Tony Curtis: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Tony Curtis en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
189
œuvres recensées
175 films · 14 séries
- Première année recensée
- 1949
- Dernière année recensée
- 2010
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1950, le nom de Tony Curtis apparaît au générique de «Kansas en feu». Bernard Schwartz, né le 3 juin 1925 dans le Bronx, arrive alors à Hollywood sous un nom raccourci, choisi après la découverte d’un agent d’Universal et d’un contrat de 7 ans. Le jeune homme de 23 ans vient d’un New York rude, où il a grandi dans la pauvreté avant de passer par l’armée, puis par des cours d’art dramatique à partir de 1947.
Les débuts de Bernard Schwartz
Le Bronx a d’abord été un lieu de survie, puis d’apprentissage. Bernard Schwartz y passe une enfance marquée par les déménagements, la langue hongroise, les rues du quartier et un passage en centre de redressement, où il découvre le théâtre et le cinéma. À 16 ans, il obtient un premier petit rôle sur scène.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans l’U.S. Navy entre 1942 et 1945, à bord de l’USS Proteus. Une bourse d’ancien combattant lui permet ensuite de suivre un cours d’art dramatique à New York, auprès d’Erwin Piscator, à partir de 1947. Le soir, il fait de la figuration et décroche des seconds rôles dans de petits théâtres new-yorkais.
C’est au cours d’une représentation de «Golden Boy» qu’un agent d’Universal le repère et lui propose de partir pour Los Angeles. Le nom de scène se stabilise vite: Anthony Curtis devient Tony Curtis, une version plus directe du patronyme retenu par le studio. Ce choix accompagne la première apparition du nouveau nom à l’écran, dans «Kansas en feu», en 1950.
Les années Universal
Son premier film comme figurant est «Pour toi j’ai tué», en 1949, où il danse avec Yvonne De Carlo. Il tourne ensuite plusieurs séries B, avant de recevoir un petit rôle aux côtés de James Stewart dans «Winchester ’73». La même année, il apparaît dans «Le Voleur de Tanger» de Rudolph Maté, puis dans «Houdini le grand magicien» et «Le Fils d’Ali Baba», des films où son physique lui vaut des emplois de personnage exotisé.
Universal l’emploie avec régularité et le fait entrer dans un circuit de studios où les rôles se succèdent sans attendre la vedette. Curtis accepte les règles du système et avance par petits blocs de visibilité. Il travaille dans des comédies légères, des westerns et des films policiers, tout en gardant une allure très travaillée, que sa coiffure rend rapidement reconnaissable dans les années 1950.
Cette phase ne se limite pas à une simple période d’apprentissage. Elle installe une présence de studio qui peut passer d’un rôle de jeune premier à des seconds rôles plus cadrés, puis à des emplois qui exploitent son apparence de séducteur. Le passage à l’écran reste rapide, presque industriel, mais il prépare les films qui vont changer d’échelle.
«Trapèze» et la montée en gamme
En 1956, «Trapèze» lui offre un premier grand rôle face à Burt Lancaster. Le film reçoit plusieurs récompenses et Curtis voit sa performance dramatique remarquée. L’année suivante, les deux acteurs se retrouvent dans «Le Grand Chantage», réalisé par Alexander Mackendrick, où Curtis tient un rôle décisif dans un récit de manipulation et de pouvoir.
Cette même année, «La Chaîne» de Stanley Kramer lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Le film l’associe à Sidney Poitier dans un duo de fuite et de contrainte, loin des emplois de jeune homme brillant que les studios lui avaient d’abord réservés. Il peut alors sortir de la seule image de séducteur que lui valaient les comédies romantiques et les films d’aventure.
Le basculement tient moins à un changement brutal qu’à une série de rôles qui déplacent son image publique. Curtis tourne avec Blake Edwards dans «Vacances à Paris» et «Opération Jupons», où il joue un officier de l’US Navy. Ces films confortent son allure de playboy, tout en laissant apparaître une capacité plus large que les emplois assignés au départ.
Comédie, duo et production
En 1959, Billy Wilder fait appel à lui pour «Certains l’aiment chaud». Curtis y joue aux côtés de Jack Lemmon et de Marilyn Monroe dans un film devenu l’une des grandes comédies du cinéma américain. Le dispositif repose sur le rythme, le déguisement et le quiproquo, des éléments qui déplacent Curtis vers un registre plus vif, plus souple, sans l’éloigner de sa silhouette de studio.
Le même mouvement passe aussi par la production. Associé à Janet Leigh dans une société, il produit et interprète «Qui était donc cette dame ?». Cette activité l’amène à intervenir sur les films qu’il porte à l’écran, sans rompre avec le fonctionnement des studios. Il devient aussi l’un des premiers acteurs à accepter un pourcentage des recettes de ses films en plus de son salaire, dès le début des années 1950.
En 1960, Kirk Douglas lui crée un rôle dans «Spartacus», celui du poète Antoninus. Curtis y rejoint une superproduction historique d’ampleur internationale et s’inscrit dans un cinéma de prestige, après avoir déjà traversé la comédie, le western et le thriller. La décennie suivante garde cette mobilité, avec des films comme «Deux Têtes folles» d’Edward Dmytryk et «Le Dernier de la liste» de John Huston.
Télévision, puis retrait
La télévision prend ensuite le relais avec «Amicalement vôtre», où il forme un duo avec Roger Moore. La série le rend présent dans un autre format, plus feuilletonnant, à partir de 1971. Plus tard, il apparaît dans «Vegas» en 1978, puis dans «La Star de la famille» en 2003.
Son nom circule encore dans des apparitions ponctuelles, comme «The Graham Norton Show» en 2007 ou «Inexpliqué» en 2019, à travers des images d’archive. Il participe aussi comme producteur exécutif à «Startime» en 1959 et à «Une Vierge sur canapé» en 1964, tandis que son travail d’acteur se poursuit dans «Bracken’s World» en 1969.
Curtis meurt le 29 septembre 2010. Il laisse derrière lui des rôles qui vont du gag travesti de «Certains l’aiment chaud» au détenu traqué de «La Chaîne», du poète de «Spartacus» au partenaire de télévision de Roger Moore. Son dernier visage public demeure lié à un cinéma de studio qui l’a fait passer, pendant plus de deux décennies, de la figuration au statut d’interprète très demandé.
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