Cannes, tout le monde connaît. Le tapis rouge, les célébrités, la Croisette. Mais réduire l’été cinéphile européen à ce seul rendez-vous, c’est passer à côté de l’essentiel. Chaque année, d’autres festivals s’imposent sur la carte, avec leur propre identité et leur propre public. Moins médiatisés, ils sont souvent plus accessibles. Et parfois bien plus intéressants.
Locarno : le festival suisse qui change la donne
Impossible de ne pas mentionner Locarno, l’un des plus vieux festivals de cinéma du monde. Depuis 1946, la ville suisse accueille chaque été des réalisateurs, des acteurs et des cinéphiles venus des quatre coins du globe. Son point fort ? La Piazza Grande. Des milliers de spectateurs réunis en plein air pour regarder un film ensemble. Difficile de trouver une telle expérience ailleurs.
Mais Locarno, c’est aussi la Suisse. Et la Suisse, ce n’est pas l’Union européenne. Concrètement, cela change quelques détails pratiques. Vous devrez utiliser le franc suisse, l’euro n’étant pas la monnaie locale. Les ressortissants non-européens auront besoin d’un passeport en cours de validité. Et côté téléphone, les frais de roaming peuvent vite grimper selon votre opérateur. Opter pour une eSIM Europe avant le départ permet d’éviter les mauvaises surprises et de rester connecté sans interruption pendant tout le séjour.
Les autres festivals incontournables de l’été
L’Europe ne manque pas d’alternatives sérieuses pour les amateurs de cinéma :
- Karlovy Vary (3-11 juillet 2026) : en République tchèque, ce festival catégorie A existe depuis 1946. Une programmation exigeante, une ville thermale en toile de fond et une atmosphère qui mêle glamour et accessibilité. Les cérémonies sur tapis rouge côtoient des projections en plein air ouvertes au grand public. Chaque année, le programme affiche entre 200 et 250 films, dont une quarantaine de productions françaises. Un rendez-vous qui a largement dépassé le cadre régional.
- Venise (2-12 septembre 2026) : il s’agit du plus ancien festival de cinéma. La Mostra attire chaque année les plus grands noms du septième art et constitue souvent le premier baromètre de la saison des récompenses. Se tenir au Lido en septembre, c’est voir l’industrie du cinéma mondial en action.
- San Sebastián (septembre 2026) : dans le Pays basque espagnol, ce festival international mise sur un équilibre entre cinéma d’auteur et productions grand public. La ville elle-même vaut le déplacement. Une bonne option pour clore une saison festivalière bien remplie.
L’ambiance et les à-côtés
Un festival de cinéma ne se résume pas uniquement à des projections de film. En effet, ce qui se passe en dehors des salles compte autant que ce qui se passe dedans.
À Karlovy Vary, les soirées durent tard dans les hôtels Art nouveau de la ville. À Venise, le Lido devient un lien prisé aussi bien par l’industrie que par les cinéphiles. Producteurs, journalistes, distributeurs et simples passionnés partagent les mêmes terrasses. Ce mélange des publics est rare et vaut à lui seul le déplacement.
La gastronomie locale s’invite aussi dans l’expérience. Chaque destination a ses adresses, ses habitudes, ses codes. Et pour Venise, entre deux séances, la ville elle-même suffit à occuper le temps. Le festival de Venise est l’un des rendez-vous culturels les plus denses d’Europe à cette période de l’année.
Comment bien préparer sa visite
Un festival, ça se prépare. Surtout si vous voulez vivre plusieurs rendez-vous dans la même saison.
Les professionnels doivent faire leur demande d’accréditation des mois à l’avance. Notamment sur les sites officiels des festivals concernés. Pour le grand public, certaines projections sont accessibles sans accréditation, mais les places partent vite. Mieux vaut anticiper.
L’hébergement est souvent le point le plus délicat. Locarno, Venise et San Sebastián sont des villes à forte affluence, d’autant plus en période de festival. Les chambres d’hôtel sont très vite réservées et les prix augmentent vite. Réserver plusieurs mois à l’avance n’est donc pas un luxe si vous ne voulez pas exploser votre budget.
Enchaîner plusieurs festivals implique aussi une logistique sérieuse. Les liaisons entre les villes existent mais varient selon les destinations. Prévoir les trajets en amont évite les mauvaises surprises de dernière minute.
L’été européen réserve bien des surprises aux amateurs de cinéma. Les festivals se succèdent de juillet à septembre, chacun avec sa propre identité et son propre public. Certains misent sur le glamour, d’autres sur l’exigence artistique ou sur l’accessibilité. Dans tous les cas, le voyage seul en vaut la peine. Il ne reste plus qu’à choisir, à réserver tôt et à ne rien laisser au hasard.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.



