2h25 : un Spider-Man adulte (attention euphémisme)
C’est World of Reel qui a lâché l’info début juin : Spider-Man : Brand New Day sera l’un des blockbusters les plus longs de l’été 2026, à 145 minutes pile. Pour contextualiser : No Way Home (2021) tenait 148 minutes, Gardiens de la Galaxie Vol. 3 en comptait 149, et le monstre sacré Oppenheimer explosait à 180. On n’est donc pas dans l’anomalie, on est dans la norme lourde qui s’est imposée depuis cinq ans. Le sacro-saint « 90 à 120 minutes, ni plus ni moins » est mort, enterré quelque part sous les décombres de l’Avengers Infinity War. Les studios ont décidé que votre vessie est leur terrain de jeu.
Pour rappel, la durée n’est pas encore une surprise en soi, les rumeurs de l’automne 2025 tablaient déjà sur une fourchette de 2h20 à 2h30. Ce qui change ici, c’est la confirmation. Et avec elle, une vraie question : est-ce que Destin Daniel Cretton, réalisateur soigné de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, aura su remplir ce temps, ou va-t-on se retrouver avec 40 minutes de rembourrage en troisième acte comme trop souvent dans les productions Marvel de la Phase 4 ?
Un Peter Parker seul au monde (et c’est le bon angle)
Le synopsis officiel est clair : quatre ans ont passé depuis les événements de No Way Home. Peter Parker vit seul, anonyme, effacé de la mémoire de tous ceux qu’il aime, MJ, Ned, tante May… enfin, surtout les deux premiers. Il patrouille dans un New York qui ne sait plus son nom, et la pression de cette solitude radicale provoque une « transformation physique surprenante ». C’est le point de départ le plus solide depuis Spider-Man 2 de Raimi, et on peut déjà le dire : l’idée de faire de Peter un personnage réellement seul, sans filet social ni mentor Avenger, était la seule direction qui avait du sens après le trauma de No Way Home.
Chris McKenna et Erik Sommers signent le scénario, le duo qui avait déjà co-écrit Homecoming, Far From Home et No Way Home. Ce n’est pas la garantie absolue (on se souvient que Far From Home naviguait entre le solide et le poussif), mais c’est au moins une cohérence dans la voix du personnage. Et Cretton, lui, a prouvé avec Shang-Chi qu’il savait travailler les émotions sans les noyer dans le spectacle. Le combo mérite qu’on lui accorde le bénéfice du doute.
Le casting : le Punisseur, Daredevil et un Hulk de passage
Tom Holland, donc. Mais surtout, et c’est là que ça devient dingo, Jon Bernthal dans la peau de Frank Castle, alias le Punisseur, en co-protagoniste. Zendaya revient en MJ, Jacob Batalon en Ned Leeds, Charlie Cox en Matt Murdock/Daredevil, et Sadie Sink dans un rôle encore non divulgué officiellement (les paris vont bon train sur Gwen Stacy). J.K. Simmons reprend son casque de J. Jonah Jameson, Mark Ruffalo débarque en Bruce Banner, et Michael Mando ressort Mac Gargan des cartons, le Mac Gargan apparu en fin de Homecoming, qu’on avait presque oublié.
Ce casting dit quelque chose d’important : Marvel veut du street-level, du sale, du moral ambiguë. La confrontation entre l’idéalisme de Spider-Man et la philosophie chirurgicale du Punisseur, « tuer les méchants plutôt que les laisser repartir », est exactement le genre de tension dramatique que la saga Holland n’a jamais vraiment osé toucher. Kevin Feige l’a confirmé : l’objectif est de ramener Peter à l’échelle humaine, loin des crises multiverselles et des fins du monde. Une bonne nouvelle, pourvu que la promesse soit tenue jusqu’au bout.
Le tout nouveau duo de l’été 2026 : l’homme-araignée et un type qui préfère les balles au lacet de toile. (Autre équipe, autre époque.)
L’été le plus chargé de Tom Holland depuis… toujours
Il faut rappeler la situation contextuelle, parce qu’elle est quand même savoureuse : Tom Holland sort The Odyssey de Christopher Nolan le 17 juillet 2026, puis Spider-Man : Brand New Day deux semaines plus tard, le 29 juillet en France (31 aux États-Unis). D’ailleurs, Sony a précisément repoussé d’une semaine la date initiale de Brand New Day pour éviter une collision frontale avec The Odyssey, Tom Holland contre Tom Holland, ça aurait été difficile à expliquer en conférence de presse. Nul doute qu’entre les deux sorties, notre ami Peter Parker va sévèrement manquer de sommeil.
Pour l’anecdote : c’est la première fois depuis Avengers : Endgame qu’un même acteur porte deux blockbusters majeurs à moins d’un mois d’intervalle. L’exercice était suicidaire pour Tobey Maguire. Pour Holland, qui a grandi dans l’industrie, c’est presque une normalité. Retrouvez la fiche complète de Spider-Man : Brand New Day sur NR Magazine, avec les horaires de séances dès leur mise en ligne.
2h25 : la peur, et l’espoir
Revenons à la durée, parce que c’est le nœud du problème. Deux heures vingt-cinq dans les mains du bon réalisateur, c’est The Dark Knight, c’est Spider-Man 2, c’est Heat. Dans les mains d’un comité créatif qui a peur de ses propres personnages, c’est deux heures de setup et vingt-cinq minutes de bataille finale en CGI qui ressemble à une fin de niveau de jeu vidéo. Le MCU, depuis Endgame, a alterné les deux. Parfois dans le même film. Cretton n’a encore jamais déçu, mais il n’a encore jamais eu ce poids-là sur les épaules non plus.
La promesse d’un Peter Parker adulte, meurtri, seul dans sa ville avec pour seul compagnon d’armes un type qui troue les genoux de ses ennemis d’une balle de .45, ça, c’est le rêve. Le film qu’on attendait depuis que Holland a enfilé le costume pour la première fois dans Captain America : Civil War (2016). Il a fallu dix ans et sept apparitions pour en arriver là.
La bande-annonce officielle. Deux minutes trente de promesses. Reste à voir si le film en tient 145.
Rendez-vous le 29 juillet. On va se farcir les 2h25, les yeux grands ouverts, et si c’est naze, on vous le dira exactement avec les mots qu’il faut.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.


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