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    Nrmagazine » Oscars 2027 : Tom Cruise, Julianne Moore et le grand retour des films
    Blog Entertainment 29 juin 20267 Minutes de Lecture

    Oscars 2027 : Tom Cruise, Julianne Moore et le grand retour des films

    Variety voit déjà la saison des récompenses s’emballer, avec Dune: Part Three en patron et Hollywood qui se redresse le menton
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    Variety a dégainé ses premières prédictions pour les Oscars 2027, et la rédaction américaine y lit un vieux rêve hollywoodien : les salles remplissent à nouveau, les studios reprennent leurs muscles, et les campagnes de prix repartent au combat comme si de rien n’était.

    On parle ici d’un thermomètre, pas d’un verdict. La rubrique Awards Circuit du magazine, pilotée par Clayton Davis, publie des pronostics actualisés chaque semaine, histoire de suivre une course encore liquide, mouvante, parfois franchement capricieuse. Mais la photo du moment est assez nette : le box-office a repris du poil de la bête, les festivals d’automne commencent à faire monter la pression, et les gros morceaux de fin d’année s’installent déjà dans les conversations des votants. Dans ce petit théâtre, Warner Bros. revient en position de force, avec une armée de titres qui sentent la campagne montée au cordeau, pendant que Netflix, A24, Neon et les autres se battent pour ne pas se faire reléguer au rang de figurants premium. Bref, Hollywood adore annoncer sa renaissance dès qu’il retrouve deux ou trois locomotives.

    Et au milieu de ce barnum, une idée domine tout le reste : la saison 2027 pourrait consacrer le retour des franchises comme machines à prestige, pas seulement comme machines à cash.

    Le sable, le cœur et le reste du buffet

    Le nom qui écrase la liste, c’est évidemment Dune: Part Three. Variety le place déjà en tête de plusieurs catégories majeures, avec une domination attendue sur le film, la mise en scène, la photographie, le montage, les costumes, le son, les effets visuels, la direction artistique et la musique. Dit autrement : Denis Villeneuve n’est plus seulement le type qui a remis la science-fiction de studio au centre du jeu, il est en train de transformer sa trilogie en totem industriel. On connaît la chanson : un premier film installe la mythologie, un deuxième consolide l’édifice, un troisième tente le grand chelem. Sauf que là, on ne parle pas d’un simple final, mais d’un possible cas d’école façon The Lord of the Rings: The Return of the King, où l’Académie finit par récompenser la patience, l’ampleur et la cohérence d’ensemble. Le péché originel de la franchise devient soudain son meilleur argument de campagne.

    Ce qui frappe, c’est la manière dont Variety relie la santé des Oscars à celle du box-office. Le magazine cite un premier semestre 2026 déjà nourri de candidats sérieux, puis regarde vers les festivals de Venise et Telluride comme vers des zones de décantation où les favoris vont se révéler. On est loin de l’époque où les Oscars semblaient flotter au-dessus du marché, dans une bulle de prestige déconnectée. Là, la logique est brutale : si les films font revenir le public, ils regagnent du poids symbolique. Et si le public revient, les studios retrouvent leur fer de lance. Le glamour, chez Hollywood, adore suivre l’argent quand il sent bon.

    Cruise control et Moore en orbite

    Deux noms cristallisent cette bascule : Tom Cruise et Julianne Moore. Le premier est annoncé dans Digger, réalisé par Alejandro G. Iñárritu pour Warner Bros., et Variety le place déjà dans la course au meilleur acteur. On n’a pas besoin d’être devin pour comprendre ce que raconte ce casting : Cruise, star-moteur par excellence, revient dans un rôle pensé pour la saison des prix, après des années à incarner surtout la rentabilité spectaculaire. Le voilà en train de faire ce que les monstres sacrés font toujours quand ils veulent rappeler qu’ils savent encore jouer : passer du pilote automatique au grand écart émotionnel. Et si la campagne prend, ce ne sera pas seulement pour lui. Ce sera aussi pour l’idée qu’un demi-dieu du box-office peut encore prétendre à la couronne critique. Tom Cruise ne vend pas un film, il vend une époque qui refuse de mourir.

