Bob Hoskins: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Bob Hoskins en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
136
œuvres recensées
103 films · 33 séries
- Première année recensée
- 1969
- Dernière année recensée
- 2013
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1980, Racket: Du sang sur la Tamise de John Mackenzie place Bob Hoskins au centre d’un gangster britannique aux manières sèches. Harold Shand, patron de nuit qui refuse de plier, donne à l’acteur un visage de cinéma immédiatement lisible, tendu par la colère et la négociation permanente. À ce moment, il a déjà quitté la scène du théâtre pour la télévision puis le film, après des débuts tardifs. Le nom reste associé à une présence de travail, sans apprêt, venue d’un milieu populaire et d’une entrée tardive dans le métier.
Des débuts tardifs au cinéma britannique
Robert William Hoskins, Jr. naît le 26 octobre 1942 à Bury St. Edmunds, dans le Suffolk. Il quitte l’école à 15 ans, enchaîne des petits boulots, puis découvre le théâtre à 26 ans. Le point de départ est net : une formation tardive, sans passage académique long, puis une arrivée rapide dans le milieu professionnel.
Le premier passage au cinéma remonte à 1972 avec Up the Front de Bob Kellett. La même année, il apparaît dans Crown Court en Freddy Dean, puis dans Angoisse de 1973 en Sammy Draper. Ces premières années mêlent télévision et écrans de cinéma, avec des rôles courts qui installent un jeu sec, direct, souvent placé du côté des hommes ordinaires, des brutes ou des rouages d’un système.
Dans The national health de Jack Gold en 1973, puis Le Froussard héroïque de Richard Lester et Inserts de John Byrum en 1975, il traverse des films très différents sans changer de ligne. Le visage reste le même, les emplois varient, et la décennie suivante le conduit vers des personnages plus lourds, plus affirmés, parfois liés au crime ou au pouvoir. Par ailleurs, il passe par L’Ultime Attaque de Douglas Hickox en 1979 avant que Racket: Du sang sur la Tamise n’élargisse nettement son exposition.
Harold Shand, puis la galerie des figures de pouvoir
Racket: Du sang sur la Tamise le fait entrer dans une autre échelle de visibilité. Le personnage d’Harold Shand concentre argent, violence et contrôle social. Hoskins y impose une manière de parler et de tenir l’espace qui restera associée à plusieurs de ses rôles des années 1980. Le film prépare l’étape suivante : une série de collaborations avec des cinéastes marqués, du côté britannique comme à l’international.
En 1982, il apparaît dans Pink Floyd The Wall d’Alan Parker en Rock and Roll Manager. La même saison, il tourne pour Terry Gilliam dans Brazil en Spoor, puis pour Neil Jordan dans Mona Lisa en George, en 1986. Entre ces dates, il passe aussi par Le Consul honoraire de John Mackenzie, Signé: Lassiter de Roger Young, Cotton Club de Francis Ford Coppola et Sweet Liberty d’Alan Alda. Le registre des rôles s’élargit, mais les figures restent des hommes d’autorité, de réseau ou d’ombre.
The Lonely Passion of Judith Hearne de Jack Clayton en 1987 et L’Irlandais de Mike Hodges la même année confirment cette direction. Hoskins ne recherche pas l’esbroufe ; il travaille des présences épaisses, parfois brutales, parfois usées, qui tiennent les scènes par la diction et l’économie des gestes. Cette même année, il tourne encore dans des productions où la tension morale pèse sur les échanges, sans perdre le lien avec des films plus commerciaux.
Eddie Valiant et la bascule populaire
Qui veut la peau de Roger Rabbit ? de Robert Zemeckis, en 1988, fixe son image pour un large public. Eddie Valiant, détective privé chargé d’enquêter dans un monde où les toons croisent les humains, devient le rôle le plus identifié à son nom. Le personnage repose sur la fatigue, le sarcasme et une forme de résistance obstinée, traits que Hoskins rend immédiatement reconnaissables.
