Le Thermomix TM7 débarque dans nos cuisines avec une promesse aussi séduisante que vertigineuse : révolutionner notre façon de cuisiner. Lancé en avril 2025, ce robot noir élégant affiche un prix qui fait grimper les sourcils — 1 599 €, soit 250 € de plus que le TM6 à son lancement. Vorwerk a-t-il vraiment réinventé la roue, ou s’agit-il simplement d’un lifting cosmétique pour justifier une facture salée ? Plongeons dans les entrailles de cette machine qui divise autant qu’elle fascine.
Ce qu’il faut retenir
- Le TM7 coûte 1 599 €, soit 100 € de plus que le TM6 actuel
- Moteur ultra-silencieux : 30 dB à vitesse minimale contre 63 dB sur le TM6
- Écran tactile géant de 10 pouces (+ 47 % par rapport au TM6)
- Capacité Varoma augmentée de 45 % pour cuire à la vapeur
- Nouvelle fonction cuisson bol ouvert jusqu’à 160 °C
Un silence qui vaut de l’or (ou presque)
La première chose qui frappe quand on allume le TM7, c’est son silence. Vorwerk a complètement repensé le moteur, et ça se sent. À vitesse 1, l’appareil murmure à peine 30 décibels — soit le niveau sonore d’une bibliothèque. Le TM6, lui, rugissait à 63 décibels dans les mêmes conditions. À vitesse moyenne, le TM7 tourne à 50 dB quand son prédécesseur atteignait 75 dB. Pour ceux qui ont vécu des années avec le vacarme d’un mixeur traditionnel, c’est une révolution domestique. Fini les conversations coupées pendant qu’on prépare une soupe ou les bébés réveillés par le bruit d’un smoothie matinal.
Cette prouesse technique n’est pas qu’un gadget. Elle transforme l’expérience utilisateur au quotidien. On peut désormais écouter un podcast pendant qu’on cuisine, discuter avec ses invités sans hurler, ou même préparer le dîner pendant que les enfants font leurs devoirs dans la pièce d’à côté. Vorwerk a compris que le bruit était l’un des freins majeurs à l’utilisation intensive d’un robot cuiseur. Sur ce point, le TM7 marque un vrai tournant. Mais attention : si vous êtes équipé d’un TM6 récent avec des accessoires coûteux, cette seule amélioration justifie-t-elle un investissement de 1 599 € ? La question reste ouverte.

Un écran XXL qui change tout
Le deuxième choc visuel du TM7, c’est cet écran tactile de 10 pouces qui occupe toute la façade. Exit la molette physique du TM6 : tout se contrôle désormais par gestes. L’interface rappelle celle d’une tablette moderne, fluide et intuitive. Les recettes Cookidoo s’affichent en grand format avec des photos appétissantes, les instructions sont lisibles sans plisser les yeux, et la navigation devient presque addictive. Pour les utilisateurs qui portent des lunettes ou qui cuisinent en famille, cette évolution ergonomique n’a pas de prix.
Cette transformation de l’interface cache aussi une réalité moins glamour : le TM7 pousse encore plus à la dépendance à l’abonnement Cookidoo. Vorwerk offre six mois gratuits à l’achat, puis il faudra débourser 48 € par an pour accéder aux 10 000 recettes de la plateforme. Sans cet abonnement, le robot perd une grande partie de son intérêt. Certes, on peut créer ses propres recettes, mais l’expérience utilisateur est clairement pensée pour vous garder dans l’écosystème payant. C’est le modèle Apple appliqué à la cuisine : élégant, efficace, mais verrouillé. Une réalité que certains trouvent rassurante, d’autres étouffante, comme on peut le constater dans les discussions autour des solutions de repas rapides qui privilégient l’autonomie.
La cuisson bol ouvert : vraiment révolutionnaire ?
Vorwerk met en avant une nouvelle fonction star : la cuisson bol ouvert. Concrètement, on peut désormais faire dorer des aliments jusqu’à 160 °C sans le couvercle, comme dans une poêle classique. Les oignons caramélisent, la viande prend des couleurs, les champignons libèrent leur eau sans tourner en éponge. Sur le papier, c’est séduisant. Dans la pratique, cette fonction répond à une vraie frustration des utilisateurs de Thermomix : l’impossibilité de surveiller visuellement la cuisson.
