
Après avoir enregistré guitares, voix et instruments durant une semaine complète avec la Focusrite Scarlett Solo 4ème génération, je peux affirmer qu’il s’agit d’une interface audio USB solide pour débutants et home studios, mais avec quelques limitations qu’il faut connaître avant d’acheter . La qualité sonore est impressionnante pour le prix, mais certains choix de conception peuvent frustrer selon vos besoins.
Produit testé : Focusrite Scarlett Solo 4th Generation (Interface audio USB-C)
Prix constaté : 120-130 € (février 2026)
Ma note globale : 8,5/10
Verdict rapide : Fortement recommandée pour les musiciens solo, chanteurs-compositeurs et podcasteurs qui enregistrent une source à la fois. À éviter si vous avez besoin d’enregistrer plusieurs micros simultanément ou si vous travaillez régulièrement avec des guitares à sorties très chaudes nécessitant beaucoup de headroom.

La Scarlett Solo 4ème génération marque une vraie évolution par rapport à la 3ème gen que j’avais testée il y a deux ans . Focusrite a intégré les convertisseurs de sa gamme RedNet (utilisés dans les studios pros), offrant une plage dynamique de 120 dB et une résolution maximale de 24-bit/192 kHz . Durant mes tests, j’ai principalement travaillé en 96 kHz, qui reste le sweet spot entre qualité et consommation CPU.
| Caractéristique | Scarlett Solo 4th Gen | Behringer UM2 | PreSonus AudioBox 96 |
|---|---|---|---|
| Résolution audio | 24-bit/192 kHz | 16-bit/48 kHz | 24-bit/96 kHz |
| Entrées XLR | 1 (avec préampli Scarlett) | 1 (combo XLR/jack) | 2 |
| Plage dynamique | 120 dB | Non spécifié | Non spécifié |
| Modes préampli | 2 modes Air (Presence + Harmonic Drive) | Aucun | Aucun |
| Sorties moniteurs | 2x Jack 6,35 mm | 2x RCA | 2x Jack 6,35 mm |
| Alimentation fantôme | +48V | +48V | +48V |
| Prix (février 2026) | 120-130 € | ~40 € | ~90 € |
| Logiciels inclus | Pro Tools Intro+, Ableton Live Lite, Hitmaker Expansion | Aucun | Studio One Artist |
Ce tableau révèle pourquoi la Solo 4 domine ce segment de prix : la résolution audio est deux fois supérieure au Behringer UM2 (qui reste bloqué en 16-bit/48 kHz) , et les modes Air apportent une flexibilité sonore absente chez la concurrence. Par contre, si vous avez besoin d’enregistrer deux micros en même temps, la PreSonus AudioBox 96 avec ses deux entrées XLR devient plus pertinente .
L’installation a pris moins de 10 minutes sous Windows 11 et macOS Ventura . J’ai simplement connecté l’interface via USB-C (câble fourni), téléchargé les drivers depuis le site Focusrite, et tout a été reconnu immédiatement. La fonction Easy Start propose un tutoriel interactif qui guide les débutants à travers la configuration dans leur DAW . Testé avec Ableton Live, Reaper et Logic Pro, la latence mesurée oscillait entre 4 et 6 ms en buffer 128 samples à 96 kHz, ce qui rend le monitoring direct quasi obligatoire.
J’ai branché ma Stratocaster directement dans l’entrée instrument dédiée en façade . Le switch line/instrument ajuste automatiquement l’impédance à 1 MΩ, simulant l’entrée d’un ampli . Le son capté était propre, avec une belle réponse dans les aigus. Par contre, avec ma Les Paul équipée de EMG actifs (micros très chauds), j’ai dû baisser le volume de la guitare pour éviter de saturer le préampli — le gain disponible de 57 dB n’offre pas énormément de headroom dans ces situations .
Test concret : Lors d’une session d’enregistrement de riffs heavy metal, le mode Harmonic Drive (nouveau dans la 4ème gen) a ajouté un punch dans les médiums qui donnait plus de corps au son . C’est subtil mais audible au mix — une vraie différence par rapport aux interfaces sans traitement intégré.
Testé avec un Audio-Technica AT2020 (micro à condensateur grand diaphragme nécessitant l’alimentation fantôme +48V), le préampli Scarlett s’est montré extrêmement silencieux . En poussant le gain à fond sur une voix douce, le bruit de fond restait inaudible dans le mixage final. Le mode Air Presence booste les hautes fréquences (présence vocale), imitant le son des transformers ISA de Focusrite . Sur ma voix, ça apportait de la clarté sans agressivité, parfait pour du podcast ou du chant pop.
Par contre, avec un Shure SM7B (micro dynamique gourmand en gain), j’ai atteint la limite du préampli. Il fallait monter le gain à 90 % pour obtenir un niveau correct, ce qui n’offre aucune marge de manœuvre . Dans cette configuration, un CloudLifter ou Fethead devient indispensable — c’est là où la Solo montre ses limites face à des interfaces plus haut de gamme.
