Vladimir Cosma: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Vladimir Cosma en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
180
œuvres recensées
161 films · 19 séries
- Première année recensée
- 1968
- Dernière année recensée
- 2024
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Le 13 avril 1940, à Bucarest, Vladimir Cosma naît dans une famille de musiciens. Son père, Teodor Cosma, dirige l’orchestre, sa mère, Carola Pimper, écrit et compose; l’enfance se déroule donc dans un environnement où le violon, le piano et la direction ne relèvent pas du décor, mais du travail quotidien.
Bucarest, les premières leçons
Un concert de la Philharmonie de Bucarest marque son premier choc musical, lorsqu’il entend Schéhérazade de Rimski-Korsakov aux côtés de son oncle Edgar. Vers 6 ans, il étudie le violon faute de place pour un piano dans le logement familial, puis donne ses premiers concerts à 8 ans avec son père. Le piano arrive plus tard, quand la famille emménage dans un appartement plus grand, et l’écriture musicale prend alors davantage de place.
Il entre au Conservatoire national de musique de Bucarest et y travaille le violon avec Garbis Avakian. Il suit aussi les cours d’Aurel Stroë, de Romeo Alexandrescu, de Leon Klepper et de Mihail Andricu, qui lui ouvre l’écoute du jazz en Roumanie. Deux premiers prix de violon et un prix de composition viennent sanctionner cette formation, tandis qu’il écrit dès l’adolescence des arrangements pour l’orchestre de musique légère d’Electrecord dirigé par son père.
Au milieu des années 1950, il travaille comme arrangeur pour des disques enregistrés par Yves Montand ou Catherine Sauvage. Pendant son service militaire, il compose une Danse des masques à gaz jouée par des camarades du conservatoire. La Roumanie lui donne un socle classique, un usage concret de l’orchestre et une familiarité précoce avec la chanson, trois repères qui resteront visibles dans ses partitions françaises.
Paris, les arrangements et Michel Legrand
En septembre 1962, il quitte Bucarest avec ses parents pour Paris. Les débuts sont matériels et il joue comme violoniste soliste dans plusieurs orchestres symphoniques et ensembles de chambre, dont celui de Paul Kuentz. Jean Wiener l’accueille et le soutient, puis Nadia Boulanger l’entoure au Conservatoire américain de Fontainebleau, avant qu’il n’obtienne une bourse pour le Conservatoire national supérieur de musique de Paris.
La rencontre avec Michel Legrand ouvre un autre versant de son activité. En 1964, il réalise un arrangement pour un EP d’Odile Ezdra; l’année suivante, il assiste Claude Bolling sur certains disques des Parisiennes et sur Jazzgang Amadeus Mozart. Legrand lui demande ensuite de préparer deux arrangements pour son orchestre à l’Alhambra, puis le recrute comme arrangeur et pour achever plusieurs musiques de films, dont Tendre Voyou, Les Demoiselles de Rochefort, L’Homme à la Buick et L’Affaire Thomas Crown.
À cette époque, il écrit aussi ses propres pages de concert, parmi lesquelles Oblique pour violoncelle et orchestre à cordes, Trois mouvements d’été pour orchestre symphonique et l’opéra Fantômas d’après Robert Desnos. Il accompagne alors des artistes allant de Charles Trenet à Jeanne Moreau, de Juliette Gréco à Mireille Mathieu, tout en se liant avec Martial Solal et en suivant des cours d’harmonie auprès d’André Hodeir.
Yves Robert et la comédie française
En 1967, Yves Robert lui confie Alexandre le Bienheureux après l’indisponibilité de Michel Legrand. Cosma compose alors autour d’instruments solistes associés aux personnages, puis applique cette méthode à Clérambard en 1969 avec flûte à bec et cromorne. La réussite de Le Grand Blond avec une chaussure noire en 1972 lui donne un élan décisif, avec une flûte de pan et un cymbalum qui éloignent la partition du pastiche bondien prévu au départ.
Les années 1970 le voient travailler pour Pierre Richard, Gérard Oury, Claude Zidi et Francis Veber. Il signe Les Aventures de Rabbi Jacob en 1973, puis L’Aile ou la Cuisse en 1976, où il mêle Lully, rythmes plus contemporains et chœurs féminins. Pour Le Jouet, il choisit les synthétiseurs; pour La Chèvre, Les Compères et Les Fugitifs, il adapte chaque partition aux couleurs demandées par le film.
Avec Claude Pinoteau, il construit un autre ensemble marquant. La Boum en 1980 introduit Reality, chanté par Richard Sanderson, puis La Boum 2 et L’Étudiante prolongent cette relation. Il travaille aussi pour L’As des as, Le Dîner de cons, Le père Noël est une ordure, Le Téléphone rose, Dracula père et fils ou Cause toujours... tu m’intéresses!, sans quitter cette logique de partitions taillées pour des cinéastes précis.
Drames, télévision et César
Yves Boisset le sollicite en 1975 pour Dupont Lajoie, drame sur le racisme ordinaire où il écrit un tango argentin. Il revient ensuite sur Le Prix du danger avec une partition symphonique, puis sur À chacun son enfer et La Raison d’État pour André Cayatte. En 1979, La Dérobade lui permet d’utiliser un thème romantique fondé sur un mode roumain confié à un lyricon.
Jean-Jacques Beineix lui demande la musique de Diva en 1981. Cosma écrit Promenade sentimentale pour piano solo, puis plusieurs plages où se croisent percussions africaines, voix tibétaines et cithare vietnamienne. Le film reçoit le César de la meilleure musique originale en 1982. Deux ans plus tard, Le Bal d’Ettore Scola lui vaut un second César de la meilleure musique originale.
La télévision occupe aussi une place nette dans son travail. Il compose pour L’Amour en héritage, Châteauvallon, Les Mondes engloutis et Les Cœurs brûlés. Il écrit encore pour les nouveaux dessins animés Astérix et la Surprise de César et Astérix chez les Bretons, puis pour des chansons comme Destinée, Reality, Your Eyes et You Call It Love. Deux 7 d’or complètent ce palmarès déjà marqué par les Césars.
Œuvres de concert et reconnaissance
Les partitions de film ne suffisent pas à résumer son activité. Il compose l’opéra Fantômas, des pièces pour violoncelle et orchestre à cordes, pour orchestre symphonique, puis d’autres pages de concert dont le détail n’occupe pas le même espace public que ses thèmes de cinéma. Son nom reste lié à la direction d’orchestre, au violon et à la composition, trois fonctions qu’il pratique sans les hiérarchiser.
L’enregistrement de son opéra Marius et Fanny aux studios Abbey Road à Londres, le 17 juillet 2007, donne une image nette de cette continuité. La date, le lieu et le projet disent un musicien qui revient sans cesse à l’écriture d’ensemble, au travail sur les timbres et à la construction d’airs immédiatement identifiables. Sa discographie de cinéma et de télévision tient autant de la mélodie que de l’orchestration, avec une attention constante portée aux couleurs instrumentales.
Les distinctions suivent cette même ligne. Deux César de la meilleure musique originale, pour Diva et Le Bal, encadrent une œuvre dont les thèmes ont circulé bien au-delà des films où ils sont apparus. Le 13 avril 1940 à Bucarest demeure donc moins une simple date de naissance qu’un point de départ pour une écriture qui a traversé plusieurs formes, du concert aux comédies de Claude Zidi, des séries télévisées aux partitions symphoniques.
Filmographie de Vladimir Cosma
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