un bilan de compétences est-il bénéfique après 5 à 10 ans d’expérience ?

MargauxBlog emploi19 septembre 2025

Parfois, le boulot s’emmêle avec nos envies, et cinq ou dix années filent sans qu’on comprenne vraiment comment on en est arrivé là. Changer de cap ou regarder son parcours autrement, ça titille bien plus de monde qu’on ne l’imagine. Face au miroir du bilan de compétences, certains découvrent des contours inattendus à leurs propres ambitions. Qui aurait cru que ce simple rendez-vous puisse chambouler autant d’idées reçues ?

Franchir le pas après quelques années

Après cinq, parfois dix ans dans la même trajectoire, les idées qui trottent n’ont plus grand-chose à voir avec l’élan du premier bulletin de salaire. Ce besoin de savoir où l’on met les pieds grandit. J’ai vu autour de moi, dans le tumulte des déjeuners expédiés ou des réunions allongées, ce moment où la question surgit : « Et maintenant, qu’est-ce que je fais de tout ça ? »

Bilan de compétences : une pause bienvenue ou un miroir gênant ?

On dit qu’un bilan de compétences peut servir de tremplin. Mais pas que. Trop souvent on imagine, à tort, qu’il faut être en crise pour s’y coller. Pourtant, l’intérêt, parfois, tient simplement dans l’envie de recoller les morceaux d’un puzzle dont on ne comprend plus le motif. Prendre ce temps, quelques entretiens, des exercices, l’écoute d’un tiers… Oui, cela permet de mettre des mots sur des doutes anciens et de redécouvrir qu’on ne s’est pas résigné à subir.

Certaines branches professionnelles poussent à ce genre de bilan. D’autres le taisent. Pourtant, le bilan de compétences fait partie du paysage. L’accès est facilité, les dispositifs existent, que ce soit par le DIF, le plan de formation, ou les organismes financeurs. Ce qui manque ? Moins l’argent, que l’info concrète, la légitimité de la démarche.

Idées reçues, pièges et envies de changer

On croit encore que le bilan s’adresse aux « paumés », à ceux qui s’ennuient ou qui veulent tout plaquer. Mais ce n’est pas toujours une révolution. Parfois, on se redécouvre à sa place, ou on taille différemment sa trajectoire. Faire le point n’est pas synonyme de s’arrêter. Cela peut aussi relancer une passion, dépoussiérer ses envies.

Il y a des pièges, oui. L’attente d’une solution magique, en une semaine, entre deux réunions. La tentation de bâcler les exercices, de ne pas s’ouvrir vraiment. Et puis l’autre danger : se voir trop beau ou trop fragile, selon l’humeur du moment.

Ce que peu de gens avouent…

Par expérience, peu osent dire à leur DRH qu’ils envisagent un bilan. Discrétion, peur d’être jugé, surtout au début de carrière où l’on pense devoir prouver plutôt qu’envisager. D’où l’utilité, parfois, d’un accompagnement neutre ou externe. Car un vrai bilan de compétences, ce n’est pas attendre que d’autres décident à sa place. C’est se réapproprier son histoire.

Portraits de passage : de l’ingénieur à l’ostéopathe

On croise des Stéphanie, des Pierre, mille destins silencieux. À 29 ans, Stéphanie doute, malgré un parcours « sur le papier » conforme à tout ce qu’on attend. Elle glisse doucement vers un poste plus en phase avec ses envies. Pierre, lui, brillant ingénieur, étouffe, se tait, s’arrache. Le bilan est venu bousculer la logique familiale, ouvrir une brèche vers un choix oublié : les métiers du soin, loin des aiguillages tracés par d’autres.

Faire ce point, ce n’est pas trahir son passé. Parfois, cela soulage au contraire une loyauté mal placée. Il y a ceux qui reprennent la main et ceux qui, pour la première fois, se posent la question de ce qui les anime vraiment.

Et si on inversait la logique ?

La question n’est alors plus « est-ce le bon moment ? », mais « pourquoi attendre ? ». Entre 5 et 10 ans d’expérience, on a déjà assez vécu pour avoir du recul, pas trop pour se figer dans une case. Les compétences réelles sont là, les envies parfois enfouies aussi, et les possibilités de rebond restent larges. Mieux vaut ne pas attendre d’être lassé ou à bout de souffle.

Chercher ou accepter de rencontrer l’inattendu

Ce qui est étrange, c’est que parfois le vrai bilan se situera ailleurs, bien après la démarche officielle. Le simple fait d’enclencher la réflexion déclenche une série de petits déclics inattendus. On écoute différemment les discussions sur la reconversion, sur la mobilité, ou sur la promotion par l’alternance, que ce soit au sein d’une entreprise ou grâce à des acteurs comme Tingari.

Certains songent à devenir psychologue après un virage, d’autres bifurquent en comptabilité, ou renouent avec une soif d’apprendre, parfois juste là où ils sont, avec d’autres perspectives. Le bilan n’est pas toujours un saut dans le vide, mais plutôt un rééquilibrage subtil.

Ne pas se tromper de question

On pourrait se demander : « est-ce rentable ? », « est-ce nécessaire ? ». Mais la vraie question, peut-être, serait simplement : « qu’est-ce que j’attends de ma vie professionnelle maintenant ? ».

On le sent tout de suite, le bénéfice n’est pas instantané, ni uniforme. Pour certains, il faut du temps, pour d’autres, l’évidence est fulgurante. Chacun avance à sa façon.

Il reste toujours cet étrange mélange de peur et d’énergie à l’idée de changer, ou de rester, mais un peu mieux armé. C’est l’un des rares moments où l’on s’autorise à regarder derrière soi pour mieux choisir comment avancer. Voilà peut-être la plus belle des réussites d’un bilan : provoquer les questions plutôt que d’imposer les réponses.

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