La sortie casque amplifiée délivre une puissance respectable (32 mW dans 33 Ω) . Testé avec un Beyerdynamic DT 770 Pro (250 Ω), le volume était largement suffisant sans distorsion. Le potentiomètre de volume casque et le contrôle de monitoring sont indépendants, permettant d’ajuster séparément le niveau dans le casque et les enceintes . Les sorties moniteurs utilisent des jacks 6,35 mm symétriques (TRS) , ce qui signifie que vous aurez besoin d’adaptateurs si vos enceintes ont uniquement des entrées RCA ou XLR.
Le monitoring direct (sans latence) via le mixage hardware fonctionne parfaitement grâce au bouton “Monitor” en façade. Pendant l’enregistrement, j’entendais ma guitare en temps réel sans le délai caractéristique du monitoring logiciel .
Focusrite a équipé cette 4ème génération des convertisseurs de sa série RedNet, habituellement réservés aux interfaces pro multi-milliers d’euros . Sur le papier, on passe à 120 dB de plage dynamique contre 110 dB sur la 3ème gen . En pratique, j’ai constaté une meilleure séparation stéréo et une restitution plus fidèle des transitoires rapides (attaques de guitare, consonnes vocales). C’est le genre de détail qu’on remarque surtout en comparaison A/B avec une interface bas de gamme.
La grande nouveauté de cette génération, c’est la refonte du mode Air en deux options distinctes :
Ces modes sont bien plus utiles que le mode Air générique des anciennes Scarlett. Lors d’un enregistrement de guitare acoustique, le Harmonic Drive a transformé un son plat en une prise chaleureuse qui s’intégrait naturellement au mix sans EQ additionnel. C’est du traitement à la source, mais musical et transparent.
Le Behringer UM2 coûte trois fois moins cher (~40 €) mais reste limité en 16-bit/48 kHz , ce qui le cantonne aux applications streaming ou podcast basique. La différence de qualité audio est audible, surtout sur les sources riches en harmoniques (cymbales, voix aiguës). Pour 80 € de plus, la Solo offre un vrai son studio.
La PreSonus AudioBox 96 constitue une alternative plus sérieuse avec ses deux entrées XLR , mais elle plafonne à 96 kHz (contre 192 kHz pour la Solo) et ne propose aucun traitement intégré. Si vous enregistrez régulièrement en stéréo (deux micros sur un ampli guitare, couple stéréo pour piano, etc.), prenez la AudioBox. Sinon, la Solo reste supérieure en qualité sonore pure .
À 120-130 € , la Scarlett Solo 4th Gen offre un rapport qualité/prix difficile à battre dans sa catégorie. Vous obtenez :
Si l’on compare au prix de la 3ème génération au lancement (environ 110 €), l’augmentation de 10-20 € est largement justifiée par les améliorations apportées. Par contre, les utilisateurs de la 3ème gen n’ont pas forcément besoin d’upgrader si leur workflow actuel fonctionne déjà bien.
Le châssis en aluminium anodisé inspire confiance . Après une semaine de manipulations quotidiennes (branchements/débranchements répétés, transport entre pièces), aucun jeu dans les connectiques ni rayure notable. Les potentiomètres sont fermes et précis. Focusrite offre une garantie de trois ans , ce qui témoigne de la confiance du fabricant dans la durabilité de ses produits — c’est rare dans cette gamme de prix.
Point d’attention : l’interface est alimentée uniquement via USB (900 mA requis) . Sur certains vieux PC portables avec ports USB sous-alimentés, j’ai constaté des craquements audio occasionnels. Un hub USB alimenté ou un port USB direct sur la carte mère résout le problème.
Focusrite bénéficie d’une excellente réputation en support client, avec des forums actifs et une documentation technique détaillée sur leur site. Les mises à jour de drivers sont régulières et corrigent rapidement les bugs de compatibilité. La base d’utilisateurs Scarlett est énorme (plusieurs millions d’unités vendues dans le monde), ce qui facilite la recherche de solutions aux problèmes courants.
Profils idéaux :
Profils à éviter :
Budget plus serré (40-60 €) : Behringer UM2 ou U-Phoria UMC22, mais acceptez la limitation 16-bit/48 kHz .
Même budget avec deux entrées XLR : PreSonus AudioBox 96 (~90 €) si l’enregistrement stéréo est prioritaire .
Budget légèrement supérieur (180-220 €) : Focusrite Scarlett 2i2 4th Gen offre deux préamplis identiques à la Solo, permettant l’enregistrement stéréo sans compromis sur la qualité.
Si vous utilisez des micros dynamiques exigeants : Audient iD4 MkII (~150 €) avec son préampli plus puissant et son mode JFET pour une coloration vintage.
Voici les distributeurs où j’ai relevé les prix les plus compétitifs en 2026 :
La version Scarlett Solo Studio 4th Gen (~230 €) inclut un micro à condensateur CM25 MkIII, un casque studio SH-450 et un câble XLR — excellent rapport qualité/prix si vous partez de zéro et n’avez pas encore de micro ni casque.
Astuce d’achat : surveillez les périodes Black Friday / Cyber Monday où les Scarlett bénéficient souvent de 15-20 % de réduction. Les versions “bundle” sont généralement plus intéressantes que l’achat séparé des composants.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.