Une photo qui n’était pas censée exister
Tout est parti d’un tirage au sort. La famille Nasraoui, installée dans le quartier populaire de Rocafonda à Mataró, avait gagné une loterie organisée par l’UNICEF pour se faire photographier avec un joueur du Barça. Le sort a désigné Messi, jeune titulaire encore discret du club catalan. Face à lui, une baignoire en plastique remplie d’eau, et un nourrisson de cinq mois qu’il ne connaît pas.
Le photographe Joan Monfort se souvient d’un Messi mal à l’aise, presque intimidé par la situation. « Il sortait du vestiaire et se retrouvait soudain dans une autre pièce avec une bassine d’eau et un bébé dedans. C’était compliqué », a-t-il raconté. Le cliché finit dans les archives d’un calendrier caritatif, oublié pendant seize ans.
Le père de Yamal ressuscite l’image en 2024
C’est Mounir Nasraoui, le père du prodige espagnol, qui exhume la photo en juillet 2024, en pleine Euro, avec une légende désormais culte : « le début de deux légendes ». Yamal lui-même la repartage sur X, accompagnée d’un simple émoji de chèvre, référence au GOAT anglophone. La photo devient alors un symbole malgré elle, presque un baptême footballistique avant l’heure.
Interrogé à l’époque par Mundo Deportivo, Yamal avait pourtant nuancé le récit mythifié : « Mes parents l’avaient, mais nous ne l’avions pas publiée dès le départ parce que nous ne voulions pas que les gens me comparent à Messi. C’était une très grande coïncidence, cela aurait pu être n’importe quel enfant de Barcelone ».
Ce que Messi a réellement dit avant la finale
Vendredi, à New York, lors de l’événement Fanatics Fest de la FIFA, la question était inévitable. Face à Tom Brady, sept fois vainqueur du Super Bowl, Messi a enfin brisé le silence : « Pour être honnête, cette photo est dingue, parce que, enfin, c’est la vie, non ? J’ai pris une photo avec lui quand il était bébé, et voilà qu’aujourd’hui, on se retrouve face à face dans une Coupe du monde. C’est vraiment fou ».
L’octuple Ballon d’or n’a pas caché son admiration pour son futur adversaire. « C’est quelqu’un que j’ai beaucoup suivi parce qu’il joue dans un club que j’aime, et je lui souhaite toujours le meilleur. À seulement 19 ans, il fait déjà partie des joueurs de référence au niveau mondial. Il a toute sa carrière devant lui ». Une déclaration qui tranche avec le ton généralement compétitif des veilles de finale.
Le double discours du compétiteur
Mais Messi reste Messi. Aussitôt le compliment lancé, l’Argentin reprend son costume de capitaine : « Il a une grande opportunité d’accomplir quelque chose d’historique. Mais nous allons essayer de l’en empêcher cette fois-ci ». Admiration et détermination cohabitent dans le même souffle, une posture typique du joueur qui a construit sa légende sur la capacité à séparer l’homme du concurrent.
Pourquoi cette coïncidence fascine autant les statisticiens du foot
Ce qui frappe les observateurs, ce n’est pas seulement la photo. C’est la série de parallèles qui unit les deux joueurs depuis leur passage à La Masia, le centre de formation du FC Barcelone. Les deux sont gauchers, tous deux ont débuté comme ailiers droits, et tous deux ont porté le numéro 19 avant d’hériter, un jour, du mythique numéro 10.
Selon une analyse relayée par Mundo Deportivo, les deux premières lettres de chaque composante du nom complet de Messi, Lionel Andrés Messi, forment presque le mot « Lamine ». Une coïncidence linguistique amusante, sans doute sans valeur scientifique, mais qui alimente le récit d’un passage de flambeau entre deux générations nées à quelques kilomètres l’une de l’autre en Catalogne.
Le duel du 19 juillet a d’ailleurs sa propre symbolique chiffrée : Yamal y jouera à 19 ans, Messi à 39, tous deux ayant porté le numéro 19 à un moment de leur carrière au Barça, un jour du mois portant justement ce chiffre.
Une finale qui dépasse le simple enjeu sportif
Au-delà de l’anecdote, cette rencontre marque la première confrontation directe entre les deux joueurs en match officiel. Messi, qui vise un quatrième titre mondial et un back-to-back inédit avec l’Argentine, affronte une Espagne portée par un adolescent qui n’était pas encore né lors du premier sacre mondial de l’Argentin en Coupe du monde des jeunes.
Pour suivre l’ensemble des enjeux autour de cette compétition, notre article sur la diffusion de la Coupe du monde 2026 en France détaille les chaînes et horaires disponibles. L’ambiance autour de l’événement se retrouve aussi dans notre décryptage de l’hymne signé par Shakira et Burna Boy pour ce Mondial américain.
Côté coéquipiers, Rodrigo De Paul, fidèle relayeur de Messi en sélection argentine, incarne lui aussi cette génération qui a grandi dans l’ombre du capitaine. Quant aux liens tissés autour de la légende du Barça, notre fiche consacrée à Maxi López revient sur l’histoire d’un joueur qui a côtoyé Messi à ses débuts professionnels. Pour l’aspect culturel du tournoi, notre grille complète du programme télévisé du jour permet de ne rien manquer autour des diffusions sportives.
Le mot de la fin, version Messi
Interrogé une dernière fois sur ce que représente cette photo aujourd’hui, Messi a choisi la sobriété plutôt que l’emphase : « C’est fou. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs joueurs du monde actuellement. Et je lui souhaite beaucoup de réussite, parce que ce qui est bon pour lui sera aussi bon pour Barcelone ». Une phrase qui referme la boucle ouverte dans une salle de bain de Barcelone, en décembre 2007, sans que personne, à l’époque, n’ait pu en imaginer la suite.
Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.




