Le thème musical soude les morceaux de cette anthologie horrifique, sans faire disparaître les accrocs entre deux pistes.
Avec V/H/S/Mixtape, la franchise tient son thème le plus abouti : la musique donne une cohérence à ses récits horrifiques. La compilation a trouvé son fil rouge, pas encore son tempo idéal.
Ce long métrage de 98 minutes rassemble des segments consacrés aux chansons, aux instruments et aux dimensions inquiétantes du son. Ce choix offre plusieurs portes d’entrée aux cinéastes sans les obliger à raconter la même histoire. On ne change pas seulement de récit : on passe d’une manière d’aborder la musique à une autre. C’est là que cet opus gagne en unité, malgré les différences entre ses morceaux.

La musique ne sert pas simplement à accompagner la peur : elle devient le sujet qui permet aux courts métrages de se répondre.
La compilation tient la note
Le mérite du thème tient à son amplitude. Une chanson, un instrument, un phénomène sonore : ces objets appartiennent au même champ, mais n’imposent ni une intrigue unique ni une seule forme de menace. L’anthologie conserve donc sa pluralité tout en donnant au spectateur une idée précise de ce qui relie ses propositions. Un cadre commun plutôt qu’un moule.
Cette cohérence constitue la réussite centrale de V/H/S/Mixtape. Le principe musical reste pertinent d’un segment à l’autre, au lieu de se réduire à une étiquette posée sur l’ensemble. Le titre promet une compilation; le film travaille effectivement cette logique. On peut changer de piste sans avoir l’impression de changer complètement de disque.
MTV passe du côté obscur
Flying Lotus réalise le segment d’ouverture avec le groupe GWAR. Une émission fictive inspirée de MTV y sert de liaison entre les courts métrages : le cadre musical possède donc aussi une traduction dans la construction du film. Ce dispositif ne se contente pas d’annoncer le sujet, il organise la circulation entre les histoires.

Le choix de l’émission donne à la succession des segments une forme identifiable. Le film embrasse sa nature de programme composite, plutôt que de masquer les coutures d’une anthologie. C’est une bonne idée de liaison, avec une limite nette : un fil conducteur ne règle pas à lui seul les problèmes d’enchaînement.
Deux pistes sortent du lot
Dance, Dance, Dance, Dance, de Renee Zhan et Zoe Cooper, et Death Tone, de RZA et Matt Landsman, comptent parmi les réussites les plus nettes de l’ensemble. Ces deux segments donnent à la proposition collective des points d’appui : l’intérêt du film ne repose pas uniquement sur son thème, mais aussi sur des courts métrages qui se distinguent au sein de la sélection.
Le bilan reste pourtant inégal. Le rythme et l’ordre de certains segments produisent des passages heurtés, qui empêchent la compilation de maintenir une progression aussi solide que sa cohérence thématique. C’est la distinction à garder en tête : les histoires partagent bien un sujet, mais leur succession ne trouve pas toujours la bonne cadence. La playlist tient debout; les transitions accrochent.
La diffusion de V/H/S/Mixtape sur Shudder est prévue à partir du 9 octobre 2026. Cette annonce ne permet pas d’établir une disponibilité en France.


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