️ Ce qu’il faut retenir avant de lire
- La franchise principale compte 14 épisodes sortis entre 2007 et 2025.
- Assassin’s Creed II reste, par consensus quasi universel, le sommet absolu de la saga, avec un Metacritic de 91/100.
- Trois épisodes traînent une réputation difficile : Unity pour son lancement catastrophique, Rogue pour son invisibilité et Syndicate pour son caractère oubliable.
- Assassin’s Creed Shadows (2025) relance la machine avec un Metacritic de 82/100 et deux protagonistes aux antipodes l’un de l’autre.
- La franchise a traversé trois ères distinctes : l’ère classique (stealth pur), l’ère RPG tentaculaire, et l’ère hybride actuelle.
Le tableau de bord : toute la franchise d’un coup d’œil
Avant de plonger dans les détails, voici une synthèse des épisodes principaux, leurs scores critiques, leurs forces et leur place dans l’histoire de la licence.
| Jeu | Année | Metacritic | Ce qui le définit |
|---|---|---|---|
| Assassin’s Creed II | 2009 | 91 | L’intouchable, Ezio, la Renaissance |
| AC Brotherhood | 2010 | 89 | Rome, la Confrérie, la suite parfaite |
| AC IV : Black Flag | 2013 | 88 | Piraterie, liberté navale, Edward Kenway |
| AC Odyssey | 2018 | 85 | Grèce antique, Kassandra, épopée totale |
| AC Origins | 2017 | 84 | Égypte antique, Bayek, le renouveau |
| AC Valhalla | 2020 | 83 | Vikings, Angleterre, trop grand pour lui |
| AC Shadows | 2025 | 82 | Japon féodal, Naoe & Yasuke, retour au stealth |
| Assassin’s Creed (2007) | 2007 | 81 | Fondateur, Altaïr, brouillon indispensable |
| AC Revelations | 2011 | 80 | Constantinople, adieux émouvants à Ezio |
| AC III | 2012 | 80 | Révolution américaine, Connor, rythme brisé |
| AC Mirage | 2023 | 76 | Bagdad, retour aux bases, trop sage |
| AC Syndicate | 2015 | 76 | Londres, fonctionnel mais immédiatement oublié |
| AC Unity | 2014 | 70 | Paris sublime, lancement catastrophique |
| AC Rogue | 2014 | 70 | L’épisode invisible, recyclé, narrativement curieux |
Les épisodes qui ont le moins bien vieilli

AC Rogue (2014), l’épisode fantôme
Assassin’s Creed Rogue est probablement le titre dont on parle le moins. Sorti la même année qu’Unity, sur les anciens supports (PS3, Xbox 360) alors que le monde entier avait les yeux rivés sur la nouvelle génération, il est passé presque inaperçu. C’est dommage, car l’idée de jouer un Assassin qui bascule du côté des Templiers était audacieuse. Mais le jeu recycle trop massivement les mécaniques de Black Flag sans jamais s’en émanciper. Une curiosité narrativement intéressante. Vidéoludiquement trop timide pour marquer les esprits.
AC Unity (2014), le plus beau désastre de la franchise
Paris sous la Révolution française. Des milliers de PNJ dans les rues. Une atmosphère gothique à couper le souffle. Sur le papier, Unity devait être la révélation next-gen. En pratique, il est sorti brisé. Visages qui disparaissent, corps qui traversent les murs, crashes en série, les screenshots des bugs d’Unity ont fait le tour d’Internet en moins de 48 heures. Ubisoft a même offert un DLC à titre d’excuse publique. Aujourd’hui patché, le jeu vaut réellement le détour, mais ce traumatisme collectif ne s’efface pas.
AC Syndicate (2015), fonctionnel mais introuvable dans la mémoire
Le problème de Syndicate, c’est qu’il n’a aucun défaut rédhibitoire. Il est juste passable. Londres victorienne est cohérente visuellement, le duo Jacob/Evie Frye fonctionne, le crochet de grappin apporte de la fluidité. Mais coincé entre le désastre médiatique Unity et le renouveau fracassant d’Origins, Syndicate n’a jamais eu de place dans la mémoire collective des joueurs. On l’oublie le lendemain, et c’est là sa seule vraie faute.
Là où les avis divergent vraiment

