Le 22 mars 1978, « La Zizanie » arrive dans les salles françaises avec Louis de Funès et Annie Girardot en tête d'affiche. Réalisée par Claude Zidi, cette comédie de 97 minutes place un industriel de province face à une commande qui peut sauver son usine, puis face à son épouse lorsque la production envahit leur maison. Le film est produit par Les Films Christian Fechner et Simar Films, avec un budget annoncé de 21 millions de francs.
« La Zizanie », comédie industrielle et conjugale de Claude Zidi
Guillaume Daubray-Lacaze dirige une usine spécialisée dans la lutte contre la pollution de l'air. Maire libéral-conservateur d'une ville de province, il voit son entreprise approcher de la faillite lorsqu'un groupe japonais lui commande trois mille appareils de dépollution, les CX 22, à livrer en quatre-vingt-dix jours.
La commande représente une chance financière considérable, mais l'usine ne possède ni l'espace nécessaire pour fabriquer les appareils ni les lieux de stockage requis. Le préfet refuse l'agrandissement du site sur les terrains voisins. Guillaume choisit alors d'utiliser les espaces privés dont il dispose, sans mesurer les conséquences pour Bernadette, son épouse.
Les machines entrent d'abord dans la maison familiale. Lorsque les pièces deviennent impraticables, Guillaume s'attaque au potager de Bernadette, horticultrice, en simulant une fuite de pétrole qui détruit ses cultures. La serre constitue une nouvelle étape de cette transformation industrielle du domicile, puisque Guillaume la congèle alors que son épouse y dormait.
Bernadette quitte le domicile conjugal et s'installe à l'hôtel du Lion d'Or. Guillaume tente de la reconquérir lors d'un bal costumé, où la présence du docteur Landry provoque une rixe. Le conflit privé se déplace ensuite vers le terrain municipal lorsque Bernadette prend la tête de la liste « Défense de la Nature » contre son propre mari.
Louis de Funès et Annie Girardot face au conflit des époux Daubray-Lacaze
Louis de Funès interprète Guillaume Daubray-Lacaze, patron obsédé par la survie de son entreprise et maire soucieux de conserver son pouvoir local. Le personnage appartient à une série de patrons incarnés par l'acteur, mais son parcours comporte ici une faillite annoncée, donnée qui modifie la nature de son rapport au travail et à l'autorité.
Annie Girardot joue Bernadette Daubray-Lacaze, horticultrice dont les plantations et la serre sont sacrifiées au rendement industriel. Son départ transforme une querelle domestique en opposition publique. Elle s'appuie sur le docteur Landry, interprété par Julien Guiomar, pour mener sa campagne municipale et défendre une liste consacrée à la protection de la nature.
Maurice Risch tient le rôle désigné comme « l'imbécile ». Jean Jacques Moreau incarne le contremaître et adjoint au maire, tandis que Jacques François joue le préfet dont le refus bloque l'extension de l'usine. Geneviève Fontanel interprète madame Berger, Nicole Chollet prête ses traits à Léontine, la servante des Daubray-Lacaze, et Hubert Deschamps joue le réceptionniste de l'hôtel.
- Louis de Funès : Guillaume Daubray-Lacaze
- Annie Girardot : Bernadette Daubray-Lacaze
- Julien Guiomar : le docteur Landry
- Maurice Risch : « l'imbécile »
- Jean Jacques Moreau : le contremaître et adjoint au maire
- Jacques François : le préfet
- Geneviève Fontanel : madame Berger
- Nicole Chollet : Léontine
- Hubert Deschamps : le réceptionniste de l'hôtel
Une réalisation construite autour des machines, des dialogues et du cadre domestique
Claude Zidi signe la réalisation et le scénario, avec Pascal Jardin aux dialogues et Michel Fabre à l'adaptation. Jacques Santi assure la fonction d'assistant réalisateur. Le tournage s'appuie sur les studios de Billancourt, sous la responsabilité de Paris Studios Cinéma, et adopte un format CinemaScope de 2,35:1.
Claude Renoir signe l'image, Théo Meurisse les décors et Robert et Monique Isnardon le montage. Les décors organisent une circulation entre l'usine, la maison, le potager, la serre, l'hôtel et les lieux de la campagne municipale. La production déplace donc les instruments de travail dans des espaces conçus pour la vie familiale ou la représentation politique.
