Un serment de sang, des décors conservés intacts, et James Cameron qui déménage à cinq kilomètres de Robert Rodriguez. Six ans après avoir conquis 405 millions de dollars au box-office mondial, la cyborg aux yeux immenses n’a jamais quitté les esprits. Aujourd’hui, les signaux ne trompent pas : Alita pourrait enfin sortir de son sommeil numérique.
L’essentiel à retenir
- James Cameron confirme dans Empire Magazine qu’au moins un Alita 2 est en route, avec une structure ouverte pour un troisième opus
- Le réalisateur s’installe à Austin, à quelques kilomètres de Rodriguez, pour travailler sérieusement sur le projet dès le mixage d’Avatar terminé
- Les décors d’Iron City existent toujours dans les studios, preuve que Disney n’a jamais complètement fermé la porte
- Rosa Salazar a rédigé son propre traitement pour la suite, démontrant l’engagement viscéral des artistes
- La sortie pourrait intervenir vers 2028, après l’agenda Avatar de Cameron
Quand Cameron déménage pour Alita, ça sent le concret
L’information passe presque inaperçue dans l’interview accordée à Empire Magazine en novembre 2025. Pourtant, elle vaut tous les communiqués officiels du monde. James Cameron possède désormais une maison à Austin, Texas, à environ cinq kilomètres de chez Robert Rodriguez. Une proximité géographique qui ne doit rien au hasard.
« Robert Rodriguez et moi avons fait le serment solennel de réaliser au moins un autre film Alita », déclare Cameron sans ambiguïté. Le ton n’est pas celui d’une promesse marketing, mais d’un engagement entre créateurs. Cette alliance scellée dans le sang – expression que Rodriguez utilise littéralement – transcende les considérations commerciales habituelles d’Hollywood.
Le cinéaste annonce vouloir aborder le sujet « plus sérieusement » dès qu’il aura terminé le mixage d’Avatar : De feu et de cendres. Dans l’univers Cameron, où chaque projet se compte en années, cette précision temporelle n’est pas anodine. Le démiurge de Pandora réfléchit même à une structure narrative permettant d’introduire un troisième opus, tout en se disant satisfait d’un seul film supplémentaire.
Les décors qui parlent plus fort que les communiqués
Rodriguez l’a confirmé : les décors massifs d’Iron City, cette métropole cyberpunk verticale dominée par la mystérieuse Zalem, n’ont jamais été détruits. Conservés quelque part dans les entrailles des studios de la 20th Century, désormais propriété Disney, ils attendent leur heure.
Cette préservation matérielle n’est pas qu’une question de nostalgie. Dans l’industrie cinématographique, maintenir des décors coûte cher. Personne ne garde des structures de cette ampleur sans raison stratégique. Disney, malgré ses réticences initiales face à cet univers violent peu compatible avec son image familiale, n’a donc jamais complètement coupé les ponts.
Le studio aux grandes oreilles a d’ailleurs montré des signes d’assouplissement concernant les franchises adultes héritées de Fox. Le succès d’Alien Romulus et les développements autour de La Planète des singes prouvent qu’une place existe pour des contenus plus matures dans l’écurie Disney.
Rosa Salazar, une actrice qui ne lâche rien
L’interprète d’Alita ne se contente pas d’attendre passivement que le feu vert tombe. Dans une interview accordée à Collider Ladies Night, Rosa Salazar révèle avoir écrit son propre traitement de scénario pour la suite. Une initiative rarissime qui témoigne d’un attachement viscéral au personnage.
« Cameron a le set, on l’aura dès qu’il aura fini Avatar », plaisante-t-elle avec une dose d’impatience palpable. Cette phrase apparemment légère cache une vérité : l’actrice reste prête, disponible, et surtout profondément investie dans le destin de sa cyborg.
Son optimisme affiché contraste avec la prudence habituelle des comédiens face aux suites hypothétiques. Salazar parle d’Alita au présent, comme si la production n’était plus qu’une question de calendrier.
Un personnage qui dépasse largement le premier film
Alita Battle Angel ne racontait que le début. Le film s’arrête à la fin du deuxième tome du manga Gunnm de Yukito Kishiro, au moment précis où la guerrière découvre sa vraie nature et affronte Grewishka. L’essentiel de l’histoire reste donc à explorer.
La suite logique plongerait dans des territoires autrement plus complexes : l’ascension vers Zalem, la cité céleste interdite, la confrontation avec le docteur Nova, architecte invisible des manipulations d’Iron City, et surtout les révélations sur le passé martien d’Alita. Le manga développe des thématiques politiques, philosophiques et dramatiques que le premier film n’a fait qu’effleurer.
L’équation financière qui coinçait s’assouplit
Avec 405 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget oscillant entre 150 et 200 millions, Alita Battle Angel n’a pas explosé le box-office. Le film naviguait dans cette zone grise où la rentabilité n’est ni évidente ni catastrophique. Hollywood considère généralement qu’un long-métrage doit rapporter le double de son budget de production pour couvrir les frais marketing et distribution.
Mais l’industrie a changé. Le streaming a bouleversé les modèles économiques traditionnels. Rodriguez l’a d’ailleurs évoqué explicitement lors d’une interview accordée à Forbes fin 2020 : « Le streaming a ouvert de nombreuses possibilités, notamment pour les suites. C’est déjà un concept pré-vendu, il a déjà un public intégré qui veut le voir. »
Une diffusion sur Disney+ réduirait considérablement les risques financiers tout en offrant un accès direct au public déjà conquis. Cette stratégie permettrait de contourner l’obstacle du box-office modéré du premier opus.
