
À l’aube de la sortie en salle de Twisters, l’ombre bienveillante du film de 1996 plane encore, nourrissant espoirs et interrogations. Le réalisateur Lee Isaac Chung a récemment levé le voile sur une décision majeure concernant la présence d’un personnage emblématique du précédent long-métrage, déclenchant un débat passionné parmi les cinéphiles et les aficionados du genre catastrophe. Universal Pictures et Amblin Entertainment réunissent leurs forces pour ce projet qui, tout en revendiquant une filiation avec l’original, choisit aussi de s’émanciper.
À première vue, Twisters semble marcher sur les traces de Twister, film catastrophe de 1996 signé Jan de Bont, mais la réalité est moins évidente qu’il n’y paraît. Le projet a longtemps oscillé entre reboot, remake et suite, laissant planer une incertitude sur sa nature exacte. Lee Isaac Chung, à la barre du film, a lui-même reconnu cette complexité : le film se déroule bien dans le même univers que son prédécesseur, mais il ne s’agit pas d’une suite directe ni d’un remake strict.
On pourrait qualifier Twisters de « suite spirituelle », un terme qui n’efface pas les clins d’œil, mais ouvre aussi des perspectives nouvelles. Pourtant, ce lien aurait pu être bien plus marqué. Initialement, le scénario intégrant un personnage connu du film original était dans les cartons, envisagé pour créer un pont émotionnel fort.
Ce renoncement, loin d’être anodin, reflète une stratégie consciente de ne pas alourdir la narration avec des retours qui auraient pu embarrasser le récit principal. Il faut aussi rappeler que l’univers visuel et technique s’est considérablement enrichi en près de trois décennies, notamment grâce aux avancées d’IMAX, Dolby Atmos et Dolby Cinema, qui insufflent au film une dimension sensorielle incomparable.
La décision de ne pas inclure Jo Harding, figure emblématique incarnée par Helen Hunt dans Twister, a suscité pas mal d’interrogations. On pouvait légitimement s’attendre à retrouver cette héroïne, symbolique et ancrée dans la mémoire collective. Les premières ébauches du scénario prévoyaient même une intrigue centrée sur la fille de Jo Harding, développant la continuité familiale et la transmission de la passion pour la chasse aux tempêtes.
Cependant, Lee Isaac Chung a expliqué à The Wrap que cette orientation ne correspondait pas à l’image qu’il se faisait du personnage de Jo plus de 25 ans après les faits. L’idée d’une femme restée sédentaire, à la ferme, guettant avec amertume des signes d’attachement de sa fille, ne collait ni au tempérament ni à la force que Jo incarnait dans le film d’origine.
Dans cette optique, c’est Daisy Edgar-Jones qui endosse le rôle principal de Twisters, avec son personnage Kate, une météorologiste de la nouvelle génération, qui ne se contente pas d’un héritage passif. Sa relation avec sa mère, incarnée par Maura Tierney, apporte une dynamique contemporaine tout en conservant une nuance dramatique, loin de la figure figée que l’on aurait pu craindre pour Jo.
Le choix de remplacer Jo Harding par un nouveau personnage semble s’inscrire dans une volonté plus large de refléter les évolutions sociétales et cinématographiques. Le traitement des figures féminines dans le cinéma catastrophe a connu une transformation notable, où l’héroïsme se décline désormais avec des nuances plus subtiles et plus complexes.
Kate, héroïne de Twisters, est celle d’une météorologiste professionnelle, avec une posture à la fois déterminée et vulnérable, traversée par les doutes personnels comme par les enjeux dramatiques de sa mission. Dans cette optique, la relation mère-fille avec Cathy, jouée par Maura Tierney, devient un fil émotionnel qui interroge plus profondément qu’un simple lien générationnel usé.
Cette orientation s’inscrit dans le sillage d’autres succès où Universal Pictures et Warner Bros. Pictures ont su marier spectacle et intelligence dramatique, évitant le piège d’une écriture pauvre ou convenue. L’ombre d’Helen Hunt reste cependant présente, alimentée par une nostalgie maîtrisée, comme on peut le voir dans certains commentaires d’Allociné ou via The Hollywood Reporter.
La tendance dans l’industrie à recycler des figures du passé dans des suites ou reboots pour capitaliser sur leur popularité connaît ses limites, notamment dans le genre catastrophe. Twisters illustre une prise de risque, un engagement à construire une histoire qui se situe dans le même univers sans pour autant remettre sur le devant de la scène les mêmes protagonistes.