    Julianne Moore, elle, apparaît en tête de la catégorie actrice pour The Debut, le nouveau film de Jesse Eisenberg produit par A24. Variety va jusqu’à rapporter qu’un observateur de l’industrie le décrit comme le meilleur film d’Eisenberg et, surtout, comme la meilleure performance de Moore. Voilà le genre de phrase qui fait lever un sourcil à tout le monde, parce qu’elle sent à la fois le buzz authentique et la petite musique de campagne bien huilée. Mais Moore n’a pas besoin d’être sur-vendue : elle appartient à cette catégorie rarissime d’interprètes capables de traverser les décennies sans perdre ni précision ni danger. Si le film tient ses promesses, on pourrait bien tenir là une de ces trajectoires où l’Académie aime se regarder dans le miroir en se disant qu’elle sait encore reconnaître la grandeur. Moore en campagne, c’est toujours un peu la classe qui entre dans la pièce sans demander la permission.

    Les outsiders qui ont des dents

    Le reste du tableau n’a rien d’un décor en carton. Wild Horse Nine, le nouveau Martin McDonagh chez Searchlight, aligne John Malkovich, Sam Rockwell et Mariana di Girolamo dans une configuration qui sent le chaos contrôlé et les dialogues qui mordent. The Debut semble aussi jouer la carte du casting premium, avec Paul Giamatti en soutien, pendant que The Social Reckoning d’Aaron Sorkin s’offre Mikey Madison, Jeremy Strong et même Bill Burr, ce qui suffit déjà à promettre un concours de tension verbale. Dans le registre des films qui veulent faire sérieux sans se prendre pour des statues, Fjord de Cristian Mungiu et Fatherland de Paweł Pawlikowski viennent rappeler que le prestige européen reste une monnaie forte quand les festivals s’en mêlent. La saison des Oscars adore les films qui ont l’air d’avoir été écrits au couteau.

    Il y a aussi, dans cette première salve, une petite bataille des studios qui vaut son pesant de popcorn. Warner Bros. mène la danse avec 17 nominations projetées, devant Netflix à 13, Neon à 10, A24 et Searchlight à 9, Lionsgate à 7. Ces chiffres ne disent pas qui gagnera, mais ils racontent déjà qui occupe le terrain, qui achète du bruit, qui sait faire exister ses films dans la longue durée. Et comme toujours, l’animation sert de laboratoire parallèle : Hoppers, Toy Story 5, Ray Gunn chez Netflix et Wildwood chez Laika dessinent une année où le dessin animé ne joue pas les seconds rôles, mais vient piquer des places dans la conversation générale. Quand l’animation commence à faire peur aux live action, c’est que le marché a retrouvé des crocs.

    Le grand cirque reprend ses quartiers

    Ce qui rend cette première cartographie intéressante, ce n’est pas seulement la liste des favoris. C’est le récit qu’elle fabrique : celui d’une industrie qui veut croire que la salle n’est pas morte, que le prestige peut encore naître d’un blockbuster, et que les Oscars n’ont pas vocation à devenir un musée pour drames sages et biopics en costume. Avec Dune: Part Three, Digger, The Debut ou The Social Reckoning, Variety dessine un paysage où l’ambition commerciale et l’ambition artistique cessent de se regarder en chiens de faïence. On peut trouver ça cynique. On peut aussi y voir un retour à une vérité ancienne, presque indécente de simplicité : les Oscars aiment les films dont tout le monde parle. Et en 2027, tout le monde semble bien décidé à parler fort. Le cinéma n’est pas “de retour” par magie ; il revient quand il recommence à faire événement.

    La suite, évidemment, dépendra des festivals, des bandes-annonces, des premières projections et de cette vieille loterie qu’on appelle la saison des prix. Mais pour l’instant, le message est clair : Hollywood a remis ses bottes, ses costumes et ses ambitions sur la table. Le reste, on le sait bien, n’est qu’une affaire de nerfs, de buzz et de timing. Et parfois, d’un sablier qui se vide très bien sous les projecteurs.

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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