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    Nrmagazine » The Odyssey : Christopher Nolan pulvérise son record Rotten Tomatoes avant même la sortie
    Blog Entertainment 15 juillet 20266 Minutes de Lecture

    The Odyssey : Christopher Nolan pulvérise son record Rotten Tomatoes avant même la sortie

    Avec 98 % sur Rotten Tomatoes, le cinéaste signe déjà son meilleur score critique et relance la machine à fantasmes
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    Christopher Nolan n’a pas attendu la sortie de The Odyssey pour rafler la mise : avec un score de 98 % sur Rotten Tomatoes, son péplum antique devient déjà son film le mieux accueilli par la critique. À ce niveau-là, on ne parle plus d’un simple bon départ, mais d’un petit séisme dans la filmographie d’un cinéaste qui avait déjà l’habitude de jouer dans la cour des géants.

    Pour remettre les choses à leur place, il faut rappeler que Nolan n’est pas exactement un inconnu qui débarque en claquant la porte. Depuis Memento en 2000, puis la trilogie The Dark Knight, Inception en 2010, Dunkirk en 2017 et surtout Oppenheimer en 2023, il a patiemment construit un drôle d’objet : un auteur de studio capable de faire saliver les critiques, les exploitants et les comptables dans la même semaine. Oppenheimer, avec ses 98,8 millions de dollars de budget de production et plus de 952 millions au box-office mondial, avait déjà rappelé qu’un film de trois heures sur la bombe pouvait devenir un mastodonte commercial. Alors un récit homérique porté par Universal Pictures, avec Matt Damon en Ulysse, on voit bien le programme : du prestige, du spectacle et, si tout se passe comme prévu, des billets qui s’arrachent comme des petits pains. Nolan ne vend pas seulement des films, il vend une forme de gravité pop.

    Et The Odyssey vient de prouver que cette gravité-là attire encore très fort.

    Le mythe, le score et la petite musique du triomphe

    À l’heure où l’agrégateur affiche 98 % de critiques positives pour plus d’une centaine de retours recensés, The Odyssey s’installe au sommet de la hiérarchie nolanienne. Jusqu’ici, ses meilleurs scores restaient The Dark Knight et Memento, tous deux à 94 %, suivis par Dunkirk et Insomnia dans les 90 % passés. Autrement dit, le nouveau film ne se contente pas d’entrer dans le club : il en prend la présidence, la clé du coffre et le micro du discours. Ce n’est pas anodin, parce que Nolan a longtemps été vu comme un cinéaste de la démonstration, parfois plus admiré pour sa mécanique que pour sa chaleur. Là, la critique semble lui accorder les deux. Le bonhomme ne gagne pas seulement sur la forme, il fait aussi taire le vieux procès en froideur.

    Ce qui rend l’affaire plus piquante, c’est le contexte industriel. Depuis la pandémie, Hollywood cherche toujours son point d’équilibre entre franchise rassurante, événement premium et originalité vendable. Nolan, lui, a compris avant beaucoup d’autres qu’un film pouvait redevenir une destination à part entière, à condition d’être pensé pour la salle, le grand écran, le format qui en impose. Oppenheimer avait déjà joué ce rôle de démonstrateur. The Odyssey pousse le curseur plus loin encore, avec un imaginaire de blockbuster antique qui croise la statuaire, la guerre, le voyage et la promesse d’une ampleur presque insolente. On n’est pas loin de la machine à fantasmes en mode XXL, celle qui fait croire au public qu’il va assister à un événement historique et pas seulement à un long métrage de plus. Sauf que, chez Nolan, l’emballage et le fond se tiennent souvent par la main. Ou se surveillent du coin de l’œil, ce qui revient presque au même.

    Affiche de L'Odyssée
    Affiche de L'Odyssée

    Ulysse au pays des chiffres

    La vraie gourmandise, ici, c’est la rencontre entre un mythe fondateur et un cinéaste qui adore les structures, les boucles, les retours, les labyrinthes temporels. Adapter Homère, ce n’est pas simplement raconter un voyage : c’est affronter une matière qui a déjà tout vu, tout absorbé, tout contaminé. Nolan, qui a souvent travaillé la mémoire, le deuil, la répétition et la perception, trouve là un terrain de jeu idéal. On peut même y lire une sorte de miroir biographique un peu tordu : lui qui a passé sa carrière à faire avancer ses récits en les repliant sur eux-mêmes s’attaque à l’archétype du retour impossible. Ulysse et Nolan partagent le même vice élégant : transformer le trajet en obsession.

    Et puis il y a le box-office, cette autre mer Égée où le cinéaste navigue avec une aisance agaçante pour les sceptiques. Selon les premiers indicateurs de marché évoqués par la presse américaine, The Odyssey partirait sur une ouverture supérieure à celle d’Oppenheimer. Si cela se confirme, on parlera d’un nouveau coup de force pour un film qui n’a même pas encore eu le temps de faire sa vie en salles. Dans une industrie où tant d’œuvres sont conçues pour la plateforme avant d’être pensées pour la projection, Nolan continue de défendre l’idée inverse : la salle comme arène, le public comme foule, le film comme événement. C’est presque old school, et c’est précisément pour ça que ça marche. Le paradoxe est délicieux : plus il paraît classique dans son ambition, plus il semble moderne dans sa manière de fabriquer l’attente.

    Le grand écran ou rien, sinon c’est du gâchis

    Le succès critique de The Odyssey dit aussi quelque chose de l’époque. On a beaucoup entendu, ces dernières années, que le public ne suivait plus que les franchises, les suites, les reboots et les univers étendus. Nolan, lui, continue de faire mentir le refrain en imposant des œuvres originales ou quasi originales au centre du jeu, puis en les habillant d’une ampleur qui les rend impossibles à ignorer. C’est sa vieille force : prendre le langage du blockbuster et lui injecter une ambition d’auteur sans demander pardon à personne. Pas de fausse modestie, pas de table rase, pas de petit film discret qui s’excuse d’exister. Le monsieur avance en demi-dieu, et franchement, il aurait tort de se priver.

    Reste maintenant le vrai test, celui qui ne se joue ni sur Rotten Tomatoes ni dans les tableaux de prévision : la salle. Le 17 juillet 2026, The Odyssey débarquera au cinéma, et tout indique qu’il faudra le voir dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire dans un format qui laisse respirer les images et les secousses. Le score critique, à ce stade, n’est pas une fin en soi, mais un signal. Un signal très clair, même. Quand Nolan décroche son meilleur accueil critique avec un poème antique, on se dit que le vieux cinéma de spectacle a encore quelques cartouches sous le coude. Et quelque part, ça fait presque plaisir de voir les trolls ramer dans le vide.

    La vraie question, maintenant, n’est plus de savoir si The Odyssey sera un succès. C’est de savoir jusqu’où il peut aller sans même avoir encore commencé à jouer sa partition complète. On en reparle quand les lumières s’éteignent ?

    Bande-annonce VF de L'Odyssée

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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