L’essentiel de la semaine
- Brick : thriller claustrophobe où un mur noir mystérieux piège un immeuble entier
- Ziam : arts martiaux rencontrent apocalypse zombie dans un hôpital thaïlandais
- Almost Cops : comédie néerlandaise décomplexée avec cascades et absurdité
- 28 semaines plus tard : le classique du zombie moderne revient hanter vos nuits
Brick : quand l’angoisse devient architecture
On ne va pas se mentir : Brick arrive avec un concept qui pourrait facilement basculer dans le ridicule. Un immeuble entier se réveille cerné par un mur noir impénétrable. Pas d’explication, pas de porte de sortie, juste cette masse opaque qui transforme chaque fenêtre en cul-de-sac. Le réalisateur Philip Koch, qui avait déjà exploré les ruines post-apocalyptiques dans Tribes of Europa, sait comment créer une atmosphère étouffante sans tomber dans le grotesque.
Ce qui frappe d’abord, c’est la photographie volontairement austère. Pas de grandes envolées visuelles, mais une lumière qui se raréfie au fil des minutes, comme si le mur absorbait progressivement toute source de vie. Les résidents, joués par Matthias Schweighöfer et Ruby O. Fee, passent de la stupéfaction à la paranoïa collective en moins d’une heure. La tension grimpe par paliers, sans répit.
Pourquoi ça marche ? Parce que Koch refuse le spectacle facile. Pas d’explosions, pas de révélations fracassantes, juste cette mécanique implacable où la psychologie prend le dessus sur l’action. C’est un film qui vous colle aux basques longtemps après le générique, celui qu’on évite effectivement de lancer tard le soir si on tient à dormir. Dans la lignée de Cube ou La Plateforme, mais avec une approche plus épurée, presque minimaliste.
Ziam : le zombie film qui cogne (vraiment)
Passons au registre totalement opposé. Ziam débarque avec une promesse simple mais diablement efficace : mélanger le muay thaï et les hordes de morts-vivants. Sur le papier, ça sent le nanar à plein nez. Dans l’exécution, c’est étonnamment maîtrisé.
Le film place son action dans un hôpital assiégé, transformant chaque couloir en arène improvisée. L’ancien combattant Prin Suparat doit protéger sa petite amie tout en repoussant des vagues de zombies affamés. Les scènes de combat sont chorégraphiées avec une brutalité rare, exploitant chaque recoin de l’espace pour créer des affrontements mémorables. Coups de coude, balayages, projections : le muay thaï devient langage de survie.
Certes, la photographie n’est pas révolutionnaire, et le scénario suit les rails du genre sans surprise majeure. Mais Ziam assume pleinement son statut de film calibré pour le plaisir immédiat. C’est du cinéma d’été pur jus, celui qu’on regarde fenêtres fermées, ventilateur à fond, en se laissant porter par l’adrénaline brute. Pas de prise de tête, juste du spectacle bien huilé.
Almost Cops : l’absurdité néerlandaise au service du rire
Les Pays-Bas ne sont pas vraiment connus pour leurs comédies d’action. Almost Cops débarque pourtant avec une énergie contagieuse et un sens de l’autodérision rafraîchissant. Deux flics complètement dépassés par les événements se retrouvent propulsés dans une série de poursuites improbables, de fusillades mal coordonnées et de situations volontairement grotesques.
Le duo principal fonctionne par contraste : l’un veut jouer les héros, l’autre voudrait juste rentrer chez lui. Le rythme ne faiblit jamais, enchaînant les gags physiques et les répliques décalées sans temps mort. C’est caricatural, prévisible, mais assumé avec une telle conviction que ça passe comme une lettre à la poste.
Évidemment, ce n’est pas du grand cinéma. Mais c’est exactement ce dont on a besoin après une grosse journée : du divertissement sans prétention, qui fait son job et disparaît sans laisser de traces. Le film popcorn parfait, celui qu’on oublie dès le lendemain mais qui procure un vrai moment de détente.
28 semaines plus tard : le retour d’un monument
Difficile de parler de cette semaine sans évoquer le grand retour de 28 semaines plus tard. Sorti initialement en 2007, ce sequel de 28 jours plus tard reste une référence absolue du film de zombies moderne. L’intrigue se déroule après l’effondrement du virus Rage, alors que Londres tente de se reconstruire sous protection militaire américaine. Sauf que, évidemment, rien ne va se passer comme prévu.
Ce qui distingue ce film de la masse des zombies movies, c’est sa dimension politique et sociale. Au-delà du spectacle horrifique — et il est intense — le film interroge la reconstruction, la peur collective, le sacrifice des uns pour la survie supposée des autres. Les images de Londres déserte, filmées avec une froideur documentaire, restent gravées. La bande-son oppressante de John Murphy amplifie chaque séquence de tension.