Mais attention aux attentes démesurées. Cette cuisson bol ouvert ne remplace pas une vraie poêle professionnelle. Les températures restent limitées, et la surface de contact du bol inox est moins optimale qu’une plaque traditionnelle pour obtenir une vraie caramélisation. C’est un compromis intelligent, pas un miracle. Pour ceux qui cherchent à tout faire avec un seul appareil, c’est un progrès notable. Pour les cuisiniers qui aiment maîtriser chaque étape manuellement, ça reste un gadget sympathique mais non indispensable. Le mode œufs, qui permet d’ajuster la cuisson au degré près, s’inscrit dans cette même logique : pratique pour les perfectionnistes, superflu pour les autres.
Design noir : coup de génie ou pari risqué ?
Le TM7 rompt avec la tradition immaculée de ses prédécesseurs. Fini le blanc clinique : place au noir mat avec des finitions striées sur le bol. Ce choix esthétique divise. Certains y voient une sophistication digne d’une cuisine moderne, d’autres regrettent la neutralité du blanc qui s’intégrait partout. Vorwerk assume ce virage premium, mais ne propose pour l’instant qu’une seule couleur. Pas de version blanche, pas d’alternative. On achète le noir ou on s’abstient.
Ce parti pris design a aussi des conséquences pratiques. Le noir met davantage en évidence les traces de doigts sur l’écran tactile et les éclaboussures sur le bol. L’entretien quotidien devient plus exigeant. À l’inverse, le revêtement strié du bol offre une meilleure isolation thermique — un détail technique qui fait toute la différence quand on manipule l’appareil en pleine cuisson. Comme pour le choix des produits d’entretien écologiques, il faut peser le pour et le contre entre esthétique et praticité.
Le Varoma gonflé aux hormones
L’accessoire vapeur du TM7 a pris du volume : 6,8 litres contre 4,7 litres pour le TM6, soit une augmentation de 45 %. En termes pratiques, ça change radicalement la donne pour les familles nombreuses ou ceux qui aiment préparer plusieurs plats simultanément. On peut désormais cuire un poulet entier à la vapeur tout en faisant des légumes dans le plateau supérieur. Le panier vapeur adopte une forme plus rectangulaire, optimisant l’espace et la circulation de la chaleur.
Cette évolution répond à une demande récurrente des utilisateurs frustrés par la capacité limitée du Varoma TM6. Vorwerk a écouté, mais cette amélioration pose une question d’encombrement. Le TM7 avec son Varoma installé prend nettement plus de hauteur. Si votre cuisine est équipée de meubles hauts bas ou si votre plan de travail est déjà saturé, il faudra repenser l’agencement. Dimensions avec bol mais sans Varoma : 25,3 cm de largeur × 40,5 cm de profondeur × 33,6 cm de hauteur. C’est compact sur la largeur, mais profond. À anticiper avant l’achat.
TM7 vs TM6 : le match des fonctions
| Critère | Thermomix TM7 | Thermomix TM6 |
|---|---|---|
| Prix neuf | 1 599 € | 1 349 € (actuellement) |
| Écran | 10 pouces, 100 % tactile | 6,8 pouces, tactile + molette |
| Niveau sonore (vitesse 1) | 30 dB | 63 dB |
| Capacité Varoma | 6,8 L (+45 %) | 4,7 L |
| Cuisson bol ouvert | Oui, jusqu’à 160 °C | Non |
| Capacité du bol | 2,2 L (revêtement noir strié) | 2,2 L (inox classique) |
| Poids de l’appareil | 6,5 kg | 7,95 kg |
| Couleur disponible | Noir uniquement | Blanc |

À qui s’adresse vraiment le TM7 ?
Le TM7 n’est pas un achat évident pour tout le monde. Si vous possédez déjà un TM6 en bon état avec une batterie d’accessoires, la migration représente un investissement conséquent pour des améliorations certes réelles, mais pas révolutionnaires. Le silence du moteur et l’écran XXL sont des conforts appréciables, pas des nécessités absolues. En revanche, pour les propriétaires d’un TM31 ou d’un TM5, le bond technologique justifie amplement l’upgrade. L’ergonomie moderne, la connectivité Cookidoo native et les modes de cuisson élargis transforment véritablement l’expérience.
