Après le flop de Warcraft, un film surprise sur un joueur légendaire arrive

Huit ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que l’univers Warcraft ose remettre les pieds au cinéma. Mais cette fois, Hollywood ne reviendra pas sur les terres d’Azeroth pour raconter les guerres entre Orcs et Humains. Non, l’histoire sera celle d’un jeune Norvégien de 25 ans, cloué dans un fauteuil roulant, qui a trouvé dans World of Warcraft une vie plus intense que la réalité ne lui permettait d’avoir.

Le film de 2016 avait tout pour réussir : 160 millions de dollars de budget, Duncan Jones à la réalisation, un univers déjà adoré par des millions de joueurs. Pourtant, malgré 439 millions de dollars au box-office mondial, l’accueil critique désastreux et l’échec aux États-Unis ont tué dans l’œuf toute idée de suite. Legendary Pictures et Universal avaient tourné la page, ou du moins c’est ce qu’on croyait.

L’essentiel à retenir

  • Un nouveau film Warcraft est en préparation, mais ce n’est ni un reboot ni une suite
  • Ibelin racontera l’histoire vraie de Mats Steen, joueur norvégien décédé à 25 ans en 2014
  • Un casting prestigieux : Charlie Plummer, Toni Collette, Stephen Graham, Isabela Merced et Anthony Hopkins
  • Réalisateur : Morten Tyldum, nommé aux Oscars pour The Imitation Game
  • Tournage prévu en 2026, date de sortie non annoncée

L’histoire bouleversante qui a ému la planète gaming

Mats Steen souffrait d’une maladie musculaire dégénérative. Pour ses parents, leur fils menait une existence solitaire, enfermé dans sa chambre devant son ordinateur. La réalité était radicalement différente. Dans World of Warcraft, sous le pseudonyme d’Ibelin, Mats avait construit une vie sociale d’une richesse exceptionnelle.

Quand il est décédé, des centaines de messages sont arrivés du monde entier. Des amis, des compagnons de guilde, des alliés virtuels que ses parents ne connaissaient même pas. Tous rendaient hommage à celui qui les avait accompagnés, épaulés, fait rire. Le garçon solitaire était en réalité un héros pour des dizaines de personnes.

Cette histoire avait déjà fait l’objet d’un documentaire Netflix bouleversant, Ibelin : la vie remarquable d’un gamer. Maintenant, elle devient une fiction portée par un casting impressionnant et un réalisateur qui sait raconter les destins hors normes.

Warcraft au cinéma : l’échec qui ne voulait pas mourir

Le premier film reste une cicatrice à Hollywood. Avec seulement 47 millions de dollars engrangés aux États-Unis, Warcraft : Le Commencement n’a jamais convaincu le public américain. Paradoxalement, le film a cartonné en Chine avec plus de 200 millions de dollars de recettes, sauvant les comptes mais ne changeant rien à la perception d’un échec cuisant.

Duncan Jones lui-même a dû abandonner son rêve de trilogie. Il avait prévu un deuxième volet centré sur Thrall dans les camps de gladiateurs de Blackmoore, puis un final épique avec la fondation d’Orgrimmar à Kalimdor. Mais Universal et Legendary ont refroidi leurs ambitions face aux critiques catastrophiques.

Warcraft

John Hight, directeur de la franchise Warcraft chez Blizzard, a été clair lors de la Game Developers Conference : « Nous faisons des jeux, je pense qu’ils seront toujours notre cœur de métier. » Le studio ne veut plus tomber dans le piège de vouloir contrôler la réalisation de films. Si un nouveau projet voit le jour, ce sera avec les bons partenaires, ceux qui comprennent vraiment le cinéma.

Pourquoi Ibelin change tout

Ce qui rend ce projet radicalement différent, c’est qu’il ne cherche pas à adapter l’univers fantasy de Blizzard. Il n’y aura pas de hordes déferlant sur Hurlevent, pas d’elfes de la nuit ni de magie arcanique. Ibelin traite World of Warcraft comme un espace de vie, pas comme un prétexte à des batailles en CGI.

C’est une approche inédite pour une adaptation liée à un jeu vidéo. Plutôt que de reproduire l’esthétique du jeu ou de recréer ses quêtes épiques, le film s’intéresse à ce que le jeu permet : créer des liens humains, offrir une échappatoire, donner une dignité à ceux que la vie réelle a brutalisés.

Le scénario sera signé par Ilaria Bernardini et Hossein Amini, ce dernier ayant écrit Drive pour Nicolas Winding Refn. Ils s’appuieront sur le blog Musings of Life que Mats Steen tenait jusqu’à sa disparition, un journal intime poignant où transparaissait toute la complexité de son existence.

Un casting qui inspire confiance

Charlie Plummer incarnera Mats Steen. L’acteur s’est fait remarquer dans La route sauvage et a prouvé qu’il savait porter des rôles sensibles. Autour de lui : Toni Collette, Stephen Graham, Isabela Merced, Maisy Stella et Anthony Hopkins. Ce dernier apporte une légitimité immédiate au projet.

Morten Tyldum, oscarisé pour The Imitation Game, sait filmer les parcours de vie extraordinaires. Son approche devrait éviter les écueils du premier Warcraft, qui avait privilégié le spectacle au détriment de l’émotion.

Warcraft

Ce que le premier film a raté

Avec le recul, les défauts de Warcraft : Le Commencement sautent aux yeux. La CGI des Orcs était spectaculaire, mais le reste faisait cosplay amateur. Les acteurs humains semblaient perdus dans des armures cartoonesques. Le récit hésitait constamment entre le point de vue des Orcs et celui des Humains, sans jamais trancher.

Surtout, le film supposait que le public connaissait déjà l’univers. Pour les néophytes, c’était un déferlement de noms propres incompréhensibles et de batailles sans enjeux émotionnels clairs. 439 millions de dollars au box-office, certes, mais combien de spectateurs conquis ?

L’industrie du jeu vidéo représente un marché colossal. World of Warcraft a généré près de 12 milliards de dollars de recettes depuis son lancement. Pourtant, Hollywood n’a jamais su transformer cette richesse en succès cinématographique durable.

Et si Ibelin réussissait là où Warcraft a échoué ?

Le tournage débutera en 2026. Aucune date de sortie n’a été annoncée, mais le projet suscite déjà la curiosité. Pas seulement parce qu’il ramène Warcraft au cinéma, mais parce qu’il propose quelque chose de rare : un film qui respecte ce que le jeu vidéo représente pour ceux qui y jouent.

Les joueurs de World of Warcraft ne sont pas dupes. Ils savent que leur univers est difficile à adapter. Mais l’histoire de Mats Steen, elle, n’a pas besoin d’adaptation. Elle est déjà universelle. Un garçon isolé qui trouve une communauté, une dignité, une raison de se lever chaque matin. Un héros malgré lui.

Si Hollywood arrive à capturer cette essence, alors peut-être que Warcraft aura enfin trouvé sa place au cinéma. Pas en recréant Azeroth, mais en montrant pourquoi des millions de personnes ont besoin de ce monde parallèle pour se sentir vivants.

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