
Le SMS a longtemps été roi dans l’univers de la communication mobile. Simple, direct, presque indétrônable. Mais les usages ont évolué, les attentes aussi. Aujourd’hui, les marques cherchent plus qu’un message texte : elles veulent engager, faire vivre une expérience, captiver. C’est là que le RCS entre en scène. Souvent surnommé le « SMS 2.0 », ce format enrichi change la donne. Et si vous n’en avez pas encore entendu parler, il est peut-être temps de s’y pencher sérieusement.
RCS pour « Rich Communication Services ». Derrière ce nom technique, une technologie poussée par Google pour moderniser le bon vieux SMS. On parle ici d’un canal natif sur Android, sans application tierce à installer, qui transforme un message basique en mini expérience interactive.
Images, vidéos, boutons d’action, carrousels de produits, géolocalisation, réponses automatiques… le tout intégré directement dans l’application Messages du téléphone. Un peu comme un mélange entre WhatsApp et un site web, mais sans quitter la boîte de réception.
Comparé au SMS traditionnel, c’est un saut quantique. Et contrairement aux messageries instantanées comme WhatsApp ou Messenger, pas besoin que l’utilisateur ait installé quoi que ce soit de spécifique. Le canal est natif. Invisible. Fluide.
Ce qui frappe en premier, c’est l’enrichissement visuel. Terminé les messages texte un peu ternes. Avec le RCS, on peut montrer un produit en vidéo, afficher plusieurs options avec des visuels cliquables, ou intégrer un bouton d’achat immédiat.
Mais le plus intéressant, c’est l’impact. Les taux d’engagement explosent : plus d’ouvertures, plus de clics, plus d’interactions. On parle d’un canal qui combine la délivrabilité du SMS et l’expérience utilisateur du digital. Difficile de faire mieux.
Et si l’on souhaite tester le RCS marketing, des plateformes comme Spot hit permettent déjà de lancer des campagnes ciblées, avec des outils de personnalisation et d’automatisation avancés. On peut facilement intégrer des scénarios : prise de rendez-vous, confirmation de commande, service client automatisé, relances panier… Les usages sont larges, très concrets.
Imaginez un client qui reçoit un message avec une vidéo de la dernière collection, des boutons pour acheter directement, un lien vers Google Maps pour localiser la boutique la plus proche… tout ça sans quitter l’écran de messagerie.
Ou encore un message de suivi de livraison, avec un visuel du colis, un bouton pour reprogrammer la réception, et une option pour poser une question à un chatbot. On est loin du simple « Votre colis a été expédié ».
Le RCS permet aussi de créer des campagnes événementielles dynamiques, des relances automatiques après une interaction, ou même un SAV interactif sans passer par un call center. C’est du marketing conversationnel, mais intégré, fluide, accessible.
Pas besoin d’une usine à gaz pour se lancer, mais quelques conditions sont à remplir. D’abord, le destinataire doit utiliser un smartphone Android compatible avec le RCS. Il faut aussi que l’opérateur mobile le supporte (ce qui est de plus en plus fréquent, mais encore inégal selon les pays).
Et côté marque, il est indispensable de passer par une plateforme agréée. Ces solutions permettent d’orchestrer les campagnes, de gérer les flux via API, d’obtenir des analytics poussés, et surtout de rester dans les clous côté réglementation et délivrabilité.
Tout n’est pas parfait. Le principal frein aujourd’hui reste la couverture. Les iPhones, par exemple, ne sont pas compatibles avec le RCS (Apple a ses propres priorités avec iMessage). Résultat : une partie de la cible reste hors de portée.
Il faut aussi composer avec une adoption encore variable selon les marchés. Et bien sûr, le consentement utilisateur reste un point central. Pas question de bombarder les contacts sans autorisation claire. Ce n’est pas du SMS déguisé, c’est un canal à part entière, avec ses règles.
Alors faut-il abandonner le SMS classique ? Pas forcément. Dans certains cas, il reste plus simple, plus universel. L’idéal est souvent d’adopter une logique multicanal intelligente, en utilisant le RCS là où il apporte un vrai plus, sans chercher à tout remplacer.
La réponse est non. Ce n’est pas une guerre. C’est une complémentarité. Le RCS brille dans des scénarios où l’expérience utilisateur compte, où l’on veut créer de l’interaction, de l’image, de la conversion. Le SMS reste un allié pour les messages courts, urgents, ou quand on s’adresse à une base très large.
Une stratégie efficace aujourd’hui, c’est de mixer intelligemment les deux. Utiliser le RCS pour enrichir certains parcours, le SMS pour garantir la portée. Le bon message, au bon moment, sur le bon canal.
Le potentiel est énorme. Google pousse fort, les opérateurs suivent. Il ne manque plus qu’un petit déclic côté utilisateurs pour que l’adoption décolle encore plus vite.
Avec l’arrivée de l’IA générative, les campagnes RCS pourraient devenir encore plus personnalisées, plus conversationnelles, presque « humaines ». Imaginez un message RCS qui adapte son contenu à chaque profil, qui répond en temps réel, qui s’intègre dans un tunnel de conversion intelligent. Ce n’est pas de la science-fiction. C’est ce qui se prépare.
Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, Apple finira par ouvrir la porte. Ce jour-là, le RCS passera de promesse à standard.
Le RCS n’est pas un gadget. C’est une évolution logique du mobile messaging, alignée avec les attentes d’aujourd’hui : interactivité, personnalisation, instantanéité.
Les marques qui l’adoptent tôt prennent une longueur d’avance. Pas juste en termes de performance, mais en créant une relation plus riche avec leurs clients. Plus directe. Plus engageante.
Le moment est idéal pour tester, apprendre, ajuster. Car une chose est sûre : le SMS 2.0 est déjà là. Et il ne demande qu’à être utilisé intelligemment.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.