang de star internationale, et transformé Montmartre en lieu de pèlerinage cinéphile. Vingt ans plus tard, son pouvoir d’émerveillement demeure intact : le fabuleux destin d’Amélie Poulain est d’être entrée au Panthéon du cinéma de cœur des Français.

22. Les Choristes (2004)

Quand la musique adoucit les mœurs… Les Choristes de Christophe Barratier a enchanté la France en 2004 avec son histoire de chorale d’enfants qui redonne vie à un internat triste de l’après-guerre. Inspirée d’un vieux film de 1945 (La Cage aux rossignols), cette chronique émouvante a réuni plus de 8,6 millions de spectateurs, touchés par la relation entre Clément Mathieu (Gérard Jugnot, tendre et humaniste), surveillant de prison reconverti en prof de musique, et ses élèves difficiles aux voix d’anges. Le chant « Vois sur ton chemin », composé par Bruno Coulais, a hanté toutes les têtes cette année-là, devenant un tube inattendu entonné même dans les cours d’école. Le film a raflé une moisson de nominations aux César et deux nominations aux Oscars, preuve de son écho au-delà de nos frontières. Mais c’est dans le cœur du public français qu’il a laissé l’empreinte la plus douce : qui n’a pas versé sa petite larme en voyant ces gamins cabossés découvrir la solidarité et la joie de chanter ensemble ? Les Choristes, c’est un concentré d’émotion authentique qui rappelle l’importance de la bienveillance et de la pédagogie. Un feel-good movie à la française comme on les aime, dont la justesse continue d’émouvoir toute une génération qui a grandi avec.

21. Le Grand Bleu (1988)

Film générationnel s’il en est, Le Grand Bleu de Luc Besson a fait plonger la fin des années 80 dans une rêverie marine hypnotique. Cette odyssée aquatique suit l’amitié et la rivalité de deux apnéistes, Jacques Mayol (Jean-Marc Barr, énigmatique dauphin humain) et Enzo (Jean Reno, charismatique et bouillonnant), à travers le monde des profondeurs océanes. Présenté à Cannes en 1988, il fut d’abord fraîchement accueilli par la critique mais adoré du public, au point de devenir un phénomène : 9,2 millions d’entrées en France, des fans retournant le voir des dizaines de fois, et une bande originale planante signée Éric Serra qui s’est arrachée en disque. Le Grand Bleu, c’est un voyage sensoriel unique, avec ses longues séquences sous-marines d’une beauté à couper le souffle et cette invitation à dépasser les limites humaines pour communier avec la mer. Le film a suscité des vocations de plongeurs et une fascination durable pour l’apnée. Des scènes marquantes ? Le défi final d’Enzo et Jacques dans les abysses bien sûr, mais aussi des moments de grâce comme Jacques nageant avec les dauphins, ou l’humour tendre des interactions de Jacques avec Johana (Rosanna Arquette). Trente-cinq ans plus tard, nombreux sont ceux pour qui Le Grand Bleu évoque un rapport presque mystique à l’océan et demeure une expérience cinématographique inoubliable, à la fois grand spectacle et introspection philosophique.

Places 20 à 11 : en route vers le sommet

Voici venir le moment d’évoquer quelques-uns des monuments du cinéma populaire français, aux rangs 20 à 11. Cette sélection réunit des succès d’hier et d’avant-hier, dont certains ont tenu des records d’audience pendant des décennies. Ce sont des films qui ont fait vibrer la corde patriotique ou tout simplement provoqué un immense élan de sympathie du public par leur humour fédérateur. Des années 1930 aux années 2010, on traverse l’histoire du cinéma hexagonal à travers des œuvres qui, chacune à leur manière, incarnent l’excellence française en matière de divertissement, de message ou de savoir-faire.

20. Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? (2014)

Dans la France multiculturelle des années 2010, cette comédie a frappé fort en abordant avec humour un sujet sensible : les mariages mixtes. Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, réalisé par Philippe de Chauveron, raconte les déboires d’un couple bourgeois catholique de province (formidables Christian Clavier et Chantal Lauby) dont les quatre filles épousent successivement un juif, un Arabe, un Chinois puis – ouf ! – un catholique… d’origine ivoirienne. Cette satire sociale joue sur les clichés et préjugés culturels pour mieux les désamorcer, dans un grand éclat de rire collectif. Avec plus de 12 millions d’entrées, c’est l’un des plus gros succès français du XXIe siècle. Le public s’est régalé des échanges piquants entre belles-familles, des situations de malaise comique (le discours du mariage sous haute tension identitaire…), et du dénouement plein de bienveillance. Le film a réussi à faire rire ensemble des spectateurs de tous horizons, ce qui était précisément son propos : montrer qu’au-delà des différences, on peut s’apprécier et même s’adorer. Son triomphe a entraîné plusieurs suites, signe que les tribulations de la famille Verneuil sont devenues un rendez-vous cher au cœur des Français pour rire de nous-mêmes sans méchanceté.

19. La Guerre des boutons (1962)

« Si j’avais su, j’aurais pas v’nu ! » – Ce regret iconique ponctue l’une des répliques les plus célèbres du cinéma français, extraite de La Guerre des boutons d’Yves Robert. Adapté d’un roman de Louis Pergaud, ce film familial de 1962 a plongé des millions de spectateurs dans la nostalgie de l’enfance à la campagne. Il y conte l’éternelle bataille entre gamins de villages voisins, à coups de lance-pierres, de farces et surtout de boutons arrachés en trophée sur les vêtements des prisonniers. Le public s’est pris d’affection pour Petit Gibus et sa bande de chenapans, revivant à travers eux les joies et cruautés des jeux d’enfants. Le succès fut au rendez-vous (près de 10 millions d’entrées cumulées sur la durée) et le film est resté un classique que l’on montre encore aux écoliers. Son charme suranné, son humour bon enfant et sa touche d’émotion (la solidarité face à l’instituteur ou la pauvreté de certains) en ont fait un rendez-vous rituel lors des fêtes à la télévision. La Guerre des boutons, c’est l’enfance universelle mise en scène avec tendresse et réalisme, une madeleine de Proust filmique qui continue de faire sourire et attendrir, génération après génération.

18. Les Misérables (1958)

Adapter le monument de Victor Hugo n’est pas mince affaire, mais Jean-Paul Le Chanois a relevé le défi en 1958 avec une version de Les Misérables devenue la référence de toute une génération. Ce drame historique en deux époques déploie la fresque épique de Jean Valjean (interprété par l’imposant Jean Gabin) pourchassé par l’inflexible inspecteur Javert (Bernard Blier) sur fond de misère sociale et de rédemption chrétienne. Le film fait revivre les scènes mythiques du roman : le vol du chandelier pardonné par l’évêque, la promesse à Fantine, la protection de Cosette, les barricades révolutionnaires de 1832. En salle, plus de 9,9 millions de Français ont vibré aux aventures de Valjean, faisant de cette adaptation l’une des plus vues de l’histoire du cinéma français. Malgré le temps passé, elle demeure un classique souvent rediffusé, tant la performance de Gabin incarne à merveille la gravité et la bonté du personnage. Bien que nombreuses autres versions aient vu le jour (dont une superproduction internationale en 2012 sous forme de comédie musicale), cette version de 1958 conserve une aura particulière dans le cœur du public français, signe d’une époque où l’on savait raconter les grands romans à l’écran avec solennité et émotion.