Le réalisateur Lee Isaac Chung a évoqué ceci dans diverses interviews, notamment sur des plateformes comme The Wrap et des émissions spécialisées. Son approche privilégie une narration épurée, évitant le piège narratif d’une émulation forcée du premier film.
Ce choix peut paraître risqué commercialement, mais il ouvre aussi une porte à une créativité renouvelée. Il faut noter que le film exploite pleinement les technologies modernes d’IMAX et de Dolby Cinema pour plonger le spectateur dans des séquences d’une intensité rare. Le parti pris est d’offrir une expérience inédite plutôt qu’une simple répétition.
Les réactions à quinze jours de la sortie restent contrastées. Certains saluent le courage de Lee Isaac Chung de ne pas céder à la facilité du fan service, tandis que d’autres regrettent une forme de distanciation avec l’esprit du film original.
Sur des plateformes comme Allociné, un débat animé s’est installé, mêlant analyses fines et passions parfois vives. The Hollywood Reporter a publié plusieurs articles soulignant la complexité du projet, qui oscille entre hommage et volonté d’autonomie.
Le Box-office en France et aux États-Unis est aussi scruté de près. Alors que certains projets récents, comme Fast & Furious 9, ont su renouer avec leur public, Twisters affiche un démarrage plus modeste, malgré un déploiement ambitieux en IMAX et Dolby Atmos.
Le parcours de Twisters n’a pas été linéaire. Initialement, Joseph Kosinski était pressenti puis s’est retiré pour d’autres engagements avec Apple TV+ et la Formule 1, laissant la place à Lee Isaac Chung, qui apporte un regard plus personnel.
Avant lui, des noms tels que Jimmy Chin, Elizabeth Chai Vaserhelyi, Dan Trachtenberg ou Travis Knight avaient été évoqués par les studios, témoignant d’une volonté de confier le projet à des talents diversifiés. Ce contexte a largement influencé la manière dont l’histoire, les personnages et la tonalité sont apparus au fil des années.
Cet état de fait fait écho à d’autres franchises majeures qui ont tâtonné avant de trouver leur voie, à l’instar du cheminement évoqué dans Desenchantement Warcraft suite ou la façon dont certains blockbusters se réinventent.
Le recours aux technologies de pointe telles que l’IMAX et Dolby Cinema n’est pas anecdotique dans Twisters. Elles contribuent non seulement à offrir un spectacle visuel et sonore impressionnant, mais aussi à immerger le spectateur dans le chaos et la beauté des phénomènes météorologiques extrêmes.
La technologie Dolby Atmos, avec son enveloppement audio tridimensionnel, permet de renforcer l’intensité des scènes de tornades, faisant vibrer tant la salle que le ressenti du public. Cette expérience sensorielle, combinée à une photographie soignée, fait de chaque séquence une immersion totale.
Universal Pictures développe ainsi un film pensé pour les écrans les plus grands et les plus sophistiqués, s’appuyant aussi sur le bouche-à-oreille et les analyses de la presse spécialisée pour asseoir sa renommée. On retrouve dans ces efforts une quête comparable à d’autres superproductions qui misent sur l’émotion visuelle et acoustique, à l’image des expériences qu’offre une franchise comme Dune.
Alors que Twisters s’installe dans les salles, de nombreuses voix s’élèvent pour discuter de sa place au sein du genre catastrophe et plus largement du cinéma contemporain. Est-il une réinvention ou un simple hommage ? Un choix de casting audacieux ou une tentative de plaire à une nouvelle audience ?
Certains critiques pointent une écriture parfois un peu manichéenne, qui rappelle les codes des années 1990, tandis que les amateurs de sensations fortes saluent la puissance des effets spéciaux et le travail sonore réalisé. Le débat s’inscrit dans une époque où les franchises doivent jongler entre attentes des fans et le désir de ne pas figer leur récit.
La contexture de ce film rappelle le parcours d’autres projets qui ont défrayé la chronique, comme le choix de la continuité dans Joker 2 ou les évolutions de personnages dans des franchises établies. Twisters est donc à la croisée des chemins entre tradition et innovation, un équilibre délicat et passionnant à observer.
Je suis un écrivain passionné par la lecture et l’écriture. J’ai choisi d’exprimer mes opinions et mes observations sur mon blog, où je publie souvent des articles sur des sujets qui me sont chers. Je m’intéresse aussi beaucoup aux préoccupations sociales, que j’aborde souvent dans mon travail. J’espère que vous apprécierez mes articles et qu’ils vous inciteront à réfléchir vous aussi à ces sujets. N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me faire part de vos réflexions !