Alita 2 : James Cameron et Robert Rodriguez scellent un “serment de sang” pour ressusciter la cyborg

Six ans. Six longues années que les fans d’Alita : Battle Angel scrutent l’horizon, guettant le moindre signe de vie. Le film de Robert Rodriguez, produit par James Cameron, avait laissé une empreinte indélébile en 2019 avec ses 405 millions de dollars au box-office mondial. Pourtant, cette performance jugée insuffisante par la Fox — rachetée depuis par Disney — avait gelé toute velléité de suite. Mais voilà que les langues se délient. Cameron lui-même vient de remettre les compteurs à zéro.

L’essentiel en 30 secondes

  • James Cameron et Robert Rodriguez ont juré de réaliser au moins un film Alita supplémentaire, avec une possible trilogie en ligne de mire
  • Cameron s’installe à Austin, Texas, à quelques kilomètres de Rodriguez, facilitant le développement du projet
  • Les discussions avec Disney reprendront après la sortie d’Avatar : De feu et de cendres en décembre 2025
  • Le premier film n’a rapporté que 85 millions aux États-Unis, mais 133 millions en Chine, créant un déséquilibre financier problématique

Un “serment de sang” qui ranime les espoirs

Dans une interview accordée au magazine Empire en novembre 2025, James Cameron a lâché les mots que la communauté Alita attendait : “Robert Rodriguez et moi avons fait le serment solennel de réaliser au moins un autre film Alita.” Pas un simple engagement verbal. Un serment. De sang, même, selon ses propres termes repris dans plusieurs déclarations.

Le cinéaste ne s’arrête pas là. Il évoque même une architecture narrative permettant d’introduire un troisième opus. Autrement dit, la vision ne se limite plus à boucler l’histoire en un seul film. L’ambition d’une véritable trilogie refait surface.

“Maintenant que j’ai une maison à Austin, au Texas, à environ cinq kilomètres de chez Robert, je pense que nous allons probablement aborder ce sujet plus sérieusement dès que j’aurai terminé le mixage d’Avatar dans quelques semaines”, précise Cameron. La proximité géographique n’est pas anodine. Elle transforme ce qui relevait jusqu’ici du vœu pieux en projet concret, tangible.

Disney, l’obstacle qui change la donne

Reste l’éléphant dans la pièce : Disney. La major détient désormais les droits du film, hérités du rachat de la Fox. Or, le premier Alita : Battle Angel n’a jamais été le triomphe espéré.

Un box-office en demi-teinte

Avec 405 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé entre 150 et 200 millions (sans compter les frais marketing), le film a certes évité le naufrage. Mais il n’a pas non plus déclenché l’enthousiasme financier nécessaire pour lancer une franchise. Le verdict du marché américain a été particulièrement sévère : seulement 85,7 millions de dollars. Un démarrage à 28,5 millions le premier week-end qui a vite refroidi les ardeurs.

C’est la Chine qui a sauvé les meubles avec 133 millions de dollars. Mais cette dépendance au marché asiatique pose problème. La réglementation chinoise ne reverse qu’environ 25% des recettes aux studios, contre 50% aux États-Unis. Un film qui cartonne en Chine mais s’effondre en Amérique du Nord reste une opération financièrement bancale.

Le levier Avatar

Cameron le sait. Son pouvoir de négociation avec Disney repose entièrement sur le succès de sa saga Avatar. De feu et de cendres, troisième volet attendu le 17 décembre 2025, doit rapporter gros. Si le film franchit le cap du milliard et demi de dollars, le cinéaste pourrait obtenir son joker. Disney lui devrait bien ça.

L’idée circule même que le projet Alita pourrait servir de laboratoire pour “rendre les films Avatar moins coûteux à produire”. Une suite à budget maîtrisé, testant de nouvelles technologies, avant de les déployer sur Pandora. Le schéma n’est pas nouveau : Alita avait déjà été un banc d’essai pour les effets visuels de Cameron.

Ce que la suite pourrait raconter

Le manga Gunnm de Yukito Kishiro, dont le film s’inspire, regorge de matière inexploitée. Le premier opus ne couvre que les deux premiers tomes. L’univers s’étend bien au-delà.