Pour les amateurs du genre, c’est un passage obligé. Pour les autres, c’est l’occasion de découvrir pourquoi ce film a marqué toute une génération de spectateurs. Le rythme est infernal, les scènes d’action impeccablement mises en scène, et le tout reste profondément ancré dans une réflexion sur l’humanité au bord du gouffre.
Au-delà des films : Soleil noir et la french touch
Même si les films dominent cette semaine, impossible d’ignorer Soleil noir, la nouvelle série française qui débarque le 9 juillet. Six épisodes, une ambiance provençale troublante, et un casting qui fait mouche : Isabelle Adjani, Ava Baya, Guillaume Gouix.
L’intrigue joue sur les codes du thriller familial avec aplomb : une jeune mère accusée du meurtre de son patron découvre qu’il était en réalité son père biologique. Secrets de famille, complots, trahisons : Netflix dégaine sa carte française avec une production qui mise sur l’atmosphère plutôt que sur les rebondissements spectaculaires.
Isabelle Adjani, qu’on n’avait plus vue dans un rôle aussi central depuis longtemps, apporte cette présence magnétique qui transforme chaque scène. La série s’inscrit dans cette veine de productions hexagonales qui assument leur ancrage local tout en visant un public international. Un rendez-vous estival qui pourrait bien surprendre.
La stratégie Netflix décryptée
Cette semaine du 4 au 10 juillet révèle la nouvelle approche de Netflix pour l’été 2025. Fini le temps des blockbusters américains en série : la plateforme diversifie ses contenus, pioche dans différentes cultures cinématographiques, et n’hésite plus à parier sur des productions confidentielles qui auraient du mal à trouver leur public ailleurs.
Quatre films, quatre univers radicalement différents, mais tous portés par une exigence de qualité ou d’originalité. Le thriller allemand côtoie le zombie thaïlandais, la comédie néerlandaise dialogue avec le classique britannique. Cette programmation éclectique n’est pas un hasard : elle répond à des audiences fragmentées, à des envies multiples, à des moments de visionnage différents.
On regarde Brick seul, tard, quand le silence amplifie l’angoisse. On lance Ziam entre amis, pour décompresser. Almost Cops se consomme en famille, sans arrière-pensée. 28 semaines plus tard se savoure comme un classique qu’on revisite. Netflix ne propose plus un catalogue, mais des expériences ciblées.
Comment en profiter pleinement
Regarder ces films, c’est bien. Les regarder dans des conditions optimales, c’est mieux. La qualité du streaming dépend directement de votre connexion internet. Les offres box chez Orange, Free ou Bouygues intègrent désormais Netflix directement dans leurs forfaits, évitant les doubles facturations et garantissant un débit stable.
L’avantage est double : accès simplifié via l’interface TV et économies réelles sur l’abonnement. Certaines offres proposent même des réductions sur les bouquets streaming, permettant de cumuler Netflix, Disney+ et Canal+ sans exploser le budget mensuel. Une réflexion à mener avant de se lancer dans un marathon estival.
Les autres pépites de juillet
Au-delà de cette semaine phare, juillet réserve d’autres surprises. The Old Guard 2 arrive le 2 juillet avec Charlize Theron qui reprend son rôle de guerrière immortelle. Cinq ans après le premier film, cette suite était très attendue par les fans d’action musclée et de mythologie fantastique.
Le 3 juillet marque également le retour tant espéré de Sandman saison 2, découpée en deux volumes. L’adaptation du comic culte de Neil Gaiman conclut son périple onirique avec des épisodes qui promettent de marquer les esprits. Les amateurs de fantasy sombre ont déjà bloqué leur agenda.
Côté documentaire, Tour de France : Au cœur du peloton clôture sa série avec une saison 3 finale qui plonge dans les coulisses de la grande boucle. Pour les passionnés de cyclisme, c’est l’événement du mois, diffusé pile au moment où le vrai Tour s’élance sur les routes de France.
Verdict : une semaine qui assume ses choix
Netflix aurait pu jouer la sécurité avec des valeurs sûres américaines. La plateforme a préféré prendre des risques, miser sur la diversité, proposer des films qui sortent des sentiers battus. Brick ne plaira pas à tout le monde, Ziam déclenchera des débats passionnés, Almost Cops divisera, 28 semaines plus tard convaincra les nostalgiques.
Mais c’est justement cette absence de consensus qui rend cette semaine intéressante. Chacun y trouvera son compte, selon son humeur, son état d’esprit, sa tolérance à l’angoisse ou son besoin de décompression. Netflix devient une plateforme à géométrie variable, capable de servir le frisson comme le rire, l’intensité comme la légèreté.
La question n’est plus de savoir si ces films sont bons ou mauvais. La question est : lequel correspond à votre état d’esprit ce soir ? Et c’est peut-être ça, finalement, la plus grande réussite de cette programmation estivale.
