L’ancien gouverneur de Californie met fin à son aventure aux côtés de Sylvester Stallone dans la saga d’action culte
Imaginez un samedi après-midi de 2010. Dans une petite église de Hollywood, trois colosses du cinéma d’action se retrouvent pour deux heures de tournage qui allaient sceller une amitié à l’écran. Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone et Bruce Willis réunis dans une même scène. Un rêve pour les fans. Un service rendu entre amis pour Schwarzy. Treize ans plus tard, la star de Terminator annonce qu’elle raccroche définitivement les gants d’Expendables. Retour sur une rupture amicale qui marque la fin d’une époque.
L’essentiel à retenir
- Arnold Schwarzenegger refuse de participer à Expendables 4, sorti en octobre 2023
- L’acteur justifie son départ par le manque d’évolution de son personnage secondaire Trench Mauser
- Schwarzy avait rejoint la franchise par amitié pour Stallone, tournant ses scènes en quelques heures seulement
- Sa présence se limitait à de brefs caméos dans les trois premiers volets
- L’acteur reste ouvert à une collaboration future avec Sylvester Stallone
Un départ annoncé sans amertume
Lorsqu’Arnold Schwarzenegger s’exprime dans les colonnes du magazine Parade en 2023, sa décision semble irrévocable. « C’est tourné, et je ne suis pas dedans », lance-t-il sans détour. Mais contrairement à certains divorces hollywoodiens retentissants, celui-ci se fait dans le respect mutuel.
L’acteur autrichien-américain explique avoir informé Stallone de sa décision en toute transparence. « Quand j’ai dit à Stallone : ‘On l’a fait, et j’en ai fini maintenant’, il a vraiment compris », confie-t-il. Aucune rancœur, aucun conflit créatif explosif. Juste la lassitude d’un acteur de 75 ans qui refuse de se répéter.
Quand l’amitié prime sur l’ambition
Pour comprendre ce retrait, il faut revenir aux origines du projet Expendables. En 2010, Sylvester Stallone lance une franchise destinée à réunir les légendes du cinéma d’action. L’idée ? Créer un univers où Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren et bien d’autres mercenaires aguerris accomplissent des missions explosives.
Cette scène mythique de l’église, où trois titans du cinéma se retrouvent face à face, n’était pas prévue initialement. C’est Bruce Willis lui-même qui suggère cette rencontre improbable. Arnold Schwarzenegger accepte par amitié. Rien de plus. Le tournage express en témoigne : deux petites heures un samedi, entre deux autres engagements.
Une participation qui s’éternise malgré lui
Le piège se referme doucement sur Schwarzenegger. Après le succès du premier opus, Stallone revient à la charge. « Oh, tu pourrais faire Expendables 2 ? », lui demande-t-il. L’ancien Mister Univers accepte à nouveau, pensant probablement que ce serait la dernière fois. Il se trompe.
Films Expendables avec Arnold Schwarzenegger
Expendables 3 arrive en 2014, et Schwarzy participe une troisième fois. Mais cette fois, la coupe est pleine. L’acteur réalise qu’il tourne en rond. Son personnage de Trench Mauser reste désespérément secondaire, cantonné à quelques répliques et explosions. Rien qui justifie de prolonger l’aventure.
Un rôle sans substance
En 2017 déjà, alors que la production d’Expendables 4 était incertaine et que la présence de Stallone était remise en question, Arnold Schwarzenegger avait exprimé ses réserves. Il déplorait le manque d’importance accordé à son personnage dans la franchise.
L’acteur avait même posé ses conditions : il ne reviendrait que si Trench Mauser était mieux développé et que Stallone participait également. Six ans plus tard, force est de constater que ces exigences n’ont jamais été satisfaites. Schwarzenegger en tire les conséquences.
Expendables 4 sans ses piliers historiques
Le quatrième volet, réalisé par Scott Waugh et sorti en octobre 2023, marque un tournant majeur pour la franchise. Non seulement Arnold Schwarzenegger est absent, mais Sylvester Stallone lui-même passe au second plan. C’est désormais Jason Statham qui occupe le devant de la scène dans le rôle de Lee Christmas.
Cette redistribution des cartes témoigne d’une volonté de rajeunir la saga. Le casting s’enrichit de nouvelles têtes : Megan Fox, le rappeur 50 Cent (Curtis Jackson), ainsi que les stars des arts martiaux Tony Jaa et Iko Uwais. Randy Couture et Dolph Lundgren restent fidèles au poste, incarnant respectivement Toll Road et Gunner Jensen.