Quelques mois plus tard, il apparaît dans Un ange de trop, puis dans Les Deux Sirènes en 1990. L’année suivante, il change de cadre avec Le Cercle des intimes d’Andreï Konchalovski, où il joue Béria, puis avec Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet de Steven Spielberg en Smee, traduit en français par Monsieur Mouche. Le film l’installe dans une galerie plus ample, où la fantaisie n’efface pas la fermeté du trait. Il ajoute à son répertoire des figures connues, réelles ou fictionnelles, sans abandonner les rôles de pression.
En 1993, il tient Mario dans Super Mario Bros. de Rocky Morton et Annabel Jankel. L’année suivante, il apparaît dans A Century of Cinema en lui-même, puis dans Nixon d’Oliver Stone en J. Edgar Hoover en 1995. Entre-temps, il prête sa voix à Boris dans Balto chien-loup, héros des neiges. Le travail de la voix rejoint alors le jeu, sans rupture de ton, et élargit encore une présence déjà fortement associée à des personnages de résistance ou de contrôle.
Figures historiques, voix et derniers rôles
Les années 1990 et le début des années 2000 le voient multiplier les incarnations de personnages historiques. Dans L’Agent secret de Christopher Hampton en 1996, il joue Verloc ; dans Michael de Nora Ephron la même année, il est Vartan Malt ; dans Spice World, le film en 1997, il passe par une apparition plus légère, sous le nom de Geri Déguisée. En 1998, La Cousine Bette le place en Cesar Crevel, puis 24 heures sur 24 de Shane Meadows l’emmène vers Alan Darcy. L’acteur tient alors des rôles de composition qui gardent le même ancrage concret.
Avec Le Voyage de Félicia d’Atom Egoyan en 1999, il joue Joseph Ambrose Hilditch. Le téléfilm David Copperfield la même année le distribue en M. Micawber, puis Don Quichotte de Peter Yates en 2000 lui confie Sancho Panza. En 2001, il devient Nikita Khrouchtchev dans Stalingrad de Jean-Jacques Annaud et Ray Johnson dans Last Orders de Fred Schepisi. La période se ferme avec Les Aventuriers du monde perdu, où il joue George Challenger, puis avec Coup de foudre à Manhattan de Wayne Wang en Lionel.
Les années suivantes le retrouvent dans Mafia rouge de James Bruce, Amour interdit de Guy Jenkin et Le Fils du Mask en Odin, puis dans Blanche-Neige et le chasseur en 2012 comme Muir. En août 2012, deux mois après ce dernier film, il annonce la fin de sa carrière d’acteur alors qu’il souffre de la maladie de Parkinson. Il meurt le 29 avril 2014 à Londres, à 71 ans.
Filmographie sélective
- 1972 : Up the Front de Bob Kellett, sergent recruteur
- 1973 : Angoisse de John Mackenzie, Sammy Draper
- 1979 : L’Ultime Attaque de Douglas Hickox, Williams
- 1980 : Racket: Du sang sur la Tamise de John Mackenzie, Harold Shand
- 1982 : Pink Floyd The Wall d’Alan Parker, Rock and Roll Manager
- 1986 : Mona Lisa de Neil Jordan, George
- 1988 : Qui veut la peau de Roger Rabbit ? de Robert Zemeckis, Eddie Valiant
- 1991 : Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet de Steven Spielberg, Smee
- 1993 : Super Mario Bros. de Rocky Morton et Annabel Jankel, Mario
- 1995 : Nixon d’Oliver Stone, J. Edgar Hoover
- 1996 : L’Agent secret de Christopher Hampton, Verloc
- 1999 : Le Voyage de Félicia d’Atom Egoyan, Joseph Ambrose Hilditch
- 2000 : Don Quichotte de Peter Yates, Sancho Panza
- 2001 : Stalingrad de Jean-Jacques Annaud, Nikita Khrouchtchev
- 2012 : Blanche-Neige et le chasseur, Muir
Films et séries avec Bob Hoskins
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