Les fans attendent notamment la montée vers Zalem, cette cité céleste mystérieuse qui flotte au-dessus d’Iron City. Le docteur Nova, antagoniste majeur à peine entrevu dans le film (incarné par Edward Norton en caméo), devrait prendre de l’ampleur. Le passé martien d’Alita, ses origines de guerrière, tout ce pan de l’histoire reste à explorer.

Robert Rodriguez avait d’ailleurs recruté plusieurs acteurs — Michelle Rodriguez, Jai Courtney, Edward Norton — pour de brefs caméos, en pariant sur une suite. Ces personnages mineurs dans le premier film devaient devenir centraux par la suite. Un pari risqué à l’époque. Visionnaire aujourd’hui, si le projet se concrétise.

Rosa Salazar, toujours prête à renfiler le costume

L’actrice principale ne cache pas son impatience. Dans une interview accordée à Collider, Rosa Salazar a confié : “J’en parle tout le temps. Cameron a le set, on l’aura dès qu’il aura fini Avatar !” Son enthousiasme n’a pas faibli malgré les années d’attente.

Le casting pose toutefois question. Entre le tournage du premier film et une hypothétique reprise en 2026, huit ans se seront écoulés. Christoph Waltz, qui incarnait le docteur Ido, a vieilli. Le rajeunissement numérique pourrait s’imposer. Ou alors, un saut temporel dans le récit permettrait de contourner le problème.

Un tournage en 2026 ?

Si Cameron tient parole, les discussions sérieuses avec Disney pourraient débuter début 2026, après la sortie d’Avatar 3. Les délais de production d’un film de cette envergure — effets visuels lourds, capture de performance — suggèrent une sortie en salles autour de 2028 au plus tôt.

L’installation de Cameron à Austin change la donne logistique. Rodriguez dispose de studios sur place, les Troublemaker Studios. Les décors d’Iron City ont été conservés, preuve que personne n’avait vraiment tourné la page. Tout est prêt, ou presque.

L’Alita Army ne lâche rien

Sur les réseaux sociaux, la communauté de fans — surnommée Alita Army — n’a jamais cessé de militer. Pétitions, hashtags, campagnes d’affichage : tout a été tenté pour maintenir la pression sur les studios. Cette mobilisation a porté ses fruits. Cameron lui-même reconnaît “la loyauté des fans d’Alita”.

Le film a gagné en cote d’amour avec les années. Sa réputation s’est bonifiée, portée par le bouche-à-oreille et les rediffusions en streaming. Ce qui avait été perçu comme un pari risqué — un manga japonais adapté en blockbuster hollywoodien avec une héroïne aux yeux démesurés — est devenu un objet culte.

Les défis qui persistent

Même avec la bénédiction de Cameron et l’engagement de Rodriguez, rien n’est gagné. Disney doit encore donner son feu vert. La major ne s’engage jamais à la légère sur des projets à 200 millions de dollars. Le premier film n’ayant pas généré de franchise lucrative — pas de produits dérivés massifs, pas de suite immédiate —, la prudence reste de mise.

Rodriguez lui-même traverse une période compliquée. Son dernier film, Hypnotic avec Ben Affleck, s’est écrasé au box-office. Ses projets Netflix pour enfants n’ont pas marqué les esprits. Alita 2 représenterait pour lui un retour en grâce indispensable. Mais aussi une pression immense.

Un pari toujours risqué

Les blockbusters originaux, non adossés à une franchise établie, continuent de se casser les dents. John Carter, Jupiter : Le Destin de l’univers, Warcraft : Le Commencement, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur… la liste des promesses avortées s’allonge. Hollywood préfère miser sur les suites, les remakes, les univers déjà éprouvés.

Alita s’inscrit dans cette catégorie à haut risque. Même avec Cameron en parrains, même avec une base de fans dévouée, le projet reste une aventure incertaine. La fenêtre de tir est étroite. Si Avatar 3 déçoit, tout s’effondre. Si Disney rechigne, tout s’arrête.

Mais pour la première fois depuis 2019, l’espoir n’est plus une chimère. Cameron ne parle pas à la légère. Son installation au Texas, ses déclarations précises, son évocation d’une trilogie : tout indique qu’Alita n’est plus un fantasme lointain. C’est une possibilité réelle, à portée de main. Fragile, certes. Mais réelle.

Les fans peuvent enfin se permettre de rêver. Pas trop fort. Pas trop vite. Mais rêver quand même.

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