17. Le Petit Monde de Don Camillo (1952)

En 1952, un prêtre colérique et un maire communiste devenaient les meilleurs ennemis du cinéma français – pour le plus grand plaisir du public. Le Petit Monde de Don Camillo, adaptation d’histoires de Giovannino Guareschi réalisée par Julien Duvivier, nous emmène dans un village de la plaine du Pô après-guerre, où le curé Don Camillo (l’inimitable Fernandel) et le maire Peppone (Gino Cervi) s’affrontent à longueur de journées à coups de coups tordus et de sermons musclés. Cette comédie humaine au charme provincial a séduit 12,8 millions de spectateurs en France, un record à l’époque. Il faut dire que le duo Fernandel-Cervi fonctionne à merveille : l’un avec son accent chantant, son franc-parler et sa stature dégingandée sous la soutane, l’autre bourru mais au fond bon cœur. Le film alterne scènes franchement comiques (Don Camillo s’entraînant à la boxe pour affronter Peppone sur le ring) et moments de camaraderie sincère entre les deux ennemis intimes face à l’adversité. Le succès fut planétaire, engendrant une série de suites tout aussi populaires. Aujourd’hui encore, Don Camillo symbolise un cinéma populaire de qualité, ancré dans des valeurs universelles de fraternité au-delà des divergences – un message qui n’a pas pris une ride et continue d’attendrir les téléspectateurs lors des innombrables rediffusions.

16. La Grande Illusion (1937)

Premier film français à connaître un retentissement mondial avant-guerre, La Grande Illusion de Jean Renoir est un chef-d’œuvre qui allie succès public et reconnaissance critique. Sorti en 1937, ce drame de guerre humaniste se déroule pendant la Première Guerre mondiale et suit des prisonniers français – le lieutenant Maréchal (Jean Gabin) et le capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay) – tentant de s’évader d’un camp allemand commandé par l’aristocrate von Rauffenstein (Erich von Stroheim). Avec son message sur l’inanité des frontières de classe face à l’horreur de la guerre et sa vision pacifiste avant l’heure, le film a bouleversé plus de 12,5 millions de spectateurs en France (en cumulant les sorties avant et après guerre). Primé à l’étranger (Prix spécial à Venise) et censuré par les nazis, La Grande Illusion a marqué l’histoire. Des scènes comme la Marseillaise chantée par les prisonniers pour couvrir la chanson allemande, ou l’élégance tragique de von Stroheim brisant sa canne après la mort de son « ami ennemi » français, sont gravées dans les mémoires. Encore aujourd’hui, ce classique est étudié dans les écoles et projeté dans les ciné-clubs, signe que son message sur l’unité humaine face aux illusions (nationales, sociales) reste profondément actuel et applaudi.

15. Le Corniaud (1965)

« Bourvil… a big car ! » Ce clin d’œil humoristique caché dans le titre anglais (The Sucker) annonce la couleur : Le Corniaud de Gérard Oury est un road-movie comique endiablé, reposant sur le duo improbable Bourvil – Louis de Funès. En 1965, cette comédie d’aventure a mis la France sur les routes entre Naples et Bordeaux, suivant les (més)aventures d’Antoine Maréchal (Bourvil), brave type embarqué malgré lui dans un trafic de bijoux orchestré par l’escroc Léopold Saroyan (De Funès). Le public a explosé de rire devant les contrastes entre l’innocent sympathique et le truand nerveux. Scène d’anthologie : Maréchal découvrant médusé sa 2CV littéralement réduite en miettes après un accident initial, tandis que De Funès lui offre une Cadillac en dédommagement pour mieux y cacher son butin – “Salopard !” lâche Bourvil, donnant le ton. Avec 11,7 millions d’entrées, Le Corniaud a été un triomphe, posant les bases d’un genre qui culminera avec La Grande Vadrouille l’année suivante. La scène du repas dans l’hôtel italien, où De Funès tente de calmer un Bourvil ivre hurlant “Chef, du vin !”, ou celle de la douane avec l’inénarrable échange sur les pâtes de fruits, sont autant de moments cultes. Le Corniaud reste aujourd’hui encore le parfait carburant du rire franco-français, indémodable et tellement bon.