La bande originale est composée par Vladimir Cosma, qui avait déjà travaillé avec Claude Zidi sur « La Moutarde me monte au nez », « La Course à l'échalote » et « L'Animal ». Le compositeur utilise une base de synthétiseurs pour créer une couleur sonore qu'aucun instrument traditionnel ne pouvait reproduire selon son propre témoignage.
Le générique devait être accompagné par « On sème la zizanie », une chanson écrite et interprétée par Pierre Perret sur le thème musical de Cosma. Le titre est retiré avant la sortie du film après une projection de contrôle, puis remplacé par une version instrumentale. La chanson sera publiée des années plus tard dans des éditions consacrées à la musique du film.
- Réalisation : Claude Zidi
- Scénario et adaptation : Claude Zidi, avec Michel Fabre
- Dialogues : Pascal Jardin
- Image : Claude Renoir
- Musique : Vladimir Cosma
- Décors : Théo Meurisse
- Montage : Robert et Monique Isnardon
- Production : Les Films Christian Fechner et Simar Films
- Durée : 97 minutes
- Format : CinemaScope, 2,35:1
Écologie, emploi et campagne municipale dans la France de 1978
La commande japonaise place l'emploi au centre de l'intrigue. Guillaume présente la croissance de son usine comme une nécessité collective, tandis que Bernadette oppose à cette logique la protection de ses cultures et de son environnement. Le conflit traverse le couple, l'entreprise et l'hôtel de ville.
La liste « Défense de la Nature » fait entrer l'écologie dans une campagne municipale fictive. Le film relie cette situation à l'apparition de thèmes écologistes dans la vie politique française des années 1970, période où la question de l'environnement commence à trouver une traduction électorale.
La place accordée à Bernadette prolonge ce déplacement politique. Épouse d'un maire qui affirme que les femmes n'ont rien à dire, elle devient son adversaire électorale. Le débat télévisé entre les deux candidats renvoie au duel présidentiel de 1974 entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, premier débat d'entre-deux-tours de ce type en France.
Le film sort trois jours après le second tour des élections législatives de 1978. Sa représentation du plein emploi, du chômage, de la présence des femmes dans la vie publique et de la défense de la nature s'inscrit dans cette période politique, sans quitter le registre de la comédie de situation.
Sortie en salles, box-office et récompense en Allemagne
La sortie française bénéficie d'une campagne publicitaire dotée de 1,5 million de francs, dont 730 000 francs consacrés à l'affichage. La distribution en province s'étend de cent à deux cent vingt-sept salles, un dispositif inhabituel pour l'époque selon les données consacrées à l'exploitation du film.
Lors de sa première semaine, « La Zizanie » prend la tête du box-office français avec 789 770 entrées dans 227 salles. Paris compte 195 411 entrées dans trente salles. Le film conserve la première place nationale durant trois semaines, avant de la céder à « La Fièvre du samedi soir ».
L'exploitation française atteint 2 798 787 entrées, dont 539 404 à Paris, ce qui place le long métrage au neuvième rang du box-office annuel. L'Allemagne lui réserve un résultat supérieur avec trois millions d'entrées, pour une dixième place au classement annuel du pays.
La diffusion télévisée française commence en 1981. Après la disparition de Louis de Funès en janvier 1983, TF1 programme le film le 30 janvier dans le cadre du « Cinéma du dimanche soir ». D'autres passages suivent sur TF1, France 3, les chaînes de la TNT, les chaînes satellitaires et les réseaux régionaux.
- Écran d'or, Allemagne de l'Ouest : lauréat en 1979 pour son box-office allemand
- Jupiter Award du meilleur acteur : nomination de Louis de Funès en 1979
(Source : Wikipédia, consulté en 2026)
Critique sur La Zizanie
Où regarder en streaming La Zizanie
La Zizanie est disponible à la location sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur et Premiere Max et à l'achat sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur et Premiere Max. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de La Zizanie figurent Guillaume Daubray-Lacaze, interprété par Louis de Funès, Bernadette Daubray-Lacaze, interprété par Annie Girardot et L'imbécile, interprété par Maurice Risch. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.


