L’Alita Army, cette communauté qui refuse d’abandonner
Depuis six ans, une mobilisation exceptionnelle se poursuit sur les réseaux sociaux. L’Alita Army, ce mouvement spontané de fans, maintient une pression constante avec des campagnes, pétitions et hashtags réguliers. Rodriguez a publiquement reconnu l’impact de cette passion : « Les studios ont pris note. »
Cette ferveur ne s’explique pas uniquement par la qualité du film. Alita incarne une figure féminine forte dans un genre souvent dominé par les protagonistes masculins. Adaptation occidentale d’un manga japonais vénéré, particulièrement en France où Gunnm est considéré comme un classique, le personnage transcende les barrières culturelles.
Les prouesses visuelles du film, notamment les yeux surdimensionnés entièrement créés en images de synthèse grâce aux technologies développées pour Avatar, avaient marqué les esprits. Six ans après, ces techniques ont encore progressé, offrant des possibilités créatives inédites pour une suite.
Cameron entre deux mondes, Avatar et Iron City
L’agenda du réalisateur représente le principal frein. Actuellement mobilisé sur Avatar 3 (prévu décembre 2025), puis Avatar 4 et Avatar 5, Cameron jongle avec des productions titanesques. Chaque film de la saga Na’vi nécessite plusieurs années de travail.
Sa déclaration dans Empire précise néanmoins un calendrier : après le mixage d’Avatar : De feu et de cendres, terminé d’ici quelques semaines, il entamera des discussions avec Disney pour obtenir le feu vert. Cette mention d’un dialogue imminent avec le studio suggère que le projet est entré dans une phase décisive.
Cameron a également mentionné qu’il travaillerait sur « les nouveaux films Alita Battle Angel » depuis Austin. L’emploi du pluriel confirme l’ambition de plusieurs suites, pas seulement une.
La disparition de Jon Landau, une perte irremplaçable
Le décès du producteur Jon Landau en juillet 2024 constitue un coup dur. Landau, partenaire de longue date de Cameron, défendait ardemment le projet Alita. Son absence crée un vide dans l’équipe créative, même si elle n’enterre pas définitivement les espoirs.
Un tournage possible dès 2026 pour une sortie en 2028
Si l’on analyse les différentes déclarations et contraintes, un scénario réaliste se dessine. Un tournage pourrait débuter en 2026, une fois Cameron libéré de ses obligations Avatar immédiates. Avec une post-production lourde en effets spéciaux – inévitable pour un univers comme celui d’Alita –, une sortie autour de 2028 semble crédible.
Rodriguez, dont la carrière récente entre films Netflix pour enfants et échecs critiques comme Hypnotic avec Ben Affleck, trouverait dans Alita 2 l’occasion de retrouver le succès. Ses meilleurs films restent les adaptations d’œuvres existantes : Sin City et justement Alita.
Le réalisateur conserve intact son enthousiasme, répétant dans diverses interviews que l’histoire d’Alita dans Iron City est « loin d’être terminée ». Avec Cameron, ils disposent « d’assez de matériau pour réaliser deux films supplémentaires », selon ses propres mots prononcés lors d’une conversation avec Joe Rogan.
Disney face à un choix stratégique
Le studio pose une condition surprenante : que Cameron réalise lui-même la suite, pas seulement qu’il la produise. Cette exigence témoigne de la reconnaissance de son génie créatif, mais complique mécaniquement la chronologie. Cameron peut-il vraiment réaliser Alita 2 tout en supervisant trois suites d’Avatar ? Probablement pas simultanément.
L’alternative d’une production pour Disney+ reste sur la table. Cette solution hybride permettrait à Rodriguez de réaliser, Cameron de produire et superviser sans s’engager dans une mise en scène complète, et Disney de limiter les risques financiers.
La firme a démontré son ouverture progressive aux contenus adultes. Si Avatar : De feu et de cendres performe correctement en décembre 2025 – même sans atteindre les sommets du premier opus –, Disney pourrait se montrer plus enclin à investir dans l’univers d’Alita.
Une histoire de passion autant que de business
Au-delà des tableurs et projections financières, Alita Battle Angel 2 représente un cas rare d’attachement créatif authentique. Rodriguez et Cameron ne parlent pas de franchise commerciale, mais d’une histoire inachevée qui mérite d’être racontée. Salazar ne réclame pas juste un contrat juteux, elle a écrit un scénario sans qu’on le lui demande.
L’Alita Army continue de se mobiliser, transformant un film au succès honorable en phénomène culturel durable. Cette communauté prouve qu’un public existe, attend, et refuse d’oublier.
Les obstacles restent réels : l’agenda de Cameron, les réticences initiales de Disney, la nécessité de maintenir un niveau d’excellence visuelle et narrative. Mais pour la première fois depuis 2019, tous les signaux pointent dans la même direction. Les décors existent. Les créateurs sont engagés. Le public est là. La géographie même – Cameron à Austin, près de Rodriguez – facilite la collaboration.
Le manga Gunnm offre une richesse narrative considérable, avec des arcs complexes autour de l’identité d’Alita, des luttes de pouvoir à Zalem, et de cet univers post-apocalyptique fascinant. Hollywood dispose rarement d’un matériau source aussi solide pour construire des suites légitimes.
Alita Battle Angel 2 n’est plus une chimère. Entre les lignes des interviews, derrière les prudences de communication, se dessine une réalité tangible. La cyborg aux yeux immenses, cette guerrière amnésique qui cherche son identité dans les ruines d’Iron City, pourrait bien reprendre le combat. Pas cette année, pas l’année prochaine, mais bientôt. Et cette fois, avec la bénédiction conjuguée de Cameron, Rodriguez, Salazar et d’une communauté de fans qui n’a jamais cessé d’y croire.