Pour les primo-achetants, la question est ailleurs : est-ce qu’un robot à 1 599 € rentre dans mon budget et mon usage réel de la cuisine ? Si vous cuisinez quotidiennement, si vous aimez expérimenter, si vous valorisez le gain de temps et la polyvalence, le TM7 tient ses promesses. Il remplace effectivement une dizaine d’appareils et simplifie drastiquement la préparation des repas. Mais si vous êtes un cuisinier occasionnel ou un puriste attaché aux gestes traditionnels, le retour sur investissement sera difficile à justifier. Des alternatives comme le Magimix Cook Expert ou le Kenwood Cooking Chef existent à des prix inférieurs, certes avec moins de recettes guidées, mais offrant une vraie liberté d’usage. On retrouve d’ailleurs cette logique de choix entre praticité et autonomie dans l’univers des recettes revisitées où l’on peut opter pour le robot ou la méthode manuelle selon ses priorités.
L’écosystème verrouillé : liberté ou dépendance ?
Acheter un Thermomix TM7, c’est épouser un système complet. Les accessoires sont propriétaires, l’abonnement Cookidoo devient vite indispensable, et la revente du matériel d’occasion suit des règles strictes imposées par Vorwerk. Cette stratégie d’écosystème fermé a ses avantages : compatibilité garantie, mises à jour logicielles régulières, service client rodé. Mais elle a aussi son revers : impossible de bricoler, difficile de sortir du cadre, coûteux de changer d’avis.
Cette approche divise profondément les utilisateurs. Les fans inconditionnels apprécient la simplicité rassurante d’un univers clés en main où tout fonctionne ensemble sans prise de tête. Les esprits indépendants regrettent le manque de flexibilité et le sentiment d’être captifs d’une marque. Vorwerk maintient aussi son modèle de distribution directe — pas d’achat en supermarché, uniquement via des démonstrations à domicile, en boutique physique ou sur le site officiel. Ce circuit contrôlé permet un accompagnement personnalisé mais limite la concurrence sur les prix. Aucune promotion sauvage, aucune négociation possible. Le prix est le prix, à prendre ou à laisser.
Le verdict du quotidien
Après plusieurs mois de commercialisation, les retours d’utilisateurs convergent. Le TM7 excelle dans trois domaines : le silence opérationnel qui change la vie quotidienne, l’ergonomie dopée par le grand écran tactile, et la capacité vapeur élargie qui séduit les familles. Ces trois points représentent de vrais progrès tangibles au quotidien, pas du marketing creux. À l’inverse, la cuisson bol ouvert, bien que sympathique, reste un ajout secondaire qui ne justifie pas à lui seul l’achat.
Le prix reste l’éléphant dans la pièce. 1 599 €, c’est un mois de courses alimentaires pour une famille de quatre personnes. C’est aussi un investissement durable si l’appareil est utilisé quotidiennement pendant 8 à 10 ans, durée de vie moyenne constatée sur les modèles précédents. Ramené au coût journalier, ça fait environ 50 centimes par jour sur 10 ans. Acceptable pour certains, démesuré pour d’autres. Tout dépend de votre rapport à la cuisine, de votre budget, et de votre sensibilité à la technologie domestique. Vorwerk a créé un excellent robot, techniquement irréprochable. Mais il ne révolutionnera votre vie que si vous êtes prêt à l’intégrer pleinement dans votre routine et à jouer le jeu de son écosystème, exactement comme lorsqu’on adopte des techniques express en cuisine qui demandent une réorganisation de ses habitudes.
Les questions que personne ne pose (et qu’on devrait)
Au-delà des spécifications techniques, plusieurs angles morts méritent réflexion. D’abord, la réparabilité. Vorwerk ne communique pas ouvertement sur la disponibilité des pièces détachées ni sur la facilité de démontage. Dans une ère où l’indice de réparabilité devient un critère d’achat, cette opacité interroge. Les utilisateurs rapportent des coûts de réparation hors garantie parfois proches de la moitié du prix d’achat neuf. Frustrant quand une simple pièce électronique est en cause.
Autre point rarement abordé : l’obsolescence programmée logicielle. Le TM5, sorti en 2014, a vu ses mises à jour Cookidoo stoppées progressivement, poussant les utilisateurs vers un renouvellement. Rien ne garantit que le TM7 échappera à ce destin dans 6 ou 8 ans. Vorwerk argue que les contraintes techniques justifient ces arrêts, mais le sentiment de manipulation perdure. Dernier tabou : la consommation électrique. Vorwerk ne détaille pas précisément la consommation du TM7 en usage intensif. Avec un moteur aussi puissant, la facture énergétique sur 10 ans représente un coût caché non négligeable, surtout avec la flambée des tarifs électriques.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.



