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    Nrmagazine » Christopher Nolan : les 5 films les mieux notés sur Rotten Tomatoes, et le sacre de The Odyssey
    Blog Entertainment 18 juillet 20267 Minutes de Lecture

    Christopher Nolan : les 5 films les mieux notés sur Rotten Tomatoes, et le sacre de The Odyssey

    Du casse-tête mémoriel au péplum mythologique, Nolan continue de faire de la salle obscure une machine à vertige
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    Christopher Nolan adore les labyrinthes, et Rotten Tomatoes adore les classer. Résultat : le cinéaste britannique se retrouve avec un top 5 qui dit autant sa filmographie que l’époque qui l’a portée, entre blockbuster cérébral, prestige hollywoodien et obsession du temps qui se plie comme une serviette humide.

    Né à Londres en 1970, Nolan a commencé par le court métrage avant de débarquer en 1998 avec Following, puis de transformer chaque long métrage en objet de culte, de débat, de box-office et parfois de migraine douce. Son cinéma a accompagné la mutation du Hollywood des années 2000 : montée des franchises, inflation des budgets, culte du format IMAX, retour du grand spectacle comme argument de vente. Et quand The Dark Knight a raté la nomination au meilleur film en 2009, l’Académie a fini par élargir son champ de vision l’année suivante, comme si Gotham avait mis un coup de pied dans la porte. Chez Nolan, le prestige n’est jamais décoratif : il sert à faire entrer le chaos par la grande porte.

    Alors, quand Rotten Tomatoes s’amuse à classer ses cinq films les mieux notés, on ne regarde pas seulement un palmarès : on regarde la carte d’identité d’un auteur qui a appris à faire du spectacle une affaire de structure, de mémoire et de choc frontal.

    Le casse-tête prend la tête

    À la cinquième place, Dunkirk affiche 92 % sur Rotten Tomatoes. Sorti en 2017 chez Warner Bros., le film condense une semaine d’évacuation sur la plage française de Dunkerque, en croisant soldats, pilotes et marins dans une narration éclatée qui fait sauter la chronologie comme un bouchon de champagne sous pression. Avec Hoyte van Hoytema à la photo, des prises de vue en 65 mm et des caméras IMAX à gogo, Nolan transforme l’histoire militaire en expérience sensorielle. Peu de dialogues, beaucoup de tension, et cette sensation très Nolanienne que le temps n’est pas un cadre mais une matière première. Le film ne raconte pas seulement la guerre : il la découpe en blocs de perception.

    Ce qui frappe, c’est la manière dont Dunkirk annonce la suite. Le réalisateur y pousse à fond son goût pour l’architecture narrative, mais sans le vernis bavard qui pouvait parfois encombrer ses films les plus explicatifs. Là, ça file droit, ça serre la gorge, ça ne lâche rien. Pas besoin de faire le malin : la mise en scène fait le boulot, et elle le fait salement bien.

    Le plutonium et les fantômes

    Quatrième, Oppenheimer grimpe à 93 %. Sorti en 2023 chez Universal Pictures, le film a offert à Nolan ses premiers Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur, en plus d’un triomphe critique et public massif. Adapté de American Prometheus de Kai Bird et Martin J. Sherwin, le long métrage suit J. Robert Oppenheimer, incarné par Cillian Murphy, au cœur du projet Manhattan, puis dans le reflux moral et politique qui a suivi. Emily Blunt, Matt Damon, Robert Downey Jr. ou encore Josh Hartnett composent autour de lui un casting de têtes d’affiche qui ressemble presque à une réunion de l’Olympe, sauf qu’ici tout le monde porte le poids d’une catastrophe à venir.

    Le film est parfois présenté comme le sommet de la carrière de Nolan, et on comprend pourquoi : c’est son œuvre la plus explicite sur le pouvoir, la responsabilité et la fabrication des mythes. Le Trinity Test, filmé comme une apocalypse silencieuse, résume à lui seul sa méthode : faire du spectaculaire un piège moral. Chez lui, l’explosion n’est jamais gratuite ; elle sert toujours à fissurer une conscience.