14. Le Dîner de cons (1998)

Une salle à manger, deux convives et des dialogues ciselés : pas besoin de plus pour dérider la France entière. Adapté de sa propre pièce de théâtre par Francis Veber, Le Dîner de cons est devenu en 1998 l’une des comédies préférées du public français (9,2 millions d’entrées). Le pitch cruel – chaque mercredi, des parisiens snobs organisent un dîner où chacun amène un « con » en pensant avoir trouvé la perle rare du ridicule – se retourne de manière hilarante contre l’un d’eux, Pierre Brochant (Thierry Lhermitte), confronté à un con pas si con, l’inénarrable François Pignon (Jacques Villeret, rôle de sa vie). Huis-clos comique d’une efficacité redoutable, le film aligne les répliques cultissimes : « Il a eu des petites difficultés, mais il va venir… Il est très tonique ! », « Vous téléphonez beaucoup avec votre dos, vous ? » ou le fameux « Juste Leblanc » qui s’appelle Juste… Leblanc. Jacques Villeret, attendrissant en monsieur catastrophe, a fait pleurer de rire la salle – et décroché le César du meilleur acteur. Quant au “méchant” Thibault joué par Francis Huster, victime du lancer de plateaux par un Pignon gaffeur, il a offert l’un des fou rires les plus communicatifs du film. Le Dîner de cons, c’est la victoire éclatante de la gentillesse sur la vanité, un classique dont on ne se lasse pas de goûter la saveur aigre-douce en famille, entre amis, et même avec son « con » préféré.

13. Taxi 2 (2000)

Recordman de vitesse au box-office de l’an 2000, Taxi 2 a prouvé que la franchise initiée par Luc Besson avait mis le turbo dans le cœur du public français. Ce second volet, toujours réalisé par Gérard Krawczyk, repousse les limites de l’action déjantée sur fond de Vieux-Port marseillais. La Peugeot 406 du chauffard Daniel (Samy Naceri) s’y paye même le luxe d’un saut au-dessus du boulevard pour atterrir sur… le toit d’un immeuble, dans une cascade improbable devenue culte. Film d’action comique assumé, Taxi 2 a rassemblé plus de 10,3 millions de spectateurs, faisant tomber le record d’entrées en première semaine à sa sortie. Il faut dire que ce coup-ci, c’est le futur beau-père de Daniel, le général Bertineau, qui est kidnappé par des yakuzas japonais – offrant l’occasion de courses-poursuites surboostées et de gags culturels (les quiproquos avec l’ambassadeur nippon, ou le side-car de flic bricolé par l’équipe de “tuners” de la police). La dynamique entre Daniel et le flic Émilien (Frédéric Diefenthal) fonctionne à plein régime, et les seconds rôles marquants – de la pétulante commissaire jouée par Emma Sjöberg au maladroit “Mossieur” Gilbert – sont de retour pour le meilleur. Avec Taxi 2, la saga a atteint son pic de popularité, confirmant que le mélange de vitesse, de cascades dingues et d’accent marseillais pétaradant était une recette gagnante. Un pur plaisir coupable que les fans revoient encore avec nostalgie.

12. Les Visiteurs (1993)

« Okkkkkayyyyyy !! » Un seul cri de Jacquouille suffit pour replonger dans le délire temporel des Visiteurs, LA comédie culte des années 90. Réalisé par Jean-Marie Poiré en 1993, ce film fantastique-comique catapulte un chevalier du Moyen Âge (Jean Reno, impayable de sérieux bourru) et son écuyer fruste (Christian Clavier, explosif) dans la France moderne des années 90. Le choc est total et hilarant : nos deux compères ne comprennent rien aux mœurs contemporaines et accumulent les énormités (boire l’eau des WC, insulter la “dame du tableau” à l’école, terroriser une famille bourgeoise…). Avec 13,8 millions de tickets vendus, Les Visiteurs a été un raz-de-marée comique inédit. Les répliques sont instantanément devenues cultes : « Jour, nuit, jour, nuit… », « Maigrelet, tu es un laideron ! », « Messire, messire, on en a gros ! »… On connaît tous par cœur les dialogues fleuris du duo Jacquouille / Godefroy. Derrière le comique troupier se cache aussi une satire affectueuse du décalage entre classes sociales (la confrontation entre noblesse d’antan et bourgeoisie actuelle). Mais surtout, Les Visiteurs a fait travailler les zygomatiques de toute une nation, de 7 à 77 ans, unifiant le public dans un fou rire collectif rarement égalé. Le film est entré dans le patrimoine, multipliant suites et citations – signe ultime qu’il fait partie de ces œuvres qui appartiennent désormais à tout le monde.

11. Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002)

Sans conteste l’adaptation la plus réussie de la BD de Goscinny et Uderzo, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre a mis tout le monde d’accord : Gaulois réfractaires et Romains grincheux sont tous morts… de rire. Menée par Alain Chabat, cette comédie d’aventure sortie en 2002 a transcendé le matériau original en y injectant un humour absurde et moderne. Jamel Debbouze en Numérobis l’architecte gaffeur, Gérard Darmon en Amonbofis l’ambitieux jaloux, Chabat lui-même en César vaniteux face à une Cléopâtre divine (Monica Bellucci) : les personnages sont irrésistibles. Avec 14,6 millions d’entrées, c’est le record absolu pour un film d’Astérix et, longtemps, le plus gros succès français du XXIe siècle. Le public a été conquis par les cascades de jeux de mots (les “sorbets à l’Hibiscus”, la potion magique servie en “petits bols ronds, d’où l’expression boire à la bolée” !), par les décors et costumes égyptiens impressionnants et par les clins d’œil pop (les caméos des Nuls, d’Édouard Baer en scribe fataliste ou de Dieudonné en guichetier blasé). Chaque scène ou presque recèle une citation devenue culte. Mission Cléopâtre, c’est l’art de satisfaire petits et grands, fans de la BD comme néophytes, en respectant l’esprit d’origine tout en se l’appropriant avec brio. Un triomphe mérité qui trône fièrement dans le palmarès des films français les plus aimés de tous les temps.

Le Trio de tête : le podium de la popularité

Nous y voilà : les trois films français les plus populaires auprès du grand public. Incontournables, ces œuvres ont battu des records d’entrées et sont devenues de véritables phénomènes de société. Elles incarnent à elles seules l’amour que portent les Français à la comédie et aux histoires qui rassemblent. Ce podium illustre comment, à travers les époques, un film peut créer un engouement national au point d’entrer dans la culture populaire et d’y demeurer pour longtemps.

3. Intouchables (2011)

Qui aurait cru qu’une histoire d’amitié entre un riche tétraplégique et un auxiliaire de vie de banlieue toucherait si universellement le public ? Intouchables l’a fait. Ce feel-good movie d’Éric Toledano et Olivier Nakache a non seulement rassemblé 19,5 millions de spectateurs en France (se hissant à la 2e place de tous les temps), mais il a aussi conquis le monde entier. La clé du succès ? Une alchimie extraordinaire entre François Cluzet et Omar Sy, alternant rires et émotions sans jamais tomber dans le pathos. Des scènes comme la crise de fou rire devant l’opéra ou la danse endiablée de Driss sur « Boogie Wonderland » sont déjà cultes. César du meilleur acteur pour Omar Sy, multiples remakes à l’étranger, Intouchables a transformé une histoire vraie en phénomène culturel. Surtout, il a rappelé que l’amitié et le rire n’ont pas de barrières sociales ou physiques. Ce film, que beaucoup revoient encore avec la même émotion, a mérité amplement sa place sur le podium – preuve que le cœur du public choisit parfois la tendresse et l’optimisme.

2. La Grande Vadrouille (1966)

Recordman historique cité plus haut, La Grande Vadrouille mérite qu’on le salue une seconde fois sur le podium tant son empreinte est immense. Véritable monument du rire à la française, il a tenu la tête du classement des entrées pendant plus de 30 ans. Bourvil en doux ahuri et De Funès en chef d’orchestre irascible forment un tandem parfait, et chaque Français a en tête au moins une de leurs péripéties. Si le public ne devait garder qu’une comédie d’époque, beaucoup choisiraient spontanément La Grande Vadrouille, ce qui en dit long sur son statut à part. Son influence transgénérationnelle et son score en salles astronomique lui valent sans contestation la médaille d’argent de notre palmarès.

