Ce samedi 10 octobre 2026, allumer le chauffage n’a rien d’excessif si votre logement est froid. Mais avant de tourner le thermostat, regardez la température intérieure : entre une heure de chauffage dans le bureau et une chaudière lancée pour toute la maison, la facture ne raconte pas du tout la même histoire.
À Amiens, France 3 prévoit 16 °C cet après-midi. C’est une information utile pour choisir sa veste, moins pour décider du sort de ses radiateurs. Un appartement qui conserve la chaleur peut rester confortable sans chauffage; une maison dont les fenêtres laissent passer l’air peut déjà être pénible à vivre. Le calendrier dit « octobre ». Votre salon, lui, donne la réponse.
19 °C au salon, pas au doigt mouillé

L’ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie occupées, 16 à 17 °C quand elles sont vides et 17 °C dans une chambre la nuit. Pour la salle de bain, elle conseille 22 °C pendant son utilisation, puis 16 à 17 °C le reste du temps. Pas besoin, donc, de chauffer le couloir comme le séjour parce qu’on a froid devant son ordinateur.
IMPORTANT : 18 °C n’est pas un défi à relever en descendant encore plus bas. L’Organisation mondiale de la santé retient cette température comme repère généralement admis pour protéger la santé pendant la saison froide. Elle précise qu’une température plus élevée peut être nécessaire pour les personnes âgées, les enfants ou les personnes atteintes d’une maladie chronique. Une revue de la littérature publiée en 2023 dans Public Health relève, elle aussi, des associations entre logements froids et problèmes de santé, sans prétendre fixer une température parfaite pour tout le monde.
Le radiateur passe à la caisse

Combien coûte le geste d’allumer? Pour un radiateur électrique, la formule tient sur un coin de table : puissance en kilowatts × durée réelle de chauffe en heures × prix du kilowattheure. La grille EDF applicable depuis le 1er août 2026 affiche 0,2001 € TTC/kWh au Tarif Bleu, option Base, pour un compteur de 6 kVA. À ce tarif, un radiateur de 2 000 W qui chauffe effectivement pendant deux heures consomme 4 kWh, soit environ 0,80 €. Répété chaque jour pendant 30 jours, le même usage représenterait environ 24 €. Ce n’est pas une prévision de facture : un thermostat coupe le radiateur par moments, et la durée de chauffe dépend du logement.
Le gaz demande un autre calcul. Pour octobre 2026, la Commission de régulation de l’énergie publie, pour un logement chauffé au gaz raccordé au réseau GRDF, un prix repère moyen de 0,14557 € TTC/kWh et un abonnement de 360,79 € TTC par an. Si remettre le chauffage ajoute 8 kWh sur le compteur au cours d’une journée, cela représente environ 1,16 € de consommation supplémentaire, ou 34,94 € si cette consommation se répétait pendant 30 jours. L’abonnement n’entre pas dans ce surcoût quotidien : vous le payez déjà si vous avez ce contrat.
Attention au chiffre qui circule sans son mode d’emploi : la CRE annonce aussi un prix repère gaz de 182,88 € TTC/MWh en octobre 2026. C’est une moyenne tous usages confondus, pas le tarif du kWh « chauffage » utilisé dans notre exemple. Le prix repère n’est d’ailleurs pas un contrat que l’on souscrit : votre facture dépend de votre offre, de votre zone et, notamment, du fait que votre prix soit fixe ou indexé. La CRE estime que sa hausse d’octobre pourrait ajouter 5,28 € à la facture mensuelle moyenne des foyers dont l’offre suit ce repère; les offres à prix fixe ne subissent pas cette hausse immédiatement. Voilà le genre de détail qui change tout quand on regarde ses prélèvements.
Deux heures au bureau, trente jours sur la facture

Imaginons une scène, pas un témoignage : quelqu’un travaille chez lui à Amiens ce samedi, dans une pièce à 17,5 °C. Le séjour reste agréable, mais le bureau est froid. Il allume un radiateur électrique de 1 000 W qui fonctionne effectivement trois heures. Au Tarif Bleu cité plus haut, ces 3 kWh coûtent environ 0,60 €. Faire la même chose 30 jours coûterait environ 18 €. C’est une simulation volontairement simple, hors abonnement, pas la promesse que votre radiateur consommera exactement autant.
Changeons un seul détail : la personne chauffe aussi une pièce vide « au cas où ». C’est là que les petits montants quotidiens commencent à s’empiler. L’ADEME conseille plutôt d’adapter la température aux heures de présence. Elle rappelle également qu’une pièce humide, des murs froids ou des courants d’air peuvent donner une sensation de froid même lorsque le thermostat indique 19 °C. Si vous augmentez la consigne sans jamais être bien, il est temps de regarder ce qui se passe du côté des fenêtres.
Le vrai gaspillage se cache ailleurs

Avant de payer pour chauffer la rue, fermez les portes des pièces non chauffées, vérifiez les joints et dégagez les radiateurs des meubles ou des rideaux. L’ADEME conseille aussi d’aérer cinq minutes matin et soir, chauffage coupé pendant l’ouverture, pour évacuer l’humidité. Vous trouverez d’autres gestes accessibles dans nos conseils pour rester au chaud. Aucun ne vous oblige à négocier avec votre plaid comme s’il siégeait au conseil d’administration.
Alors oui, allumez le chauffage aujourd’hui si votre logement en a besoin. Réglez-le pour la pièce et le moment où vous vivez, puis regardez votre consommation réelle plutôt que d’imaginer une facture monstrueuse dès que le radiateur fait « clic ». Ce petit bruit n’est pas encore celui d’un découvert bancaire.

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