Un box-office décevant
Les chiffres donnent raison à Schwarzenegger d’avoir quitté le navire. Expendables 4 essuie un échec cuisant au cinéma. Après le succès relatif des trois premiers opus qui avaient engrangé respectivement 274 millions, 315 millions et 214 millions de dollars au box-office mondial, le quatrième volet déçoit grandement.
Les critiques sont sévères. Le film est même multi-nommé aux Razzie Awards 2024, ces anti-Oscars qui récompensent le pire du cinéma. Une humiliation que Schwarzenegger et son flair légendaire ont su éviter en refusant poliment mais fermement de participer.
La rivalité devenue amitié
Pour mesurer l’importance du départ de Schwarzenegger, il faut comprendre la relation unique qui le lie à Sylvester Stallone. Dans les années 1980 et 1990, ces deux monuments du cinéma d’action se vouaient une haine viscérale. Chaque film de l’un devait surpasser celui de l’autre.
Cette rivalité toxique a pourtant débouché sur une amitié sincère. Les deux acteurs ont appris à se respecter, puis à s’apprécier. Leur complicité transparaît dans les films Expendables, où leurs personnages s’envoient des piques affectueuses.
Cette déclaration d’Arnold Schwarzenegger en 2017 résume parfaitement la situation. L’acteur refuse de continuer sans son comparse. Lorsque Stallone lui-même décide de passer le flambeau à Jason Statham, Schwarzy en profite pour tirer sa révérence.
Un avenir loin des mercenaires
Que devient Arnold Schwarzenegger après Expendables ? L’ancien gouverneur de Californie ne chôme pas. En mai 2023, il fait son grand retour sur les écrans dans FUBAR, une série d’action pour Netflix où il tient le rôle principal.
Dans cette production, Schwarzy incarne Luke Brunner, un agent de la CIA qui découvre que sa fille Emma (Monica Barbaro) travaille dans le même domaine que lui, à son insu. Un concept qui permet à l’acteur de déployer toute sa palette, mêlant action, humour et émotion.
La porte reste ouverte
Malgré son retrait d’Expendables 4, Arnold Schwarzenegger ne ferme pas définitivement la porte à une collaboration avec Sylvester Stallone. « Mais on refera quelque chose ensemble un jour », promet-il dans son interview à Parade.
Cette déclaration laisse entrevoir de futures retrouvailles cinématographiques. Peut-être pas dans l’univers des Expendables, désormais aux mains d’une nouvelle génération, mais dans un projet qui donnerait enfin aux deux légendes l’espace nécessaire pour briller à part égale.
Les seuls fidèles de la saga
Un détail mérite d’être souligné : seuls quatre acteurs apparaissent dans les quatre épisodes de la saga Expendables. Sylvester Stallone bien sûr, Jason Statham qui devient le nouveau leader, Dolph Lundgren et Randy Couture.
Cette liste restreinte témoigne de la difficulté à maintenir une distribution stable sur une franchise qui s’étale sur treize ans. Bruce Willis, présent dans les deux premiers volets, disparaît ensuite. Jean-Claude Van Damme n’apparaît que dans le deuxième. Wesley Snipes rejoint l’aventure au troisième.
Arnold Schwarzenegger, lui, aura participé aux trois premiers avant de claquer la porte avec élégance. Pas de scandale, pas de communiqué rageur. Juste un « non merci » poli mais définitif, accompagné d’une explication honnête et respectueuse.
L’héritage Expendables sans le Terminator
Que reste-t-il d’Expendables sans Arnold Schwarzenegger ? Une franchise qui tente de se réinventer, qui cherche un second souffle en renouvelant son casting. Jason Statham reprend le flambeau avec son personnage de Lee Christmas, mercenaire au cœur tendre.
Le scénario d’Expendables 4 reflète d’ailleurs ce changement de garde. Après une mission en Libye où Barney Ross (Stallone) perd la vie, Lee Christmas est écarté du groupe au profit de son ex-petite amie Gina, incarnée par Megan Fox. Lorsque l’équipe se fait capturer en Asie, c’est Christmas qui doit les sauver.
Ce passage de témoin symbolique marque la fin d’une ère. Celle des géants des années 1980 et 1990, remplacés par une génération plus jeune. Un cycle naturel, certes, mais qui laisse un goût d’inachevé pour les fans de la première heure.
Quand Schwarzy avait des conditions
Remontons à 2010, lors du casting du premier Expendables. Sylvester Stallone avait d’abord pensé à Jean-Claude Van Damme pour incarner Gunnar Jensen. Le Belge refuse catégoriquement, ne supportant pas l’idée de perdre un combat face à Jet Li. Il juge également le projet « une erreur ».