1. Bienvenue chez les Ch’tis (2008)

Et voici le numéro 1, le champion toutes catégories de la popularité : Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon. Avec 20,5 millions d’entrées, cette comédie du Nord détient le record absolu pour un film français sur le sol national. Au-delà des chiffres, c’est un véritable phénomène de société qu’a engendré le film en 2008. L’histoire simple et touchante d’un postier du Sud qui découvre le prétendu « terrible » Nord pour y trouver en fait chaleur humaine et amitié a fait chavirer la France entière. Les gags de langage (le fameux « maroille » dans le café), les quiproquos sur les clichés régionaux et l’accent ch’timi adorable de Kad Merad ont fait mouche à tous les coups. Mieux, le film a réconcilié les Français entre eux, faisant affluer des milliers de touristes sur les terres ch’ti fiers de leur image enfin positive. Bienvenue chez les Ch’tis, c’est le triomphe d’un humour bon enfant et fédérateur, conjugué à une grande sincérité de cœur. Dany Boon a su parler à chacun de nous en célébrant une région souvent moquée, et le public a répondu présent en masse, comme un grand éclat de rire partagé du sud au nord. Ce record tient depuis plus de dix ans, et le film est d’ores et déjà entré dans la légende. Sa première place au classement est l’aboutissement logique d’un parcours sans faute dans le cœur du public français.

