

Les outils classiques de cybersécurité, comme les pare-feux et antivirus, montrent souvent leurs limites, surtout face à des attaques furtives ou internes. Ces attaques peuvent rester indétectées pendant des semaines, voire des mois, car elles exploitent précisément un comportement habituel ou “normal”. C’est là que l’analyse du comportement des utilisateurs et des entités (UEBA) entre en scène, offrant un regard différent : elle ne s’intéresse pas qu’aux signatures connues des attaques, mais détecte les écarts subtils dans la manière dont les utilisateurs et les machines interagissent avec le réseau.
L’UEBA repose sur des algorithmes sophistiqués et le machine learning. Cette technologie collecte en continu des données sur l’activité de chaque utilisateur et de chaque appareil connecté, qu’il s’agisse d’ordinateurs, de serveurs, de routeurs ou même d’objets connectés. Par exemple, un utilisateur télécharge habituellement des fichiers de taille modérée : s’il se met soudain à télécharger des volumes inhabituellement lourds, le système l’identifie comme un comportement anormal. Pareil pour un serveur qui reçoit un afflux soudain et massif de requêtes, un signe possible d’attaque par DDoS.
Le système commence par une phase d’apprentissage dite “silencieuse” où il établit des profils basés sur les comportements normaux observés. Une fois ces profils définis, il peut détecter les écarts, les alerter et même déclencher des réponses automatiques, comme la déconnexion d’un utilisateur compromis.
Ce qui donne à l’UEBA sa valeur, c’est sa capacité à dépasser les méthodes traditionnelles et à inspecter le comportement en contexte, et non seulement les signatures des attaques ou les simples indicateurs connus. L’essor des attaques ciblées, souvent menées par ingénierie sociale ou phishing, illustre bien ce point : l’attaquant pénètre par un faux mouvement humain, et l’infection progresse ensuite à bas bruit. L’UEBA détecte ces micro-anomalies – des gestes inhabituels qui autrement passeraient inaperçus.
Cela réduit aussi la dépendance à une surveillance humaine constante : le machine learning automatise une partie du travail d’identification des écarts, libérant ainsi les équipes informatiques pour gérer les incidents les plus critiques. C’est un renfort indispensable face à la complexité croissante des réseaux et aux nombreux appareils connectés, y compris ceux à domicile.
Sur le terrain, l’UEBA agit comme un “veilleur discret” capable d’alerter non seulement lors d’attaques évidentes, mais aussi pendant le stade embryonnaire d’une compromission, souvent invisible aux autres systèmes. Cela implique une vigilance accrue sur les comportements des entités (serveurs, routeurs, routeurs notamment) en plus des simples utilisateurs humains.
Les équipes sécurité peuvent ainsi adapter leurs interventions, investiguer rapidement et parfois automatiser la réponse, limitant considérablement les dégâts. L’UEBA se mêle alors aux systèmes déjà en place, comme les SIEM – dont elle complète la vision — offrant une vue plus complète sur les menaces à la fois internes et externes. Veiller à une intégration harmonieuse avec ces outils est un enjeu technique mais fondamental.
L’implémentation de l’UEBA ne se limite pas à un gain technique. Elle pose de réelles questions éthiques et sociétales, notamment en matière de vie privée au sein des organisations. La frontière entre surveillance nécessaire et contrôle excessif est ténue, d’où l’importance d’un cadre transparent et respectueux des droits.
Par ailleurs, la sophistication croissante des algorithmes pose aussi la question du biais et de la fiabilité des alertes, avec un risque de surcharge ou d’erreurs qui pourraient nuire à la confiance dans ces systèmes.
Enfin, œuvrer à l’amélioration continue des méthodes et à la formation des équipes reste vital. L’UEBA ne se substitue pas au jugement humain, mais l’éclaire autrement. Il faudra aussi observer comment cette approche évolue avec la multiplication d’objets connectés et la généralisation du télétravail.
Que signifie UEBA ?
UEBA veut dire analyse du comportement des utilisateurs et des entités, intégrant aussi bien les humains que les appareils connectés.
Comment l’UEBA agit-elle en sécurité ?
En surveillant en continu les comportements, elle détecte les anomalies qui peuvent annoncer une cyberattaque ou une compromission.
UEBA et SIEM : quelles différences ?
Le SIEM se concentre sur la corrélation d’événements et journaux systèmes tandis que l’UEBA analyse les comportements des utilisateurs et machines pour repérer des tendances plus subtiles.
Pour approfondir les complémentarités, le fonctionnement du SIEM et son rôle peuvent être consultés ici.
UEBA et protection des réseaux domestiques ?
L’UEBA peut être étendue jusqu’aux équipements personnels et routeurs domestiques, vecteurs possibles d’attaques, ce qui souligne le besoin croissant de vigilance étendue en contexte professionnel.
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Passionné par les nouvelles technologies depuis plus de 20 ans, j’exerce en tant qu’expert tech avec une spécialisation en développement et innovation. Toujours à la recherche de solutions performantes, je mets mon expérience au service de projets ambitieux.