Le rôle échoit finalement à Dolph Lundgren, qui l’interprétera dans les quatre films. Une décision judicieuse puisque l’acteur suédois apporte une vraie dimension à ce personnage de tireur d’élite traumatisé et dépendant aux drogues.
Arnold Schwarzenegger, lui, n’a jamais posé de telles exigences pour le premier film. Il accepte un rôle secondaire, conscient qu’il rend service. Mais avec le recul, on peut se demander si cette générosité initiale ne s’est pas retournée contre lui, le figeant dans un rôle sans perspective d’évolution.
La question du respect
Au-delà des aspects contractuels et artistiques, le départ d’Arnold Schwarzenegger soulève une question fondamentale : comment traite-t-on les légendes vivantes à Hollywood ?
L’acteur a incarné certains des personnages les plus iconiques du cinéma. Terminator, Conan le Barbare, Dutch dans Predator, John Matrix dans Commando. Des rôles qui ont marqué des générations entières. Méritait-il vraiment d’être cantonné à deux heures de tournage dans une église ?
La réponse de Schwarzenegger est claire : non. Et plutôt que de se plaindre publiquement ou de créer un scandale, il choisit simplement de se retirer avec dignité. Une leçon de professionnalisme et de respect de soi.
Vers de nouveaux horizons
À 77 ans aujourd’hui, Arnold Schwarzenegger prouve qu’il reste un acteur bankable et pertinent. Sa série FUBAR a rencontré un accueil favorable sur Netflix, démontrant que le public reste attaché à sa présence à l’écran.
L’ancien culturiste devenu acteur puis gouverneur de Californie continue d’explorer de nouvelles facettes de son talent. FUBAR lui permet d’aborder la thématique des relations père-fille, un angle plus personnel que les films d’action pure et dure.
Cette évolution artistique contraste avec la stagnation qu’il ressentait dans Expendables. Un personnage secondaire qui ne bouge pas, qui ne grandit pas, qui se contente de répéter les mêmes schémas film après film. Pourquoi s’entêter quand on peut explorer de nouveaux territoires ?
Durée du tournage de Schwarzenegger pour Expendables 1
Le véritable héritage
Que retiendra-t-on de la participation d’Arnold Schwarzenegger à la saga Expendables ? Probablement cette fameuse scène de l’église du premier volet. Un moment de grâce cinématographique où trois légendes partagent l’écran.
Dans cette séquence, Trench Mauser (Schwarzenegger) et Barney Ross (Stallone) rencontrent Monsieur Chapelle (Bruce Willis) qui leur propose une mission à Vilena pour renverser le général Garza. Trench décline, jugeant qu’« il faut être idiot pour accepter cette mission ». Une réplique prémonitoire ?
Cette scène contient également un clin d’œil savoureux. Barney dit de Trench, alors que Schwarzenegger était gouverneur de Californie, qu’il souhaiterait devenir président. Une référence directe au passé politique de l’acteur, née de la connivence entre Stallone et lui.
Ces moments de complicité authentique resteront gravés dans la mémoire des fans. Bien plus que n’importe quelle suite forcée où Schwarzenegger aurait accepté de revenir par obligation plutôt que par envie.
Un exemple pour l’industrie
Le cas Arnold Schwarzenegger devrait inspirer Hollywood. L’acteur démontre qu’il est possible de dire non avec classe, de refuser un projet sans créer de vagues, de préserver son intégrité artistique tout en maintenant de bonnes relations professionnelles.
Trop souvent, les acteurs se laissent enfermer dans des franchises qui ne les servent plus. Par peur de décevoir les fans, par attachement financier, ou simplement par manque de courage pour refuser. Schwarzenegger prouve qu’une autre voie existe.
Sa décision rappelle également aux producteurs qu’une star, même vieillissante, mérite du respect. On n’utilise pas Arnold Schwarzenegger comme un faire-valoir. On lui donne un vrai rôle, ou on le laisse partir.
Expendables 4 a échoué sans lui. Coïncidence ? Peut-être. Mais il est probable que l’absence de Schwarzy, combinée à celle d’un Stallone relégué au second plan, ait contribué au désintérêt du public. Les fans voulaient voir leurs héros briller, pas s’effacer progressivement.
Arnold Schwarzenegger a fait le choix de l’authenticité plutôt que de la nostalgie. Un choix courageux dans une industrie où la tentation de surfer sur la gloire passée reste immense. « Hasta la vista, baby », pourrait-on dire. Mais avec l’espoir, comme l’acteur le suggère, de futures retrouvailles avec Sylvester Stallone dans un projet qui rendrait enfin justice à ces deux monuments du septième art.