Rang Titre du film Année Réalisateur Genre
100 Angélique, Marquise des Anges 1964 Bernard Borderie Aventure romantique
99 Le Grand Bain 2018 Gilles Lellouche Comédie dramatique
98 La Belle et la Bête 1946 Jean Cocteau Fantastique
97 Les Diaboliques 1955 Henri-Georges Clouzot Thriller
96 Le Pacte des loups 2001 Christophe Gans Aventure / Thriller
95 Le Prénom 2012 Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte Comédie
94 Brice de Nice 2005 James Huth Comédie
93 L’Été meurtrier 1983 Jean Becker Drame / Thriller
92 Les Valseuses 1974 Bertrand Blier Comédie dramatique
91 Camping 2006 Fabien Onteniente Comédie
90 Astérix aux Jeux Olympiques 2008 Frédéric Forestier & Thomas Langmann Comédie
89 Taxi 3 2003 Gérard Krawczyk Action / Comédie
88 Les Trois Frères 1995 Didier Bourdon & Bernard Campan Comédie
87 Les Parapluies de Cherbourg 1964 Jacques Demy Comédie musicale / Drame
86 La Gloire de mon père 1990 Yves Robert Comédie dramatique
85 Borsalino 1970 Jacques Deray Policier
84 Oscar 1967 Édouard Molinaro Comédie
83 Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? 2019 Philippe de Chauveron Comédie
82 Taxi 1998 Gérard Pirès Action / Comédie
81 Le Placard 2001 Francis Veber Comédie
80 Le Grand Blond avec une chaussure noire 1972 Yves Robert Comédie / Espionnage
79 Ne le dis à personne 2006 Guillaume Canet Thriller
78 Le Goût des autres 2000 Agnès Jaoui Comédie dramatique
77 8 femmes 2002 François Ozon Comédie musicale / Polar
76 Et Dieu… créa la femme 1956 Roger Vadim Drame romantique
75 OSS 117 : Le Caire, nid d’espions 2006 Michel Hazanavicius Comédie / Espionnage
74 Les Tuche 3 2018 Olivier Baroux Comédie
73 Tanguy 2001 Étienne Chatiliez Comédie
72 Au revoir les enfants 1987 Louis Malle Drame historique
71 Le Dernier Métro 1980 François Truffaut Drame historique
70 Cyrano de Bergerac 1990 Jean-Paul Rappeneau Drame romantique
69 À bout de souffle 1960 Jean-Luc Godard Drame
68 Z 1969 Costa-Gavras Thriller politique
67 Belle de Jour 1967 Luis Buñuel Drame
66 Les Vacances de Monsieur Hulot 1953 Jacques Tati Comédie burlesque
65 Les Enfants du Paradis 1945 Marcel Carné Drame romantique
64 The Artist 2011 Michel Hazanavicius Comédie dramatique
63 La Môme 2007 Olivier Dahan Biopic / Drame
62 Germinal 1993 Claude Berri Drame historique
61 Un homme et une femme 1966 Claude Lelouch Drame romantique
60 Le Clan des Siciliens 1969 Henri Verneuil Policier
59 Le Cerveau 1969 Gérard Oury Comédie policière
58 L’As des as 1982 Gérard Oury Comédie d’aventure
57 Le Professionnel 1981 Georges Lautner Thriller
56 La Vie est un long fleuve tranquille 1988 Étienne Chatiliez Comédie satirique
55 L’Auberge espagnole 2002 Cédric Klapisch Comédie dramatique
54 La Haine 1995 Mathieu Kassovitz Drame
53 Léon 1994 Luc Besson Thriller / Action
52 Nikita 1990 Luc Besson Thriller
51 La Cage aux folles 1978 Édouard Molinaro Comédie
50 La Folie des grandeurs 1971 Gérard Oury Comédie
49 L’aile ou la cuisse 1976 Claude Zidi Comédie
48 Manon des Sources 1986 Claude Berri Drame
47 La Boum 1980 Claude Pinoteau Comédie sentimentale
46 Les Bronzés font du ski 1979 Patrice Leconte Comédie
45 Les Bronzés 1978 Patrice Leconte Comédie
44 Le Père Noël est une ordure 1982 Jean-Marie Poiré Comédie
43 Les Tontons flingueurs 1963 Georges Lautner Comédie policière
42 Le Salaire de la peur 1953 Henri-Georges Clouzot Thriller / Aventure
41 Violettes Impériales 1952 Richard Pottier Mélodrame musical
40 Le Bataillon du ciel 1947 Alexander Esway Drame de guerre
39 Les Grandes Vacances 1967 Jean Girault Comédie
38 Monsieur Vincent 1947 Maurice Cloche Drame biographique
37 Jour de fête 1949 Jacques Tati Comédie burlesque
36 La Chèvre 1981 Francis Veber Comédie
35 Jean de Florette 1986 Claude Berri Drame
34 Les Aventures de Rabbi Jacob 1973 Gérard Oury Comédie
33 Le Retour de Don Camillo 1953 Julien Duvivier Comédie
32 La Famille Bélier 2014 Éric Lartigau Comédie dramatique
31 Les Bidasses en folie 1971 Claude Zidi Comédie
30 Le Cinquième Élément 1997 Luc Besson Science-fiction / Action
29 Le Comte de Monte-Cristo 1954 Robert Vernay Aventure
28 Le Gendarme de Saint-Tropez 1964 Jean Girault Comédie
27 La Vérité si je mens ! 2 2001 Thomas Gilou Comédie
26 Un Indien dans la ville 1994 Hervé Palud Comédie
25 Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 1998 Jean-Marie Poiré Comédie fantastique
24 Rien à déclarer 2011 Dany Boon Comédie
23 Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain 2001 Jean-Pierre Jeunet Comédie romantique
22 Les Choristes 2004 Christophe Barratier Drame musical
21 Le Grand Bleu 1988 Luc Besson Drame / Aventure
20 Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? 2014 Philippe de Chauveron Comédie
19 La Guerre des boutons 1962 Yves Robert Comédie dramatique
18 Les Misérables 1958 Jean-Paul Le Chanois Drame historique
17 Le Petit Monde de Don Camillo 1952 Julien Duvivier Comédie
16 La Grande Illusion 1937 Jean Renoir Drame de guerre
15 Le Corniaud 1965 Gérard Oury Comédie
14 Le Dîner de cons 1998 Francis Veber Comédie
13 Taxi 2 2000 Gérard Krawczyk Action / Comédie
12 Les Visiteurs 1993 Jean-Marie Poiré Comédie fantastique
11 Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre 2002 Alain Chabat Comédie
3 La Grande Vadrouille 1966 Gérard Oury Comédie d’aventure
2 Intouchables 2011 Olivier Nakache & Éric Toledano Comédie dramatique
1 Bienvenue chez les Ch’tis 2008 Dany Boon Comédie

 

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