Le nouveau Evil Dead de Sébastien Vaniček n’a pas seulement fait couler du sang, il a aussi trouvé le chemin du salon. Entre une sortie digitale éclair et une arrivée physique un peu plus tard, Evil Dead Burn continue de jouer la carte du carnage rentable, sans demander la permission à personne.
Pour rappel, la franchise née en 1981 sous l’impulsion de Sam Raimi n’a jamais eu besoin de la bienséance pour exister. Elle a toujours avancé comme une machine à fantasmes gore, avec ses cabrioles de caméra, ses possédés qui bavent noir et son goût très particulier pour le mauvais esprit. Ici, on parle d’un long métrage qui, selon les chiffres relayés par /Film, a encaissé 64 millions de dollars pour un budget de production de 20 millions. Pas le raz-de-marée d’Evil Dead Rise et ses 147 millions mondiaux, certes, mais largement de quoi faire sourire les comptables du studio. Et comme la fenêtre d’exploitation en salles se rétrécit à vue d’œil, le film débarque à la maison moins d’un mois après sa sortie américaine du 10 juillet 2026. Le Deadite n’attend plus le vidéoclub du coin, il s’invite direct en streaming.
Le cœur du sujet, lui, est simple : Evil Dead Burn sera disponible en digital le 4 août 2026, puis en 4K UHD, Blu-ray et DVD le 22 septembre 2026.
Le salon, nouveau champ de bataille
Cette chronologie dit beaucoup de l’époque. On n’est plus dans les années 2000, quand un film d’horreur pouvait encore faire durer un peu sa vie en salles avant de filer vers la vidéo. Aujourd’hui, le cycle est plus nerveux, plus nerveux et, disons-le, un peu plus brutal pour l’expérience collective. Mais pour un opus comme Evil Dead Burn, ça colle presque au concept : le film de Sébastien Vaniček, déjà remarqué avec Infested en 2023, semble taillé pour une consommation domestique où l’on peut grimacer, rire jaune et mettre pause si un œil part vraiment trop loin. Le cinéma de possession adore le canapé, à condition qu’on accepte d’en salir les coussins.
Le choix du studio n’a rien d’anodin non plus. Warner Bros. mise ici sur un modèle désormais bien rodé : faire vivre le film en salles, puis accélérer la bascule vers le numérique avant de réserver un second souffle aux supports physiques. Les amateurs de 4K et de Blu-ray, eux, savent pourquoi ils attendent : bonus, meilleure image, et surtout cette petite satisfaction de posséder l’objet quand tout le reste se dissout dans les plateformes. Dans le cas d’Evil Dead Burn, l’argument est presque moral. Avec ce genre de film, le support physique n’est pas un caprice de collectionneur, c’est une assurance anti-disparition. Une franchise qui coupe des membres mérite bien qu’on lui rende la pareille avec un boîtier.

Vaniček au pays des Deadites
Sébastien Vaniček n’a pas été engagé pour réinventer la roue, et c’est tant mieux. Son film ne cherche pas à faire table rase du mythe Raimi ; il préfère le tordre, le contaminer, le faire dérailler avec une énergie de sale gosse. L’histoire, centrée sur une famille qui se déchire autour de la mort de Will Price, bascule vite dans le chaos quand le défunt revient d’entre les morts et transforme le deuil en séance de charcuterie surnaturelle. On retrouve là ce qui fait la force de la saga : le mélange entre tragédie domestique et délire de série B, entre la cellule familiale et la fosse commune. C’est crade, méchant, parfois drôle à en devenir presque gênant. Bref, du Evil Dead en état de marche.
Le film a aussi été plutôt bien accueilli par la critique, avec un score de 72 % sur Rotten Tomatoes selon la source, et /Film parle d’« a bloody good time » dans une formule signée Chris Evangelista. Voilà qui résume assez bien l’affaire : on n’est pas devant un objet policé, mais devant un long métrage qui assume sa vocation de défouloir. Et si certaines séquences risquent de faire froncer les sourcils des âmes sensibles, c’est presque un label de qualité dans cette famille-là. Dans Evil Dead, la mauvaise idée n’est jamais loin, et c’est précisément ce qui fait tout le sel du bordel.
Le flambeau, la tronçonneuse et le reste
À l’échelle de la franchise, Evil Dead Burn joue aussi un rôle de relais. Après Evil Dead Rise, qui avait déplacé l’horreur vers un cadre plus urbain et familial, Vaniček prolonge la logique du foyer comme zone de contamination. On parle moins d’un reboot que d’un passage de flambeau, avec ce qu’il faut de respect pour les codes et de malice pour les salir un peu. Et pendant que le public attend déjà Evil Dead Wrath, annoncé pour 2028 et confié à Francis Galluppi, celui qui a signé The Last Stop in Yuma County, ce nouvel épisode sert de sas, de défouloir, de rappel à l’ordre. Le démon change de visage, pas de méthode.
Alors oui, on pourra voir Evil Dead Burn très vite chez soi. Mais la vraie question n’est pas là : c’est de savoir si on le regardera seul, en pleine nuit, ou à plusieurs, avec cette petite jubilation collective qui transforme la peur en sport de salon. Et franchement, entre le numérique du 4 août et la galette du 22 septembre, on a déjà notre réponse. Les Deadites, eux, n’ont pas fini de squatter la maison. Et quelque chose nous dit qu’ils ne demanderont pas l’autorisation à l’entrée.
Bande-annonce VF de Evil Dead Burn
Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.