Assassin’s Creed (2007), le brouillon nécessaire
Le premier opus n’est pas mauvais. Il est fondateur. Altaïr Ibn-La’Ahad dans le Moyen-Orient des Croisades, les principes philosophiques des Assassins, la tension entre stealth et exposition, tout cela posait les bases d’un univers ambitieux. Mais le gameplay est répétitif à l’extrême. Chaque mission suit le même schéma mécanique : collecter des informations, assassiner la cible, fuir. Encore. Et encore. Ubisoft le savait, c’est précisément pourquoi deux ans plus tard, tout changeait.
AC III (2012), l’héritier sous pression
Après la trilogie Ezio, la pression était immense. Connor Kenway devait succéder à l’une des figures les plus aimées du jeu vidéo. La Révolution américaine comme toile de fond était un choix audacieux. Mais AC III pèche par un prologue interminable, on joue une autre partie du jeu pendant les deux premières heures avant d’incarner vraiment Connor, et un héros perçu comme froid, hermétique, difficile à aimer. Une déception à la mesure des attentes.
AC Revelations (2011), les adieux mélancoliques d’Ezio
Constantinople, dernier chapitre d’Ezio, révélations sur Altaïr. Sur le fond, Revelations est beau, sincèrement émouvant, porté par une musique de Jesper Kyd qui atteint des sommets. Sur la forme, il arrive après deux chefs-d’œuvre et n’apporte que peu de nouveautés convaincantes. L’ajout des bombes artisanales est anecdotique, la défense de tour est franchement inutile. C’est un épisode qui vit dans l’ombre des géants qui l’ont précédé, mais qui mérite sa place pour la beauté sincère de sa conclusion.
La renaissance RPG et ses contradictions
AC Mirage (2023), un amour-propre retrouvé
Basim à Bagdad, au IXe siècle. Mirage ne cherche pas à être un RPG. Il ne cherche pas à durer 120 heures. Il propose quelque chose de rare dans la franchise moderne : la sobriété. Carte réduite, narration centrée, infiltration assumée, les fans des premières heures y retrouvent une essence perdue. Mais avec un Metacritic de 76, l’épisode souffre d’une certaine timidité : trop court, trop sage, un peu trop nostalgique pour être véritablement ambitieux. Un bel hommage, pas un grand jeu.
AC Valhalla (2020), le Viking trop bavard
Avec plus de 20 millions de joueurs uniques, Valhalla est un succès commercial impossible à ignorer. Eivor, homme ou femme, au choix, débarque en Angleterre saxonne avec toute la brutalité nordique que cela implique. L’ambiance est réussie, la mécanique de construction de colonie est addictive. Mais le jeu dure facilement 80 à 100 heures rien qu’en ligne principale. À ce stade, la saga souffre de son propre appétit démesuré. Trop de contenu dilue la tension narrative, et c’est l’essoufflement qui prend le dessus.
AC Shadows (2025), le redressement attendu
Après des années de polémiques, de retards répétés et de doutes publics sur l’avenir d’Ubisoft, Shadows arrive avec un double défi : se réinventer et rassurer. Le Japon féodal de la période Sengoku sert de cadre à deux héros radicalement opposés, Naoe, shinobi agile dont le gameplay rappelle l’essence stealth des origines, et Yasuke, samouraï africain de légende qui joue la carte de l’affrontement brutal. La dualité fonctionne. Le retour à un vrai stealth, les saisons dynamiques, l’exploration renouvelée, Metacritic 82, signe d’un retour en grâce solide, même si les notes utilisateurs restent plus partagées.
Les sommets que la franchise a su atteindre

AC Origins (2017), la résurrection
En 2016, Ubisoft prend une décision rarissime pour une franchise commerciale : ne pas sortir de nouvelle entrée. Une année sabbatique totale. Quand Origins arrive avec Bayek de Siwa dans l’Égypte ptolémaïque, c’est un choc. Tout est reconstruit, système de combat, exploration ouverte, narration adulte. Bayek est l’un des personnages les plus humains et touchants de la franchise entière. Origins ne se contente pas de renaître. Il redéfinit ce qu’un Assassin’s Creed peut être.
AC Odyssey (2018), l’épopée qui divise
Trop grand. Trop long. Trop, tout court. Et pourtant, Odyssey est fascinant. La Grèce antique dans toute sa splendeur, un monde vivant, une narration à embranchements multiples, Kassandra ou Alexios comme protagonistes selon votre choix. Certains joueurs s’y sont perdus, au sens littéral, pendant des centaines d’heures. Le paradoxe d’Odyssey : il pousse le concept RPG trop loin pour certains, et c’est précisément ce qui le rend exceptionnel pour d’autres. Score Metacritic de 85. Et une base de fans parmi les plus passionnées de toute la série.
AC IV : Black Flag (2013), le hors-piste magistral
Edward Kenway n’est pas vraiment un Assassin. C’est un pirate. Et Black Flag est autant, si ce n’est plus, un jeu de piraterie qu’un Assassin’s Creed. La navigation, les batailles navales, les chants de marins en plein combat sous le soleil des Caraïbes… C’est une bouffée d’iode, de liberté pure, avec plus de 34 millions de joueurs uniques à son actif. Meilleur Assassin’s Creed ? Peut-être pas. Meilleur jeu de pirates de tous les temps ? Très probablement oui.
AC Brotherhood (2010), la perfection opérationnelle
Rome au XVIe siècle. Ezio Auditore, désormais mentor, reconstruit la Confrérie brique par brique après la chute de Monterigioni. Brotherhood prend tout ce qui fonctionnait dans AC II et l’améliore avec une précision chirurgicale. Le gameplay est plus fluide. La mécanique de gestion des recrues est immersive. Le multijoueur, inédit dans la franchise, est une révélation. C’est la suite parfaite qui prouve qu’une licence peut évoluer sans jamais trahir son âme. Certains le placent même au-dessus du deuxième opus.
Et le meilleur est Assassin’s Creed II
Venise, Florence, Forli, Venise encore. La Renaissance italienne comme vous ne l’avez jamais vécue. Ezio Auditore da Firenze, le personnage le plus aimé de la franchise par consensus presque universel, traverse le jeu de la juvénilité à la sagesse dans un arc narratif d’une richesse rarissime dans le jeu vidéo. Un Metacritic de 91/100. Une architecture de gameplay qui corrige tout ce qui était répétitif dans le premier opus. Une narration en arcs qui a structuré la franchise pour une décennie entière.
Ce n’est pas de la nostalgie aveugle. C’est la reconnaissance d’un jeu qui a su être juste au bon moment, assez ambitieux pour changer les règles, assez maîtrisé pour ne jamais perdre le joueur en chemin. Ubisoft a tenté de l’égaler depuis. Parfois de près. Jamais tout à fait.
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.



