
Choisir la voie de la diététique, c’est souvent imaginer sa vie entre conseils nutritionnels et suivis personnalisés. Pourtant, après le BTS, les horizons s’élargissent bien au-delà de l’image du simple cabinet. Et certains débouchés vont surprendre ceux qui ne s’y attendaient pas.
On sort du lycée ou d’un premier virage, on pense “diététicien”, on imagine le cabinet feutré, les gens assis face à vous, parfois stressés, cherchant un régime, une solution, parfois juste une écoute. La réalité derrière le diplôme, c’est beaucoup plus vaste, plus mouvant aussi. On vous répète souvent que c’est un secteur porteur, mais on ne dit pas tout. Dès les premiers stages, certains sentent que le cabinet, ce ne sera jamais leur univers. Trop cloisonné. D’autres s’y projettent à peine dix minutes avant d’entendre la voix d’un chef de service à l’hôpital parler contrôle qualité ou gestion de crise sanitaire.
Le métier de diététicien a le mérite d’être lisible. Mais ce n’est pas le seul chemin, même si, parfois, on fait croire le contraire. Devenir responsable qualité agroalimentaire, voilà un titre moins rutilant, pourtant très convoité dans l’industrie ; il s’agit ici de surveiller tout ce qui sort de chaîne, d’imposer des normes, d’être le garant de la sécurité alimentaire. Derrière chaque lot, une vérification, un soupçon de stress en cas d’alerte sanitaire, mais aussi un savoir pointu, presque invisible pour le consommateur.
Au fond, la diversité saute au visage quand on regarde autour de soi. Certains diplômés atterrissent en magasin bio pour devenir conseillers alimentaires : ils font dire aux étiquettes ce que d’autres n’arrivent pas à lire, ils parlent sans langue de bois des additifs, guident des familles entières dans des choix plus sains, parfois un peu plus chers. On rencontre aussi ceux qui travaillent dans des laboratoires ou chez des fabricants, en quête de ce petit plus qualité susceptible de fidéliser une clientèle exigeante.
Le poste de contrôleur qualité passionne moins les salons étudiants, pourtant on le retrouve derrière chaque barquette, chaque yaourt, chaque boîte prête à rejoindre le rayon frais. C’est un métier de la vérification : scruter, mesurer, signaler, consigner les écarts. Un travail de l’ombre, mais sans lequel le métier d’un chef cuisinier ou celui d’un diététicien en hôpital peut être compromis. Ce que peu de gens voient, c’est que ce poste offre de vraies responsabilités et convainc ceux pour qui le concret rassure.
On pense souvent qu’après le BTS Diététique on est condamné à exercer en libéral, à entendre la même question mille fois sur les sucres cachés ou les “super aliments”. Ce qui est étrange, c’est que l’industrie agroalimentaire embauche, parfois mieux que le médical. Les salaires, c’est un sujet tabou, mais certaines fonctions comme responsable de la gestion des salaires dans ce secteur montrent qu’on peut y faire sa place sans regretter le choix du BTS, ni se sentir dévalorisé.
Un souvenir tenace : une amie, diplômée la même année, a démarré par la classique consultation. Trois ans après, elle bosse pour un fabricant de barres protéinées, à jongler entre rencontres avec des sportifs, contrôles en labo et campagnes marketing. Sa trajectoire n’avait rien de linéaire, clairement, mais sa formation a servi de socle à tout ce qu’elle a construit.
Le vrai piège mental, c’est de croire qu’une filière ferme des portes. Chaque année, des diplômés filent vers la formation, le consulting, ou même des parcours universitaires pour bifurquer vers l’ingénierie alimentaire ou la recherche. Ce qui est intéressant, c’est de constater que le goût pour le contact humain n’est pas incompatible avec la rigueur scientifique. Certains alternent, testent, hésitent, se réinventent à la moindre opportunité.
On le sent tout de suite : le rythme du secteur, c’est celui que l’on choisit, dans la mesure où l’on a accepté d’en porter les contradictions. Entre vouloir aider au plus près ou garantir la sécurité à grande échelle, chaque diplômé se frotte au terrain, parfois à l’usine, parfois au marché local, parfois dans un laboratoire exigeant. Les choix se font souvent avec des hésitations, rarement avec certitude.
Ce serait trop simple de dire qu’un BTS diététique mène à une seule vie professionnelle. La vérité, c’est qu’il embarque avec lui mille nuances, autant d’histoires individuelles qui, parfois, n’avaient rien de prévu à la base. Ce qui reste, au fond de la journée : manger, c’est aussi réfléchir. Et choisir son métier, c’est y revenir sans cesse.
Forte d’une expérience de plus de 20 ans en journalisme citoyen, je m’engage à explorer et à transmettre les enjeux liés à l’emploi et à l’économie avec rigueur et passion, pour informer et mobiliser les citoyens.