
À l’heure où nos infrastructures vitales deviennent le terrain de jeu favori des cyberattaquants, la frontière entre sécurité informatique et industrielle s’efface dans un fracas inquiétant. Les technologies de l’information, jusqu’ici protégées par des protocoles bien rodés, croisent désormais le chemin des systèmes opérationnels, souvent conçus pour la robustesse mécanique plutôt que pour la résilience numérique. Ce mariage forcé révèle une vulnérabilité inédite : comment garantir la continuité des fonctions critiques sans sacrifier la confidentialité ni l’intégrité ? Saisir la complexité de cette coexistence, c’est plonger au cœur d’un défi immense, où chaque faille possible peut déclencher une cascade de conséquences aux répercussions bien au-delà du simple volet technologique.

Les cyberattaques sur les environnements technologiques diversifiés explosent en fréquence et en gravité. Plus de 90 % des entreprises qui exploitent des technologies opérationnelles (OT) rapportent un incident de sécurité significatif en deux ans, dont au moins la moitié subissent des interruptions majeures. Cela n’est pas anecdotique. Ces attaques ciblent des infrastructures critiques – usines, réseaux électriques, approvisionnements en eau – où chaque minute d’arrêt se paie d’un coût économique et humain élevé.
Dans l’informatique traditionnelle (IT), la menace est plus connue. Antivirus, pare-feux, protocoles normalisés comme HTTP ou SSH, on a appris à les combattre, même si les failles pleuvent. En revanche, dans l’univers OT, les systèmes fonctionnent souvent sur des logiciels propriétaires, isolés et conçus pour une disponibilité maximale. Leur connectivité croissante via l’Internet des objets industriel (IIoT) ouvre des portes inattendues aux cybercriminels.
Il faut d’abord comprendre que la cybersécurité n’est pas un costume unique ajusté par-dessus tout. La sécurité des technologies opérationnelles et celle des technologies de l’information ont des mécanismes, des objectifs et des contraintes parfois très différents.
Les systèmes OT gèrent des processus industriels, utilisant des automates programmables et des protocoles spécifiques. Ils ne fonctionnent pas sur Windows ou iOS. Leur fonctionnement repose sur une disponibilité quasi continue et des mises à jour limitées, car interrompre une chaîne de production pour patcher un système, c’est risquer la paralysie d’une usine entière. En conséquence, ces systèmes tolèrent moins les interruptions, mais souvent au prix de failles non corrigées.
En sens inverse, les systèmes IT manquent rarement d’occasions pour appliquer des correctifs réguliers. Leur priorité est souvent la confidentialité des données et la protection contre un large éventail de menaces en perpétuelle évolution, grâce à des outils standardisés, des antivirus, et une surveillance constante des réseaux.
La cybersécurité IT vise principalement à préserver la confidentialité et l’intégrité des données – des comptes utilisateurs, des informations sensibles, des serveurs cloud. L’atteinte à ces éléments affecte l’entreprise à moyen terme, parfois avec des effets très visibles.
La cybersécurité OT, elle, vise avant tout la disponibilité et la continuité des systèmes physiques. Une attaque sur ce terrain peut avoir des conséquences immédiates et tangibles : arrêt d’une chaîne de fabrication, coupure de l’électricité, contamination de l’eau. Ces risques sont parfois plus directs et lourds de conséquences que la simple fuite d’informations.
Autre particularité : le nombre de points d’entrée. Les systèmes OT ont tendance à être plus isolés, avec moins de vecteurs d’attaque directs, mais lorsque la sécurité est compromise, l’effet domino est spectaculaire. Tandis que les systèmes IT doivent faire face à une multitude d’attaques petites ou grandes, mais souvent moins dévastatrices individuellement.
L’un des grands défis est de combler le fossé entre IT et OT, sans oublier que les frontières deviennent floues avec l’essor de l’IIoT. Le résultat ? Une exposition accrue à des cybermenaces complexes, exploitant la connectivité accrue des équipements industriels traditionnels.
Les entreprises sont ainsi confrontées à un dilemme : protéger des réseaux OT exigeant une disponibilité maximale avec peu d’interruptions, tout en maintenant des dispositifs IT en constante évolution et mise à jour. Cette tension crée parfois des zones de vulnérabilité qui fragilisent l’ensemble.
Il faut également intégrer la dimension réglementaire et la conformité, par exemple avec les normes du NIST auxquelles beaucoup d’entreprises doivent se plier. Comprendre ces règles renforce la posture sécuritaire, mais demande des investissements humains et technologiques souvent lourds (plus d’infos sur la conformité NIST).
La surveillance continue des réseaux est devenue l’un des meilleurs leviers pour détecter des anomalies avant qu’elles ne dégénèrent en attaques majeures. Cet outil ne se limite plus aux seuls systèmes informatiques classiques, mais trouve sa place dans le monde industriel où chaque donnée échangée peut signaler un dysfonctionnement ou une intrusion (découvrez la valeur de la surveillance réseau).
Ce rôle de vigile n’est cependant pas un magicien. Un pare-feu, par exemple, bloque certains accès, mais ne peut pas toujours anticiper une attaque sophistiquée exploitant une vulnérabilité inconnue. L’humain reste au cœur, avec une combinaison d’outils et une veille active, pour contrer les cybermenaces.
Si l’attaque sur les infrastructures physiques retient souvent l’attention, les atteintes à la confidentialité existent aussi dans les systèmes OT et IT. Les cybercriminels peuvent subtiliser des données sensibles sans déclencher d’alarme immédiate, provoquant des effets différés mais potentiellement dévastateurs pour la réputation et les finances (en savoir plus sur l’exfiltration des données).
Dans le même ordre d’idées, la fraude en ligne poursuit son extension, exploitant souvent des failles humaines plus que purement techniques. Les entreprises doivent cultiver une éducation continuelle pour sensibiliser leurs équipes aux risques et aux techniques d’arnaques qui évoluent constamment (conseils pratiques contre la fraude en ligne).
Si l’Internet industriel et l’IoT rapprochent OT et IT, ils soulignent aussi la nécessité d’une vision intégrée de la cybersécurité. Il faudra évoluer vers des architectures où la sécurité sera pensée de l’intérieur, sans compartimenter artificiellement les environnements.
Les débats éthiques s’intensifieront aussi. Par exemple, jusqu’où doit-on aller dans la surveillance des flux industriels pour garantir à la fois sécurité et respect de la vie privée ? Comment équilibrer rapidité d’intervention et respect des standards réglementaires ?
Enfin, la résilience des infrastructures critiques sera un défi majeur, nécessitant non seulement des techniques avancées, mais aussi une coordination politique et économique au plus haut niveau, car une panne majeure n’est aujourd’hui plus une question locale, mais une menace globale (perspectives économiques liées à la sécurité).
Souvent, on ne s’en rend pas toujours compte, mais la cybersécurité entre OT et IT, c’est un monde où chaque décision technologique porte en elle des risques multiples. Il faut les comprendre, les maîtriser, et parfois accepter des compromis difficiles, dans un environnement toujours en évolution.
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Passionné par les nouvelles technologies depuis plus de 20 ans, j’exerce en tant qu’expert tech avec une spécialisation en développement et innovation. Toujours à la recherche de solutions performantes, je mets mon expérience au service de projets ambitieux.