Michael B. Jordan et Austin Butler ont signé : duo star, époque d’origine, script de Dan Gilroy. Le film policier rêve grand, et très grand angle.
Vice de forme, vertu de fond ?
Retour au point de départ : Miami Vice version Kosinski s’intitulera donc Miami Vice ’85, assumant l’ancrage temporel (pastel obligatoire) et piochant dans le pilote et la première saison de la série d’Anthony Yerkovich (1984-1990). Hollywood Reporter écrit que le film sera « inspiré du pilote et de la première saison de la série policière » et qu’Universal vise une sortie le 6 août 2027, en Amérique du Nord. « Ce sera également un film d’époque » (THR). On applaudit l’idée d’arrêter la nostalgie tiède pour une vraie proposition de recontextualisation, pas une re-sauce contemporaine.
Petit conseil vestimentaire : ne jetez pas votre blazer ivoire, il revient.

Pour rappel, Michael Mann avait, en 2006, tout envoyé valser avec un long-métrage oppressant et numérique, plus nocturne que régressif, avec Jamie Foxx et Colin Farrell. Kosinski, lui, choisit l’inverse : remonter aux origines et épouser la texture flashy du milieu des années 80. Le pari : garder le cœur tragique, sans glisser dans le néon de carte postale.
Pastel power, poudre aux yeux
Répartition des rôles : Austin Butler en Sonny Crockett (héritier de Don Johnson), Michael B. Jordan en Ricardo « Rico » Tubbs (dans les pas de Philip Michael Thomas). Deadline et THR confirment qu’après des semaines de tractations, les deux ont signé. Butler sort d’Elvis, a traversé Dune : Deuxième Partie, s’est roulé dans la boue de The Bikeriders et a trusté le ciel dans Masters of the Air ; Jordan reste l’un des rares acteurs-réalisateurs bankables, de Creed III à Black Panther, et développe un The Thomas Crown Affair pour Amazon MGM (THR). Beau gosse + bête de scène : ça sent le duo à 200 à l’heure, Pogues en fond et Testarossa qui gémit.

On a déjà l’odeur du cuir humide dans le nez. Oui, c’est précis.
Sauf que… Butler, c’est la langueur texane acide, Jordan, l’énergie contrôlée et la rage intérieure. Très bien sur le papier, mais l’alchimie Crockett/Tubbs, c’est moins la pose que le doute, la fatigue, la fraternité cassée par l’ultra-violence. On veut des regards lourds plus que des pubs pour parfums.
Mannque à gagner
Difficile de ne pas convoquer le père spirituel. Mann a figé un spectre : romantisme brisé, ennui métaphysique et pulsion de mort sous amphètes, son film 2006 (135 M$ de budget, 164 M$ monde) a été conspué à l’époque, canonisé depuis. Kosinski, ingénieur de l’épure sensorielle, champion des surfaces (de Tron : L’Héritage à Top Gun : Maverick), peut-il toucher au même nerf sans tout polir ? Variety note que le projet « replonge dans le glamour et la corruption du Miami des années 80 ». Très bien. Mais la corruption, ce n’est pas qu’une déco, c’est une contamination morale.
Traduction : si c’est juste beau, c’est naze.
Autre valeur : Dan Gilroy signe le scénario. Le monsieur de Night Call connaît la nuit et les prédateurs médiatiques. Si Gilroy amène son venin cynique pendant que Kosinski cale le tempo, on tient peut-être la synthèse qui pique.
IMAXimum overdrive
Deadline lâche le morceau technique : « Kosinski tournera le film avec des caméras IMAX, comme il l’a fait pour F1 et Top Gun ». On s’en doutait : après avoir fait gronder les réacteurs de Top Gun : Maverick (1,49 Md$ monde, sur ~170 M$ de budget production) et envoyé Brad Pitt sur piste avec F1 : Le Film, Kosinski remet le couvert grand format. Le fer de lance sera l’immersion, sueur, chrome, mer Caraïbe, fenêtres en 1.90:1, et tant pis si on sort avec le mal de mer.

Quand tu réalises que « poudre aux yeux » peut être un plan de coupe en IMAX.
À ce stade, Universal positionne le film le 6 août 2027, créneau d’été tardif parfait pour que la chaleur colle à l’écran. On imagine déjà la campagne : synthés, costards, gros plans sur des paquets de billets qui s’éventent. Budget ? Rien d’officiel, mais un film policier d’époque en IMAX, stars de première ligne, Kosinski aux manettes, ça ne respirera pas le budget intermédiaire. L’addition pourrait flirter avec les 150-200 M$ tout compris. Reste à savoir si la poule aux œufs d’or du revival années 80 pond encore.
Équipe de chocs (électriques)
Production : Dylan Clark (The Batman, La Planète des singes : Le Nouveau Royaume) et Joseph Kosinski. Écriture : Dan Gilroy, d’après les personnages créés par Anthony Yerkovich, avec un premier jet signé Eric Warren Singer (American Hustle, Top Gun : Maverick). Tournage attendu cette année, selon THR, pour explorer « le glamour et la corruption du Miami des années 80 ». On prend l’info et on l’encadre, parce que glamour sans corruption, c’est l’Instagram des dealers, pas leur vie.
Antoine, notre ayatollah de Michael Mann, promet de compter les plans nuit/pluie un par un.
Le casting s’agrandit encore un peu plus ? Pas encore, mais ça va tomber vite, ça négocie sévère en coulisses.
Mieux vaut Vice que jamais
En réalité, la vraie question n’est pas « pourquoi » mais « jusqu’où ». Jusqu’où Kosinski acceptera les failles sous la belle carrosserie, jusqu’où Jordan et Butler saliront leur glamour pour retrouver le spleen homicide de Crockett & Tubbs. S’ils y vont franco, on signe. S’ils restent à la surface, on sortira du ciné en se disant : beau look, zéro morsure.
Le pastel, c’est bien, le poison, c’est mieux.
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.


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