La Côte Bleue, un décor naturel qui s’impose
Entre Marseille et Martigues, la Côte Bleue s’étire sur une quarantaine de kilomètres de falaises calcaires, de criques turquoise et de petits ports que le tourisme de masse a, jusqu’ici, plutôt épargnés. C’est précisément ce caractère préservé qui a séduit l’équipe de production. Les paysages y sont à la fois sauvages et habitables, ce qui en fait un terrain de jeu idéal pour une fiction policière ancrée dans le réel.
La collection « Meurtres à… » de France 3 fonctionne toujours sur ce principe : le territoire n’est pas un fond de carte, c’est un acteur. Et la Côte Bleue joue le jeu mieux que beaucoup d’autres.
Martigues, ville-décor par excellence
Martigues occupe une place centrale dans le tournage. Surnommée la « Venise provençale » pour ses canaux et ses reflets colorés, la ville offre une palette visuelle rare pour une série télévisée. Le quartier de l’Île, avec ses façades pastel et ses barques de pêcheurs, apparaît dans plusieurs séquences clés.
Le miroir aux Oiseaux, ce coin de canal devenu carte postale obligatoire, a naturellement attiré les caméras. C’est l’un de ces endroits où la lumière du matin fait le travail à la place du chef opérateur. Les rues étroites autour de l’église Sainte-Madeleine ont aussi servi de cadre à des scènes de filature et de dialogue entre personnages.
Sausset-les-Pins et Carry-le-Rouet, les villages qui font vrai
Sausset-les-Pins est l’un des villages les plus filmés de l’épisode. Son port de plaisance à taille humaine, ses restaurants de poissons alignés face à la mer et son ambiance de village provençal sans artifice donnent exactement le ton que cherchait la série : une vie locale authentique, dans laquelle un meurtre fait l’effet d’une bombe.
À quelques kilomètres, Carry-le-Rouet apporte une touche plus bourgeoise. Le port, les villas surplombant la mer, les calanques accessibles à pied depuis le centre : c’est ici que se jouent souvent les scènes impliquant des personnages à l’aisance sociale affichée. Ce contraste entre Martigues populaire et Carry cossu est l’un des ressorts dramatiques discrets mais efficaces de l’épisode.

Les calanques : entre beauté et tension dramatique
Impossible de tourner sur la Côte Bleue sans filmer ses calanques. Moins connues que celles de Cassis ou de Marseille, les calanques de La Redonne, Méjean ou Niolon ont une âpreté particulière, presque minérale, qui sert parfaitement les scènes à suspense. Les sentiers escarpés, les criques isolées accessibles uniquement à pied ou par la mer : voilà des décors que personne n’a besoin de reconstituer en studio.
La calanque de Niolon, avec son petit hameau de pêcheurs suspendu au-dessus de l’eau, est particulièrement photogénique. Elle apparaît dans la série avec cette qualité étrange des endroits qui semblent hors du temps. Ce sont ces lieux qui font que l’on croit à l’histoire.
La gare de Niolon, un détail qui ne trompe pas
La ligne ferroviaire qui longe la Côte Bleue est l’une des plus spectaculaires de France, avec ses tunnels taillés dans la roche et ses viaducs surplombant la mer. La gare de Niolon, minuscule, presque confidentielle, est l’une des haltes de cette ligne mythique. Elle apparaît fugacement dans la série, et c’est ce genre de détail authentique qui distingue une production soignée d’un téléfilm tourné en décor générique.
Les amateurs de la région reconnaîtront immédiatement ce quai de quelques mètres, bordé de pins et ouvert sur la mer. Pour les autres, c’est une découverte qui donne envie de prendre le train.
Un territoire qui gagne à être connu
La Côte Bleue souffre d’un paradoxe : elle est à vingt minutes de Marseille, donc accessible à tous, mais reste méconnue du grand tourisme. Les séries comme « Meurtres Côte Bleue » jouent un rôle réel dans ce que les géographes appellent le film-induced tourism, ce phénomène documenté par l’Université de Wolverhampton selon lequel entre 30 et 40 % des téléspectateurs envisagent de visiter un lieu après l’avoir vu dans une fiction.
La mairie de Martigues et l’office de tourisme de la Côte Bleue ont d’ailleurs communiqué sur ce tournage, conscients de l’effet vitrine. Une série policière bien ancrée dans un territoire vaut parfois mieux que des années de campagne publicitaire.
Faire le tour des lieux de tournage
Pour les fans qui veulent faire le pèlerinage, l’itinéraire est simple. En partant de Marseille par la D5, on longe la côte jusqu’à Carry-le-Rouet, avec des arrêts possibles à Sausset-les-Pins et La Couronne. On revient par l’intérieur via Martigues. Comptez une journée complète pour profiter des spots sans se presser.
Les calanques de Niolon et La Redonne nécessitent de laisser la voiture en haut et de descendre à pied. Rien d’insurmontable, mais prévoyez de bonnes chaussures et de l’eau. C’est souvent là que les décors de série ressemblent le plus à ce qu’ils sont vraiment : des endroits où il fait bon vivre.
Les amateurs de cinéma et de séries françaises trouveront d’autres regards sur les tournages en région sur NR Magazine Cinéma, qui suit régulièrement les productions françaises et leurs ancrage dans le territoire.
L’essentiel à retenir
- Le tournage s’est déroulé principalement à Martigues, Sausset-les-Pins et dans les calanques de la Côte Bleue
- Plusieurs scènes ont été filmées dans des lieux accessibles au public, idéaux pour un road trip cinéphile
- La série met en valeur un territoire souvent éclipsé par Marseille, entre mer, falaises et villages de pêcheurs
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.