    Affiche de L'Odyssée
    Affiche de L'Odyssée

    La mémoire en miettes, le cerveau en feu

    Avec 94 %, Memento occupe la troisième marche. Sorti en 2000, le film a vraiment installé Nolan sur la carte, bien avant les super-héros et les budgets à neuf chiffres. Adapté d’une nouvelle de Jonathan Nolan, Memento Mori, le récit suit Leonard Shelby, joué par Guy Pearce, un homme frappé d’amnésie antérograde qui s’accroche à des notes, des photos et des tatouages pour reconstruire une vérité qui lui échappe. Carrie-Anne Moss complète ce dispositif de paranoïa élégante, où chaque scène rebat les cartes de ce qu’on croyait savoir.

    On tient là le manifeste le plus pur du cinéaste : narration inversée, mémoire trouée, identité instable, spectateur sommé de recoller les morceaux sans l’aide d’un mode d’emploi. C’est le film qui a prouvé que Nolan pouvait faire du puzzle un moteur dramatique et non un simple gadget de cinéphile. Et franchement, il y a quelque chose de jouissif à voir un film vous demander de travailler un peu. Ça change des œuvres qui vous prennent par la main comme si on sortait de maternelle.

    Le chevalier noir et le coup de massue

    Également à 94 %, The Dark Knight reste l’un des grands séismes du cinéma de super-héros. Sorti en 2008 chez Warner Bros., deuxième volet de la trilogie consacrée à Batman, le film réunit Christian Bale, Michael Caine, Gary Oldman, Aaron Eckhart et surtout Heath Ledger, dont le Joker a redéfini la figure du méchant de franchise. Ledger remportera l’Oscar du meilleur second rôle à titre posthume, et le film, lui, continuera de hanter les discussions sur la place du blockbuster dans le cinéma d’auteur américain.

    Ce qui le rend si fort, ce n’est pas seulement sa noirceur ou sa virtuosité technique, mais sa lecture presque politique du chaos. Le Joker n’est pas un simple antagoniste : c’est une force de dissolution, un test infligé à la morale de Gotham, à l’obsession de contrôle de Bruce Wayne, à l’idée même qu’un système tient debout par nature. Nolan y trouve son grand équilibre entre mythologie populaire et tragédie sèche. Le film a beau être un mastodonte, il avance comme un couteau.

    Le retour d’Ulysse, version IMAX

    En tête du classement, The Odyssey s’impose avec 96 %. Le film, tout juste sorti au moment de ce palmarès, adapte l’épopée attribuée à Homère et propulse Matt Damon dans la peau d’Ulysse, avec Anne Hathaway en Pénélope, Tom Holland en Télémaque, Zendaya en Athéna, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Benny Safdie, Elliot Page, Himesh Patel et John Leguizamo dans un casting qui a des airs de banquet mythologique dopé aux stars. Universal Pictures distribue l’ensemble, et Nolan semble y pousser à son terme une obsession de longue date : raconter le retour impossible, la dérive, l’endurance, la mémoire comme boussole cassée.

    Ce premier rang a quelque chose d’assez logique. Après tout, depuis Memento jusqu’à Oppenheimer, Nolan n’a cessé de filmer des personnages qui cherchent à recoller le monde après une fracture. The Odyssey pousse cette idée vers le mythe pur, avec le grand large, les dieux, les faux-semblants et cette promesse très hollywoodienne d’un récit qui veut être à la fois antique et moderne, colossal et intime. Le plus drôle, c’est qu’à force de vouloir dompter le temps, Nolan finit par faire du retour à la maison son plus grand blockbuster.

    On peut chipoter sur l’ordre, évidemment. Certains jureront par The Prestige, d’autres par Inception, et quelques irréductibles continueront de défendre Interstellar comme si leur vie en dépendait. Mais ce top Rotten Tomatoes raconte surtout une chose : Nolan a réussi à faire de la rigueur formelle un moteur de désir populaire. Pas mal pour un cinéaste qu’on a longtemps pris pour un ingénieur du cerveau alors qu’il est aussi, mine de rien, un grand fabricant de mythes. Et ça, ça ne se classe pas si facilement.

    Bande-annonce VF de L'Odyssée

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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