Si Carl dans Project Hail Mary vous semble familier, ce n’est pas votre mémoire qui vous joue des tours : Lionel Boyce traîne déjà une jolie petite carrière derrière lui. Et comme souvent à Hollywood, le second rôle qu’on croit découvrir est en fait un habitué des coins de cadre, des séries cultes et des détours musicaux bien sentis.

Sorti en 2026, Project Hail Mary aligne Ryan Gosling sous la direction de Phil Lord et Chris Miller, avec une adaptation du roman d’Andy Weir qui joue à fond la carte du grand spectacle scientifique. Le film, disponible sur Prime Video et MGM+, repose sur un duo spatial avec Rocky, mais il ne tient pas seulement sur ses épaules de blockbuster. Autour de lui, l’équipe de rédaction de NRmagazine aime bien le rappeler : un film se fabrique aussi avec ses satellites, ses silhouettes, ses visages qu’on reconnaît sans toujours savoir d’où. C’est précisément le cas de Lionel Boyce, qui incarne Carl, agent de sécurité mandaté auprès de Ryland Grace. Et là, oui, on se dit : tiens, ce type-là, on l’a déjà croisé quelque part.

La réponse est simple : Lionel Boyce n’est pas un débutant, c’est un touche-à-tout qui a déjà navigué entre rap, comédie et télévision de haut vol.

De L-Boy à l’écran, sans passer par la case figurant

Avant de devenir Carl dans Project Hail Mary, Lionel Boyce s’est d’abord fait un nom dans la musique sous le pseudonyme L-Boy. Il a appartenu à Odd Future, collectif devenu machine à fantasmes au début des années 2010, avec Tyler, The Creator et Earl Sweatshirt dans le lot. Le groupe a marqué la pop culture avec ses morceaux, mais aussi avec Loiter Squad, émission de sketchs diffusée sur Adult Swim et arrêtée après trois saisons. Rien de très académique, évidemment, mais une vraie école du timing, du décalage et du culot. Pas mal pour quelqu’un qui, plus tard, doit tenir tête à Ryan Gosling dans une base spatiale.

Au cinéma, Boyce a déjà pointé le bout de son nez dans Jackass Forever en 2022, puis dans Shell, comédie horrifique où il joue Detective Abramson, et dans Motor City aux côtés d’Alan Ritchson. On est loin du statut de demi-dieu hollywoodien, mais on voit la trajectoire : Boyce avance par touches, sans forcer le trait, avec ce genre de présence qui accroche l’œil parce qu’elle ne cherche pas à le faire. Le gars a l’air de débarquer, alors qu’il est déjà dans le paysage depuis un moment.

Affiche de Projet Dernière Chance
Affiche de Projet Dernière Chance

La télé, ce terrain de jeu où il a pris ses marques

C’est à la télévision que Lionel Boyce a vraiment consolidé sa familiarité auprès du public. Dans Hap and Leonard, il apparaît en plusieurs épisodes dans le rôle de Leon. Puis vient The Bear, où il incarne Marcus, sans doute son rôle le plus exposé à ce jour. La série de Christopher Storer, devenue en quelques saisons une sorte de totem anxieux de la télévision américaine, lui a offert une vraie caisse de résonance. Boyce y traverse chaque saison jusqu’à la fin de la série plus tôt cette année, avec ce mélange de douceur et de précision qui fait de Marcus un personnage bien plus subtil qu’un simple faire-valoir de cuisine en surchauffe.

Il a aussi partagé un épisode de Curb Your Enthusiasm avec Larry David, ce qui, à ce stade, ressemble presque à un rite de passage pour toute personne qui veut être prise au sérieux dans la comédie américaine. Là encore, Boyce ne joue pas les monstres sacrés : il s’installe, il observe, il absorbe. Et c’est probablement ce qui le rend si crédible dans Project Hail Mary, où Carl n’a pas besoin de voler la vedette pour exister. Boyce a compris un truc que beaucoup de seconds rôles ignorent : on peut marquer un film sans braquer la caméra.

Un visage familier, donc, mais pas interchangeable

Ce qui frappe chez lui, c’est cette manière de cumuler les identités sans se dissoudre dedans. Musicien, acteur, comédien, présence de série, silhouette de cinéma : Lionel Boyce n’a pas encore l’aura d’un mastodonte, mais il possède déjà ce capital rare des interprètes qu’on reconnaît avant même de pouvoir les nommer. Et dans un film comme Project Hail Mary, où la science-fiction repose autant sur l’émotion que sur le dispositif, ce genre de présence compte énormément. Carl n’est pas là pour faire de la décoration, il sert de contrepoids humain à l’isolement du héros. Ce n’est pas rien.

Il y a même quelque chose de méta dans ce casting : Gosling, star immédiatement lisible, face à Boyce, visage familier mais moins balisé. L’un incarne la machine à fantasmes, l’autre la familiarité discrète, presque domestique. Et c’est souvent dans ce frottement-là que les films prennent de l’épaisseur. À Hollywood, le premier cercle attire la lumière, mais les seconds rôles donnent souvent la température.

Alors oui, la prochaine fois que Carl apparaîtra à l’écran, on aura peut-être encore ce petit flottement : mais où a-t-on déjà vu ce type ? La réponse, désormais, tient en trois mots et un surnom de rappeur. Et franchement, ce n’est pas la pire carte de visite du monde.

Bande-annonce VF de Projet Dernière Chance

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