Une phrase de James Cameron suffit toujours à faire trembler un calendrier de sorties. Après avoir reçu le Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts du spectacle en 2026, le cinéaste de 72 ans a accordé un long entretien vidéo consacré à son parcours. Il y décrit vingt et une années de travail presque continu dans l’univers d’Avatar et reconnaît regarder désormais au-delà de Pandora.
Le réalisateur n’a pourtant prononcé ni le mot « abandon » ni celui d’« annulation ». Comme le rapporte GamesRadar+, il se demande quelles histoires il veut encore raconter, et lesquelles il doit « diriger [lui]-même plutôt qu’écrire ou produire ». Le conditionnel est ici tout le sujet.
Un pied sur Pandora, l’autre dans « le dernier acte »
Cameron affirme avoir commencé à tracer la dernière partie de sa carrière, sans savoir si elle durera un an ou vingt. NME reprend son envie de considérer « d’autres histoires », mais l’entretien complet maintient une nuance que plusieurs titres ont aplatie : il se situe encore « au milieu » de la saga Avatar.
Le chantier n’est d’ailleurs pas imaginaire. Une partie du quatrième film a été tournée en avance pour éviter que les jeunes interprètes ne vieillissent trop avant le saut temporel prévu dans le récit. Cameron avait déjà expliqué à Time que le premier acte d’Avatar 4 était en boîte. Les suites ont des scénarios, des éléments filmés et un producteur historique, feu Jon Landau, crédité sur les prochains chapitres. Ce n’est pas la description d’un projet jeté dans un volcan.
Le vrai enjeu : qui tiendra la caméra ?
Cameron a depuis longtemps envisagé de transmettre la réalisation tout en conservant l’écriture et la production. Son entretien de 2026 remet cette option au centre. Le cinéaste peut achever la trame de Jake, Neytiri et leurs enfants sans nécessairement passer plusieurs années à superviser chaque goutte d’eau numérique. L’avenir d’Avatar 4 et celui de James Cameron réalisateur ne sont plus exactement la même question.
Il reste aussi une donnée économique. Avant la sortie d’Avatar : De feu et de cendres, Cameron disait devoir réduire les coûts des deux films suivants et obtenir l’accord du studio. La saga a déjà prouvé sa force : le premier Avatar demeure l’un des plus grands succès de l’histoire mondiale et La Voie de l’eau a dépassé les deux milliards de dollars. Mais deux suites supplémentaires représentent des années de production et des centaines de millions de dollars ; même Pandora doit présenter ses comptes.
La piste la plus crédible n’est donc pas un adieu sec. Cameron pourrait alterner, déléguer davantage ou produire d’autres cinéastes. Son projet consacré aux survivants d’Hiroshima, développé à partir des livres de Charles Pellegrino, rappelle qu’il possède au moins une histoire très éloignée des Na’vi qu’il souhaite porter à l’écran.
Pour suivre le cinéaste au-delà des gros titres, la filmographie de James Cameron donne la mesure d’une carrière où chaque suite a longtemps ressemblé à une mauvaise idée avant de devenir un événement.
Pas d’avis de décès pour Avatar 4
À ce jour, aucune communication de Disney, de 20th Century Studios ou de Cameron n’annonce l’abandon du quatrième film. Aucune nouvelle date ferme ne doit toutefois être traitée comme une certitude tant que le studio n’a pas verrouillé la production complète. C’est une zone grise, pas un faire-part.
James Cameron veut rouvrir la carte de sa carrière. Pandora y figure encore ; elle n’occupe simplement plus tout le papier.
Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.



