Si vous avez raté The Furious en salles, voilà le genre de rattrapage qui évite de passer pour un touriste de l’action : le film de Kenji Tanigaki arrive à domicile le 7 juillet 2026, et il ne vient pas pour faire de la figuration.
Le contexte, lui, est assez limpide. Depuis des années, le cinéma d’action asiatique et ses satellites nourrissent la machine hollywoodienne à coups de chorégraphies millimétrées, de corps jetés contre les murs et de récits réduits à l’os. On a vu le modèle se déplacer du grand écran vers la consommation domestique, avec cette vieille logique industrielle qui consiste à prolonger la vie d’un film après son exploitation en salles. Lionsgate, qui distribue The Furious, joue ici la carte du retour rapide à la maison, avec une sortie annoncée en vidéo à la demande et en numérique dès le 7 juillet 2026. Pas de disque physique confirmé à ce stade, ce qui fera grincer quelques dents chez les collectionneurs, ces derniers irréductibles qui continuent à défendre le Blu-ray comme d’autres défendent un vieux 35 mm cabossé. Mais l’essentiel est ailleurs : The Furious a été pensé pour frapper fort, pas pour bavarder.
Dans le paysage actuel, où tant de blockbusters confondent vitesse et agitation, Kenji Tanigaki choisit une voie plus directe : celle du film-coup-de-poing. Le cinéaste, chorégraphe et metteur en scène japonais connu pour son sens du combat lisible, s’appuie ici sur un duo de têtes d’affiche qui fait le boulot sans chichis, Xie Miao et Joe Taslim. Le premier incarne Wang Wei, un homme muet lancé à la recherche de sa fille enlevée par un réseau de trafiquants d’êtres humains ; le second joue Navin, dont l’épouse journaliste a disparu en enquêtant sur le même trafic. Le scénario ne fait pas semblant de réinventer la roue, et c’est très bien comme ça. Le film préfère la trajectoire nerveuse au grand discours, la mécanique du choc à la psychologie en kit.
Des coups, des corps, et pas de blabla
On pourrait croire à un énième opus de vengeance urbain, sauf que The Furious semble surtout miser sur un principe vieux comme le genre : quand le récit tient sur un ticket de métro, la mise en scène doit faire le reste. Et Tanigaki, d’après les éléments disponibles, ne se contente pas d’aligner des affrontements en pilote automatique. Le film enchaîne les séquences de combat avec une générosité presque insolente, comme si chaque scène devait rappeler au spectateur pourquoi il était venu. Pas pour le sous-texte, donc. Pour l’impact. Pour la sueur. Pour le bruit sec d’un corps qui rencontre un objet contondant. En clair : le film ne cherche pas à plaire à tout le monde, il cherche à cogner juste.
Cette radicalité a quelque chose de réjouissant à l’heure où tant de productions d’action s’enlisent dans le numérique lisse et les enjeux cosmologiques en toc. Ici, on reste dans le concret, dans la chair, dans la rue, dans l’urgence. Le trafic humain sert de moteur dramatique, mais le vrai sujet, c’est la circulation des corps comme matière de cinéma : ceux qu’on enlève, ceux qui se défendent, ceux qui encaissent. Et on sent bien que le film préfère la lisibilité brutale à la sophistication décorative. Ce n’est pas du grand art au sens snob du terme, c’est mieux que ça : du cinéma qui sait exactement ce qu’il veut faire de ses poings.

Le retour du film qui ne s’excuse pas
Il y a aussi quelque chose d’assez sain dans la manière dont The Furious assume son programme. Pas de faux mystère, pas de promesse de profondeur existentielle, pas de marketing qui vendrait une tragédie grecque déguisée en baston de gare. On est face à un film de genre qui connaît ses codes et les serre comme il faut. Xie Miao, souvent associé à des rôles de guerrier taciturne, trouve ici un personnage taillé pour son registre, tandis que Joe Taslim apporte cette présence physique qui fait toute la différence quand il faut passer de l’exposition à la castagne sans perdre le tempo. Le duo fonctionne parce qu’il ne cherche jamais à jouer les demi-dieux : il traverse le chaos, point barre.
La sortie en numérique, dès le 7 juillet 2026, dit aussi quelque chose de notre époque. Le film d’action n’attend plus forcément la saison des grands écrans pour exister ; il peut surgir chez vous presque aussitôt, comme une gifle livrée en express. C’est la nouvelle fenêtre de diffusion, plus courte, plus nerveuse, plus cynique aussi, mais qui permet à ce type d’objet de trouver vite son public. Et franchement, pour un long métrage qui repose sur l’élan, la vitesse et la répétition des impacts, l’idée d’un visionnage à la maison n’a rien d’un pis-aller. Au contraire : on peut presque y voir une extension naturelle de sa brutalité. Le canapé devient le ring, le salon la zone de combat. Charmant, non ?
Reste cette petite vérité qui fait plaisir à écrire : quand un film d’action sait tenir sa promesse, on lui pardonne volontiers de ne pas vouloir refaire le monde. The Furious ne cherche pas à être le péché originel du genre ni son testament. Il veut juste être ce qu’il annonce, sans tricher. Et dans un marché saturé de produits tièdes, c’est déjà beaucoup. Le cinéma d’action, parfois, n’a besoin que d’une chose : qu’on lui lâche la bride.
Alors oui, le 7 juillet 2026, The Furious débarque chez vous. Et si l’on en croit sa réputation, il ne viendra pas pour discuter autour d’un thé.
Bande-annonce VF de The Furious
Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.




